Pour 30 euros, « L’Immanquable » se paie une polémique sur le Net

25 juillet 2011 50 commentaires

Pour 30 euros, « L'Immanquable » se paie une polémique sur le NetTout commence par un petit mail adressé par le patron de « L’Immanquable », Frédéric Bosser, à certains profs d’écoles de BD et à certains auteurs :

Bonjour,
Nous souhaitons ouvrir le magazine L’Immanquable avec une histoire courte inédite de 4 à 8 pages maximum. La priorité sera donnée à des auteurs débutants ou des étudiants. Nous ne nous interdisons pas d’éditer également des histoires inédites que des auteurs ayant déjà publié un ou deux albums ont dans leurs cartons. Pour l’instant, nous ne pensons pas imposer de thèmes.

Êtes-vous intéressé ou pouvez-vous nous aider à contacter des auteurs de talent ou en devenir qui pourraient satisfaire cette demande ?
Pour info, L’Immanquable est un mensuel qui sort onze fois par an. Les tarifs seront de 30 euros la page. Il sera le même pour tous.
Dans l’attente de votre retour
Bien à vous,
Frédéric Bosser
PS : merci de faire passer l’info si vous avez des contacts que cela peut intéresser.

Aussitôt, le mail se met à circuler. Les réactions, parfois virulentes, arrivent rapidement.

« Indignez-vous !, écrit un auteur bien en vue et qui fait diffuser le message. ... De vous à moi, si on voulait tomber plus bas dans le cynique et le manque de considération de la rémunération des auteurs de BD (y compris débutants), on ne s’y prendrait pas mieux. »

« Excellent..., écrit un autre en réponse. Alors, imaginons un auteur très productif qui tombe une page par jour à 30 euros soit 8h de taf par jour pour soit 3,75 euros de l’heure. Mais à cela faut-il de la couleur ? Imaginons payer le coloriste [à] 25% du prix [de la] page, il reste donc 22,5 euros la page pour 8 h de taf = 2,80 euros gagné par heure de travail. »

Sur la page Facebook de l’éditeur, l’ironie déferle de la part des intervenants, des auteurs pour la plupart :

« C’est le deal du siècle, nul doute que quantités d’aspirants auteurs naïfs et fauchés se diront que c’est une carte à jouer »…

« 30 € la page... C’est faramineux ça comme prix… Jamais vu autant de générosité ! Surtout que j’imagine que ce doit être bien dessiné ! :)))) »…

« BD low cost. Les dessinateurs devront également payer pour aller pisser »…

« Alors, 20 euros pour le dessin, 7 pour le scenario et 3 pour le coloriste, ok ça marche. J’ai pas ma calculette, mais les Agessa devraient pas trop nous prendre sur la part des 30 euros. Merci encore ! »…

« Une idée lubrifiante ! »…

« Frédéric, vous devriez appeler votre magazine " l’impayable". »

...

Certains auteurs suggèrent que Frédéric Bosser aurait mieux fait de proposer un concours de jeunes talents où les lauréats seraient gratifiés d’un « tremplin », parlent de maladresse.

D’autres signalent que dans d’autres supports (Lapin, Le Tigre...), la publication des BD n’est même pas rémunérée...

Reste la vraie question : Cette demande était-elle légitime ?

Interrogé par nos soins, le SNAC-BD n’a pas encore fait savoir s’il était légitime d’imposer un « SMIC » pour une planche de bande dessinée.

En revanche, sur sa page facebook, Frédéric Bosser répond longuement aux critiques.

Il reconnaît une certaine « maladresse », précisant son intention : « Ce mail était aussi destiné aux professeurs pour leur proposer un partenariat avec leurs écoles respectives (Saint-Luc, Angoulême, Strasbourg, etc.). Puis, emporté dans mon élan, j’ai envoyé à des connaissances ce même e-mail en leur demandant de faire suivre à des auteurs qui seraient dans cette situation tout en leur proposant d’éventuellement ressortir de leurs cartons, s’ils le souhaitaient, des histoires courtes condamnées à y rester. »

Il prend cela « comme une main tendue à une profession qui souffre. »

Il insiste sur la précarité de son journal dont l’équilibre financier est incertain : « …si j’ai proposé cette somme, c’est uniquement parce que c’est la seule possible dans notre économie actuelle et aucunement pour mépriser ou abaisser les auteurs, voire pour continuer à les paupériser comme l’ont écrit certains. C’est vrai que j’aurais dû, comme Hervé Bourhis l’a suggéré, annoncer que ce n’était pas payé, comme ça il n’y aurait pas eu cette levée de boucliers que je peux encore une fois tout à fait comprendre à un moment où il est important de défendre les auteurs qui sont la base de notre métier. »

Quoiqu’il en soit, cette histoire est une nouvelle illustration du malaise palpable des auteurs de bande dessinée en France.

