7th Garden : Chassons les anges de notre Paradis !

18 septembre 2017 0 commentaire
  • Un modeste jardinier vend son âme à une démone afin de libérer son monde du contrôle des anges, mais au risque de finir lui-même consumé par la haine ! Un nouveau titre de Dark Fantasy particulièrement efficace et sublime graphiquement : les éditions Delcourt/Tonkam auraient-t-elles leur nouveau « shônen » phare ?

Awyn est un jeune garçon qui travaille comme jardinier pour la grande propriété d’un petit village paumé d’un des sept royaumes composant l’un des sept continents de son monde. Une vie simple et heureuse où l’innocence règne, dans cette villa habitée par une jeune fille douce, gentille et entourée de sympathiques domestiques qu’elle considère comme sa famille en l’absence de son père, continuellement en voyage, et de sa mère, décédée lorsqu’elle était enfant.

7th Garden : Chassons les anges de notre Paradis !

Pour Awyn ce village représente son « jardin », son havre de paix qu’il chérit plus que tout car il lui fait oublier son passé tragique et un monde extérieur qui a été avec lui cruel et violent. Un monde qui se situe à mi-chemin entre le XVIIIe et le XIXe siècle, avec une religion dominante suivie avec ferveur par la population, Lanticoristianisme, calqué sur le Christianisme.

Un jour, Awyn trouve en forêt une jeune femme littéralement tombée du ciel, Vyrde, qui prétend être une démone. Lorsque son village est attaqué par une troupe de chevaliers de Lanticoristianisme, Awyn n’a d’autre choix que d’accepter le pacte proposé par Vyrde pour protéger son jardin.

Nous apprenons alors que le monde est contrôlé dans l’ombre par six anges qui tirent les ficelles derrière les grands et les petits événements historiques : ils le façonnent comme s’il s’agissait d’un jardin, coupant des branches ici, replantant des fleurs là, afin d’obtenir une beauté idéale, sans tenir compte des humains qui y vivent, simples figurants à leurs yeux.

© 2014 Mitsu Izumi / SHUEISHA

Cependant, selon Vyrde ; ce jardin lui appartenait il y a bien longtemps et les six anges le lui ont volé, la laissant pour morte. Dorénavant la démone n’a plus qu’un seul but : tuer les six anges et récupérer son bien. Mais pour cela, elle a besoin d’Awyn car les anges et les démons ne peuvent se battre qu’en se transformant en arme, nécessitant un humain pour la manipuler !

7th Garden s’avère donc être un shônen manga d’action [1] avec pouvoirs spéciaux sur fond de Dark Fantasy d’inspiration biblique.

Ce qui frappe à sa lecture ; c’est son graphisme, ainsi que sa mise en scène, extrêmement riche et sophistiquée. Le trait de Mitsu Izumi se révèle somptueux, que ce soit dans l’action ou dans l’évocation des décors et des ambiances ancrées dans plusieurs époques. Le soin et la précision apportés au dessin impressionnent. Assurément l’un des titres les plus beaux du moment.

Sur le fond, l’aspect religieux est omniprésent. Les habitants sont le plus souvent habités d’une grande ferveur envers Dieu et ont une foi aveugle dans la parole des anges… ce qui contraste avec notre héros qui ne croit plus en Dieu et qui a fait un pacte avec une démone qui, de son côté, le pousse à se laisser emporter par la haine !

Ainsi retrouve-t-on la dimension morale classique du shônen, avec d’un côté un héros qui refuse de tuer et désire uniquement protéger les autres et, de l’autre, une tentatrice qui n’a que faire des dégâts collatéraux et des victimes innocentes, du moment qu’elle atteint son objectif de vengeance.

© 2014 Mitsu Izumi / SHUEISHA

L’alchimie du couple fonctionne parfaitement bien : Mitsu Izumi réussit à trouver le bon dosage entre une certaine légèreté, les codes moraux inhérents au shônen et le côté « Dark » très à la mode depuis quelques années dans ce genre narratif.

On s’amuse également du propos du second arc narratif où notre duo se rend dans un royaume frappé par une révolution qui n’est pas sans évoquer la Révolution Française, avec une « Marie-Antoinette » et des révolutionnaires manipulés par un ange qui s’amuse de les voir croire en leur liberté.

Et c’est sans doute là le seul bémol à appliquer à ces deux premiers volumes. En effet si les personnages s’avèrent dans l’ensemble attachants et touchants, il n’en va pas de même des antagonistes, les fameux anges, qui évoluent dans un registre moqueur et méprisant, sans véritable subtilité et donc très « têtes à claque ». Cependant certains éléments indiquent qu’en remontant leur « hiérarchie » nous devrions rencontrer un moment des antagonistes plus étoffés.

Publié depuis 2014 dans le Jump Square, magazine mensuel de Shueisha, aux côtés de titres comme Blue Exorcist, Seraph of the End, Twin Star Exorcists et Platinium End, 7th Garden compte pour le moment huit tomes au Japon et apparaît comme un titre ambitieux et prometteur… toute la question sera de voir s’il tiendra sur la longueur !

© 2014 Mitsu Izumi / SHUEISHA

(par Guillaume Boutet)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

7th Garden T1 & T2. Par Mitsu Izumi. Traduction Isabelle Eloy. Delcourt/Tonkam, collection "Shonen". Sortie le 30 août 2017. 224 pages & 204 pages. 7,99 euros.

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[1Shônen manga : désigne un type de manga ayant pour cible éditoriale les garçons adolescents

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