Angoulême 2010 : Le palmarès scelle la réconciliation des anciens et des modernes

1er février 2010 53 commentaires
  • Le fait était patent depuis plusieurs mois et il se confirme de façon éclatante à Angoulême cette année : entre les anciens et les modernes, la hache de guerre est enterrée. Symboliquement, l’exposition « Cent pour Cent » entérine cette tendance.

Souvenez-vous, c’était il n’y a pas si longtemps : la nouvelle BD cherchait à se démarquer de l’ancienne : « trop vulgaire », « trop commerciale », « trop formatée », « Old Style », destinée aux adolescents boutonneux bas de plafond amateurs de mangas et –beuaark !- d’Heroïc Fantasy… Pas question de se retrouver à côté des Schtroumpfs : vitupérait Jean-Christophe Menu, le patron de L’Association. Sfar ressortait les vieilles sulfateuses rouillées.

Hier, Blutch, le 37ème président de l’Académie des Grands Prix faisait les claquettes au milieu de filles dévêtues dans un spectacle éblouisant, après avoir tressé, quelques jours auparavant, des éloges à Peyo, à Tibet et, lors du Festival, posait complaisamment avec Willy Lambil, le dessinateur des Tuniques bleues à l’origine de son pseudonyme, faisant même dessin commun à la Une de La Charente Libre !

Angoulême 2010 : Le palmarès scelle la réconciliation des anciens et des modernes
La cérémonie avait cette année des atours très glamour...
Photo : D. Pasamonik

Un vote intelligent et fédérateur

Dans le palmarès officiel issu des votes du jury constitué par Blutch, on retrouve cette tendance : Jérôme K Jérôme Bloche d’Alain Dodier, série classique s’il en est, côtoie un Pascal Brutal de Sattouf formaté 48cc, les atypiques Dungeon Quest de Joe Daly (L’Association) ou Alpha… Directions de Jens Harder voisinant avec les très classiques Matthieu Bonhomme & Gwenn de Bonneval qui cherchent à renouer avec la magie de Peyo et dont la titre est d’ailleurs révélateur :L’esprit perdu.

Il n’est pas jusqu’à l’élection de Hervé Baru comme Grand Prix 2010 qui ne souligne l’inanité des clivages entre une bande dessinée commerciale et une bande dessinée d’auteur, les notions de « vulgarité » ou de genre (l’Héroïc Fantasy, par exemple) se trouvant contrebattues par l’abolition des contraintes de format jusque chez les plus grands éditeurs (Dupuis s’affranchit de plus en plus d’une bande dessinée ultra-formatée pour proposer des objets qui rejoignent le « roman graphique » dans les librairies générales). Baru est le premier auteur d’un manga français paru... au Japon chez Kodansha au coeur de ces années 1990 abhorrées par certains.

Le Ministre de la Culture, M. Frédéric Mitterrand, a reçu également un Fauve d’honneur
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Aujourd’hui, c’est un fait, les auteurs migrent harmonieusement des labels dits « alternatifs » vers des éditeurs « industriels » : Ainsi Sattouf passe-t-il de L’Association à Fluide Glacial, comme naguère Blutch migrait de Fluide à L’Association et Cornélius. Bravo reprenant Spirou avec brio et succès, le même avec Joann Sfar envisageant de continuer Blake & Mortimer

En illustration symbolique, l’Exposition Cent pour Cent du Musée (nous en reparlerons) réunit les anciens et les modernes, le patrimoine et les talents de la nouvelle génération, comme pour souligner que celle-ci pouvait se nourrir des anciens sans renier son identité ou sombrer dans un classicisme sclérosant, ni sacrifier son goût pour la curiosité et la recherche.

Du point de vue de la créativité, nous vivons un âge d’or, tous les amateurs vous le diront. Un effet bénéfique de la surproduction ?

Toujours est-il que la cérémonie d’hier scellait le retour à une certaine décrispation, loin de la guerre des tranchées que pratiquaient naguère certains jeunes auteurs trop pressés.

Voici le palmarès officiel d’Angoulême 2010 :

- Grand Prix : Baru

- Prix du Meilleur Album (Fauve d’Or ) : Pascal Brutal T3 : Plus fort que les plus forts de Riad Sattouf (Fluide Glacial).

Riad Sattouf, Prix du Meilleur Album (Fauve d’Or ) pour Pascal Brutal T3 : Plus fort que les plus forts (Fluide Glacial).
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

- Prix spécial du Jury (Fauve d’Angoulême) : Dungeon Quest T1 de Joe Daly (L’Association).

- Prix de la Série (Fauve d’Angoulême) : Jérome K. Jérome Bloche T21 : Déni de fuite d’Alain Dodier (Dupuis).