DP

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50 Messages :
  • Imposer un "smic" signifierait la disparition de bon nombre de petits éditeurs, de revues comme L’immanquable (alors qu’il y en a déjà si peu), la réduction du nombre d’auteurs publiés, etc.

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    • Répondu le 25 juillet 2011 à  16:28 :

      eh bien qu’ils disparaissent ! on ne peut dire "je respecte les artistes" et dans le même temps proposer un salaire indécent. Ca ne passe pas en 2011 ce genre de raisonnement scabreux.Il faut savoir faire face à sa conscience. On est en démocratie, et on tente de façon insensée de nous refaire le coup qu’il faut supporter car les temps sont durs...comme les pratiques dictatoriales, d’où sont en train d’émerger certains pays et mettre à jour nos paradoxes.
      il y a une citation de Franklin qui s’adapte très bien à ce qui se passe : "un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’un ni l’autre et finit par perdre les deux." C’est ce qui se passe en essayant de faire croire qu’il faut renoncer à un paiement décent et des projets de fonds pour quelques deniers et un projet sans lendemain concocté par les astrologues de l’édition.

      Il y a également cette histoire de la grenouille qu’on cherche à cuire : si on la jette dans l’eau bouillante, le contact la fera fuir. Par contre, si on la plonge à température ambiante en chauffant petit à petit, elle s’engourdit et finit par cuire sans s’en rendre compte.
      Certains dans l’édition ont joué à ça avec les auteurs, mais le processus n’ira pas jusqu’au bout.
      Et c’est décevant de voir quelqu’un comme Bosser, qui aime sans doute la BD, y participer, qu’il en soit très conscient ou pas ne change rien à l’affaire.

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      • Répondu le 25 juillet 2011 à  23:15 :

        Où avez-vous vu que les auteurs de BD étaient salariés ? Quant aux dictatures, sans doute avez-vous raison, il y a une dictature de l’argent, du libéralisme ; mais les marchés sont ouverts et hyper concurrentiels. La BD n’échappe pas à cela. Comment faire ? Si les auteurs sont mieux payés, cela se réduira à un certains nombres, il y aura moins d’albums... Il faudra pour les rentabiliser qu’il s’en vendent beaucoup... donc des valeurs sures ; il ne restera que les auteurs gros vendeurs. Parallèlement à la production francophone qui baissera, les productions US et japonaises, elles, ne baisseront pas...

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        • Répondu par Studd le 26 juillet 2011 à  05:59 :

          Libéralisme ? Il y a une concurrence féroce aussi entre les grandes enseignes de la distribution, mais elles n’en sont pas encore arrivé à payer leurs employés 2 heures seulement de rémunérées pour un travail effectif de 8 heures par jour que je sache !!! pareil pour le BTP, mais là non plus, on en est pas à inviter les gens à un travail gratuit ou presque ???

          Alors, arrêtez de parler de libre concurrence, libéralisme Thatcherien, marchés ouverts ou autres,
          je n’y vois personnellement, en ce retour de congés, qu’une évolution - toujours vers le bas, as usual - de plus dans ce pauvre milieu de la bande dessinée.

          PS , si vous avez quelques talents de dessins, orientez vous vers l’industrie du jeu vidéo, et vous verrez aisément que les gens n’y sont pas payés à coup de fronde. Seulement c’est un domaine ou l’investissement est lourd, donc accessible qu’aux grosses sociétés, sérieuses, celà nous évite bon nombres d’imposteurs à vils prix qui semble grenouiller dans votre domaine d’activités

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  • Beaucoup de petits éditeurs renaclent tellement à payer les avances, ( pourtant c’est pas gros : entre 70 et 95 € page ) que les auteurs finissent par faire l’impasse sur ces avances sur droits. Alors, lui, si au moins il PAYE rubis sur ongle ses 30€, celà vaut mieux que les promesses habituelles, qui donne ...zéro. CQFD

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  • On pensait avoir vu le pire, il y a un an, avec une sorte de marchand de tapis, nous proposant 2000 euros - en 4 fois - pour un 46 pages couleur thématique, mais là, à 30 euros la page, celà tomberait à 1300 euros pour un album - avant charges !!!

    Décidément il y a vraiment quelque chose de gangréné au royaume de la BD !

