Angoulême 2011 : L’expo cARTnets, dans l’intimité des dessinateurs

24 janvier 2011 9 commentaires

Angoulême, c’est un peu comme Avignon. Il existe une sorte de festival off, qui permet à de jeunes talents de se faire remarquer au détour d’un bar ou d’une petite salle.
L’exposition cARTnets, qui présente le travail de 30 étudiants de l’Ecole Européenne Supérieure de l’Image (située à Angoulême), fait partie de ce "Angoulême Off". Le principe de cette exposition : "mettre en lumière le processus de création à travers ce que les artistes et auteurs ont de plus personnel : leurs carnets de dessin".

Angoulême 2011 : L'expo cARTnets, dans l'intimité des dessinateurs
Un carnet de Nicolas Boucher
(c) Nicolas Boucher


L’association Argh, fondée par des étudiants en master, qui promeut le travail des étudiants de l’EESI et organise cet événement, annonce une belle muséographie : "En suspension, accrochés aux murs, posés sur des tables, éparpillés à même le sol, exposés sur présentoirs… l’installation de ces carnets invitera le visiteur vers une lecture curieuse, déroutante, amusée, intime pour le conduire à reconsidérer un travail jusque-là inconnu et ignoré."
La salle d’exposition est située en plein centre-ville, à deux pas de l’hôtel Mercure, au 15 rue Sainte Marie. Vous aurez certainement un moment pendant les quatre jours du Festival pour y faire un tour.
"Lorsque l’image prend forme, dans l’alchimie de la main, de l’œil et du carnet, il se joue quelque chose de plus important qu’une tentative hasardeuse. Le carnet n’est pas un laboratoire, c’est déjà un livre."

Un autre de Li Wei
(c) Li Wei

THL

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9 Messages :
  • On est en plein snobisme !

    Depuis que Sfar et Trondheim ont fait leurs malins avec cette histoire de carnets, tous les apprentis se sont vu obligés d’y passer, mais c’est une imposture. Vu en avez vu des carnets de Pratt, Franquin, Hergé, Martin, Wasterlain ? Non, car il n’y en a pas, ils griffonnaient sur des feuilles volantes, à la recherche d’une position juste, ils jettaient ces feuilles après la plupart du temps (est-ce une perte ? après tout, il reste les pages, c’est bien là le principal).

    Ca me fait toujours rigoler quand dans une réunion publique sur la bd, une rencontre, conférence, discussion il y a 2 ou 3 "artistes" concentrés sur leur carnet. Si on jette un oeil sur le carnet, on s’aperçoit que ce qu’ils font est très mauvais, n’a aucun intérêt, qu’ils sont incapables de synthétiser l’instant. Dessiner c’est beaucoup plus regarder qu’agiter son crayon.

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    • Répondu le 25 janvier 2011 à  09:48 :

      Sous prétexte que Pratt, Franquin, Hergé, Martin, Wasterlain ne dessinaient pas dans des carnets, ce serait mal. Avec la même logique, ils ne dessinaient pas avec une palette graphique ou une cintiq donc, ce serait interdit d’utiliser ces supports. Totalement absurde.

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    • Répondu par Thomas Berthelon le 25 janvier 2011 à  10:04 :

      Voici au contraire une initiative très intéressante. En quoi cela serait du snobisme ? Avouez sincèrement que vous seriez ravi de jeter un oeil sur ces fameuses feuilles volantes dont vous parliez.
      Les carnets dévoilent autant l’univers d’un artiste que les planches éditées.

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    • Répondu par Maë l R. le 25 janvier 2011 à  12:11 :

      D’autant plus que les auteurs en questions avaient pour certains des carnets, et que leurs croquis souvent republiés sont vraiment des perles (surtout pour Franquin et Pratt).

      Quand au fait des feuilles volantes jetés à la poubelle, on y jetait aussi les planches originales à l’époque. L’évolution de l’attitude face à la conservation, avec parfois des effets pervers (auteurs faisant des carnets spécialement pour l’édition, marchandisation extrêmes, etc.), y est pour plus de chose que le snobisme. Par ailleurs oui, le talent des sfar, aux carnet passionnants, est passé par là, c’est clair que tous ne le sont pas autant....

