All-New - Les Gardiens de la Galaxie T1 – Par Brian Michael Bendis & Valerio Schiti – Panini Comics

7 novembre 2017 9 commentaires
  • À la charnière des années 2015 et 2016, le scénariste-star Brian M. Bendis démarre une nouvelle série consacrée aux Gardiens de la Galaxie, dans le contexte du nouvel univers Marvel post-« Secret Wars ».

Aux commandes du destin de l’équipe cosmique depuis 2012, le scénariste Brian M. Bendis n’a pas laissé place vacante après le crossover Secret Wars de Jonathan Hickman : Bendis continue donc dans cette nouvelle série de raconter la continuité de ses précédentes intrigues, tout en incorporant les changements globaux introduits par le nouvel univers Marvel.

La composition de l’équipe varie quelque peu : aux côtés des habituels Rocket Raccoon, Groot, Drax et Venom (ce dernier ayant déjà été intégré à l’équipe lors de la précédente série), on retrouve désormais Kitty Pryde et la Chose.

Si la Chose avait besoin de compagnie à cet instant précis pour vivre quelques aventures (la série des Quatre Fantastiques n’existant alors plus, Reed et Susan Richards étant alors en probable voyage d’exploration cosmique depuis la fin de Secret Wars), le cas de Kitty Pryde faisait alors un peu plus débat...

All-New - Les Gardiens de la Galaxie T1 – Par Brian Michael Bendis & Valerio Schiti – Panini Comics
Kitty contre Rocket : qui l’emportera dans les négociations ?
© Marvel

En effet, la célèbre X-Woman intangible est un personnage que Bendis a beaucoup mis en avant lors de la période où il était à la tête de l’univers mutant, notamment dans la série All-New X-Men. Laissant définitivement derrière lui cet univers durant l’année 2015, il a quand même emmené dans son sillage en direction de l’espace la populaire leader mutante (non sans lui avoir créé préalablement une idylle assez étonnante de prime abord avec Star-Lord lors d’un crossover précédent, Le Procès de Jean Grey). Quelques amateurs des X-Men voyaient ainsi un nouveau personnage populaire s’épanouir sous d’autres horizons, à une époque où la promotion des X-Men n’était pas une priorité éditoriale chez Marvel...

Cette fine équipe se retrouve donc à gérer les conséquences de leurs péripéties précédentes : Peter (Star-Lord) est devenu le nouveau roi élu de Spartax, succédant ainsi à son père, mais laissant par la même occasion derrière lui les Gardiens de la Galaxie. Ces derniers, conduits par Rocket Raccoon désormais, essayent de mener à bien leurs missions habituelles, bien que courroucés par le choix de leur ancien leader. De plus, sans crier gare, une nouvelle menace s’élève des cendres du monde des Krees, civilisation auparavant hégémonique qui a disparu du jour au lendemain à cause des événements récents dans le nouvel univers Marvel...

Autant l’écrire : Bendis ne nous a que moyennement convaincus avec l’intrigue de ce premier album (d’autant plus que sa chute nous a semblé bien simple). En effet, les deux principales menaces qui pèsent sur les Gardiens ou le nouveau royaume de Peter ne sont pas de nature à nous enthousiasmer outre mesure. Par contre, le scénariste commence à organiser dans l’ombre une menace plus globale, plus dangereuse pour nos héros et plus évocatrice aux yeux des lecteurs ; ce qui peut laisser présager d’un meilleur élan par la suite si l’intrigue suit dans son exécution.

Les Gardiens savent utiliser des arguments de force si nécessaires.
© Marvel

Le principal intérêt de cet album à nos yeux a été de retrouver Bendis dans son pur exercice de style, à savoir la mise en avant de l’écriture (ici intéressante) des personnages. En effet, c’est à dessein que le scénariste à récupéré le personnage de Kitty dans la série et cela se ressent très rapidement : son charisme reconnu la pousse rapidement à contester dans les faits le leadership sur l’équipe du vétéran Rocket Raccoon (les passes d’armes entre les deux valent le détour), le statut ambigu de sa relation sentimentale avec Peter amène de son côté des situations cocasses.

Légère déception néanmoins : le traitement réservé à la Chose : très prometteur au début de la série (le scénariste mettant l’accent sur un rêve devenu réalité pour le personnage, pouvant vivre des aventures dans l’espace comme un vrai cosmonaute), le message entourant le personnage est assez vite oublié au profit d’une utilisation principalement utilitaire comme gros bras de l’équipe. Certes, la Chose est mise en valeur dans le feu de l’action, mais on aurait aimé que la série poursuive ce traitement initial qui nous semblait intéressant.

