Angoulême 2011 : les auteurs veulent des rapports "protégés" avec leur éditeur !

30 janvier 2011 41 commentaires
Angoulême 2011 : les auteurs veulent des rapports "protégés" avec leur éditeur !
Certains auteurs ont « customisé » leur badge d’entré avec le préservatif.
(c) Nicolas Anspach

Les auteurs ont rappelé leurs revendications auprès de leurs interlocuteurs dans les maisons d’édition durant le Festival de la BD d’Angoulême en leur distribuant des préservatifs sur sa pochette desquels on pouvait lire : « Je veux des rapports protégés avec mon éditeur ».

« Nous avons voulu rappeler nos revendications après une année difficile, tout en décrispant un peu l’atmosphère. » nous déclare un des auteurs du SNAC / Syndicat des Auteurs de BD.

Ah, si tous les dialogues sociaux pouvaient se tenir avec le même humour !...

NA

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41 Messages :
  • Tous les auteurs ne sont pas syndiqués et pour le SNAC BD. Dites plutôt DES auteurs. J’ai horreur de ceux qui parlent au nom de tous.

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    • Répondu par loïc le 30 janvier 2011 à  11:33 :

      Vous aimez tellement parler en votre nom que vous avez oublié de vous nommer :)

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    • Répondu par Frenchoïd le 30 janvier 2011 à  13:01 :

      Je vous donne raison, mais en l’occurrence il est paradoxal que vous-même ne signiez pas vos propos, fût-ce d’un pseudo.

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      • Répondu le 30 janvier 2011 à  13:59 :

        Signer d’un pseudo,avec une croix ou ne pas signer, ça revient au même. Seul n’est pas incompatible avec anonyme.

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        • Répondu par Bastien le 1er février 2011 à  15:39 :

          on s’en fout que ce soit signé ou pas... et que l’auteur du message parle seul au nom de tous, du moment qu’il revendique ce que nous, auteurs de BD, nous pensons !

          Puis tien je vais signer comme ça :

          Un mec qui fait de la BD puis qui est d’accord que l’on parle en son nom

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      • Répondu par Loïc le 2 février 2011 à  17:25 :

        je signe loïc... malheureusement, il y a eu un problème.
        mon nom complet est Loïc Dauvillier... et vous ?

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  • Des rapports protégés, OK, mais en accord avec la nature ou ... contre la nature
     ;-))))

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    • Répondu par Brice le 30 janvier 2011 à  16:34 :

      Il faut aussi songer à interdire certaines formes de "rapports" qui, même protégés sont... très douloureux et souvent contre la volonté des auteurs : (

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      • Répondu par ishimou le 31 janvier 2011 à  20:09 :

        ça n’est jamais qu’un voeux, jusqu’à la fin janvier on peut se souhaiter n’importe quoi.
        Les auteurs de BD ont autant de pouvoir de changement que les producteurs de lait, voire même un peu moins, ils ne peuvent pas bloquer des entrées de villes avec leurs tracteurs.

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  • De quoi ces auteurs ont-ils peur à ce point ? De quel danger mortifère parlent-ils ? Quels sont ces éditeurs si dangereux qu’il faille s’en protéger comme de la peste (ou du sida - référence plus moderne) ? On aimerait quand même plus de précisions, des noms, des faits, etc... Si les "rapports" avec certains de ces éditeurs sont si dangereux, pourquoi, à ce moment là, ces auteurs (ceux qui signent ce badge par exemple) signent-ils des contrats avec eux ?? Ils ne savent pas lire ? Ils sont suicidaires ou idiots ? On les a forcés à signer avec un pistolet sur la tempe ?

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    • Répondu par CQFD le 2 février 2011 à  23:40 :

      Beaucoup d’auteurs voudraient en fait être des semi-fonctionnaires. C’est à dire avoir la garantie d’un revenu régulier, tout en pouvant se faire des petits extras (dessins de pubs, commandes privées, ventes d’originaux, cours de dessin). Un peu comme un prof de maths qui donne des cours particuliers le mercredi ou le samedi pour arrondir ses fins de mois en somme. Ou comme un prof d’anglais qui fait des traductions à coté de sa carrière d’enseignant. Le problème, c’est que si l’on vend peu d’albums, il n’y a pas de droits d’auteurs à distribuer (à la limite, certains devraient même rembourser l’éditeur des frais d’imprimerie). Mais le problème du manque de rentabilité de l’édition est connu de tous (d’où le succès de la publication sur le web, qui s’il ne coute rien ou presque, peut permettre aux plus malins de se faire repérer) ! Car sinon, il y aurait beaucoup plus d’auteurs-éditeurs, bien évidemment. CQFD !