- Prix Révélation (Fauve d’Angoulême) : Rosalie Blum T3 : Au hasard Balthazar ! de Camille Jourdy (Actes Sud).

- Prix Regards sur le monde (Fauve d’Angoulême) : Rébétiko, La Mauvaise Herbe par David Prudhomme (Futuropolis)

David Prudhomme : Prix Regards sur le monde (Fauve d’Angoulême) pour Rébétiko, La Mauvaise Herbe (Futuropolis)

- Prix de l’Audace (Fauve d’Angoulême) : Alpha... Directions de Jens Harder (Actes Sud).

Jens Harder : Prix de l’Audace (Fauve d’Angoulême) pour Alpha... Directions (Actes Sud).
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

- Prix Intergénérations (Fauve d’Angoulême) : Messire Guillaume - L’esprit Perdu : Intégrale de Matthieu Bonhomme & Gwen de Bonneval (Dupuis).

Gwen de Bonneval et Matthieu Bonhomme - Prix Intergénérations (Fauve d’Angoulême) pour Messire Guillaume - L’esprit Perdu : l’intégrale (Dupuis).
D. Pasamonik (L’Agence BD)

- Prix du Jury (Fauve Fnac-SNCF) : Paul T6 : Paul à Québec de Michel Rabagliati (La Pastèque)

- Prix jeunesse (Fauve d’Angoulême) : Lou T5 : Laser Ninja de Julien Neel (Glénat).

- Prix du patrimoine (Fauve d’Angoulême) : Paracuellos : L’Intégrale de Carlos Gimenez (Fluide Glacial)

- Prix de la bande dessinée alternative (Fauve d’Angoulême) : Special Comix N°3, Publié à Nanjing (Chine)

Prix de la bande dessinée alternative (Fauve d’Angoulême) : Special Comix N°3, Publié à Nanjing (Chine)
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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53 Messages :
  • Le Ministre de la Culture, M. Frédéric Mitterrand, a reçu également un Fauve d’honneur

    En quel honneur justement ? Qu’a fait Frédéric Mitterrand pour la bande dessinée ?

    Je ne vois là rien d’autre qu’un coup de lèche au pouvoir.

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  • A voir les personnes en arrière-plan de la scène on se dit qu’il y a encore du boulot pour que la bande dessinée ne souffre plus de l’accusation de sexisme. Du pain sur la planche pour Artémisia. Bon courage les filles !

    A voir l’indifférence des médias pour le palmarès (à comparer avec Cannes, les Césars, le Goncourt…) on se dit aussi qu’il y a encore du boulot pour que la bande dessinée soit reconnue pour ce qu’elle est : un art à part entière.

    Et tout cela est un peu déprimant…

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    • Répondu le 1er février 2010 à  11:49 :

      Ben quoi, des filles y’en a plein derrière Riad Sattouf levant son trophée...

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    • Répondu par Annie Pilloy le 1er février 2010 à  16:41 :

      Ben dites donc, je croyais que ce genre d’exhibition était réservée aux salons de la voiture, fief macho s’il en est... Mais finalement je me rends compte que l’existence d’Artémisia est encore plus que nécessaire... En 2010 rien de nouveau sous le soleil noir du patriarcat.

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  • Faudrait dire au jury que ça commence à se voir...

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  • « Ainsi Sattouf passe-t-il de L’Association à Fluide Glacial, comme naguère Blutch migrait de Fluide à L’Association et Cornélius. »

    Une phrase étonnante qui est pour le moins un sacré raccourci, au pire une grossière erreur ! En lisant ça on a l’impression que Sattouf a débuté son boulot chez l’Asso avant de migrer vers du plus « grand public » alors qu’au contraire il a commencé la BD chez Delcourt avec Petit Verglas (scénarisé par Corbeyran) avant de devenir un des représentant de la « nouvelle génération Dargaud ». Son engagement à l’asso avant 2007 est plus que minime (deux participations à Lapin) alors qu’il publie le premier Pascal Brutal dans Fluide dès 2005 ! Et encore, ce qu’il a publié à l’asso ce sont uniquement des rééditions (Ma circoncision, ex Bréal) ou la compilation de ses strips publié dans Charlie Hebdo (La vie secrète des jeunes). La vérité est plutôt que, comme Blutch, Sattouf a débuté chez des éditeurs de masse, et continue à y travailler avec plaisir, tout en faisant quelques incursions dans la Bande Dessinée alternative !

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  • Un vote tellement intelligent que le Prix du public est allé à un album que le public n’a pas pu lire, puisqu’il n’est pas encore par !!!
    Comment expliquez-vous cela ? Surtout, comment les organisateurs vont-ils l’expliquer ?