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  • Arrêtez-moi si je vois le mal partout, mais c’est comme ça qu’on procède depuis plusieurs années au sommet de l’État quand on veut casser quelque chose que les naïfs croient acquis pour de bon : on fait une annonce qui émeut les foules, puis on fait très ostensiblement marche arrière, mais on sait que la graine a été semée, qu’on y reviendra un peu plus tard. Je ne veux évidemment pas dire que Bosser œuvre personnellement, intentionnellement, à dégrader encore un peu plus les conditions d’exercice de ce métier, mais à n’en pas douter d’autres peuvent d’ores et déjà lui dire merci...

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    • Répondu par Man60 le 25 juillet 2011 à  20:20 :

      Pourquoi parlez vous de dégradation, il semble que ce projet de publication chichement rémunéré s’adresse à des débutants anonymes, ce qui n’empêche pas le talent.

      Il est évident que Messieurs Bilal Tardi Vance Tarquin et Zep (je cite volontairement les gros vendeurs) ne vont pas passer du temps sur ce projet (ni même Larcenet, Trondheim Sfar et Satrapi, gros vendeurs également). La publication dans une revue-papier distribuée en kiosques (et sans doute vendue à moins de huit mille exemplaires) peut flatter l’égo d’un jeune auteur, et surtout lui permettre de se faire repérer par les grandes maisons (celles qui paient correctement).

      Il y a vingt, trente ou quarante ans, on voyait de nombreux fanzines, parfois en photocopies, parfois en offset. Ce genre de publication n’existe quasiment plus, et pourtant s’ils n’avaient existé, il faudrait se passer aujourd’hui des Loustal,Tito, Menu, Trondheim, Moynot, Götting, Chaland, Avril, Bajram et Lauffray, Colonel Moutarde, Dupuy-Berberian, Schlingo et de nombreux autres.

      Ne me dites pas qu’il reste le blog pour se faire connaitre : ce n’est pas facile, il y en a beaucoup trop, de plus c’est principalement axé sur l’humour ou l’auto-bio, et là-aussi, ce qui marche n’est pas rémunéré.

      Donc quand Bosser propose une publication à 30 euros la planche, il donne leur chance à de jeunes inconnus, ceux qui ont confiance en leur talent (et besoin d’être reconnus) peuvent participer, les autres n’ont qu’à se...débrouiller autrement !

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      • Répondu par dumbo le 25 juillet 2011 à  22:30 :

        vos propos sont complètement dépassés.C’est fini le bon vieux temps de Papa Editeur que l’on pouvait remercier d’exister.
        Ensuite, et c’est un jeune qui parle, ça va peut-être vous surprendre, mais ce n’est pas le but dans la vie d’avoir "l’égo flatté" comme vous dites, mais de faire des choses qui viennent du coeur et toucher les éventuelles personnes intéressées.Car ce qui touche les autres est toujours du bon travail.
        De plus, quand un jeune veut se faire remarquer, il va plutôt sur CaféSalé, manolosanctis ou epilogue, où son travail est vu par des milliers de personnes de par le monde et par des vrais pros qui plus est.Ca apporte autant de visibilité, voire des livres, et on se fait pas entuber par le premier patriarche venu.

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      • Répondu par Frenchoïd le 25 juillet 2011 à  22:36 :

        C’est pourtant simple : à force de dévaloriser le travail, on en viendra à demander à certains auteurs (ceux qui ne pourront à priori pas faire autrement, les nouveaux ou les trop anciens ou les sans-succès plus ou moins chroniques) de payer pour être édités. Certains en sont déjà à ne plus être payés du tout pour réaliser les albums, il ne reste qu’un pas à franchir... En cela, tous les coups de boutoirs tel celui de Bosser fragilisent chaque fois un peu plus la position générique de l’auteur.

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        • Répondu le 26 juillet 2011 à  05:02 :

          Ces prix ultra bas ne sont pas le fait des grands éditeurs, qui ont quand même conscience que tout travail mérite salaire, et que larguer une aumone d’une trentaine d’euros ne pourra en aucun cas leur permettre en échange d’avoir un travail correct en échange, exploitable et ouvrant possibilités de faire sortir de bons auteurs pour leur catalogue.
          C’est le fait d’une étrange faune qui est apparu depuis une vingtaine d’année, comme la moisissure sur la confiture, d’abord dans le milieu du livre, puis a évolué vers la BD. Ces gens là, que je verrais beaucoup plus vendre des chaussettes sur les marchés, ou fourguer de force des assurances vie aux vieux ont investi le milieu de l’édition aussi. Mais ils n’ont rien à y faire !
          Payant peu ou carrément pas, sans suivi des auteurs, laissant sortir les albums avec forces fautes d’orthographe, impression ratée car à bas prix, mini mise en place, scellant de suite le sort ( malheureux ) du travail de leurs auteurs.

