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LES BREVES

Eisner Awards 2013 : Blacksad superstar, Nope pour les Frenchies

21 juillet 2013

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« " Moebius est mort, la BD franco-belge est morte" pour le jury des Eisner Awards ? C’est bien possible » écrivions-nous l’année dernière, déplorant qu’aucune bande dessinée francophone ne trouvait grâce aux yeux du jury américain.

Cela se confirme cette année. Avec une sélection déjà plus restreinte que l’année d’avant : seuls Abelard de Régis Hautière & Renaud Dillies (Dargaud, publié aux USA par NBM), Monsieur Jean de Philippe Dupuy & Charles Berberian (publié par la filiale US des Humanoides Associés), New York Mon Amour de Benjamin Legrand, Dominique Grange & Jacques Tardi (Casterman, publié par Fantagraphics) avaient été nominés..., le jury n’a rien retenu de "Frenchy "dans la sélection 2013.

Parmi les Européens, le Montpelliéro-Norvégien Jason et les Espagnols Juan Diaz Canales & Juanjo Guarnido (deux fois nominés), habitués des nominations, tenaient leur rang avec leurs compatriotes Fernando Trueba & Javier Mariscal, le Flamand Brecht Evens (deux nominations), l’Italien Lorenzo Mattotti...

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Blacksad, publié aux USA par Dark Horse, a récolté deux Eisner Awards cette année. Bravo los amigos !

Parmi eux, c’est le Blacksad : A Silent Hell de Juan Diaz Canales & Juanjo Guarnido qui a remporté l’Award de la meilleure BD étrangère mais aussi celui du meilleur décoriste. Publié en France par Dargaud, c’est Dark Horse qui en est l’éditeur américain.

Que dalle, donc pour les Frenchies, alors que les Eisner Awards fêtaient cette année leur 25e anniversaire. Signe d’une perte d’influence de la BD francophone ? On se doit de le constater. Les éditeurs de BD franco-belges ont toujours eu du mal à constituer un lobby suffisamment puissant pour s’imposer alors que les Asiatiques ont leur propre catégorie, ce qui leur permet à coup sûr de ramener chaque année un trophée.

On ne voudrait pas être mauvaise langue, quoique... À notre avis, la section BD du Syndicat National de l’Édition devrait se fendre d’une lettre aux organisateurs de San Diego pour leur signaler ce grave manquement à l’égalité des chances entre les concurrents...

DP

VOIR EN LIGNE : LA LISTE DES EISNER AWARDS 2013

12 Messages de forum : Participez à la discussion

  • l’Award de la meilleure BD étrangère mais aussi celui du meilleur décoriste

    Ça signifie que Guarnido a été récompensé pour ses décors expressément ?!

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    • Répondu par Julien le 21 juillet 2013 à  19:19 :

      Doublé pour Guarnido sur ce prix du meilleur peintre-multimédia-design intérieur ! Deux ans de suite. L’an dernier, et cette année.

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    • Répondu par Jean-Paul Jennequin le 21 juillet 2013 à  21:53 :

      Non. Il a été récompensé dans la catégorie Best Painter/Multimedia Artist. C’est une catégorie qui existe depuis 1993 et qui permet de récompenser des dessinateurs qui ne sont pas simplement "penciller" (dessinateur de crayonnés) ou encreur. Ce que l’on appellerait souvent en français des dessinateurs travaillant en couleurs directes.

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  • La disparition de Kim Thompson (Fantagraphics) ne va pas arranger la situation de la bd franco-belge aux usa... Ce bon samaritain a été perçu "de facto" comme une évidence et il va falloir bien ramer pour combler le vide qu’il laisse. Content de voir toutefois que le TCJ a obtenu un prix- un site incontournable. Parmi ses collaborateurs il existe cependant qq personnes connaissant bien la bd franco-belge. Un peu d’espoir donc. Quand aux récompenses de cette année aux Eisner, elles ne resteront pas dans les mémoires -pas dans la mienne en tout cas. Chris Ware encore... alors qu’il y aurait beaucoup à dire sur son "Building Stories" -et que des critiques le disent. Des choix très frileux et sans grand intérêt. On récompense le succès... À mettre en parallèle avec Angoulême qui, malgré le "scandaleux" Grand Prix, ne mettait en avant rien de bien novateur non plus cette année. Et découvrir que cette année Fantagraphics ne fut récompensé que pour une réédition (alors qu’ils présentaient tout de même l’opus ultime de Carol Tyler) est une énorme déception à mes yeux. 2013, un passage à vide pour la bd ?

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  • Eisner Awards 2013 : Blacksad superstar, Nope pour les Frenchies

    21 juillet 2013 22:14, par Jean-Paul Jennequin

    Si l’on regarde la catégorie Best U.S. Edition of International Material (Meilleure édition américaine de matériel étranger), on voit que la BD japonaise domine cette catégorie de la création du prix en 1998 jusqu’à la création d’une catégorie Japan en 2007 (devenue Asia en 2010). Depuis 2007, toutes les BD étrangères primées dans cette catégorie "internationale" sont européennes. Il s’agit donc bien, dans la pratique, de la Meilleure édition américaine de matériel européen. Et sur les sept BD primées, six ont été publiées à l’origine par des éditeurs franco-belges (la seule exception étant Un Été indien de Pratt et Manara paru à l’origine dans la revue italienne Corto Maltese). Les auteurs de Blacksad sont espagnols, mais l’éditeur qui a le premier publié la série est Dargaud, un éditeur français.

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  • Signe d’une perte d’influence de la BD francophone ?