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    • Répondu par Steve le 2 février 2010 à  17:53 :

      Parce Rabagliatti est très populaire au Québec et que les québécois ont voté en masse via Internet.

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    • Répondu le 2 février 2010 à  18:24 :

      c’est énorme ça ! Je suis complètement passé à côté de ce truc ! Quelle honte ! C’est un vrai scandale ! Que les organisateurs (Fnac/SNCF) publient les votes ! Ce bouquin sort début mars en France...

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    • Répondu par Cedric le 2 février 2010 à  22:03 :

      Pour répondre simplement je vous enverrai à l’article publié ce jour sur Du9 d’un des membres du jury, intéressant à plus d’un titre.
      http://du9.org/Plebiscite

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    • Répondu par Sam le 5 février 2010 à  07:47 :

      Le seul "scandale" par rapport à Paul à Québec est qu’il aurait dû être récompensé par le prix du meilleur album plutôt que par celui du public. Pour avoir eu la chance de lire cette bande dessinée cet été, lors de mes vacances au Québec, je dois reconnaître qu’elle est très largement au-dessus du lot de celles que j’ai achetées cette année (je l’ai trouvée aussi profonde et généreuse que j’ai trouvé le propos de Blast superficiel et nombriliste, c’est dire...).

      Le débat sur le fait que Paul à Québec n’était pas sorti en France au moment du festival est ridicule : le FIBD est un festival INTERNATIONAL (c’est le I de FIBD qui le dit). Le public étranger (québécois en l’occurrence) a donc autant son mot à dire que le public français.

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  • Arrêtez de faire croire que les auteurs branchés ne crachent plus dans la soupe populaire. C’est totalement faux... S’ils tolèrent certains auteurs c’est qu’ils n’ont pas le choix pour de multiples raisons que je n’énoncerais pas ici.. Et interrogez aussi des auteurs populaires et vous verrez s’ils trouvent qu’ils sont récompensés à leur juste valeur....

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    • Répondu par Al Bert le 2 février 2010 à  08:37 :

      Et n’essayez pas de faire croire, cher Xav, que les auteurs "populaires" ne crachent pas sur les auteurs "branchés".
      Les adjectifs que vous avez choisis en disent long… Et d’ailleurs, à comparer les chiffres de vente (puisque c’est sur ce terrain que vous vous placez : plus on a de lecteurs plus on est populaire) Winshluss ou Blanquet (par exemple) sont plus populaires (et (re)connu internationalement) que le gros des troupes des grosses maisons d’édition.

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      • Répondu par sergio salma le 2 février 2010 à  10:39 :

        Quelle guerre crétine ! Quelles stupidités proférées par les uns et les autres tentant de monter les "membres" d’une communauté (?) contre l’ autre ! Quelle imbécillité que de dire qu’il y a des camps et des partis . La guerre n’a jamais existé que dans le clan de certains lecteurs, ceux qui ne peuvent s’empêcher de rejeter tout ce qui ne leur plaît pas et d’opposer pour le plaisir des genres et des êtres qui n’ont rien demandé de tout ça. S’il y a des auteurs qui "crachent" (mon Dieu comme c’est élégant à dire et à écrire) sur d’autres auteurs, ce n’est pas tant parce qu’ils appartiennent au camp d’en face que parce qu’ils ont des rancoeurs personnelles. A ce compte-là, j’en connais aussi qui ne supportent pas des collègues qui oeuvrent dans le même genre, des ennemis dans la même "famille".

        Le titre de l’article est un peu tendancieux justement à cause de cette dérive possible où s’engouffrent quelques personnes qui décèleront plus vite les 10% de personnes prêtes à se provoquer en duel que les 90% des autres qui n’en ont rien à battre. Ceux qui font ce qu’ils ont envie de faire, qui parfois souffrent un peu du manque de reconnaissance mais qui n’iraient pas jusqu’à prendre les armes pour défendre un pré-carré.

        Des données comme la jalousie, l’envie , l’ego sont bien entendu des choses réelles mais elles poussent justement très souvent les auteurs à se dépasser. Ce qui semble être une horreur délicieuse pour certains observateurs, toujours avides de regarder les voisins se quereller( ceux qui ralentissent pour regarder les blessés dans les bagnoles accidentées) n’est en réalité qu’une émulation.

        Les anciens et les modernes( encore un vieux concept philosophique à mon avis complètement hors-propos ici) ne se sont jamais querellé. En revanche, les vieux lecteurs , les lecteurs avec des oeillères, les sectaires eux prennent un malin plaisir à déblatérer sur des écoles inventées de toutes pièces et dont le malentendu est perpétué par des journalistes mal inspirés, mal renseignés .