          Ils sont semblables en tout point aux producteurs véreux sévissant dans le milieu musical. Mais dans le monde de la musique, ou le dialogue est très fort, le bouche à oreille aussi, ces parasites ont été peu à peu éradiqués.

          Reste le livre et le milieu BD, là on ne sait pas pourquoi, le ménage n’a pas été fait, et ces margoulins continuent d’y sévir, alors lapidez moi si vous le voulez, mais écrivains et auteurs BD, vous êtes moins rapides à la détente, ou plus mous/malléables que les musicos.

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          • Répondu par Frenchoïd le 26 juillet 2011 à  08:48 :

            Ces prix ultra bas ne sont pas le fait des grands éditeurs, qui ont quand même conscience que tout travail mérite salaire

            Je crains que vous ne soyez pas bien renseigné.

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            • Répondu le 26 juillet 2011 à  12:16 :

              justement si, je suis bien renseigné, pour voir évité à temps lors de mes débuts il y a 16 ans, ce genre de brocanteurs (ne payant déjà QUE 500 à 600 Fr la planche à l’époque) j’ai eu la chance de touché 8 fois ce prix dérisoire chez un gros éditeur, et celà dure depuis, et a même augmenté. Voilà pourquoi je parle de donner des coups de karcher dans ce milieu

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              • Répondu par Frenchoid le 26 juillet 2011 à  12:47 :

                Alors tant mieux bien sûr pour vous et pour tous les (ou les quelques ?) auteurs qui ont eu accès au même parcours, mais je demeure persuadé que certaines idées néfastes ont été semées, et que le temps viendra où certains paieront pour paraître — ça ou son équivalent le plus immédiat, qui consiste non seulement à ne plus percevoir d’avance remboursable (l’achat d’art étant du passé pour 90 % des auteurs publiés !), mais également à quasiment renoncer à ses droits. Vous ne pouvez pas ignorer qu’on en est presque là chez plusieurs éditeurs — qu’on peut sans doute qualifier de "plus ou moins petits", mais qui à n’en pas douter font et feront des émules chez les tout grands.

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                • Répondu le 26 juillet 2011 à  16:08 :

                  D’ou la vigilance nécessaire pour les débutants à ne pas tomber chez certains petits éditeurs sans scrupules, mais bien choisir son partenaire d’entrée de jeu. Des auteurs prometteurs sont tombés entre leurs griffes et ont abandonné ce métier alors que sans cette erreur, en persévérant, en étant patient, ils auraient pu percer et continuer. Des auteurs tombés aux champs d’honneur des mahonnêtes de l’édition, rien que parmi mes collègues il y en a trois et bientôt quatre. C’est pas rien donc, ce choix de départ, Snac pour vérifier les contrats déjà, car on trouve vraiment des perles ahurissantes ces temps-çi !
                  Après pour le reste de vos opinions et considérations, je ne peux que reconnaître qu’ils sont fondés, hélas.

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                  • Répondu par Frenchoid le 26 juillet 2011 à  19:48 :

                    Après pour le reste de vos opinions et considérations, je ne peux que reconnaître qu’ils sont fondés, hélas.

                    J’aime quand une conversation s’achève en ces termes ! ;-) Merci en tout cas pour votre courtoisie — et puisse l’avenir être à la raison, et moi n’avoir plus l’usage de mon masque de Cassandre.

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          • Répondu par Arkas le 26 juillet 2011 à  10:24 :

            vous avez mille fois raison et avez tout dit.Rassurez-vous, les coups de pieds au culs commencent à venir,même si ce peut être long de nettoyer les cadavres du placard, vu la mollesse passée des auteurs

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      • Répondu par lebon le 25 juillet 2011 à  22:49 :

        dessinateurs, dessinatrices, ne perdez pas votre temps dans la bande dessinée, les secteurs de l’animation et de l’infographie vous proposent de vraies rémunérations et des possibilités de carrières.

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        • Répondu par L.a.bus-inter le 26 juillet 2011 à  10:10 :

          Yep . En character design pour les video games, 30 euros équivalent à peu de chose ( car can $ ) à une 40 minutes de job. A moins que vous ne dessiniez très très vite, il n’y a pas photo

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  • Les éditeurs prennent les auteurs pour des spermatozoïdes !
    Ils en balancent des milliers dans la nature, chaque année, à bas prix, raccolant partout, pour recruter, cf Mr Bosser ..

    et espère qu’un de ces spermatozoïdes fécondera par miracle l’ovule du lectorat.