    Le problème est peut-être que les éditeurs francophones sont dans un espèce de suicide collectif, il suffit d’entrer dans une librairie pour s’en rendre compte. Des bouquins de plus en plus chers, surtout qu’il s’agit le plus souvent de rééditions sous un nouvel emballage (les Larcenet/Tiriet parus dans Humour libre maintenant à 30€ le petit bouquin) Franquin et les fanzines au prix ahurissant de 28€,Journal d’un corps de Pennac avec des dessins de Larcenet (encore lui, il est bankable, tous les excès sont permis) d’une pédanterie achevée (par le ridicule du travail c’est surement le bouquin le plus drôle de Larcenet, mais ce n’est pas voulu), tout ce qui était il y a 20 ans les éditions luxe, tirages de tête, tirage spéciaux et autres arnaques à collectionneurs sont aujourd’hui le lot commun et on pourra toujours chercher l’édition ordinaire à un tarif normal pour quelqu’un qui gagne honnêtement sa vie, il n’y en a pas. Quelques bouquins me font de l’œil en librairie, mais quand je vois le prix, je repose, j’ai le sens de la valeur des choses, je suis peut-être vieux, mais je sais ce que représente 200 francs ou 300 francs.

    Les éditeurs francophones préfèrent braquer de vieux lecteurs aux portefeuilles pleins qu’assurer le renouvellement du lectorat, pourtant les jeunes achètent, du manga principalement, moins cher à la pièce mais plus souvent, moins l’impression de se faire avoir. Les libraires de neuf ou d’occasion ferment les uns après les autres, on peut toujours crier que c’est faute de la vente sur internet, mais c’est trop facile, la vision à court terme des éditeurs est la principale cause du désastre actuel.

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    • Répondu le 22 juillet 2013 à  10:02 :

      Salut,

      Franquin et les fanzines au prix ahurissant de 28€

      28 € seulement pour cet indispensable pavé de près de 500 pages, c’est effectivement ahurissant.

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      • Répondu le 22 juillet 2013 à  13:15 :

        28€ pour un petit format qui n’a rien couté puisque ce n’est que reprise de vieux articles fanzineux. Avec une maquette normale et un format normal ce bouquin pourrait être vendu 10€, mais là aussi Dupuis préfère faire du fric facile en arnaquant le gogo.

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    • Répondu par Sergio SALMA le 22 juillet 2013 à  22:17 :

      Vous mélangez tout. La preuve, en pensant qu’ internet est un souci supplémentaire. Ce sont les mêmes livres qui sont vendus sur internet, la différence c’est la livraison à domicile. Vous ne voyez aucune série mainstream chez les "gros" éditeurs ?! Il y a une quantité invraisemblable justement de séries et d’albums qui sont des livres à "prix normal". C’est une très grosse partie de la production annuelle.

      Vous pointez du doigt des livres chers mais qui sont des tirages relativement bas puisque justement ils s’adressent à des amateurs. Les intégrales ( appelons-les comme ça)c’est le contraire ; ce sont souvent 3 ou 4 albums rassemblés à des prix défiant toute concurrence + un dossier qui vaut le détour souvent . Les rééditions sont une niche qui ne vous est ( a priori) pas destinée comprenez-le.

      Dans chaque catalogue, il y a la part des séries et auteurs en train de se faire et puis la part de rééditions permanentes ; le chiffre d’affaire ce sont les deux, j’imagine que vous le savez. Ce que vous oubliez toutefois quant aux mangas ou aux comics c’est que c’est toute l’économie qui est différente dans leur essence-même. Nous produisons des albums , ils publient des périodiques. Quand les mangas ont débarqué, on a compilé(et on compile encore) des séries parfois arrêtées ; noir&blanc et qui ne sont donc pas de la création, c’est juste de la traduction. Si le lecteur a l’impression d’acheter pour moins cher , la marge pour l’éditeur est bien plus importante ; de plus le lecteur s’inscrit dans un mode de consommation ( mensuelle souvent) et au bout de l’année son budget a bien trinqué mais en douceur.

      Vous parlez de suicide ça me semble être une vision apocalyptique , c’est ce terme qui est inquiétant et qui m’a fait réagir.

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  • Je ne comprends pas bien cette affirmation selon laquelle la BD française serait morte aux yeux des étasuniens. Même si elle est réalisée par deux espagnols, "Blacksad" est bel et bien une BD française : l’éditeur est français, le format est typiquement franco-belge, sa langue d’origine est le français.

    Ce n’est ni en Espagne, ni au Japon (où Guarnido aurait dû travailler en noir et blanc, ce qui aurait été, avouons-le, dommage) ni aux Etats-Unis que Canales et Guarnido ont trouvé éditeur mais bien en France. C’est le système éditorial franco-belge qui leur a permis de développer leur série dans le format qui convenait le mieux à leur style.

    La provenance d’une oeuvre ne peut dépendre de la nationalité de ses auteurs mais bien du pays qui l’a vu naître. Ou alors il faut considérer que les "Spider-man" de Mark Buckingham ou le "Superman" de John Byrne ne sont pas des BD étasuniennes mais anglaise et canadienne, ou encore que les films "M. Smith au sénat" de Frank Capra ou "Le dictateur" de Charlie Chaplin sont italien et anglais...

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  • Eisner Awards 2013 : Blacksad superstar, Nope pour les Frenchies

    22 juillet 2013 12:34, par Gonzalo Izquierdo

    Parmi les Européens, il y a un autre Espagnol qui a remporté deux prix : David Aja (Best Penciller/Inker et Best Cover Artist) pour Hawkeye. Mais c’est vrai qu’il travaille directement pour Marvel, contrairement aux autres qui ont d’abord publié en Europe.

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  • "Nope pour les Frenchies" ?

    ça ne veut absolument rien dire. "nope" est une façon argotique de dire "non" et non pas "rien", ce que, j’imagine, voulait dire l’auteur.

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