        Ce qu’on peut malheureusement constater c’est une méconnaissance . Beaucoup d’auteurs rangent dans la catégorie des "illisibles" ce qui est trop éloigné de leurs habitudes. Et ça se vérifie dans les deux sens !

        Ces écoles, chers amis velléitaires , ne sont pas des choix politiques. On ne s’engage pas dans un style plus que dans un autre, on fait avec les moyens du bord. On ne décide pas du jour au lendemain de pratiquer du populaire ou de l’élitiste, du branché ou du débranché, c’est complètement involontaire. Les auteurs qui font du gros nez souvent ne peuvent pas faire autre chose ; les auteurs qui ne font pas du gros nez eux non plus ne savent pas faire autre chose. Ils écrivent, fantasment leurs histoires et puis trouvent un éditeur -collaborateur. Chacun fera selon ses moyens et ses faiblesses.

        Béni soit Blutch qui justement a fait le lien symbolique entre des artistes de différentes époques, différentes confessions, différentes opinions.

        Il y a 1000 façons d’être un auteur et chacun , croyez-moi ou non, est souvent admiratif devant les capacités qu’il n’a pas. Celui qu’on taxera d’hyper-classique n’est pas l’ennemi de celui qui sera affublé de la casquette "nouvelle bd". Il y beaucoup d’exemples qui confirment cette thèse.

        Mais loin de moi l’idée de faire le portrait d’une corporation uniquement faite de bons copains avec tapes dans le dos et fraternité dans l’adversité. Seulement une profession comme une autre où l’on trouve pas mal d’individus pleins de chaleur, contents de faire ce qu’ils ont envie de faire et puis aussi quelques asociaux qui ont bien le droit d’avoir leurs velléités.

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        • Répondu par Manu temj le 2 février 2010 à  13:29 :

          Merci Monsieur Salma !

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          • Répondu par serpicco le 2 février 2010 à  16:20 :

            oui bien parlé sergio salma.

            j’ajoute que voir le prix du meilleur album donné à une bd d’humour, c’est le top !

            C’est la preuve justement que le monde de la bd est fort ! et ose, loin de certains festivals ciné...

            Vive la bonne bd, classique et hyper bien dessinée avec une putain d ambiance, ou alors nouvelle vague, inspirée et celeste !!

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            • Répondu le 5 février 2010 à  23:27 :

              j’ajoute que voir le prix du meilleur album donné à une bd d’humour, c’est le top !

              C’est vrai que c’est pas mal, mais si en plus l’album était drôle, là ce serait fantastique !

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        • Répondu par dol le 2 février 2010 à  16:00 :

          Merci pour ces propos mesurés, cela fait du bien un peu de bon sens.

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      • Répondu par xav le 2 février 2010 à  19:35 :

        Mais c’est n’importe quoi cette réponse. Je ne parle pas des chiffres de vente et lisez les interviews d’Arleston par exemple qui dit toute l’admiration qu’il a pour les Requins Marteaux. Très bientôt les Oscars vont encenser Avatar et beaucoup d’autres succès dans les salles et on n’est pas capable à notre toute petite mesure de laisser une minuscule petite place à des auteurs de série B, de livres qui plaisent à un certain public populaire ( et qui ne vendent pas forcément des forgons de bds) ou à des auteurs qui ont autant changer la bd contemporaine que tous ceux qui se réclament d’une certaine "nouvelle" bd, mais comme de toute façon il est impossible d’aller dans une autre direction que celle de l’Intelligencia de la bd... Tiens, il n’y a pas longtemps, un éditeur me disait :" Il y a 3 styles de bd, la bd d’humour, la bd style série B, Historique, etc et la bd qui gagne des prix". A mon avis, tout est dit.... Et c’est bien malheureux...

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        • Répondu par Xavier le 4 février 2010 à  14:57 :

          Ben voyons !...et le Spirou de Bravo, et Satrapi, et le chat du rabbin qui vendent en dizaines de milles et qui ont raflé tous les prix...c’est dans quelle catégorie ?...

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          • Répondu le 5 février 2010 à  15:42 :

            Les bds qui gagnent des prix... Ca n’a rien à voir avec les chiffres de ventes...

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  • Pascal Brutal T.3 meilleur album. Tant mieux pour Riad... mais objectivement, Monsieur Pasamonik, vous qui êtes un spécialiste, pouvez-vous nous expliquer en quoi cet album est le meilleur de l’année devant tous les autres ? Parce que Monsieur Sattouf à fait "Les Beaux Gosses" ?

