LES BREVES
Google célèbre les 115 ans du créateur de Popeye.
10 décembre 2009


- Le doodle de Popeye
Décidément Google aime la bande dessinée. Après Google Chrome expliqué et illustré par l’auteur de bande dessinée Scott McCloud, la page d’accueil Igoogle qu’on peut personnaliser avec son personnage de bande dessinée favori [1] pour célébrer la naissance du père de Popeye.
Pas Poopdeck Pappy (ou encore Popa selon les traductions) mais bien Elzie Crisler Segar, le créateur d’un des personnages les plus célèbres aux États-Unis et dans le monde.
Né le 8 décembre 1894 à Chester dans l’Illinois, Segar débute sa vie professionnelle comme projectionniste de cinéma dans sa ville natale. Il suit en parallèle des cours de dessin par correspondance et décide d’emménager à Chicago où il reprend un comics strip inspiré du personnage de Charlot. Le strip déplaît tant à Charlie Chaplin que celui-ci en fait stopper la publication. Le journal qui employait Segar est racheté par Hearst qui lui demande de venir s’installer à New York pour créer une nouvelle série. Segar accepte et crée le comics strip Thimble Theatre (Théâtre du dé à coudre).
Nous sommes en 1919 et ce n’est qu’en 1929 que Popeye le marin fait son apparition. Personnage secondaire, il n’est pas destiné à rester, la série étant dominée par Olive Oyl. Mais Popeye remporte un tel succès auprès des lecteurs que Segar décide d’en faire son personnage principal. Olive Oyl devient alors sa compagne et la série prend le nom de Thimble Theatre starring Popeye en 1931.
En 1938, riche et célèbre, Segar meurt prématurément et laisse une galerie de personnages qui continueront à vivre sous la plume d’autres artistes dont les frères Fleischer qui l’adapteront en dessin animé.
Si les strips de Segar ne sont pas aussi sophistiqués que ceux de ses contemporains les plus illustres tels que Herriman (Krazy Kat) ou encore Winsor McCay (Little Nemo), ils n’en demeurent pas moins aussi inventifs pour décrire des personnages profonds et drôles qui évoluent dans des situations complexes. Avec ses personnages forts en gueule qui n’hésitent pas à jouer des poings, Segar a montré que la bande dessinée était un medium parfait pour raconter des gags quotidiens, mais aussi des histoires plus longues et plus complexes.
Popeye a été traduit en français par différents éditeurs dont Futuropolis dans les années 80 et Denoël Graphic plus récemment.
MK
Sources :
,Masters of American comics de John Carlin avec Paul Karasik, Brian Walker et Stanley Crouch. Yale University Press, 2005.
E.C. Segar, Popeye’s creator, celebrated with a Google doodle de Adam Gabbatt. Guardian.co.uk, 2009.
[1] Voir les personnages disponibles ainsi que les étapes à suivre sur la page Comicsthemes,de Google, voici un doodle [[Un doodle est une variation autour du logo de Google.
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11 décembre 2009 04:41, par Fred "Blow me down" Boot
Toute petite précision : c’est plutôt Castor Oyl et non sa sœur Olive qui était le personnage principal au moment de l’arrivée de Popeye. D’un autre côté, ce n’est pas bien important vu que le Thimble Theatre variait pas mal au niveau persos centraux avant l’avénement du marin borgne : avant Castor, c’était en effet le couple Olive Oyl et Ham Gravy (qui disparaîtra par enchantement après avoir suivi Castor dans quelques périples) qui était mis en avant.
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12 décembre 2009 00:11, par Alex
"Si les strips de Segar ne sont pas aussi sophistiqués que ceux de ses contemporains les plus illustres tels que Herriman (Krazy Kat) ou encore Winsor McCay (Little Nemo)"
Pardon, mais cette remarque me semble incongrue. Les strips de "Krazy Kat" ne me semblent pas beaucoup plus sophistiqués que ceux de Segar. Mais vous vouliez parler des "Sunday pages" je suppose... Quand aux strips (?) de Little Nemo.. ??