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      • Répondu le 3 février 2011 à  01:31 :

        certains devraient même rembourser l’éditeur des frais d’imprimerie

        Voilà bien un discours dégueulasse d’éditeur ! Si ceux qui se proclament éditeurs juste pour faire du fric mais n’en ont pas les compétences étaient un peu plus malin, ils ne publieraient que des bouquins rentables, mais un bouquin est plus facilement rentable pour l’éditeur (qui se garde la plus grosse part de la galette) que pour l’auteur. Si l’auteur doit payer pour être éditer, c’est de l’auto-édition, pas besoin d’un rapiat qui tienne la caisse dans ces conditions (surtout du genre qui ne font pas leur boulot comme c’est très souvent le cas maintenant).

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        • Répondu le 3 février 2011 à  09:49 :

          "un bouquin est plus facilement rentable pour l’éditeur (qui se garde la plus grosse part de la galette) que pour l’auteur."

          C’est intéressant, j’ai déjà lu ici ou là plusieurs fois des choses dans ce genre mais sans avoir plus de développement.
          Qu’en est-il vraiment ? Combien gagne respectivement en moyenne l’auteur et l’éditeur ?

          Mon libraire me disait que passé les grosses machines, une bonne majorité de BD se vendaient à 3000 exemplaires en général. Si je fais un rapide calcul, en prenant une BD à 10 euros, ça nous fait une budget maximal de 30.000 euros à se partager entre l’auteur et l’éditeur (après avoir enlevé la TVA, la part du libraire et celle de l’imprimeur, j’imagine…)

          Je ne sais pas quels sont ces différents montants ni combien est payé un auteur, mais ce serait intéressant de savoir une bonne fois pour toutes dans quelles proportions l’éditeur se gave plus que l’auteur afin de voir s’il s’agit d’une réalité ou d’une idée reçue.

          Quelqu’un a des infos précises ?

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          • Répondu par Philippe le 3 février 2011 à  11:05 :

            La part auteur est généralement de 8 % (parfois 10 %) du prix de vente hors taxe. Soit, sur un bouquin à 10 euros TTC, environ 75 centimes (à se partager entre les différents auteurs s’ils sont plusieurs). Si le livre se vend à 3000 exemplaires, ça revient à environ 2250 euros (pour un an de travail en moyenne).

            La commercialisation du livre (diffusion + distribution + librairie) coûte en 60 % du prix du livre, environ.

            La part fabrication (impression + façonnage) dépend en grande partie du tirage (plus le tirage est important et plus le coût par exemplaire imprimé est réduit) et du type de reliure. A vue de nez elle doit varier entre 10 et 15 % du prix du livre.

            Le reste va à l’éditeur.

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            • Répondu par FB le 3 février 2011 à  11:38 :

              Et si le livre ne se vend pas assez pour rentabiliser, c’est l’éditeur qui paie la note (pour payer l’imprimeur qui n’en fera pas cadeau évidemment ;-)).

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              • Répondu par Philippe le 3 février 2011 à  11:56 :

                Avec les progrès faits dans le domaine de l’impression et la baisse des coûts liés à la photogravure (en règle générale ce sont maintenant les auteurs qui supportent ces coûts en scannant eux-mêmes leurs originaux - la colorisation sur bleus, qui coûtait très cher à l’éditeur, a quasiment disparu), le seuil d’amortissement des frais liés à la fabrication des ouvrages a beaucoup baissé ces dernières années. Un album peut être rentable pour l’éditeur à partir de 2000 exemplaires vendus (alors qu’il fallait plutôt tabler sur 10000 minimum il y a vingt ans).

                Et l’auteur, de son côté, investit son temps (qui est aussi de l’argent, comme chacun sait). Un an de travail ça ne se rentabilise pas sur 2000 exemplaires.

