Et encore un monument du "classicisme" qui nous quitte.
Pour ceux qui auront lu Pilote dans les années 70, Haxtur restera comme un symbole de la BD contestataire (et le témoin du mariage avant-date de la BD avec l’héroïc-fantasy). Tentative confirmée quelques années plus tard dans les premiers numéros d’A Suivre avec la saga Haggarth...
Victor de la Fuente aura touché de sa grâce tous les genres : du fantastique (Matthaï-Dor)au western (Sunday, Amargo, Tex, Los Gringos), du religieux aux récits historiques, en passant par l’érotisme (Mortimer). Un de ces artisans ne répugnant à aucune tâche, et dont la "patte" inimitable vous transcende un guéridon en meuble Louis XVI. Question d’orgueil.
Contre-partie de l’éclectisme, un manque de reconnaissance du public, incapable de suivre un parcours accidenté, au gré des pays et des éditeurs, sans oublier les scénaristes velleitaires (n’est-ce pas M. Jodorowsky, en peine sur la série Aliot ?)...
En attendant une hypothétique intégrale, je vous conseille de chiner et traquer tous les albums épars et disparates du dénommé De la Fuente. Un Michel-Ange de l’art séquentiel ?
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Répondu par Oncle Francois le 5 juillet 2010 à 20:37 :
Un grand Maître du noir et blanc, scandaleusement oublié alors qu’il a travaillé des décennies à faire de la BD un art majeur, en toute modestie, sans provocation ni esbrouffe. Son Aliot avait une sacrée gueule, c’était pour moi une des rares séries lisibles de Jodo, dommage qu’il n’y ait eu qu’un album... Bien évidemment ses livres sont difficiles à trouver en France puisque les grands Edith "Heures du Malheur" préfèrent proposer ce qui se vend bien à un large public de niais. On sait ce qu’on perd, mais on sait encore mieux ce que l’on garde, hélas...
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