André Geerts : « Jojo est une BD qui parle doucement »

15 mai 2008 5 commentaires
  • Auteur simple et discret, {{André Geerts}} bâtit peu à peu une œuvre dont la haute qualité est d’une rare constance. Il explore avec ingéniosité, poésie, fraîcheur et un zeste de candeur le monde de l’enfance dans {Jojo} et {Mademoiselle Louise}.

Vous souvenez-vous des circonstances dans lesquelles vous avez créé Jojo ? Cette série est différente de « Monde Cruel ! »…

Pas tant que cela ! Je réalisais déjà, dans « Monde Cruel ! », des gags où je mettais en scène des enfants. Avant d’entamer cette suite de dessins d’humour, je travaillais sur des bandes dessinées. J’avais beaucoup de plaisir à réaliser de temps à autre ce type d’illustration pour le journal de Spirou lorsque Alain De Kuyssche en était le rédacteur en chef. Lorsque Philippe Vandooren a repris ce poste, je lui ai proposé différents projets de BD. Mais il m’a rétorqué que je n’étais pas fait pour la bande dessinée. Je lui ai alors montré les illustrations que j’avais réalisées pour d’autres supports. Il les appréciait. Il m’a incité à créer le Petit Nicolas des années ’80. Cela ne me convenait pas. Je ne me voyais pas écrire un texte littéraire. Ce style de travail était fort différent de la BD. J’ai alors proposé à Vandooren de réaliser des dessins d’humour. Un genre qui est proche de la BD, tout en étant fort différent. J’en ai réalisé pendant des années. Puis, un jour, un annonceur s’est décommandé au dernier moment pour un quart de page de publicité. Vandooren m’a demandé une histoire pour boucher le trou. Sans trop réfléchir, je lui ai proposé une histoire avec un gamin…

André Geerts : « Jojo est une BD qui parle doucement »Jojo était né…

Oui. En fait, je ne me suis pas posé de question pour le personnage. Je dessine des histoires depuis mes onze ans –en amateur, à l’époque- et je mettais toujours en scène des enfants. Il m’était naturel de dessiner un gosse. Vandooren a bien aimé ce quart de page, et m’a dit : « Il se peut que je t’en demande d’autres, mais ne te fais pas d’illusion. Je ne te commande pas de série ! Il n’y aura pas d’album … »

Ne partagez vous pas avec vos lecteurs une idéalisation du monde de l’enfance ? Vous étiez enfant dans les années ’50, et beaucoup d’éléments dans Jojo rappellent cette époque…

Jojo vit dans deux univers, deux styles de vie différents. Dans les premiers albums, il habite exclusivement avec sa grand-mère. Il y a encore de nombreux endroits, en Belgique et en France, qui sont encore relativement protégés : les rues en pavés débouchent sur les champs ou les bois. Ce sont des vestiges des années ’50, mais ce type d’habitat existe encore aujourd’hui. Il n’y a donc aucun problème que mon personnage habite dans l’un de ces endroits. Et puis, avec le retour du Papa de Jojo, j’ai amené un contexte plus urbain, plus moderne, avec une ville qui ressemble à Bruxelles. La chambre que Jojo a chez son père est différente de celle de chez sa Mammy. Jojo possède tout ce qu’un gamin moderne rêve d’avoir : un ordinateur, une Game-boy, etc. Bien que la série n’est pas axée là-dessus.

Vous préférez porter un regard poétique et savoureux sur le monde de l’enfance ?

Plutôt un regard, qui à mon avis, ne sera pas démodé. Les thèmes exploités dans Jojo sont simples : Qu’est ce que l’on ressent, quand on est enfant, par rapport à la découverte de la vie, du monde des adultes ? Comment vit-on une relation amicale, une première amourette ? Comment un enfant se révolte par rapport à l’injustice. Bref, des questions qui ont existé de tout temps.
On me demande souvent si Jojo est une BD nostalgique. J’ai l’impression que toute forme artistique est nostalgique, même l’art moderne ! Un artiste ne fait jamais que recréer ce qui existe déjà. Mais il le fait à sa manière…

Extrait du T17 de "Jojo"
(c) A. Geerts & Dupuis.

