Répondu par peter le 17 décembre 2010 à 14:45 :
Oui et si on regarde les primés, on constate qu’il n’y a eu que 2 Grands Prix féminines en 36ans (Brétécher en 83 et Cestac en 2000 – d’ailleurs ça commence à dater…), ce qui représente 5%, donc bon…
Et le problème dans ces festivals (et notamment Angoulëme) n’est pas tant dans les séléctionnés et/ou les primés, qui en sont plus la conséquence, que dans la cause : les jurys, notamment pour les présélections, sont généralement composés des seuls représentants du sexe dit fort. Et le tout dans un contexte global de la BD (en tout cas celle grand public destinée à tous) largement machiste, qui reste un média dominé par l’imaginaire masculin, qui véhicule des stéréotypes écrasants. Vous le dites vous-même d’ailleurs : la proportion de femmes parmi les auteurs de BD serait plutôt de l’ordre de 10%, en tout cas minoritaire. Est-ce « normal » dans une population qui compte plus de 50% de femmes ? Le juré d’Artémisia, lui, est vraiment mixte (donc le prix n’est pas spécifiquement féminin au passage).
Il est donc absolument utile qu’un tel prix existe, qu’un regard féminin qui fasse connaître et reconnaître la production BD au féminin existe.
D’ailleurs, ce regard existe en la littérature avec le prix Fémina (et depuis plus d’un siècle !) , le cinéma a le festival de Créteil depuis plus de 30 ans, pourquoi la BD n’aurait pas son prix au féminin ? Elle l’a en tous cas depuis 2008, la BD grandit, et c’est une bonne chose.
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Répondu par Alois le 18 décembre 2010 à 19:12 :
La comparaison avec le prix Fémina ne tient pas : le prix Fémina récompense aussi bien des ouvrages écrits par des hommes que par des femmes. C’est uniquement le jury qui est composé exclusivement de femmes (afin, justement, d’apporter un "regard féminin" sur la production littéraire).
Le prix Artémisia c’est exactement l’inverse : un regard mixte sur la production féminine.
Concernant le grand prix d’Angoulême, honnêtement, combien d’auteures ont marqué suffisamment l’histoire de la bande dessinée pour y prétendre ?
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Répondu par peter le 19 décembre 2010 à 15:34 :
"Le prix Femina est un prix littéraire français, créé en 1904 afin de constituer une autre proposition au prix Goncourt qui consacrait de facto des hommes" [wikipédia]. La comparaison ne tient pas du tout, c’est sûr, rien à voir...
Pour le reste, c’est bien ce que je dis : soit on ne change rien, on continue une bande dessinée à 95% masculine, qui véhicule des stéréotypes dominés par les fantasmes masculins, soit on pense - et ça me semble tellement naturel - qu’il devrait y avoir 50% de femmes auteures de BD, 50% de lectrices, des jurys de prix mixtes, des sélections et des prix globalement paritaires...
Donc pour cela, il faut que la bande dessinée au feminin dans un premier temps soit connue et reconnue, mise en avant : c’est toute la mission de l’association Artemisia.
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Répondu le 19 décembre 2010 à 19:30 :
La bande dessinée n’est pas à 95% masculine,révisez vos chiffres, nous sommes en 2010, ça a beaucoup changé (fréquentez donc les festivals de BD, vous verrez que les auteures sont très nombreuses).
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