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                • Répondu le 3 février 2011 à  13:20 :

                  "Un album peut être rentable pour l’éditeur à partir de 2000 exemplaires vendus"

                  Alors là, j’ai beaucoup de mal à comprendre.

                  Si je reprends les informations ci-dessus voici ce que ça nous donne :
                  2000 ex. à 10 euros = 20.000 euros.
                  La TVA en moins, il nous reste 18.900 euros.

                  Ensuite on retire :

                  50% pour la distribution (le libraire ?) soit 9.450 euros.
                  10% pour l’imprimeur soit 1.890 euros.
                  8% pour l’auteur soit 1.512 euros.
                  Donc 12.852 à retirer, ce qui laisse 6.048 euros à l’éditeur.

                  Donc l’éditeur gagne 4 fois plus que l’auteur. Mais euh… les auteurs sont vraiment payés 1.512 euros pour travailler un an sur une BD ??? Parce que si l’auteur est payé 10.000 euros en avances (je ne sais pas si c’est beaucoup ou non, ça me paraît peu pour vivre), alors l’éditeur ne gagne plus 6.000 euros mais il en perd 2.500 !!! Du coup je ne vois pas en quoi c’est rentable…

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                  • Répondu par Philippe le 3 février 2011 à  13:49 :

                    Si vous lisez les messages et le fil de la discussion vous comprendrez que je parlais de la rentabilisation ou, pour être plus exact, de l’amortissement des coûts de fabrication. Si vous intégrer les avances sur droits la donne est différente mais dans ce cas il faut prendre en considération d’autres paramètres :

                    - d’abord cette avance est très variable en fonction des éditeurs, des albums, des auteurs... Elle oscille généralement entre 0 et 25 000 euros (ça sera beaucoup plus pour les Zep, Bilal, Loisel et consorts mais là on est dans un monde qui ne concerne qu’une frange très très minoritaire d’auteurs).

                    - tant que l’avance n’a pas été remboursée les auteurs ne touchent pas de droits d’auteur. Leur pourcentage va donc dans la poche de l’éditeur.

                    Avec entre 0 et 4000 euros d’avance sur droit et 3000 exemplaires vendus, un album peut donc être rentable pour un éditeur. Il ne fera pas fortune avec mais, contrairement à un auteur qui peut difficilement faire plus d’un ou deux albums par an, un éditeur peut en publier facilement entre 30 et 50 dans l’année (plusieurs centaines de titres par an pour les gros éditeurs).

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                    • Répondu par P.M le 3 février 2011 à  15:37 :

                      Celà rejoint une avis de J. Terpant içi même,sur actua, il y a un an ou deux, je crois.
                      Il disait que mutiplier les sorties était rentable en édition, avec des catalogues plus rempli qu’un bottin. Faut que je retrouve cet article

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                    • Répondu le 3 février 2011 à  16:02 :

                      Mouaif. Je ne suis toujours pas convaincu mais je vais laisser tomber. Ça m’a l’air de tourner aux comptes d’apothicaire votre truc.

                      Quoi qu’il en soit, le fait que l’éditeur se gave sur le dos des auteurs est très clairement une idée reçue largement répandue sur les forums et totalement dénuée de fondement.

                      Quand vous dites "si vous intégrez les avances sur droits", je suis consterné. Bien évidemment qu’il faut en tenir compte, sinon tout est faussé. J’essayais de voir en quoi une BD vendue à 2.000 exemplaires (même à 3.000) pouvait être rentable pour un éditeur en comparant l’ensemble des sommes déboursées par ce dernier et l’ensemble des sommes que les ventes peuvent générer.

                      Dire que le pourcentage de l’auteur va dans la poche de l’éditeur ça devient cocasse.

                      Finalement je me plaignais du prix des BD et du trop grand choix qui s’offre à moi en librairie, mais le meilleur des métiers la-dedans, ça reste lecteur…

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                      • Répondu par Philippe le 3 février 2011 à  16:55 :

                        Quand vous dites "si vous intégrez les avances sur droits", je suis consterné. Bien évidemment qu’il faut en tenir compte, sinon tout est faussé.