Ce premier album consacré à la nouvelle série des Gardiens de la Galaxie nous a semblé de facture honnête, mais malheureusement peu enthousiasmante. Les personnages sont agréables à suivre, le trait du dessinateur Valerio Schiti les met bien en valeur... mais l’intrigue manque pour l’instant du souffle snécessaire. Une lecture à tenter pour les amateurs de l’équipe des Gardiens, mais aussi pour les nouveaux lecteurs qui aimeraient embarquer quand même dans l’aventure.

(par Romuald LEFEBVRE)

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All-New Les Gardiens de la Galaxie | Empereur Quill. Par Brian Michael Bendis (scénario) et Valerio Schiti (dessins). Traduction de MAKMA/Mathieu Auverdin. Panini Comics, collection Marvel NOW ! Sortie le 13 septembre 2017. 128 pages. 15,00 euros.

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9 Messages :
  • Coup de tonnerre chez Marvel Comics puisque le scénariste phare de l’éditeur,Brian Michael Bendis, quitte ses rangs après presque 20 ans de collaboration intense,pour signer un contrat d’exclusivité chez le concurrent DC Comics :https://www.bleedingcool.com/2017/11/07/brian-bendis-switches-sides-signs-dc-exclusive/
    Un coup dur ?Pas pour certains fans de Marvel qui trouvaient Bendis trop souvent en pilotage automatique ces derniers temps.

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    • Répondu par Zot ! le 11 novembre à  22:43 :

      Qu’il es malin, le brillant Bendis ! Aprés avoir inondé Marvel de storylines mal foutues aux séquences de combat ridicules (mais avec des dialogues bavards, sympas et marrants :°), il va pouvoir récidiver chez DC, avec tout un tas de nouveaux persos souffre-douleur. Bon, l’illusion va encore durer six mois par titre ? Il y aura encore des nouveaux numéros 1 pour fêter son arrivée ?

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      • Répondu par Pascal Aggabi le 12 novembre à  14:43 :

        Bendis a été brillant,à ses débuts chez Marvel et avant.Avec Mark Millar il a largement contribué à la remise sur rail scénaristique de l’éditeur au tournant du 21eme siècle.

        Le jeune loup qu’il était alors a bien bossé,pour finir par devenir une incontournable star,aidé en cela par la mode des "full scripts"(scripts complets) qui a suivi celle des dessinateurs-stars tout puissants,qui trop souvent alignaient les comics sans vraies intrigues ,mais avec 18 pages de castagne sur 22 ,qui ressemblaient plus à des poster books qu’à des histoires dessinées,avec des originaux remplis de personnages phares dans des poses dynamiques ou sexy faciles à écouler sur le marché de vente des planches originales.

        Bendis est ensuite devenu peu a peu le symbole,la caricature ?,de la mode des dialogues cinématiques(ce sont les dialogues qui font avancer l’histoire,induisent la dynamique,posés sur des cases souvent répétitives et statiques) et de la narration décompressée( ici on étire le temps,on joue moins sur l’ellipse),d’où ses histoires à rallonges sur plusieurs titres à la fois.Des techniques intéressantes mais qui demandent un minimum de charpente aux intrigues.
        A ce jeu Bendis s’est usé............chez Marvel !

        Il va y jouer maintenant chez DC avec de nouveaux personnages et de nouvelles contraintes.Une renaissance pour lui ?

        On lui aurait aussi promis une entrée dans le monde du cinéma,une ambition souvent avortée chez Marvel pour Bendis malgré les promesses,pour cause de rivalités internes entre les dirigeants Kevin Feige et Ike Perlmutter.Disney a tranché en faveur de Feige ce qui mis Bendis sur la touche.

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        • Répondu par Zot ! le 12 novembre à  23:22 :

          Avant d’arriver chez Marvel, remarqué par Quesada, il écrivait et parfois même dessinait des polars noirs (Jinx, etc). Et bizarrement, c’est sur ce genre qu’il excellait chez Marvel, si l’on accepte que Daredevil ou Alias-The Pulse sont ancrés dans une presque-réalité. Je le sens beaucoup moins à l’aise pour écrire et gérer les Marvel Events (House of M, Secret Invasion, Siege, Ultron...), même si je reconnais qu’il a eu la chance de voir ses histoires mises en images par d’excellents dessinateurs. Bon, déshabiller Pierre pour habiller Paul est une pratique courante, cela permet de créer de la hype !°). Et si cela se trouve, il va trouver chez DC un contrôle éditorial de qualité (j’allais dire "digne de ce nom").

