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LES BREVES

Virgin Megastore envisage la cessation de paiement

4 janvier 2013

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Nous vous avions récemment raconté le marasme que vit en ce moment la distribution du livre en France et son impact dans le monde de la BD.

Cela se confirme avec l’annonce ce matin sur France Inter de la probable cessation de paiement de la chaîne de librairies Virgin.

Forte de 27 points de vente en France, employant près de 1000 salariés, propriété du fonds d’investissement Butler Capital Partners, la chaîne a accumulé les dettes ces dernières années, en dépit de plans sociaux chaque fois plus drastiques. Le 26 décembre dernier, elle avait annoncé qu’elle renonçait à son point de vente sur les Champs-Élysées en raison du coût trop important du loyer.

C’est un coup dur pour les éditeurs de BD car le point de vente des Champs était traditionnellement un "gros porteur" en termes de chiffre d’affaire. L’impact financier devrait être limité car les commerciaux avaient anticipé la fragilité de ce client.

Cette cessation de paiement (qui ne signifie pas la cessation d’activité : les fournisseurs peuvent s’entendre avec Virgin sur un moratoire d’étalement de la dette) confirme en tout cas la difficulté du secteur.

La FNAC se rétablit et les librairies spécialisées BD en forte hausse

La FNAC va mieux et réussit une fin d ’année 2012 honorable, selon nos sources.

Mais ceux qui tirent particulièrement les marrons du feu, ce sont les librairies spécialisées BD qui profitent du marasme de ces gros distributeurs généralistes.

Les éditeurs constatent une forte hausse sur ce secteur : "Ils sont dynamiques, réactifs, parfois trop" nous dit l’un d’eux. Bruno Fermier annonçait sur notre site que les 91 libraires coopérateurs de canal BD avaient effectué une progression du chiffre d’affaires à points de vente comparables "de l’ordre de +9% en 2012."

Preuve que le marché reste tonique (aucun effondrement annoncé en l’état des chiffres disponibles) en dépit des difficultés suscitées par les remous de la grande distribution.

DP

13 Messages : Participez à la discussion

  • Virgin Megastore envisage la cessation de paiement

    4 janvier 2013 16:02, par Serge Ewenczyk, editions ca et la

    Oui, c’est sûr, tout va très bien Madame la Marquise...

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  • La FNAC va mieux et réussit une fin d ’année 2013 honorable, selon nos sources.

    Votre source s’appelle-t-elle Mme Soleil pour pouvoir prédire que la FNAC réussira une fin d’année 2013 honorable ?

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 4 janvier 2013 à  19:23 :

      Merci de nous avoir si aimablement signalé la coquille.

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  • Virgin Megastore envisage la cessation de paiement

    5 janvier 2013 22:43, par Matthieu V

    Oui mais... Virgin Megastore ne distribue pas que des livres, mais aussi de la musique, des jeux vidéos et des films. Or, il se fait que le marché de ces articles est en mutation complète suite au téléchargement -de la distribution instantanée de produits sans supports physiques. Je ne sais pas comment ça se passe en France, mais en Grande-Bretagne les ventes de produits en ligne viennent de dépasser le milliard de Livres Sterling, et les grandes chaines de distribution de produits "physiques" comme HMV mettent clé sur le paillasson. D’un coté, le marche virtuel et de l’autre la distribution via des boutiques internet dont de siège social est dans des paradis fiscaux (quand on ne paie pas de taxes, c’est facile d’avoir des prix bas), dur dur de vendre du matériel culturel.

    Quelqu’un connait la part de revenu du secteur "livres" pour cette chaine de magasins ?

    Je crains pour le livre...

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    • Répondu le 6 janvier 2013 à  01:38 :

      C’est ainsi que le livre va disparaitre, parce que le virtuel aura pris la place dans le culturel. Sans magasin pour vendre le livre, le livre va disparaitre.

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      • Répondu le 6 janvier 2013 à  22:09 :

        Bien sûr, et la télé va remplacer le cinéma, haha. Puisqu’on vous le dit !

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        • Répondu par Matthieu V le 7 janvier 2013 à  12:22 :

          Ho non, mais le livre va subir un changement radical, c’est déjà le cas des librairies. Quand je suis arrive en 1995 dans la ville ou j’habite, une ville universitaire dont la moitié de la population travaille dans l’université, il y avait 6 grands magasins spécialisés dans la vente de livres. Il n’y en a plus que deux...