                        Il faut en tenir compte quand elle existe, ce qui est loin d’être le cas pour tous les albums édités. De plus, pour en tenir compte, il faut aussi connaître son montant. Or, je viens de vous expliquer qu’il était très différent d’un album à l’autre. Généralement, un éditeur calcule le montant de cette avance en fonction du nombre d’exemplaires qu’il espère vendre.

                        Dire que le pourcentage de l’auteur va dans la poche de l’éditeur ça devient cocasse.

                        C’est pourtant la vérité. Tant que l’avance n’a pas été remboursée, le pourcentage de droits de l’auteur est mis au crédit de l’éditeur (l’auteur ne cumule pas, comme vous le sous-entendez, des avances et des droits sur les mêmes exemplaires vendus - c’est soit l’un, soit l’autre).

                        Quoi qu’il en soit, le fait que l’éditeur se gave sur le dos des auteurs est très clairement une idée reçue

                        Une idée que vous êtes le seul à évoquer sur cette discussion...

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                        • Répondu le 3 février 2011 à  17:37 :

                          Yahoo ! Fight club perso !

                          Vous êtes gentil, vous ne m’attribuez pas des sous-entendu que je ne fais pas, ce sera plus simple pour tout le monde…

                          Se mettre dans la poche de l’argent qu’on a avancé, c’est assez risible. Et encore, si comme dans l’exemple vu plus haut, l’opération n’est pas rentable pour l’éditeur, ce qu’il se met dans la poche, c’est des dettes. Cocasse…

                          Pour finir (?) je doute que les avances soient calculées en fonction du nombre d’exemplaires que l’éditeur espère vendre. Ou alors, soit l’éditeur espère vendre beaucoup plus d’albums que le nombre d’exemplaires vendu par album en moyenne, soit la très grande majorité des auteurs touchent à peine 2.000 euros en avances…

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                          • Répondu par Philippe le 3 février 2011 à  18:35 :

                            Se mettre dans la poche de l’argent qu’on a avancé, c’est assez risible.

                            Qui a parlé d’argent ? Je parle de pourcentages. Vous prétendez que les auteurs cumulent des avances et des droits, j’essaye de vous expliquer que non : si avance il y a, le pourcentage de 8 à 10 % de droits d’auteur sur chaque album vendu, mentionné plus haut, est versé à l’éditeur (jusqu’à ce l’avance versée soit remboursée par les ventes). Pour faire simple : pour amortir le coût de la création et de la fabrication d’un livre (avance sur droits + impression), un éditeur dispose d’environ 35% du prix du livre (son pourcentage "éditeur" + le pourcentage "auteur").

                            Manifestement, il y a des notions qui vous échappent. Ca rend cette discussion un peu stérile. Vous posez des questions mais vous ne voulez pas entendre les réponses (du moins celles qui contredisent vos préjugés).

                            Ou alors, soit l’éditeur espère vendre beaucoup plus d’albums que le nombre d’exemplaires vendu par album en moyenne,

                            C’est bien le minimum qu’il puisse espérer. Je ne connais pas d’éditeur qui édite un album en espérant en vendre moins de 2000. Ca arrive, c’est un risque inhérent à ce métier mais certainement pas un espoir.

                            soit la très grande majorité des auteurs touchent à peine 2.000 euros en avances…

                            Ca, c’est malheureusement bien possible.

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                            • Répondu le 4 février 2011 à  11:24 :

                              Qui a parlé d’argent ?

                              Mais on ne parle que de ça depuis le début ! Vous payez votre pain en pourcentage, vous ?

                              Vous prétendez que les auteurs cumulent des avances et des droits

                              Mais jamais de la vie ! Je ne sais pas où vous avez cru lire ça, mais ce n’est absolument pas le cas. Ce que j’essaie de faire valoir, c’est que dire qu’un auteur touche 8% quand il a en fait touché une avance supérieure à la somme correspondant effectivement à ces 8% ne permet pas d’avoir une vision réelle de la rentabilité d’un titre pour un éditeur.

                              En prenant toujours le même exemple, un album vendu à 2.000 exemplaires, si l’auteur a touché 10.000 euros, il a donc perçu 53% de l’argent généré par les ventes du livre (en dehors de la TVA, bien sûr).