On dit communément qu’une histoire, c’est 5% de création, et 95% d’inspiration…

C’est vrai. On retisse un lien. D’un point de vue philosophique, on peut dire qu’un artiste reproduit à sa manière la création du monde. Il est le créateur de sa vision du monde. J’ai été frappé par une interview de Pablo Picasso dans laquelle le journaliste lui demandait ce qu’il recherchait à travers son art. Picasso a répondu qu’il cherchait à dessiner comme un enfant ! C’est l’artiste d’avant-garde du 20e Siècle par excellence. Il était toujours à la pointe de la nouveauté, avec parfois un brin de provocation. Le siècle dernier a été celui où l’on a cru le plus à la modernité, à la science, au progrès. Lui qui symbolisait l’avant-garde dans ce siècle moderne, il ne recherchait qu’une chose : dessiner à nouveau comme un enfant !
S’il y a de la nostalgie dans mon travail, c’est celle-là que je veux mettre en scène. Je n’ai pas le regret d’une époque. Je suis heureux comme je suis. La vie est un chemin que l’on traverse, et il n’y a pas à être nostalgique.

Jojo, c’est le contraire de Titeuf et de Kid Paddle ?

Je n’aime pas votre question. Disons que Jojo s’exprime de manière moins agressive que les personnages que vous citez. … De même que Cédric également. Dans cette dernière série, les gens s’enguirlandent tout le temps. On voit souvent les personnages montrant leurs dents de manière agressive ! Ce n’est pas un reproche, mais une constatation. Jojo est basé sur un contenu plus diffus. Je préfère montrer des états d’âme moins caricaturaux. Même si Cédric est finalement assez réaliste.
Chacune de ces séries a ses forces et faiblesses. C’est difficile pour moi de me comparer à elles, mais disons que ce sont plutôt des BD qui crient. Jojo est une BD qui parle doucement ! Mais pas toujours, car Jojo a aussi des révoltes…

Vous avez repris Mademoiselle Louise avec l’aide de Mauricet au dessin… Pourquoi ?

J’avais eu beaucoup de plaisir à illustrer les scénarios de Sergio Salma. Cette série avait beaucoup de charme. Et puis, j’avais envie de travailler à nouveau avec un scénariste. J’avais un peu peur de finir par tomber dans des ornières à force de ne pas être confrontés aux idées d’un autre. On s’enrichit au contact des autres. Je n’avais pas envie d’être un célibataire professionnel endurci (Rires). J’avais arrêté Mademoiselle Louise car le dessin et les couleurs de cette série me prenaient trop de temps, et je ne pouvais pas aligner un album de Jojo par an.

L’adaptation de Jojo en dessin animé se profilait-elle à ce moment-là ?

Oui. Mais je n’y ai quasiment pas travaillé. Sauf lorsque l’on me demandait mon avis sur le scénario. J’ai également dessiné une bible graphique. Disons, que le dessin animé m’a demandé dix jours de travail ! En fait, je suis un dessinateur lent, et je ne pouvais pas assumer deux séries. Sergio avait beaucoup de regret par rapport à la disparition de cette série. Nous n’avions que deux solutions : Soit il l’a reprenait avec un autre dessinateur. Soit on trouvait quelqu’un pour m’aider… Sergio ne voulait pas que Mademoiselle Louise vive sans moi. Nous avons donc trouvé Mauricet !

Vous réalisez les crayonnés pour Mademoiselle Louise ?

Non, c’est le contraire. Je fais l’encrage, et je demande à Mauricet de réaliser la mise en place des décors, de dessiner les personnages secondaires, etc. Puis, je retravaille les crayonnés. Les siens n’étaient pas dans le même style que mon graphisme. Même s’il se contraignait à en être le plus proche possible… Et enfin, je les encre. L’encrage donne le style et la cohérence par rapport aux albums précédents. Mauricet m’a apporté une mise en images plus cinématographique que la mienne.

Avez-vous l’impression d’être créatif en n’encrant que cette série ?