          Quand au cinema, il subit de plein fouet les assauts de la demande en ligne, ses petites structures indépendantes ont quasiment disparues. Les grands complexes se concentrent sur des grosses productions.

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          • Répondu par Spirouette le 7 janvier 2013 à  23:14 :

            Je regrette qu’il ne soit question que des seules grandes enseignes et librairies spécialisées. Effectivement, tout à l’air d’aller bien, madame la Marquise. Mais quid des libraires généralistes ? Combien d’entre eux mettent la clé sous la porte depuis deux ou trois ans ? Ils sont des centaines par an. Et parmi eux, combien vendaient bien la bande dessinée ?

            Je suis auteur, mais aussi libraire généraliste, et je connais bien le sujet. Dans la librairie où je travaille, on n’est pas toujours sûr de recevoir notre paie en une fois, et sous quelques mois, on se demande même si on pourra la percevoir. On enchaîne les licenciements économiques... 2 sur 6 employés en un an. Peut-être serais-je dans la prochaine fournée. Et vous dites que le marché du livre s’en sort ? Moins 15 % chez nous, pour ce seul mois de décembre 2012, censé être le plus important de l’année. Plus aucun de ces fameux clients qui arrivaient chaque année avec la liste du neveu ou de la petite-fille. Il FALLAIT qu’on soit à la hauteur de l’habit du père-noël qu’ils avaient endossé. Cette année, c’est Amazon qui a tout raflé. Joyeux noël.

            Un vrai libraire, avec un vrai sourire, et de vrais conseils pertinents, personnalisés, une vraie lueur dans le regard et des frissons partout quand il vous raconte son coup de coeur, c’est quand même mieux que le net, non ?
            Faire son choix livre en main, le toucher, le feuilleter pour de vrai, le soupeser,le poser puis le reprendre, ou pas... En apercevoir un autre, un peu caché celui-là, qui ne faisait pas de bruit dans son coin, pour s’apercevoir que c’est exactement CE livre dont vous aviez envie. Ca aussi, c’est chouette.

            Si nous avons peu d’influences dans les débats idéologiques, il nous reste quand même cette belle liberté de choisir à qui nous allons donner notre argent.

            Amie partout, toujours !
            Christelle Pissavy-Yvernault

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            • Répondu par Matthieu V le 8 janvier 2013 à  12:15 :

              Je vois que nous sommes tout a fait d’accord. Et ça m’attriste.

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        • Répondu le 8 janvier 2013 à  18:05 :

          Les vidéo-clubs n’existent plus, il en sera de même avec les librairies.

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          • Répondu par Spirouette le 8 janvier 2013 à  21:00 :

            mais non, ne dites pas ça ! Depuis 1981, nous avons une loi formidable, appelée Loi Lang, qui réglemente de façon très serrée le prix de ventes des livres. Celui-ci est fixé par l’éditeur et le vendeur, qu’il soit libraire, grande surface culturelle ou hypermarché, ne peut le vendre avec un rabais supérieur à 5%. De ce fait, la guerre des prix est réduite à zéro et le lecteur peut, à sa guise, choisir EN PLEINE LIBERTE de donner ses sous à un grand groupe impersonnel ou à un libraire indépendant.
            Malgré cela, beaucoup ignorent cette loi et continuent de croire les fausses publicités de grandes enseignes chez lesquelles, parait-il, le livre est moins cher.
            Au début des années 80, les disquaires ne se sont pas battus pour une loi sur le prix unique des disques et ils se sont tous fait dévorer goulûment par les grandes surfaces contre lesquelles ils ne pouvaient pas lutter en terme de prix.
            Le problème qui s’en est suivi est le même qui guette le marché du livre : une uniformisation de la production tendant de plus en plus vers le convenu puisque les grandes surfaces, quelles qu’elles soient, sont encore et toujours tenues par des obligations de résultat.
            A chacun de nous de décider de quel côté il se place et quel genre d’ouvrages il veut pouvoir continuer à avoir accès.

            Vaste débat. Désolée pour le côté pédagogique de la démonstration...
            Amie, partout, toujours

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