                              Renseignements pris hier auprès de mon libraire (car cette discussion m’intrigue), La très grande majorité des auteurs des livres qui étaient autour de nous touchent largement plus que 2.000 euros d’avances. Il connaît énormément d’auteurs et est depuis suffisamment longtemps dans le métier pour pouvoir dire qu’en moyenne, il faut plutôt parler de 15.000 euros d’avances par livre. Ce n’est pas le cas dans la BD alternative, certes, mais ces cas représentent toujours une minorité aujourd’hui dans la profession.

                              Par ailleurs, mon calcul est encore faussé plus haut car pour la distribution il faut plutôt parler de 55% et non 50%. Et les coûts de fabrication à 10% c’est très optimiste. Et puis il y a aussi les frais de promotion (sans aller jusqu’à des pubs au cinéma, il y a déjà au minimum les envois de service presse qui ont un coût)…

                              Alors je ne sais pas à qui échappent certaines notions mais il est clair que vous ne savez pas de quoi vous parlez.

                              Bref, j’étais très surpris d’apprendre qu’un éditeur rentabilisait un livre vendu à 2.000 exemplaires (voire 12/1500 ventes !) J’ai donc voulu creuser la question à partir de chiffres tangibles. Il apparaît clairement que cette fameuse rentabilité est un mythe et mes préjugés (si tant est que j’en aie) n’ont rien à voir la-dedans, désolé.

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                              • Répondu par Philippe le 4 février 2011 à  15:12 :

                                Vous prétendez que les auteurs cumulent des avances et des droits

                                Mais jamais de la vie ! Je ne sais pas où vous avez cru lire ça

                                Dans votre post du 3 février à 13h20 dans lequel vous dites que l’auteur, sur 2000 albums vendus, gagne, d’une part, 1512 euros (en vous basant sur le pourcentage de droit d’auteur) et, d’autre part, qu’il a perçu 10000 euros d’avance.
                                Moi, je vous explique que, s’il y a eu une avance sur droits de versée, ces 1512 euros ce n’est pas l’auteur qui les perçoit mais l’éditeur. Pour reprendre votre base de calcul, l’éditeur ne touche pas 6048 euros mais 6048 + 1512 euros.

                                Pour essayer une dernière fois de me faire comprendre, je vous rappelle les deux questions que vous avez soulevées et qui font l’objet de cette discussion :
                                - un livre est-il plus rapidement rentable pour un éditeur que pour un auteur ?
                                - un album vendu à 2000 exemplaires peut-il être rentable pour un éditeur ?

                                Dans les deux cas la réponse est oui.

                                Concernant la première question... Prenons le cas (optimiste) d’un éditeur qui verse 15 000 euros d’avance sur droit pour la réalisation d’un album (sachant que ce genre de montant n’est proposé que par les très gros éditeurs et pas pour tous leurs albums). Ces 15 000 euros sont à répartir entre les différents auteurs (dessinateur/scénariste/coloriste). Ces auteurs ne toucheront en réalité qu’une partie de cette somme (13 000 euros maximum, le reste servant à payer les charges sociales). 13 000 euros à se partager en trois ça ne fait pas lourd pour un an en moyenne de travail (sans compter le paiement du loyer et des charges d’un atelier, l’amortissement du matériel, etc.). Pour que tout ce travail soit vraiment rentable pour les auteurs, il faut donc qu’ils touchent des droits en plus de leur avance. Et pour ça il faut que le nombre d’exemplaires vendus soit suffisant pour rembourser leur avance et générer des droits (c’est-à-dire qu’il faut au moins vendre à 15 ou 20 000 albums à 12 euros pour gagner le SMIC).

                                Admettons maintenant que l’album se vende à 10 000 exemplaires (ce qui est déjà beaucoup par les temps qui courent). Les auteurs ne toucheront rien de plus que l’avance qu’ils ont déjà perçue (puisque le seuil de remboursement se situe au-delà de 13 000 exemplaires vendus). L’éditeur de son côté touchera entre 40 000 et 50 000 euros, soit largement de quoi rembourser l’avance versée aux auteurs et les frais d’impression (les autres frais étant à amortir sur l’ensemble des livres qu’il publie dans l’année - il ne salarie pas une attachée de presse ou un comptable pour chacun des livres qu’il édite).