Moins. Mais contrairement à beaucoup de dessinateur, qui s’ennuient lors de cette étape du travail, j’ai un plaisir fou à encrer. J’ai l’impression que mes personnages ne commencent à réellement exister que lorsque je les trace à l’encre. Ils ne vivent que lorsque cette espèce de liquide noir envahi leurs traits, comme si du sang circulait dans leurs veines !

Quel public avez-vous en dédicace ?

En Belgique, surtout des adultes et des collectionneurs. Par contre, en France, je rencontre plus un public familial. C’est sans doute ce qui me différencie des séries telles que Titeuf ou Kid Paddle, qui sont dans la lignée des bandes dessinées populaires des années ’60. C’est-à-dire des bandes dessinées que les enfants sollicitent spontanément, et dont les parents se méfient. Soit ces derniers les trouvent impertinentes, soit trop vulgaires ou agressives. Jojo est lu par l’ensemble de la famille. Je reçois de nombreuses lettres de parents me disant que l’un de leur enfant, qui n’est pas encore en âge de lire, prend son album de Jojo pour un doudou. Ces enfants transportent partout leur album et réinterprètent l’histoire en inventant des dialogues, etc.
En séance de dédicace, les parents me demandent souvent à quelle tranche d’âge est adressé Jojo. Je leur réponds toujours que Jojo n’est pas ciblé pour un public précis. Jojo peut être lu dès que l’on est capable de déchiffrer les lettres, jusqu’au moment où l’on ne sait plus lire (Rires). Cela me dérange ce besoin de cibler le lectorat. Cette dérive est apparue lorsque des auteurs ont voulu commencer à faire de la BD pour adultes dans les années ‘70 et ‘80. C’est par opposition à cela que l’association de mot « BD pour enfant » a été créée. Je ne pense pas que Franquin, Peyo ou même Hergé se soit un jour demandé pour quel lectorat ils dessinaient. Cibler est surtout une préoccupation de marketing.

Vous n’avez pas envie d’un jour aborder des thématiques plus adultes en dehors de Jojo ?

Mais il y en a dans Jojo. Je ne mets pas la sexualité en avant-plan. Ce n’est pas un sujet que j’ai envie de traiter. Sinon, il y a des sujets dans Jojo que l’on ne trouve pas ailleurs. Dans Le Retour de Papa, mes personnages font un voyage en France, et sont hébergés dans un bordel. J’ai dessiné des filles à la poitrine dénudée, et avec une culotte ultra réduite. Les lecteurs comprendront facilement où se trouvent les personnages … Un personnage meurt également dans Jojo. Vous ne vous rendez pas compte que ces thématiques plus adultes sont incluses aux histoires parce que je les incorpore avec tact, sans provocation. Cela doit être naturel. Les seules limites sont celles que l’auteur se fixe, et sa capacité à en parler. On pourrait parler de sexe dans Jojo, mais ma limite fait que je n’aborde pas le sujet. À partir du moment où un enfant est en âge de raisonner, de se questionner, on peut lui parler de tout. Mais l’auteur doit avoir un discours adapté et juste par rapport à l’enfant.

Crayonné de Salma pour le prochain album de Mademoiselle Louise
(c) Salma.

Quels sont vos projets ?

Je travaille actuellement sur le nouvel album de Mademoiselle Louise. Sergio Salma réalise les crayonnés cette fois-ci. Mauricet est fort pris par ses séries aux éditions Bamboo, il m’a demandé d’arrêter notre collaboration. Il a raison de privilégier ses séries et sa carrière.
Sergio m’envoie les crayonnés par mail. Je les imprime dans un bleu léger, et les retravaille. Sergio dessine à sa manière. Je modifie certaines choses, mais me fie à son don d’observation. Il a un sens de la synthèse remarquable. Il incorpore énormément d’éléments à ses images, sans que cela entraîne une lourdeur. Je suis incapable d’avoir un tel esprit de synthèse…
Sinon, les éditions Dupuis publieront un album regroupant les meilleurs gags de Monde Cruel !. Il y avait un bon quart de ceux-ci dont je n’étais pas satisfait. On a décidé de les éliminer pour privilégier la qualité…

Planche encrée pour le prochain album de "Mademoiselle Louise"
Avez-vous remarqué les différences entre le crayonné de la première demi planche et l’encrage ? - (c) Geerts, Salma & Dupuis.