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      • Répondu par Aurélien Pigeat le 13 novembre à  14:56 :

        Pour être honnête, j’ai un peu la même crainte...

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  • Il y a encore du mouvement chez l’éditeur Marvel Comics,du lourd.

    Après le départ en fanfare du scénariste vedette Brian M.Bendis - qui incarnait d’une certaine manière l’éditeur aux yeux du public - pour l’éternel concurrent DC Comics (d’autres scénaristes important avaient quitté l’éditeur au cours des dernières années) c’est maintenant l ’éditeur en chef Axel Alonso qui après six ans à la tête de la maison Marvel Comics vient d’être destitué de son poste :https://www.nytimes.com/2017/11/17/books/marvel-entertainment-names-new-editor-in-chief.html .Un autre coup de tonnerre.

    Son remplaçant sera C.B.Cebulski,vice président senior et chasseur de têtes attitré de la Maison des Idées,découvreur reconnu de talents à l’échelle internationale.
    Il n’empêche,Axel Alonso avait quelques réussites à son palmarès,comme une des deux ou trois meilleures années de ventes de tous les temps de l’éditeur et quelques événements éditoriaux marquants comme Marvel Now et All-New Marvel Now ;même si,plus récemment, quelques redémarrages de séries destinés à relancer l’intérêt ont laissé perplexe,surtout les détaillants.Mais surtout,en tant que figure de proue Alonso a été exposé en priorité lors de diverses polémiques récentes ;et un essoufflement des ventes malgré une position de tête préservée sur le marché.

    Son prédécesseur Joe Quesada avait reçu une promotion en se voyant proposer un poste à responsabilité au sein de Marvel Entertainment,à priori Alonso,lui,devrait quitter le groupe.
    "C’est fou. C’est un honneur. Je suis époustouflé par l’opportunité" a dit de son côté C.B.Cebulski,qui compte pour redonner de l’élan à l’éditeur et ses célèbres personnages encourager le talent à chaque étape de la création d’un comics.Et il y en a des intervenants,bien plus que dans le franco-belge.
    Une bonne idée cette intention quand on songe à ces machines à broyer les créateurs que sont parfois(souvent ?) ces gros groupes.Aux enjeux financiers de plus en plus lourds.

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    • Répondu par MD le 21 novembre à  19:34 :

      Pauvre Alonso ! Il doit regretté d’avoir quitté son poste chez DC (enfin Vertigo) pour rejoindre Marvel. Apparemment, le couperet est tombé. Il y a peut-être eu un peu trop de changements importants de sexe ou de couleur de peau qui n’ont pas plu aux fans et aux libraires (bientôt une Hawkeye au féminin, bien dessinée). Le Captain America nazi a aussi heurté, on ne touche pas aux symboles. Ajouter à cela une baisse relative des ventes, la lassitude des libraires-comics face à de multiples Variant Covers contingentées, et hop ! Cela ne plaisante pas chez Disney !
      Ce turnover n’est toutefois pas réservé aux Américains. Je note d’importants changements proches de chez nous, chez Dargaud, Lombard et Dupuis. Le resserrage de boulons semble universel.

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      • Répondu par Pascal Aggabi le 21 novembre à  23:45 :

        Les personnages de BD profitent à tout le monde sauf à la BD, dans les comics ou ailleurs, c’est ainsi.
        Alonso paie les pots cassés aujourd’hui, chez Marvel/Disney d’autres préparent déjà sûrement leurs valises.Il est vrai qu’en ce moment la dynamique est plutôt du côté du concurrent DC Comics qui marque des points, et attire les auteurs réputés ou en devenir, on parle même pas de la razzia que fait l’éditeur Image Comics avec les conditions qu’il offre..... Bref Marvel est sur le recul, les commentaires négatifs se multiplient, les combines habituelles pour préserver les ventes et créer l’évènement tournent court, une forme de ringardisation auprès des inconditionnels fait jour, de plus quelques rivalités internes devenaient toujours plus lourdes et contre-productives, les artistes multipliaient les grimaces en coulisse ....
        Alonso était sur la sellette.

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        • Répondu par Henri Khanan le 22 novembre à  20:23 :

          En plus, il semblerait qu’il y ait des tentatives de rapprochement ou de fusion entre Disney et la Fox. Il y a une véritable logique capitalistique, pour ne pas dire industrielle derrière tout cela. Les restructurations et changements d’organigramme ne sont pas finis. Si vous aimez les films et séries TV adaptés de super-héros ou presque (le Punisher semble cartonner), vous allez être servis ! Il suffit d’aller sur la page d’accueil de marvel.com pour y constater que les comics ne sont pas leur priorité.

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