                                Pour la deuxième question, il y a un truc que vous n’avez pas saisi : quand je dis qu’un "livre vendu à 2000 exemplaires peut être rentable pour un éditeur", ça ne veut évidemment pas dire que tous les livres vendus à 2000 ex. sont rentables pour leur éditeur. La rentabilité d’un livre dépend de beaucoup de paramètres : prix du livre, montant de l’avance versée, taille de l’éditeur... Plus un éditeur est gros plus il a de frais fixes et plus son seuil de rentabilité est élevé. Le seuil de rentabilité d’un album édité par Dupuis sur lequel un gros effort de promotion est fait et pour lequel on a versé aux auteurs une grosse avance (un Spirou, par exemple) ne sera vraisemblablement rentable qu’à partir de 20 000 exemplaires (mais les éditeurs ne font pas ce genre d’investissement sur n’importe quel album). Un album chez un éditeur qui verse peu ou pas d’avance et qui a peu de frais fixes, comme Paquet, Clair de Lune ou Carabas, par exemple, sera rentable bien avant (à partir de 2000 ou 3000 exemplaires, il rapporte de l’argent).

                                Maintenant, libre à vous de refuser de voir cette réalité (qui est une simple réalité comptable, pas une critique) et de continuer à poser des questions auxquelles vous n’attendez manifestement pas de réponses (autres que des confirmations de ce que vous pensez savoir). J’ai comme votre libraire une longue expérience du secteur du livre (dont une grande partie dans l’édition) et je ne faisais qu’essayer d’éclairer votre lanterne.

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                                • Répondu le 4 février 2011 à  17:13 :

                                  Ah, me voilà rassuré. En fait vous ne savez juste pas lire. Non, vous ne savez pas compter non plus…

                                  Je sais très bien ce que j’ai dit dans mon post du 3 février à 13h20.
                                  Dans le calcul de base, une fois retiré la TVA, la distribution, la fabrication et les droits d’auteur, il restait 6048 euros pour l’éditeur. Ce calcul se faisait dans l’hypothèse ou aucune avance sur les droits d’auteur n’avait été versée à l’auteur. Donc il n’y a absolument pas lieu d’ajouter les 1512 euros aux 6048. L’auteur n’ayant pas à couvrir d’avances, il perçoit ses droits directement, dès le premier exemplaire vendu.

                                  PUIS je me permettais de faire remarquer qu’il pouvait être fort probable que l’auteur ait perçu des avances. Je parlais de 10.000 euros, ce qui est finalement en dessous de la réalité (80% de la production au moins est concernée par le système des avances et 15.000 euros est une moyenne nettement plus juste…) Dans cette hypothèse, l’éditeur ne touche plus 6048 euros mais en perd 2440. Le calcul est assez simple, je suis sûr que vous pouvez y arriver.

                                  Donc si l’éditeur perd de l’argent, j’ai ma réponse aux deux questions d’un coup : vendre 2.000 exemplaires n’est pas rentable. À moins bien sûr, de prendre pour exemple les cas marginaux d’éditeurs alternatifs ne payant aucune avance (si, si, renseignez-vous mieux, ce n’est pas parce que ça existe que ça n’est pas un cas minoritaire et Paquet, Clair de Lune ou Carabas n’entrent nullement dans cette catégorie, soyez honnête) ou, cerise sur le gâteau, si vous prenez comme base 10.000 exemplaires vendus (qui est très largement au-dessus de la moyenne constatée). Mais à 10.000 exemplaires, nous ne sommes plus dans le débat de savoir si oui ou non, vendre 2.000 exemplaires est rentable pour un éditeur…

                                  Pour finir, cette discussion aura eu le mérite d’éclairer ma lanterne, mais certainement pas grâce à vous. Si comme vous le prétendez vous étiez éditeur, ça devait être dans un autre siècle. Ou alors vous ne deviez pas être un très bon éditeur.

                                  Excusez-moi d’être désagréable, mais vous vous êtes permis quelques attaques assez blessantes. Sans compter que se faire prêter des propos et des pensées qui ne sont pas les siennes n’est jamais un plaisir.