    Là ou il y a maldonne, c’est que ce n’est pas de la semence d’un reproducteur de concours, car tous ces spermatozoïdes mal ou non payés me font plutôt penser à ce qui sortirait d’un centenaire anémique, même gavé de viagra, ça marchera pas :)

    Ca part de rien et ça n’arrivera donc nulle part. Marrant que personne ne le perçoive ???

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    • Répondu par Giff-Wiff le 26 juillet 2011 à  11:48 :

      Excusez ma naïveté, mais je ne vois pas objet à polémique.
      F. Bosser a le courage de porter à bout de bras la seule tentative de pérenniser un magazine dédié à la prépublication, ce sur quoi aucune "major" du secteur (n’est-ce pas Média Participation, Casterman et consorts...) ne risquerait un kopek... Et certaines bonnes âmes ne tardent pas à voir en lui, avec leur discernement habituel, un esclavagiste à gros cigare du Cac 40 ! Il est autorisé de rire ou de pleurer...
      Les gars, changez de cible : Bosser fait avec les moyens du bord, puisse "L’Immanquable" durer assez pour nous permettre de découvrir de nouvelles plumes. Celles-ci lui en seront redevables, même avec des débuts à 30 € !

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      • Répondu le 26 juillet 2011 à  12:19 :

        vous êtes bête ou vous le faites exprès ? L’immanquable est un magazine CRÉÉ ET FINANCÉ PAR les éditeurs, média participation, soleil et les autres.Bosser travaille pour eux !
        on vit vraiment une drôle d’époque, où face à la sauvagerie la seule réaction de certains est d’être ingénu ou gamin. Et les gens qui dénoncent, informent et critiquent sont raillés.
        La BD est devenue une SECTE !

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        • Répondu le 26 juillet 2011 à  13:03 :

          Ah bon ? Je croyais que c’était une secte depuis le début...

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        • Répondu par Yellow le 26 juillet 2011 à  13:47 :

          La BD est devenue une SECTE ?? Non, j’y vois plutôt plein de joueurs de flute
          ( j’adore cette expression kivabien ) entrainant des troupeaux entiers d’auteurs actuels ou futurs, dociles et consentants - et consternants - vers la paupérisation absolue. Nous, libraires les rejoindront vite, avec espoir cependant, nous pourrons nous reconvertir comme manutentionnaires, grâce à un nombre chaque année plus élevé de cartons à ouvrir - parfois - et transborder.

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        • Répondu par Giff-Wiff le 26 juillet 2011 à  14:01 :

          Ainsi donc, l’ami Bosser serait le mercenaire des gros éditeurs ? Jugeons sur les numéros en cours : Dargaud voisine avec Daniel Maghen, Glénat avec Akiléos, Delcourt avec Emmanuel Proust… Que ne dirait-on si Dargaud-Lombard-Dupuis représentait 50% du contenu, à l’image du poids économique actuel du groupe.
          Pour ma part, j’ai pris grand plaisir à découvrir le talent d’un Enrique Corominas (Dorian Gray) entre le dernier Hermann, « Le Service » ou l’adaptation de Jean Raspail, que je n’aurais peut-être pas repérés à leur parution en librairie. Le moins que l’on puisse attendre d’un support de prépublication, non ?
          Ma naïveté m’incline à voir dans « L’Immanquable » une tentative (désespérée) de renouer avec le rôle de défricheur d’un mensuel dédié à la prépublication dans sa diversité, avec le concours nécessaire des éditeurs qui sauront profiter de l’aubaine, à défaut de soutenir leur propre support (qui lui ne pourrait être que partial, tels « Lanfeust » ou feu « Pavillon rouge »).
          Quant à la proposition d’un forfait de 30 € par planche pour une contribution de « débutants » ou « étudiants », on peut y voir l’esprit d’une « Carte blanche » (mode Spirou des années 70/80), desservie par une maladroite communication…
          Mais je suis conscient que les difficultés financières actuelles rencontrées par un nombre d’auteurs croissant (baisse des tirages et surproduction) incitent à la prudence, voire à la suspicion lorsqu’une initiative dont on grossit le trait laisse entrevoir une dérive supplémentaire vers un système de plus en plus oppressif…
          Vigilance ne veut pas dire inquisition.
          Une chose est sûre, à vous lire, si j’étais F. Bosser, et pour peu que vous soyez représentatif du plus large public, je laisserais tomber tout de suite « L’Immanquable », ce bâton merdeux, pour des projets aisément plus juteux…

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          • Répondu le 28 juillet 2011 à  17:57 :

            Que ne dirait-on si Dargaud-Lombard-Dupuis représentait 50% du contenu, à l’image du poids économique actuel du groupe.