(par Nicolas Anspach)

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Lire les chroniques de :
- Jojo T12, T16 & T17.
- Mademoiselle Louise T3.

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En médaillon : André Geerts (c) D. Pasamonik

 
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5 Messages :
  • Tout à fait d’accord avec Geerts : Sergio Salma a cette spontanéité, ce sens du geste et du ton juste que l’on apprécie dans Nathalie. On se demande même pourquoi ces deux-là avaient éprouvé le besoin de passer par un intermédiaire (même si Mauricet est excellent !). Il est même pas plus mal que ce soit Geerts qui fasse l’encrage où l’on retrouve toute la rondeur de son petit monde.

    J’ai lu dans Spirou n°3058 (p18) que Geerts dessine quasiment au format final (20x26.5) : c’est toujours vrai, même avec ces collaborations ?

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    • Répondu par Michel Dartoche le 17 mai 2008 à  18:24 :

      je le lis toujours avec plaisir, ce qui n’est pas le cas d’autres séries peut être plus vendeuses où j’ai du mal à ressentir des émotions (Michel Baillant, les Tuniques Bleues, Ric Hochet, Dan Cooper, sans oublier les dernieres "grosses productions" : Asterix, Blake & Mortimer, Lucky Luke. Un travail artisanal extrèmement bien fait, qui rend bien dérisoire celui de pas mal d’auteurs modernes à la ligne frèle, dont on parle beaucoup dans les pages de journaux branchés du style les Inrocks ou Télérama.

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  • Scénario en béton, suspense magnifiquement dosé, humour subtil, poésie sans faille, coups de théâtre multiples, graphisme et mise en couleur remarquables : « Confisqué », 17ème album de Jojo, est sans l’ombre d’un doute le meilleur opus à ce jour de cette série craquante publiée régulièrement dans le magazine Spirou. C’est toujours intéressant de voir l’évolution d’une oeuvre et les progrès surprenants réalisés par son auteur au fil des ans. A l’origine, et en se basant sur les premiers albums de Jojo comme « Le temps des copains » ou « On opère Gros-Louis », on pouvait supposer que Geerts était vraisemblablement très influencé par Sempé et n’avait pas encore trouvé totalement son propre style. Les albums s’enchaînant, le trait s’est affiné et le concept si particulier de la série s’est affirmé, pour en arriver finalement à cette réussite éclatante qui était déjà en prémisse dans les quatre précédents albums, notamment dans les excellents « La ballade des quatre saisons » et « Une fiancée pour Papa ». Surtout ne pas croire que les péripéties de Jojo, malgré les apparences, seraient destinées aux seuls enfants. Car l’immense poésie de Geerts s’adresse au contraire à un public très large, de 7 à 77 ans, et à tous les amoureux de la bande dessinée de qualité.

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  • André Geerts était un enfant dans les années 60. Il n’était qu’un bébé dans les années 50, hé ! ho !
    Et on ne dit pas "5% de création,95% d’inspiration"...(?) jamais entendu cette formule !

    l’expression correcte évoque plutôt inspiration et transpiration...ce qui est bien plus réaliste et ramène d’ailleurs ces domaines que l’on qualifie souvent de mystérieux, de supérieurs voire nimbés d’origines mystiques dans des sphères bien plus terre à terre.
    Il faut avoir des idées et de l’énergie.

    On peut d’ailleurs chipoter sur la proportion qui à mon avis dépendra de chaque auteur, de l’humeur de ce même auteur qui un jour se sentira des ailes et le lendemain ira à sa table avec des pieds de plomb.
    ça dépendra aussi du genre de scénario ; Maus ou les blagues sur les chtis( l’album avant Noël ! on parie ? ) ne demandent pas tout à fait le même état d’esprit.
    On tiendra compte des délais, du rapport avec l’éditeur, des chiffres de vente, de la météo aussi parfois. Toutes ces choses anodines et dérisoires qui feront que la transpiration un jour prendra le pas et engendrera souffrances, angoisses, ulcères et autres joyeusetés.

