La clé du succès de Japan Expo tient à son projet : « Le Festival des loisirs japonais ». C’est très important, car il ne réduit le Japon ni aux mangas, ni aux films d’animation. Il ouvre au contraire à toutes les formes de loisir, ce ferment de la culture : du judo au sudoku, des concerts pop aux anime, des mangas aux cosplays. C’est ce qui distingue fondamentalement Japan Expo de tous les autres festivals.
Ce n’est pas la première fois que la France est frappée de « japonisme ». Déjà, à l’Exposition Universelle de 1867, la faïence française dut son renouveau à l’influence des techniques et des motifs floraux japonais. S’il est relativement connu que l’école impressionniste de peinture doit son nom à un tableau de Monet : « Impression, Soleil levant » (1873) car le journaliste Louis Leroy, dans un article du 25 avril 1874 publié par le journal de caricature, Le Charivari, en avait fait un sujet de raillerie en parlant de « l’exposition des impressionnistes », on a néanmoins perdu de vue la deuxième partie du titre du tableau : « Soleil levant » (avec une majuscule), qui est exactement la traduction du mot Japon en français. Cette anecdote rappelle que ce peintre était un grand admirateur de la culture nippone. Sa maison de Giverny héberge encore aujourd’hui sa collection de 231 estampes japonaises, signées des plus grands noms de son époque : Utamaro, Hokusai, Hiroshige... Emile Zola écrivait dans Au Bonheur des Dames (1883) : « Quatre ans venait de suffire au Japon pour attirer toute la clientèle artistique de Paris ».
Il n’en fallut pas davantage pour que le manga séduise pareillement la France. Il est certain qu’il laissera dans notre création contemporaine une trace tout aussi durable. Au 21ème Siècle comme au 19ème, la culture japonaise pousse les Français au renouveau.
Didier Pasamonik
Avec ses 56.000 visiteurs pour l’édition 2006, sur un espace qui dépasse cette année le cap des 55.000 M² où sont accueillis plus de 350 exposants qui proposent près de 100 activités et spectacles en tout genre, Japan Expo s’est imposé comme le grand événement du manga au niveau européen. Rencontre avec son président et fondateur.
Jean-François Dufour : « Japan Expo est une fenêtre ouverte sur la culture asiatique ».
Son Excellence M. Fumihiko Yamada est ministre en charge de la culture à l’Ambassade du Japon. A ce titre, l’ambassade soutient l’événement-phare de ce début juillet : Japan Expo, un événement où le pays du Soleil Levant est à la fête. Rencontre.
Fumihiko Yamada : « La France représente, pour les mangas japonais, le quatrième marché d’exportation au monde. »
Vendredi dernier, Jean-Christophe Ogier, le président de l’Association des Critiques et des journalistes BD (ACBD) annonçait à la conférence de presse de la huitième édition de Japan Expo la création d’un « Prix Asie de l’ACBD ». Une remise de prix qui a un goût de revanche, alors que l’ACBD avait été naguère évincée des prix d’Angoulême.
Japan Expo 2007 : Le prix Asie de l’ACBD : comme un goût de revanche
Avec un 8ème impact qui vise un objectif de 75.000 visiteurs, Japan Expo montre clairement son ambition : donner à la bande dessinée asiatique la place qui lui revient en France, avec une ouverture vers le public et les autres moyens d’expression (dessin animé, mode, jeux vidéo, pop music…), un sens festif sans égal et une curiosité exemplaire.
"Japan Expo 8ème Impact" : Demandez le programme !
C’est un petit bout de femme au mental chargé. Son univers est fait de zombies, de poitrines voluptueuses, de fantômes, d’orbites énucléées, de lèvres maculées de sang, voire de torture. Mais elle dessine tout cela dans un style rond et mignon, digne des aventures de Bambi. Mizuno a inventé un style unique et identifiable entre tous : le « kawaï-gore » (Kawaï=mignon en japonais).
Junko Mizuno : « J’ai besoin d’imprimer ma marque »
À Trappes, dans le 78, il n’y a pas que des potes à Djamel Debouzze ou des stars du Rap et du R’nB, il y a aussi Ki-oon, un éditeur de manga qui trace un chemin singulier dans la production éditoriale démentielle d’aujourd’hui. Nous avons rencontré ses fondateurs, Cécile Pournin et Ahmed Agne, des éditeurs compétents à la passion intacte.
Ahmed Agne et Cécile Pournin (Ki-oon) : « Le manga, c’est avant tout du fun ! »
Nous vous l’avions annoncé en mai dernier : le groupement de librairies spécialisées Canal BD se dote ces jours-ci, Japan-Expo oblige, d’un nouveau magazine gratuit uniquement consacré aux mangas. Une outil destiné à répondre à une production de plus en plus pléthorique et dont le succès ne se dément pas.
Le réseau Canal BD se dote d’un magazine sur les mangas
Hier soir, l’éditeur Kana fêtait à Paris son 10ème anniversaire à deux pas des Champs-Elysées et à la veille de la huitième édition de Japan-Expo. Fleuron du groupe Média-Participations, deuxième éditeur de BD de France avec 12,7% du marché et premier éditeur de mangas de l’hexagone, Kana a été fondé il y a 10 ans en Belgique par Yves Schlirf et François Pernot.
Les noces de Kana
On ne peut pas rater le stand Kana à Japan Expo : Un énorme renard de Naruto ouvre une gueule béante et donne l’impression d’avaler le public. C’est une bonne image de ce qu’est devenu cet éditeur aujourd’hui, alors qu’il fête ses dix ans d’existence. Son initiateur, le Belge Yves Schlirf, a généralement une mine joviale et rougeaude. Cette année, elle s’empourpre davantage de fierté et de contentement. Entretien.
Yves Schlirf : « Le secteur des mangas restera toujours puissant ».
A l’occasion de la 8ème édition de Japan Expo, Delcourt et Kaze mettent en avant Nana, premier manga shôjo (pour filles) à bénéficier en France d’une notoriété comparable à celle de Dragon Ball ou Naruto.
"Nana" en vedette à Japan Expo
Avec deux trophées chacun, le manga Death Note (Kana) et le film d’animation Paranoïa Agent (Dybex) sont les gagnants des Japan Expo Awards 2007. Kana sort le grand vainqueur de cette édition dans la catégorie des mangas, avec quatre trophées sur neuf nominations, contre deux pour Delcourt.
"Death Note" (Kana) et "Paranoïa Agent" (Dybex) vainqueurs des Japan Expo Awards 2007
Cela peut sembler ridicule, ces déguisements de princesse rose-bonbon ou de ninja de l’espace… Le phénomène du cosplay est néanmoins un des signes les plus visibles –et les plus accrocheurs pour les médias- d’une « mangamania » qui ne faiblit pas en France.
Le cosplay, activité-reine de Japan-Expo
La 8ème édition de Japan Expo a atteint ses objectifs. « Près de 80.000 visiteurs » en 2007, selon ses organisateurs, contre 56.000 l’année précédente. Un succès qui amène la SEFA, propriétaire de l’évènement, à pousser son avantage en créant un nouveau festival à l’automne prochain.
Les ambitions de Japan Expo