            Plutôt 30% si l’on en croit les derniers chiffres IPSOS.

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        • Répondu le 26 juillet 2011 à  14:35 :

          La BD est devenue une SECTE !

          Et vous commencez votre post par "vous êtes bête ou vous le faites exprès ?", j’ose espérer pour vous que "vous le faites exprès"...

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      • Répondu par Yaneck Chareyre le 1er août 2011 à  17:31 :

        Si on n’a pas les moyens de payer honnêtement les auteurs, on ne fait pas, et tant pis. Voler les gens en disant que c’est pour leur bien, c’est juste la honte et le symbole de ce que pour ma part je n’aime pas dans la politique actuelle de la France.

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  • Pourriez-vous indiquer le mail où envoyer des propositions d’histoires à Frédéric Bosser ? J’en ai quelques inédites dans mes cartons (pourquoi pas les voir enfin publiées et lues et gagner un peu d’argent au passage).

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  • ce qui est embêtant dans cette histoire, c’est que c’est toujours sur les mêmes que ça retombe : les créateurs. En effet, je ne crois pas que F Bosser va proposer aux imprimeurs un prix fixe et ridiculement bas "sans discussion" en espérant qu’il y en ait un qui daignera imprimer le magazine à ce prix. Pas plus qu’il ne va proposer un forfait ridiculement bas "sans discussion" aux distributeurs/diffuseurs en espérant que l’un d’eux acceptera....
    Sur les auteurs, on peut taper. Et bien entendu, on sait très bien qu’il y en aura toujours qui accepteront d’être publiés pour 30 euros la page. C’est ça le problème.
    Car au fond, si plus personne n’acceptait ce genre de pratique, bin... les éditeurs (au sens large du terme) seraient bien obligés de remonter les prix OU couler ! pas le choix pour eux ! et ça serait enfin respect pour les créateurs.
    Alors oui, il faudrait un prix fixe à la planche en-dessous duquel les éditeurs ne pourraient pas descendre. Mais que ça passe dans les lois. Et ça, hmmm, c’est pas pour demain. Je le crains.

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    • Répondu le 27 juillet 2011 à  01:19 :

      Pauvres petits auteurs-Caliméros ("C’est vraiment trop inzuste !..." : y’a rien que sur eux qu’on "tape"...). Bien sûr, il ne vous vient pas une seconde à l’idée que les imprimeurs sont également soumis à la pression concurrentielle et qu’ils sont obligés de tirer leurs prix vers les bas ? L’éditeur, lui, est sous la pression du diffuseur/distributeur sans qui rien n’est possible et qui prend en général autour de 55% du prix du livre... Le diffuseur/distributeur, lui, est sous la pression des libraires qui ont droit de vie et de mort sur les livres, et donc sur tout ce qui précède : diffuseurs, éditeurs, auteurs ; et qui demandent en général jusqu’à 40% du prix du livre. Enfin, le lecteur, évidemment, au final, qui fait pression lui aussi car il ne veut pas payer ses livres, sauf exceptions, 30 ou 40 euros...

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      • Répondu par xav le 28 juillet 2011 à  00:28 :

        je ne crois pas une seconde qu’un imprimeur, même s’il est obligé de tirer les prix vers le bas, n’acceptera des tarifs aussi ridicules et indécents que ceux que Bosser propose aux auteurs.

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        • Répondu le 28 juillet 2011 à  09:51 :

          quand je vois la qualité d’impression de "L’immanquable", le crois bien que l’imprimeur a aussi accepté des prix ridiculement bas

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    • Répondu par Phil le 27 juillet 2011 à  07:48 :

      Tout à fait d’accord avec vous : Imprimeurs, et diffuseurs distributeurs ne sont pas taillables et corvéables à merci. Sans parler de tenter chez eux des prix planchers qu’ils refuseront, mort de rire, essayez par exemple de leur mettre un chèque en bois, ou perdus trop souvent par la poste, et l’éditeur osant celà, sera grillé très rapidement dans tout le milieu professionnel.