    Et puis, la réconciliation entre la Nouvelle BD et la classique tous public, c’était déjà symbolisé par Lewis Trondheim Grand Prix. C’est même cet évènement qui a tué la jeunesse de la Nouvelle BD et la Nouvelle BD tout court. Elle était officiellement devenue adulte, majeure et vaccinée. Ensuite, plus concrètement,le Spirou d’Émile Bravo a été la démonstration et la concrétisation saine (puisque digérée et mature) de cette réconciliation et son projet de Blake et Mortimer ne fait que confirmer les choses. Son "Journal d’un Ingénu" avait été nominé l’année dernière mais pas primé parce que certainement trop jeunesse ou belge et sans doute pas assez snob. Primé une BD jeunesse comme meilleur album, vous n’y pensez pas, ce serait trop la honte. En tout cas, historiquement, ce fut une erreur du jury de ne pas percevoir l’importance de cet album. Ils avaient préféré le Pinocchio de Winschluss. Cet album est très bien mais, pourquoi meilleur ? En quoi était-il plus légitime pour un tel honneur ? Allez comprendre pourquoi ces choix toujours surprenants. Les solutions de consensus absurdes autour de discussions bien arrosées, sans doute.

    Alors, pourquoi Pascal Brutal T.3 plus qu’un autre de la liste ? Je ne le trouve pas incontournable cet album. Parce que Riad Sattouf a été plus médiatisé en 2009 à cause de son film ? Je ne vois pas d’autre réponse.

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  • Hrmf !! Je me demande ce que les belles femmes à seins quasi-nus et à plumes du Lido ou du Moulin rouge (hauts-lieux respectables de la vie parisienne) viennent faire à Angoulême, capitale de la BD en charentaises (ou plutôt en Doc Martens, c’est moins douillet, mais tellement plus branché !°).

    Cela étant dit, le choix du jury ne signifie rien d’autre que les préférences personnelles d’un jury, dont je ne connais toujours pas le mode de désignation. Je me suis entretenu avec des libraires BD hier aprés-midi, le livre de Rabaglieti est difficile à trouver, alors que le livre de Jens Harder est pour le moins difficile d’accès et cher. Je n’ai rien à dire sur le Joe Daly, puisque je n’ai pas honteusement profité de l’exploitation d’un pays (ressources naturelles et humaines). Il serait intéressant de connaitre les chiffres de vente de ces ouvrages, sortis depuis quelques mois, sans doute compris entre 1000 et 3000 exemplaires, mais je peux me tromper. Vont-ils doubler grâce à ces Prix ? Telle est la question que j’ose poser, si vous me le permettez.

    Je ne comprends pas trop la position de Blutch qui d’un coté avoue son admiration pour Cauvin et Lambil, voire Bibi Fricotin (d’authentiques et énormes succès populaires, accessibles à tous), et de l’autre donne un coup de chapeau à des oeuvres exigeantes, austères et difficiles. Même si leurs auteurs sont décèdés, j’ai l’impression que les livres de Peyo et Franquin sont plus accueillants et conviviaux que ceux qui viennent d’être récompensés. De plus, le rapport qualité-prix de ces épais volumes cartonnés (des rééditions, je vous l’accorde, mais de quelle qualité !!) est imbattable !! Et depuis les quarante ou cinquante ans de leurs premières parutions, combien de centaines de milliers de lecteurs ont profité des plaisirs qu’apportent la lecture drôle et palpitante des Spirou et Johan et Pirlouit ??

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    • Répondu par uvaise grippe ? le 2 février 2010 à  15:16 :

      je commençais à m’inquiéter de ne pas lire l’avis éclairé de notre Oncle François. Mais me voilà rassuré, quoique je le trouve un peu moins mordant que d’habitude. Lassitude ? Mauvaise grippe ?
      Même pas un mot pour féliciter Baru et pour donner son avis sur Pascal Brutal

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    • Répondu par Manu temj le 2 février 2010 à  16:48 :

      Je n’ai rien à dire sur le Joe Daly, puisque je n’ai pas honteusement profité de l’exploitation d’un pays (ressources naturelles et humaines).

      Monsieur "l’Oncle", je suis rarement d’accord avec votre analyse de la bande dessinée, mais ce n’est jamais qu’un débat culturel de comptoir...