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    • Répondu par Ozanam le 25 janvier 2011 à  13:51 :

      Dans la maison-musée de Delacroix, à Paris, on peut voir, dans son atelier l’influence que Trondheim et Sfar ont eu sur ce peintre : il y a là, des petits carnets remplis de recherches... Pour la joie de ceux qui savent apprécier.

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    • Répondu par hippolyte le 25 janvier 2011 à  14:06 :

      et non ce n’est pas du snobisme, tous les grands peintres et dessinateurs ont dessiné le monde qui les entoure pour pouvoir le comprendre et en livrer leur vision, que ce soit sur des feuilles, des toiles ou dans sa manière la plus pratique car la plus propice au voyage, aux balade et donc à la découverte du monde, de carnets. en dessiannt une voiture dans la rue, en vraie donc, on la comprend beaucoup mieux et de manière beaucoup plus vivante qu’en utilisant une photo par exemple. Que des dessinateurs dessinent tout le temps et partout n’est pas du snobisme, c’est la base et la matière de leur art, ce qui va les construire. Quand je donne des cours à de jeunes dessinateurs, la première chose que je leur conseille est de se munir de carnet et d’aller dessienr le monde qui les entoure. non seulement ils vont comprendre les formes mais aussi apprendre à se positionner, à cadrer, à choisir leur sujet, à sentir, à écouter et ils en sauront toujours beaucoup qu’en se servant simplement de leur doc. Et en plus c’est bon pour leur teint.

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      • Répondu par ishimou le 25 janvier 2011 à  15:55 :

        La toute dernière création de Franquin c’est les "doodles", des petits dessins géométriques que Franquin faisait dans un carnet au téléphone et dont il existe un album au format d’un carnet. La grande différence entre ce dernier travail et la plupart des carnets de dessinateurs, c’est que Franquin ne nous livre pas tout et n’importe quoi, à partir de cette idée essentiellement graphique, il y a un vrai travail de recherches.
        Beaucoup de dessinateur souffrent du syndrome Picasso, c’est à dire, tout ce que je trace sur du papier est pure merveille. C’est souvent bien loin d’être le cas, que ce soit pour Picasso ou d’autres,c’est l’éloge de la facilité. L’impudeur est très tendance, il faut étaler son intimité, le banal et l’anecdotique, les blogs, ces autres carnets, en sont remplis, et peu importe que cela soit intéressant ou non. C’est tout un bussiness mou et consensuel, ça peut exister dans l’indifférence générale, ça encombre les librairies déjà surchargées, c’est ennuyeux et crispant.
        Je repense à cette phrase de Lambil que je trouve assez géniale," je fais énormément de recherches et de croquis,mais je les jette à la poubelle, est-ce qu’un menuisier garde ses copeaux ?

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        • Répondu par Kervin le 8 février 2011 à  11:12 :

          Un menuisier garde ses copeaux, oui. Désolé d’intervenir, mais là, bon, je ne pouvais laisser passer cela.

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    • Répondu par pilau le 26 janvier 2011 à  14:39 :

      Bien qu’impliqué dans cette exposition, je me permets d’intervenir

      Je tiens à vous rassurer tout de suite : le snobisme est au dessus de moyens des jeunes auteurs ici exposés. En les cotoyant, je vois que leurs carnets ne sont pas des accessoires de mode ou des objets commerciaux : Ce sont des outils de travail au même titre que l’oeil et la main.

      Vous avez certainement raison de souligner que les dessins qu’ils contiennent ne sont pas tous excellents... Ils recèlent toutefois de nombreux petits diamants et, dans l’ensemble, une certaine poésie peut se dégager de la contemplation du travail de la main et de l’oeil.

      Je termine par cette citation de paul valéry, qui, j’espère, vous plaira (même si tous les artistes exposés ne sont pas des Degas...)
      « Il y a une immense différence entre voir une chose sans le crayon dans la main, et la voir en la dessinant. Ou plutôt, ce sont deux choses bien différentes que l’on voit. Même l’objet le plus familier à nos yeux devient tout autre si l’on s’applique à le dessiner : on s’aperçoit qu’on l’ignorait, qu’on ne l’avait jamais véritablement vu »
      Paul VALERY (in Degas Danse Dessin)

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