      L’auteur lui est le maillon faible, on peut lui faire tout celà car il accepte trop souvent l’inacceptable, - c’est génétique chez vous, ça ?? - c’est le serf du 21 eme siècle, dépendant du bon vouloir ou pas, de son seigneur et maître qui n’existerait même pas sans lui !! Ca me désole, mais tant de lachetés accumulées m’empêche d’avoir de la commisération pour ce métier d’auteur BD.

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  • Mais puisqu’on vous dit que c’est « comme une main tendue à une profession qui souffre. »
    Vous ne comprenez donc pas, une main tendue comme une claque dans la face.
    30 euros !!! Les snobs qui font la fine bouche. Prenez-les ! Sinon, Bosser ira faire bosser les chinois...

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    • Répondu par HKStar le 27 juillet 2011 à  16:19 :

      Viet-Nam ou shri lanka, plutôt. Pour pratiquer ça par mon job, il est bien bien révolu le temps ou la chine se vendait pour une bouchée de pain, maintenant ce sont de très redoutables négociateurs, et surtout impossible à faire bouger, si c’est non, c’est non ! toujours souriants, mais ... non !
      A croire que les auteurs affamés et pressurés devraient y faire un stage ;)

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    • Répondu le 28 juillet 2011 à  22:34 :

      Une main tendue à une profession qui souffre ?
      Main tendue, ça me fait plutôt penser aux clodos qui faisaient/ font la quête à la sortie des églises, mais peut être suis un tantinet pessimiste :)

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  • Il y a quelques années, un éditeur pleurnichait, lors d’une fin de repas en festival légèrement voir pas mal arrosée, sur le fait qu’en proposant des prix ridicules par planche à une paire d’auteur, il ait ainsi "raté " ce qui est devenu une série best-seller avec pas loin de 3 ou 4 millions d’albums vendus aujourd’hui.
    Les 7 ou 8 autre convives/jeunes auteurs, gênés, plongèrent le nez dans leurs assiettes, songeant certainement à leurs 140 ou 150 euros par planche,
    sauf un vieil auteur, proche surement de l’éditeur, et de la retraite et ne craignant donc plus ni dieu ni diable, et sa réponse fusa :

    " C.. et radin comme tu es, tu saborderais même Astérix ou XIII "

    Le surlendemain, malgré mon premier tome, à pas loin de 30.000 ventes, je reprenais les chemins de l’architecture, grâce à cette seule phrase, car même avec de bons débuts à ce que j’estimais, je n’avais déjà plus d’avenir.

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    • Répondu le 28 juillet 2011 à  09:37 :

      Et au jour d’aujourd’hui, 30.000 ventes pour un premier album, c’est quasi miraculeux, gros éditeurs compris. A moins d’un best-seller, il ne faut pas compter vivre de la BD. La BD a longtemps vécu grâce à la presse mais à présent il n’y a pratiquement plus de presse BD. Tout se joue dans le livre en espérant avoir un best-seller.

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      • Répondu le 28 juillet 2011 à  14:59 :

        Oui, c’était une bonne vente, mais en apparence seulement, car il faut voir ça autrement, à 8%, après avance remboursée, après passage MDA, Ircec et frais divers, le bon chiffre s’estompe très vite si on calcule ça en taux horaire ;)

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        • Répondu le 28 juillet 2011 à  19:49 :

          Si tu fais une planche tous les deux mois, forcément... On parle de l’époque de la presse mais des auteurs talentueux et pas forcément minimalistes comme Franquin, Giraud ou Hermann tombait l’équivalent de 2 à 3 albums par an (sans compter les dessins annexes pour la presse. A 30 000 ex, je pense que l’on peut vivre à ce train là. Mais faut bosser...

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        • Répondu par Benji le 28 juillet 2011 à  20:58 :

          Oui, c’était une bonne vente, mais en apparence seulement, car il faut voir ça autrement, à 8%, après avance remboursée, après passage MDA, Ircec et frais divers, le bon chiffre s’estompe très vite si on calcule ça en taux horaire ;)

          Le pourcentage est progressif, à 30000 vous n’êtes plus à 8%, plutôt à 10% (ou même 12% si on sait discuter), donc si on bosse normalement et qu’on tombe deux ou trois pages par semaine, c’est un boulot correctement payé.