      ...en revanche, comment pouvez-vous écrire ou énormité pareille ??? (ou alors expliquez vous parce que ce que j’en comprends à la première lecture est insupportable !... et suffit à disqualifier l’ensemble de votre "pensée")

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      • Répondu par Oncle Francois le 2 février 2010 à  23:29 :

        Monsieur Manu, quand je dis "Je n’ai rien à dire sur le Joe Daly, puisque je n’ai pas honteusement profité de l’exploitation d’un pays (ressources naturelles et humaines).", cela veut seulement dire que je m’interesse avant tout à la BD franco belge, et pas trop aux BD exotiques. Dans le cas de Joe Daly, on a un exemple de BD sud-africaine recente (c’est-à-dire de l’ere Mandela qui signifie la fin de l’aparthead). Mais je ne m’interesse pas à l’Afrique du Sud, qu’elle soit sous le regne de la segregation ou de l’égalité. Donc je n’ai pas forcément envie d’acheter ce livre, d’autant plus que je n’ai pas mauvaise conscience sur ce sujet. Je ne vois pas ce qu’il y a d’intolérable là-dedans...

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        • Répondu par Manu temj le 3 février 2010 à  08:04 :

          Alors merci de ces éclaircissements (je ne l’avais pas compris comme ça).

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    • Répondu par Cassidy le 2 février 2010 à  18:53 :

      "Pascal brutal" de Sattouf ne meritait vraiment pas autant d’honneurs et en plus c’est un bide en librairie (dans ma librairie en tout cas...oui je suis libraire).

      Le prix du public doit paraitre seulement au mois de Mars 2010...donc ce prix est une escroquerie !!

      "Rébétiko" qui aurait du selon moi, avoir le fauve d’or, se retrouve avec un prix de consolation "regard sur le monde" un prix qui récompense en principe une BD qui parle des problèmes du monde actuel...on a ici une BD qui parle de la vie des Rébétes en grèce dans les années 30, je trouve ça trés fort !!

      Pour ce qui est du prix de la BD alternative, la BD en question doit tellement l’être..alternative, que je ne l’ai pas eu, ni aucun de mes collègues !

      On a un palmarès plutot décevant et un paquet d’exellentes BD (" Il était un fois en France" ; "Blast" ; "Magasin Général" ; "je mourrais pas gibier" ; "britten et associés" ; "La vierge foide" ; "Eightball" ; "Le vagabond de Tokyo" ; "Misery loves comedy") qui resteront dans l’ombre !!

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      • Répondu par Thierry le 3 février 2010 à  09:34 :

        Il se trouve qu’un des chroniqueurs de du9 a participé à la sélection du prix du public.
        I a publié cet article : http://du9.org/Plebiscite
        Il y explique comment il s’est retrouvé à participer à ce jury et comment le livre de Michel Rabagliati a été couronné.
        Cet article très complet est éclairant.

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        • Répondu par Cassidy le 3 février 2010 à  17:21 :

          Merci pour le lien vers cet article qui permet de mieux comprendre la situation.
          Et pour avoir lu les tomes précédent de la série de Michel Rabagliati je me réjouis qu’il ait eu ce prix !

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        • Répondu par Oncle Francois le 3 février 2010 à  21:21 :

          Merci pour ce lien (j’ai failli écrire "confession") plus qu’intèressant (passionnant, dirai-je donc), qui explique comment les albums sont primés à Angougou ; si je comprends bien, il vaut mieux proposer une histoire complète plutôt que le énième tome d’une série. Et surtout avoir fait le buzz sur son site internet avant (facile si on vit dans un pays francophone où il y a peu d’auteurs BD (exemple : certains pays d’Afrique, Québec, monaco, Luxembourg, où les auteurs sont certains de pouvoir compter sur les votes de leurs compatriotes). Enfin, aborder le thème de façon sympa et innovante, sans prise de tête douloureuse pour les cerveaux fatigués de nos jurys. Voila les recettes du succès, il aurait peut-être été utile de les expliquer avant, cela aurait évité bien des désillusions à ceux qui n’ont pas gagné !!

          Je dis cela sans acrimonie particulière pour Monsieur Rabaglieti, dont je ne connais pas l’oeuvre. Simplement, je ne me rappelais pas avoir vu son livre en librairie. Naïvement, je m’imaginais donc que les fans se l’etaient arraché. Je comprends maintenant mieux son absence des tables des librairies.

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          • Répondu le 4 février 2010 à  12:01 :

            "le prix du public. Censé représenter l’avis des lecteurs et non celui d’un jury spécialiste, ce prix est souvent utilisé pour marquer une certaine « rupture » entre le goût de quelques élites coupées des réalités (en clair : les chiffres de ventes) et la clairvoyance du bon goût populaire."
            Et un peu plus loin :
            " Le prix du public est un prix visant à mettre en avant une œuvre, et lui assurer une large diffusion, la faire découvrir à un large public capable d’apprécier cet ouvrage.