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                                  • Répondu par Long John le 5 février 2011 à  23:16 :

                                    Ben voyons. C’est bien connu : les éditeurs sont des philanthropes qui publient des bouquins à perte juste pour empêcher les auteurs de crever la dalle. Pour info, Paquet m’a proposé 2000 euros d’avances sur droit pour une BD de 80 pages couleurs. Et j’ai un pote qui a eu le même genre de proposition de la part de Clair de Lune. Alors je ne sais pas où tu vas chercher tes chiffres mais 15000 euros d’avance sur droit en moyenne, c’est clairement n’importe quoi. Lis un peu le rapport Ratier, tu verras déjà que près de la moitié des nouveautés en France (hors comics et manga) est éditée par des éditeurs "alternatifs" et la plupart proposent des avances de misère (quand ils en proposent).

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                      • Répondu le 3 février 2011 à  17:00 :

                        Rentable, oui. Certains de mes amis auteurs assez bien connu pourtant ont eu des propositions de 48 cc à ..2000 euros tout compris. moi même j’ai eu ça aussi pour une bd, 2000 roros, pas un kopeck de plus !! ratier en parlait aussi sur BD zoom !

                        Donc à 12/1500 ventes ça le fait pour l’éditeur, il retombe sur ses pattes.

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        • Répondu par FB le 3 février 2011 à  10:47 :

          Et allez, on remet une couche dans la bêtise et les caricatures... (l’éditeur ne devrait publier que des choses rentables, mais par ailleurs, c’est un sale profiteur qui s’en met plein les fouilles ?... Bravo, quelle logique !). Bien évidemment qu’un éditeur ne fera jamais rembourser un auteur des frais d’impression, de commercialisation et autres, occasionnés par son livre (chacun son métier et les risques qui vont avec, c’est tout à fait normal), mais cette phrase dite par cet internaute, quelque peu provocatrice, est faite, je pense, pour bien faire comprendre qu’EFFECTIVEMENT publier un auteur n’est pas gratuit... Si tout se passe bien, si les ventes, tout le monde sera content ; par contre, si les ventes ne suivent pas, l’éditeur en sera pour ses frais (alors que les intermédiaires auront, eux, toucher... Ainsi que l’auteur qui aura toucher ses avances sur droits - non remboursables c’est bien évident). Les choses ne sont pas aussi simplistes que certains voudraient le faire croire... D’un côté les méchants éditeurs capitalistes, exploiteurs, et d’un autre les gentils auteurs, victimes de l’oppression et de l’exploitation... Désolé mais, à mon sens, ça ne ressemble pas beaucoup à la réalité... Cela ressemble plus à un mode de pensée idéologique.

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          • Répondu par CQFD le 3 février 2011 à  13:31 :

            Effectivement, je ne suis pas un salaud d’éditeur (en fait, je ne suis même pas éditeur, d’ailleurs !), simplement je m’intéresse à la logique économique de l’édition. Merci donc à FB d’avoir traduit mon précèdent message à l’attention de ceux qui lisent au premier degré.

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    • Répondu le 3 février 2011 à  06:47 :

      C’est comme les chasseurs, t’as les bons et les mauvais éditeurs. avec un peu de bouteille dans ce métier, et après moults discutes et rencontres dans les festivals, tu ne te fais plus avoir à envisager de contrat avec un tel ou un tel.

      Les noms par contre, non ! ; )

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      • Répondu par FB le 3 février 2011 à  11:43 :

        S’il y a des bons et des mauvais éditeurs, alors il faudrait le dire et arrêter les discours faisant toujours l’amalgame (du genre de ce badge : Je me protège de mon éditeur...) ;-) C’était uniquement cela le sens de mon post... ;). Dommage que vous ne donniez pas de noms par contre... Ça serait plus simple. ;)

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        • Répondu par Christophe le 3 février 2011 à  12:15 :

          Il y a aussi les bons et les mauvais conducteurs. Le fait qu’on ait confiance dans celui qui tient le volant ne doit pas nous empêcher de mettre une ceinture de sécurité. On n’est jamais à l’abri d’une sortie de route...

          Le message du SNAC ne fait que rappeler cette évidence.

