Répondu par Sergio Salma le 19 mars 2008 à 22:05 :
Oui, les mots ont un sens.
Votre post initial donnait l’impression que vous butiez uniquement sur la terminologie. En fait, vous êtes au fait de toutes ces choses et s’il m’est venu cet accès de joyeuse moquerie, c’était sans doute pour pouvoir asséner ma conclusion, avec laquelle vous semblez être d’accord : la cruauté de la vie.
Mais puisque vous posez une question" pourquoi devrais-je me réjouir de l’intérêt( le mot est particulièrement savoureux) d’une quelconque société pour la bande dessinée ?", j’y vais de ma petite supposition.
A mon avis, ça veut simplement dire que si des sociétés qui ont po...pignon sur rue ont envie d’accoler leur image à la bande dessinée, ça induit que le média choisi a un fort potentiel.
Si ce média a un fort potentiel c’est qu’il se porte relativement bien ( n’entrons pas dans le débat des goûts et des dégoûts, centrons-nous sur l’économie).
S’il se porte relativement bien c’est que plusieurs générations font la fête à des centaines d’auteurs, lisent, achètent et font taire bien des commentaires alarmistes.
je ne vais pas cautionner aveuglément le tout-économique et en conclure que la bande dessinée prouve là et uniquement grâce à ces associations ponctuelles son importance dans le paysage culturel, mais je ne peux pas m’empêcher d’y voir là un indice positif.
Que ce soit pour des concours comme celui-là, pour des participations plus ou moins actives à des manifestations de plus ou moins grande envergure, je me dis que cet argent, quelque part , profite à l’essor général . On peut faire la fine bouche, le puriste et bien entendu regretter certains débordements. Mais il faut aussi parfois être réaliste(je ne vous taxe pas de rêveur attention).
Puisque la relève est à assurer et que cette recherche de nouveaux talents peut passer par ce canal pourquoi pas ? Vous jouez avec le mot "création" et le mot "soutien". Si un seul des participants peut accéder au podium, publier et gagner quelques années dans son parcours, je trouverai déjà un intérêt à ce genre d’opération. Un seul.
La grande enseigne qui a
pendant très longtemps"soutenu" la bande dessinée à Angoulême n’a rien fait d’autre. D’autres continueront à faire tourner le cirque.
C’est une méthode banale que d’accepter d’y aller de sa poche . Dans les staffs de commerciaux censés promouvoir une marque, il se trouve des personnes qui vont plus loin en étant à l’origine de tout un processus. Ils créeront donc l’événement de A à Z en passant par B et D.
Pas fait d’école de commerce, non. Simplement regardé le fonctionnement et les atermoiements de notre petite société humaine.
Pour vous reprendre jusque dans vos plus petites remarques, j’ai comme vous constaté que les artistes en herbe n’étaient plus tout à fait à l’image qu’on aurait pu s’en faire il y a peu. C’est-à-dire volontiers rebelles ou carrément romantiques. Je veux pourtant encore croire en certaines ambitions et si je trouve cruelle cette association relative avec le capitalisme débridé, j’en conclus aussi que ce sera en définitive un pied à l’étrier sans équivoque. Ils sont tout de même idéalistes allez. Si ce n’est pas pour prouver au monde que la subversion est le seul salut , ils rêvent à de substantiels bénéfices liés à leur future activité ; on peut y voir là une nouvelle définition du mot "idéaliste".
Pour ma part, je ne lance pas de polémique ; le débat est intéressant dès lors qu’il met en lumière des frustrations, des rejets ou des jugements qui souvent, il me semble, relèvent de l’idée reçue. Je propose juste une alternative mais sans obliger quiconque à abonder dans ce sens.
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