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  • Je suis heureuse que PASCAL BRUTAL ait gagné. Pascal, dans ses albums, est le meilleur, et il gagne et on le déteste pour cela. Et c’est la même chose à Angoulême ! Il a fait comme dans les albums. Cette série est un trésor national, n’en déplaise aux ronchons et aux jaloux, et beaucoup en parlent sans l’avoir lue. Ce qui gêne est l’humour, car nombreux sont ceux qui pensent que l’humour ne peut pas être profond. Regardez dans la rue, allumez la radio, regardez la télé, et demandez-vous quel autre livre parle aussi bien de notre époque que celui-ci ? La bande dessinée est devenue adulte, c’est sûr, le palmarès le prouve, je suis d’accord avec monsieur Pasamonik.

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    • Répondu le 3 février 2010 à  07:39 :

      La bande dessinée est devenue adulte. 25 ans que j’entends ce truc. À force de devenir adulte tous les ans un peu plus, elle finira sénile. Par contre, la critique est encore bien jeune.

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  • On peut discuter à l’infini sur les (non) qualités de "Pascal Brutal" : le problème n’est pas là. Ce qui est choquant, c’est que pour ce jury, ce qu’il faut retenir avant tout de cette année de BD, c’est cet album qui reste, quoi que l’on pense, anecdotique. Il y avait mieux comme message à faire passer. Cela donne raison à ceux qui soupçonnent certaines collusions et autres copinages.
    Il faut absolument revoir le système de sélection et la composition des jurys.

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    • Répondu par Francois Pincemi le 3 février 2010 à  13:22 :

      Que voulez vous dire par collusions et copinages ? Il me semble que vous travaillez pour un journal gratuit sur la BD, dont vous devez bien vous douter qu’il ne se finance pas tout seul, Monsieur Kamil P. C’est grâce à la PUBLICITE, payante ou gratuite !!
      Si vous pensez qu’il y a magouille, merci de le prouver plutot que de l’insinuer. Cordialement

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      • Répondu par Kamil P (Zoo le mag) le 5 février 2010 à  15:07 :

        Cher monsieur Pincemi,
        Je ne comprend pas grand chose à votre message. Je ne vois pas le rapport entre la gratuité de "Zoo" et les copinages d’Angoulême. Pour votre gouverne, des éditeurs comme Glénat prennent régulièrement des pubs chez nous, ce qui ne nous empêche pas de faire des critiques négatives quand leurs albums nous semblent mauvais. Et d’une.
        Ensuite, force est de constater que depuis plusieurs années le festival honore un peu trop systématiquement des auteurs ayant un rapport plus ou moins direct avec l’Association. Riad Satouf en est un. Et de deux.
        Enfin, expliquez moi comment un parfait inconnu (Emmanuel Morin en l’occurrence)se retrouve jury du festival alors qu’il exerce son activité de libraire depuis seulement trois ans ?
        Bien à vous.

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    • Répondu le 4 février 2010 à  12:53 :

      une question concernant le grand prix : pourquoi n’y a-t-il plus de preselection par les professionnels ?

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      • Répondu par Kamil P (Zoo le mag) le 5 février 2010 à  16:12 :

        Voilà une question très pertinente auquel je n’ai pas de réponse. Peut être qu’une ébauche d’explication peut se trouver en réfléchissant sur les relations versatiles qu’entretient Benoit Mouchard avec ces mêmes professionnels

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        • Répondu le 5 février 2010 à  19:15 :

          C’est quand même incroyable de lire ça............ C’est surréaliste... Pff, on est vraiment des ânes... Comment peut-on se laisser faire à ce point....

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  • Bon, vous êtes tous bien gentils à taper la discussion, mais vous semblez omettre un, des rares, livre d’envergure qu’il y avait dans cette sélection et qui ne figure pas dans ces prix, je parle de La Genèse de Robert Crumb. Quand je vois la faible ambition artistique qui habite le plus souvent les « œuvres » de bande dessinées et que l’on est là, en face d’un grand auteur qui prend possession d’un texte et l’éclaire de sa vision et de son art : la bande dessinée, acte éminemment politique mais que personne ne voit. Quand je vois que personne ne mentionne cette œuvre dans ce cahier de doléance que représente cette discussion, je me dis que « l’ambition » n’est pas un sujet qui questionne. Nous préférons tous discuter le bout de gras sur de gentils petits livres sans envergure, triste débat.

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    • Répondu par Twingo Picasso le 4 février 2010 à  12:32 :

      Si pour vous la bible (livre stupide s’il en est) gribouillée par un vieux hippie sur le retour en pleine crise mystique est un "livre d’envergure", c’est que vous en manquez singulièrement d’envergure.