    Je rejoins évidemment André Geerts sur tous les points essentiels .J’ajouterais que j’ai toujours trouvé étrange ce malentendu qui circule à tous les niveaux de la critique. Toutes les personnes qui ont 30, 40 ou 50 ans et qui gravitent dans le monde de la bande dessinée, tous sans exception, ont été émerveillés par les mêmes livres ,les mêmes auteurs...
    Ces livres , ces auteurs n’ont jamais envisagé la bande dessinée autrement qu’en termes de "tout-public"...(expression récente)
    Goscinny ou Hergé pour ne parler que d’eux peuvent se vanter d’avoir amusé l’enfant, cultivé l’adolescent, ému l’adulte, touché le parent. c’est pas deux niveaux de lecture, ce sont autant de niveaux de lecture qu’il y a de jours dans une vie.

    André Geerts joue dans cette cour-là. L’expression (géniale) inventée je crois à la création du magazine Tintin, pour les lecteurs de 7 à 77 ans (une belle idée marketing avant la lettre en fait !) était pertinente et déjà à l’époque insistait sur la qualité des oeuvres. Elle disait en substance" vous avez de 7 à 77 ans, vous y trouverez votre compte ".Et en plus ça sonnait bien !
    Aujourd’hui quand on dit une bande dessinée pour enfant, on la "réduit" au public qui n’a pas atteint 10 ans. Combien de fois dans les critiques de cinéma, lit-on l’horrible sentence du pseudo-spécialiste déçu :" les enfants de moins de 10 ans apprécieront"...Horrible méprise. Si un travail est mauvais , personne n’appréciera.

    Quand on demandait à un célèbre auteur ce qu’était pour lui la littérature pour la jeunesse, à lui qui écrivait pour les deux "camps", il répondait que c’était la même chose mais en plus difficile.

    Aujourd’hui l’expression "littérature pour la jeunesse" revêt l’aspect péjoratif : vous avez dépassé l’âge, évitez ces niaiseries, ces joues rondes et ces raccourcis scénaristiques, les mômes c’est rien que des adultes pas encore terminés, achetez plutôt des oeuvres intelligentes.

    L’offre s’est diversifiée et il a donc fallu adapter les concepts, calibrer , partager l’espace. C’est une affaire d’étalage, d’espaces dans les magasins et de répartition dans les catalogues.

    Essayons en tant que lecteurs de ne pas adopter ce genre de considérations dans notre rapport à la lecture. Quand le tout-économique pourrit jusqu’à notre façon d’aborder l’existence.
    A cause de ces a priori réducteurs ,on passe à côté de beaucoup de créations originales et subtiles.

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    • Répondu par Alex le 17 mai 2008 à  00:51 :

      Pour reprendre le thème "oeuvre pour la jeunesse" je suis tout à fait de votre avis Sergio. On pourrait se demander d’ailleurs d’où vient cette attitude typique des pays francophones... En Scandinavie la littérature enfantine est ce que l’on peut faire de plus ambitieux. Cette année, Tove Jansson, dessinatrice finlandaise -aujourd’hui disparue- reçu le prix du patrimoine pour "Moumine" à Angoulême, une oeuvre pour enfants aime-t-on à la qualifier. Tove fut en 1er lieu une artiste peintre -bien plus qu’honorable, caricaturiste de presse et devint une romancière admirée (elle écrivit aussi des romans de "Moumine"- dont un certain terrifiant pour les enfants dans la maturité de ses thèmes). En Suède nous avions la géniale Astrid Lindgren (Fifi Brind’acier, entre autres). Et quel est le point commun de ces "oeuvres pour la jeunesse" ? Une réflexion réelle sur le temps de l’enfance et une fantaisie débridée teintée d’un anarchisme sain et vigoureux !

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