          Tous les éditeurs font viser leurs contrats par des avocats spécialisés (quand ils n’ont pas leur propre service juridique) afin de s’assurer que leurs intérêts sont bien protégés. Pourquoi les auteurs, de leur côté, n’en feraient pas autant ? Pourquoi devraient-ils se conduire comme des béni-oui-oui et signer n’importe quoi ? Parce que ce sont de grands enfants qui feraient mieux de s’occuper de leur petits miquets et laisser les choses sérieuses aux grandes personnes ?

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    • Répondu par LC le 3 février 2011 à  09:32 :

      Ce sont surtout les jeunes et les auteurs débutant qui se font avoir, à signer des trucs hors la loi, voire carrément " contrats sans scrupules", dixit 4 sénateurs Belge qui veulent encore faire modifier - à raison - certaines parties de la loi sur le droit d’auteur.

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      • Répondu par Sergio Salma le 3 février 2011 à  12:27 :

        C’est désespérant et amusant à la fois de lire les réactions quand on aborde ce sujet. Oui bien entendu qu’ il y a les bons et les mauvais éditeurs. Et bien sûr, là, aucun doute possible : il n’y a que de bons auteurs. Aïe pas sur la tête.

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        • Répondu le 3 février 2011 à  15:51 :

          Et quand l’album marche c’est grace à l’éditeur, mais s’il ne marche pas c’est à cause de l’auteur.

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        • Répondu par Philippe le 3 février 2011 à  16:40 :

          Oui bien entendu qu’ il y a les bons et les mauvais éditeurs.

          C’est un peu manichéen comme vision des choses. Aucun éditeur n’est tout noir ou tout blanc, ce serait trop facile. Ce sont les pratiques qui sont bonnes et mauvaises. Les "mauvais" éditeurs ont leurs bons côtés et même un "bon" éditeur peut être tenté, un jour ou l’autre, par de mauvaises pratiques. Les compte-rendus des procès lancés par Uderzo contre Dargaud ou Bourgeon contre Casterman (deux éditeurs, a priori, plutôt "bons") sont à ce titre édifiants.

          Le SNAC ne lutte pas contre les éditeurs, il lutte contre les mauvaises pratiques.

          Les éditeurs, de leur côté, se protègent par contrat des mauvaises pratiques de certains auteurs ("bons" ou "mauvais").

          Chacun se protège du mieux qu’il peut contre les mauvaises surprises, c’est normal entre partenaires consentants. N’importe quel éditeur ou auteur professionnel en a conscience.

          Considérer qu’un auteur qui défend ses droits est un irresponsable agressif qui crache dans la soupe est une vision assez puérile (que ne partagent heureusement pas la plupart des éditeurs).

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          • Répondu le 3 février 2011 à  18:57 :

            Oui des pratiques limites .. comme ressortir en douce 1 an après, ( en version numérique ) un album dont la commercialisation a été annoncée comme stoppée aux auteurs faute de succès et sans les prévenir tant qu’a faire des fois qu’il le verrait pas !!!!!!!

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            • Répondu le 4 février 2011 à  06:27 :

              J’ai découvert aussi ma BD sur mon i-phone totalement par hasard, ainsi que je l’ai déjà écrit plusieurs fois sur Actua, de plus ils avaient bien pourri la couverture en rajoutant des tas d’anneries de leurs crus, les " numérisateurs ou numériseurs ".
              J’essaye maintenant de savoir " laquelle " de ces boites numériques à trafiqué mon travail, et c’est une sacré jungle, ils se renvoient tous la pierre les uns les autres. Voilà aussi des pratiques illicites qui mériteraient une boite entière de préservatifs. le Snac a raison d’avoir fait cette campagne.

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              • Répondu par FB le 4 février 2011 à  09:44 :

                Il est tout à fait normal de se protéger les uns des autres et un syndicat des auteurs est normal ; de là à porter un badge (Attention, tu es potentiellement dangereux, je me méfie de toi !) et à exhiber ostensiblement sa boite de préservatifs. Disons que ça n’est pas très élégant. Mais pourquoi pas, si vous y tenez. Tout le monde (éditeurs, auteurs, etc.) pourrait exhiber sa méfiance vis à vis des autres (avec boucliers, armures, etc.)..., ça serait amusant.

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                • Répondu le 4 février 2011 à  11:27 :

                  Ce n’est pas un badge, c’est une boite de préservatif.

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