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      • Répondu par JLF le 4 février 2010 à  15:55 :

        J’ignore qui vous êtes, moi c’est Jean-Luc Fromental, l’éditeur de la Genèse et je tiens à vous féliciter personnellement pour la finesse, l’intelligence et la pertinence de vos arguments. La Bible : "livre stupide s’il en est"… Crumb : "vieux hippie sur le retour en pleine crise mystique"… "manque d’envergure"… Ça me conforte sur le plaisir de vivre à une époque où même les vers à bois ont le droit d’avoir une opinion. Cela dit, et sans trahir le secret des délibérations, il était évident qu’un artiste de la stature de Crumb, déjà Grand Prix de la Ville d’Angoulême, ne pouvait se contenter d’un accessit et que je comprends parfaitement que le jury n’ait pas souhaité décerner son Prix du Meilleur Album à La Genèse. Ni regret ni amertume, donc. Mais de grâce, qu’on ne pousse pas la démagogie jusqu’à permettre aux protozoaires de donner leur avis.

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        • Répondu par Twingo Picasso le 4 février 2010 à  21:28 :

          il était évident qu’un artiste de la stature de Crumb, déjà Grand Prix de la Ville d’Angoulême, ne pouvait se contenter d’un accessit et que je comprends parfaitement que le jury n’ait pas souhaité décerner son Prix du Meilleur Album à La Genèse.

          Donc "la genèse" est un album bien trop génial, bien trop exceptionnel pour s’abaisser à obtenir un prix à Angoulême ! Vous avez raison, laissons ça aux médiocres et aux obscurs !

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          • Répondu par JLF le 5 février 2010 à  11:11 :

            Non désolé, ce n’est pas ce que je dis. Crumb est un artiste trop important pour se contenter d’un prix secondaire et apparemment le jury de Blutch n’avait pas envie - pour des raisons qui lui appartiennent et que nous respectons - de tirer sa plus grosse cartouche en faveur d’un livre à connotation religieuse (même s’il ne s’agit en rien, comme vous le soutenez imprudemment, d’un acte "mystique" de la part de Crumb, qui s’en est expliqué assez souvent pour que la plus élémentaire bonne foi conduise à ne pas affirmer le contraire). Observons en passant que les relations entre Crumb et le petit monde (merveilleux) de la BD ont toujours été pour le moins problématiques, fondées sur un principe haine-fascination que j’explique par le fait que cet auteur - aux antipodes du "vieux hippie sur le retour" que vous imaginez - refuse obstinément le jeu cannibale imposé par les instances et une partie du public. Il ne se plie à aucune des règles supposées intangibles de la reconnaissance, de la dédicace, de la gratitude obligée et c’est bien ce qui pose problème à ses détracteurs.

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            • Répondu le 5 février 2010 à  13:53 :

              en faveur d’un livre à connotation religieuse

              S’il existe un livre "à connotation religieuse", c’est bien la bible je vous le concède.

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            • Répondu par Twingo Picasso le 5 février 2010 à  13:57 :

              apparemment le jury de Blutch n’avait pas envie ...de tirer sa plus grosse cartouche en faveur d’un livre à connotation religieuse

              Sont-ce là des supputations ex-nihilo ou vous basez-vous sur des éléments pour le supposer ?

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            • Répondu le 5 février 2010 à  23:31 :

              Se rapprocher de la religion quand on voit la mort se profiler est un vieux classique, qu’on soit artiste ou pas, c’est juste lié à la très humaine peur de disparaitre.

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        • Répondu le 5 février 2010 à  09:45 :

          moi c’est Jean-Luc Fromental, l’éditeur de la Genèse

          Une phrase qui devrait se qualifier sans mal pour le best-of ActuaBd 2010 !
          (en toute cordialité et sans malice Mr Fromental)

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          • Répondu le 5 février 2010 à  13:50 :

            Et pour peu qu’on insiste, Crumb devient Moïse !

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  • "Nous en reparlerons" : quand donc "re"-parlerez-vous de cette exposition Cent pour cent, sans doute l’événement majeur de ce festival ?

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    • Répondu par Fred Poullet le 16 février 2010 à  10:11 :

      Elle n’avait vraiment pas grand intéret cette exposition, à part de ressortir quelques belles pièces du "fond" du musée.

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      • Répondu le 16 février 2010 à  11:53 :

        Tout à fait d’accord avec vous Fred. Je me suis régalé devant les originaux de Moebius, Franquin, Hergé, Peyo,Schulz, Herrimann, Macherot, mais la mise en parallèle, bof, au mieux un gadget, en réalité, aucun intérêt.

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