Comparons ce qui est comparable voulez-vous. L’inspiration de Segar se situe ailleurs que ces confrères géniaux que vous mentionnez. Il est un peu décevant de voir ainsi que sur un site consacré à la bd, une oeuvre humoristique doivent être jugée moindre sur un plan -toujours sur un plan- que celle de ses confrères d’inspiration plus esthétiques ou poétiques.
Bien sûr, citons les frères Fleischer ... et citons-les toujours -mais dans le cas présent pourquoi omettre de citer Bud Sagendorf qui figea pourtant l’icône Popeye dans le marbre du marketing alors que visiblement l’entête de Google est un de ses dessins ? Trop "céréales" ?
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Répondu par Sergio Salma le 12 décembre 2009 à 10:43 :
Absolument d’accord avec Alex. C’est une mauvaise habitude qui remet toujours en lumière le beau dessin contre le gag purement mécanique. Alors que le génie des uns n’a rien à voir avec le génie des autres, il subsiste une tendance très très( trop) académique . Complexe de la comédie vis-à-vis de la tragédie sans doute. Très souvent le cas dans d’autres domaines que la bande dessinée d’ailleurs. On accordera très peu souvent des palmes, des prix Delluc, des César etc...à des comédies . Puisqu’on parle de patrimoine, voyons ce qui s’est passé au cinéma. Charlie Chaplin a dû s’exiler et jamais ses pairs ne l’ont vraiment pris au sérieux. Ce n’est qu’à la fin de sa vie qu’un hommage lui a été rendu. Pourquoi ce parallèle ?! Parce que justement, la comparaison avec des auteurs de bande dessinée issus de la presse et uniquement de la presse ( Mc Cay, Sagendorf, Herriman...) donne encore une fois l’occasion de créer des catégories et surtout, à mon avis défaut suprême, de les mettre en compétition ! Sans doute une maladresse d’écriture donne-t-elle cette fâcheuse impression.
Pourtant au niveau du génie créatif si Mac Cay est de loin le plus esthétique (et le plus conceptuel aussi d’ailleurs, intellectuel comme diraient certains grincheux), c’est bien Popeye qui est la création la plus marquante. Popeye est entré dans la mythologie et est connu de tous. Les éléments extraits de cet univers nous accompagnent, les épinards , la force, la vie de famille jusqu’au mot Jeep qui est devenu une bagnole tout-terrain mais dont l’origine est le nom d’un perso secondaire de ce petit théâtre.
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Répondu par Oncle Francois le 12 décembre 2009 à 23:08 :
Bien d’accord avec vous deux, mon neveu Alex et Monsieur Salma. L’humour a tendance a être dévalorisé, même si ce sont souvent ce genre de BD qui a le plus d’audience (en France, Asterix, Lucky Fuck, Gaston Lagaffe, Boule & Bill, les Profs, sans oublier les Tuniques Bleues, chères au grand prix d’Angougou de cette année. Pourtant je prefère eclater d’un grand éclat de rire (ondes sonores redoutables : cela suffit à attirer vers moi le regard des jolies passantes ou voisines...) que frissonner en solitaire devant une BD policière ou d’horreur (je ne suis pas une poule mouillée, moi, Messieurs !).
Ah oui, c’est vrai que dans ce genre, le cinéma et le roman écrit peuvent être un peu plus efficaces, excusez-moi d’oser le rappeler...
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Répondu le 13 décembre 2009 à 15:53 :
Alex, vous avez de la panade dans les yeux. Ce dessin est aux antipodes du style Sagendorf ; ici l’inspiration est plutôt à situer du côté des frères Fleischer. L’auteur de cette illus est l’excellent Stephen Destefano (confirmé ici : http://www.cartoonbrew.com/cartoon-... ) qui dessine Popeye pour le merchandising depuis bien des années et endosse avec brio les styles Segar, Fleischers, Famous ou Sagendorf. Et même Hanna Barbera, si si. Jugez-en : http://stephendestefano.blogspot.co...
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Répondu par Alex le 15 décembre 2009 à 22:31 :
En effet...Merci pour vos rectifications !
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