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  • je suis passé chez mon libraire préféré, en tant que lecteur il y a beaucoup trop de nouveautés, trop de séries tirées en longueur, et comble du comble on réédite des trucs qui n’en valent pas la peine, notament avec des intégrales, il y a même une foule de nouveaux éditeurs dont on ne voit pas très bien la valeur ajoutée par rapport aux autres. Comme on peut sous-traiter la partie impression dans des pays low cost, cela ne coute plus grand chose à produire, mais comme la demande n’a pas explosé dans le même sens que l’offre, c’est économiquement compréhensible que les éditeurs doivent réduire les rémunérations. Il faut s’attendre à d’autres regroupements dans l’édition, à des disparitions, et à un écrémage chez les auteurs également. 30€ c’est ridiculement bas, alors pourquoi bosser pour Bosser ? Il offre un tremplin ? Oui mais si après aucun éditeur ne veut de ces nouveaux auteurs ? Je crois qu’il ne faut pas rêver trop longtemps : pour les artistes qui ont du talent, d’autres métiers dans le graphismes s’ouvrent à vous, dans le dessin animé, la pub, les jeux vidéos, vous y trouverez probablement un plaisir différent que la BD mais je ne pense pas que ce soit une maladie honteuse que d’accepter que le métier d’auteur de BD est fermé pour un bon bout de temps.

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    • Répondu le 29 juillet 2011 à  20:01 :

      " il y a même une foule de nouveaux éditeurs dont on ne voit pas très bien la valeur ajoutée par rapport aux autres "

      Constaté aussi et rapporté par mon dealer préféré qui s’y perd un peu, il y aura bientôt plus d’éditeurs que d’auteurs ? Meilleure la soupe ? Pour l’impression Low cost qui ne se passerait que dans des pays Low Cost, non !!! ou alors il faut que je réapprenne de A à Z mon job d’acheteur :)))

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    • Répondu le 3 août 2011 à  10:23 :

      Vous ne vous posiez pas la question du nombre de nouveautés, ni si ça avait un quelconque valeur ajoutée lorsque vous faisiez vos scénarios aventuro-économique école Van Hamme. Pour nombre de jeunes auteurs c’est la même chose, ils croient tous qu’ils vont casser la baraque dés lors qu’ils ont trouvé un éditeur. On ne peut leur en vouloir je pense...

      Il faut juste les prévenir. C’est ce que je fais en détournant de la BD tous les jeunes qui passent par l"atelier. Les plus obstinés continueront sans doute et, je l’espère, les plus craintifs ne perdront pas leur temps.

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  • A 30 euros la page, je peux me fendre d’une participation ; ce sera dans le plus pur style Trondheim (le Dormeur, Psychanalyse, ou encore Bleu, voire la Nouvelle pornographie). Je suis beau joueur, si je ne gagne pas, je n’irai pas me plaindre que le concours est truqué, et je publierai mes planches sur le blog de FrancoisPincemi ! Comme disait un illustre célèbre : "l’important c’est de participer"

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  • 30 euros ??
    29 juillet 2011 08:15, par Jo

    30 euros, ça me fait penser aux 30 deniers de Judas !
    La machine BD s’est emballée, est devenue folle, surproduction de fou, avances de plus en plus faibles, voire forfaits, ventes au titre de plus en plus basses,
    tout est réuni pour que ce métier disparaisse ou ne devienne qu’un hobby à la rigueur pour les auteurs survivants. Il faut donc un autre vrai métier à coté pour survivre - ça rejoint la tribune de Terpant lue ce matin - ayez un autre, ou plusieurs autres métiers d’appoint à coté. Perso, je n’hésite pas à faire le ramassage de fruits en saison, ou même conduire certaines après midi un broyeur à bagnoles de la prime à la casse et sans honte aucune. Celà déjà va rassurer votre cher banquier, qui généralement se méfie très fort de ce milieu de saltimbanque, surtout s’il se penche par hasard pour un crédit sur vos redditions de compte Bd et y voit autant d’erreurs d’additions qu’un curé peut en bénir.
    Bien évident, que celà ne permet pas un album par an, mais, est ce un mal,
    alors qu’il y a déjà un flot ininterrompu de sortie ?

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    • Répondu par lebon le 29 juillet 2011 à  16:10 :

      En 1980, donc il y a 31 ans, mon professeur de dessin à Saint-Luc m’avait mis en garde sur les difficultés de vivre de la bande dessinée, il m’expliquait un truc tout bête-bon à l’époque ça me passait au dessus de la tête- que la bd avait connu un âge d’or, un temps ou il y avait tout à inventer et une énorme demande du public -celui de 7 à 77 ans-, puis cet engouement c’étaient amenuisé, la BD était devenue plus adulte, que beaucoup de gens faisait de la BD et que cette concurrence réduisait les chances de succès. Je me répète, ces propos dates de 1980.

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