Angoulême 2011 : Entre le FIBD et la Cité de la BD, c’est la lutte finale !

27 janvier 2011 8 commentaires
  • Alors qu’un accord entre les deux institutions angoumoisines est encore en suspend, le Festival International de la Bande Dessinée a demandé à la Cité de la BD de retirer de son site toute information concernant ses propres expositions alors même qu’elles sont hébergées dans ses locaux. Et ceci, en plein Festival... Ambiance...

Que se passe-t-il à Angoulême ? Alors que Baru triomphe dans une magnifique exposition (DLDDLT pour « Debout les damnés de la terre ») où son travail est montré sans la vénération un peu morbide pour « la planche » mais au contraire dans un joyeux foutoir « rock ‘n roll » avec, devant le bâtiment… Castro, une statue de Lénine mise à terre… Que des pochettes de rock s’égrènent sur les murs, entre baby foot et flipper, comme autant de madeleines de Proust musicales et graphiques dédiées, selon Baru, « à toutes les buses qui n’auraient pas encore remarqué que bande dessinée était l’autre nom du rock ‘n roll », qu’en bref, l’ambiance est à la fête, dans les coulisses, les couteaux sont tirés !

En cause, la vive rivalité entre le FIBD et la Cité, « forcés de s’entendre » selon le maire d’Angoulême. En réalité, l’entente n’est pas là. Un protocole d’accord devait être signé avant le festival, selon le préfet, nous rapporte La Charente libre. Il ne l’a pas été. Interrogé par le quotidien régional, Franck Bondoux répond : « On y travaille. »

Angoulême 2011 : Entre le FIBD et la Cité de la BD, c'est la lutte finale !
Un symbole fort : Un Lénine déchu jeté à terre pour les besoins de l’expo Baru face à l’immeuble Castro de la Cité de la BD
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Oukase

Peut-être, mais on est en droit de s’interroger de quelle manière.

Non seulement, la Cité, qui héberge plusieurs évènements importants du Festival, a vu ses manifestations, des expositions quelquefois ambitieuses, exclues du programme officiel (elles figuraient dans le dossier de presse dans la partie allouée aux sponsors et les responsables de la Cité ont été écartés de la scène lors d’une représentation de presse où étaient pourtant présents tous les partenaires financiers ; Fnac, SNCF, Caisse d’Epargne…), mais elle vient d’essuyer aujourd’hui une humiliation supplémentaire : 9e Art+ , la société qui gère le Festival a demandé à la Cité de censurer son site internet : « À la demande expresse de la société organisatrice du Festival international de la bande dessinée pouvait-on lire en ligne hier matin à 10 heures, la Cité a été contrainte de retirer de sa lettre toute mention relative aux événements et expositions organisés dans ses locaux par le festival. La Cité exprime ses regrets à son public, privé de ces informations. »

Le site de la Cité "caviardé" à la demande de 9e Art+, la société qui gère le FIBD
Capture d’écran

Cette attitude est incompréhensible pour les festivaliers qui sont pris en otage par les dirigeants du Festival. Pourquoi la Lettre de la Cité, un house organ, certes, mais un média comme un autre, ne pourrait-il pas mentionner un environnement qui accompagne ses propres évènements. Quel est cet oukase ?

Nous ne sommes plus dans le registre des « malentendus » dont parlait très diplomatiquement le directeur de la Cité de la BD, Gilles Ciment, début janvier, mais bien dans une guerre qui ne veut pas dire son nom.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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8 Messages :
  • L’attitude du festival est ridicule (et c’est peu dire), mais l’attitude de la cité, d’obéir à une telle idiotie est tout aussi ridicule. On est simplement entre gens de mauvaise volonté, plus puérils les uns que les autres. Qu’on nous vire tous ces incapables et qu’on nomme des adultes responsables, pas de vieux gamins qui boudent comme Soupalognon y Crouton dans Astérix en Hispanie.

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  • Nous sommes bien là dans la continuité de l’appropriation d’un festival national par un acteur privé et plus grave, d’utilisation de fonds publics sans aucune transparence ni appel d’offre.
    J’ai dénoncé cet obscurantisme et ces accords en sous-main en août 2010, force est de constater que le Festival international de la bande desinée d’Angoulême est désormais entre les mains d’un entrepreneur habile et compétent certes, mais sans vergogne. Les acteurs publics, qui fort heureusement soutiennent financièrement cet événement, devraient distribuer leurs subventions dans une transaparence que leur impose le code des marchés publics.
    Enfin, cette manne financière, capté adroitement par la société commerciale organisatrice du Festival, permet à celle-ci d’exercer le métier d’organisateur de Salon avec vente de stands à des conditions totalement discordantes par rapport au secteur privé non subventionné.
    Combien de temps le législateur va-t-il atteint de cécité ?

    Bertrand MORISSET
    Agence Tome 2

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  • Pouvez-vous nous expliquer les rôles et statuts des deux organismes, Fibd et Cité de la BD ? Et le site 9e art ? Je m’y perd un peu.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 27 janvier 2011 à  11:19 :

      Bonjour, reportez-vous, si vous le voulez bien, à notre dossier "Angoulême 2011" qui comprend plusieurs articles qui détaillent les rétroactes de cette histoire.

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  • Houla ! Un beau cas de censure pour un média. Et disgracieux qui plus est pour bien faire comprendre qu’ils ne sont pas content du tout. Je me demande pourquoi se sont-ils laissés faire...

    Maintenant, il va falloir analyser avec tout le savoir-faire de Kremlinologues la présence de tel ou tel homme politique lors des inaugurations officielles.

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  • Ca a jamais été vraiment clair toutes ces salades internes, externes, ces grenouillages divers et variés, au FIBD, mais là, ça fleure carrément le panier de crabe.

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  • Cmplétement ridicule !!alors que l’ensemble des medias est attiré par le festival d’Angouleme et la BD, deux organismes se livrent une gueguerre sans merci, style les rivaux de Painful Gulf de Goscinny & Morris. Pitoyable... Normalement les deux protagonistes angoumoisins devraient oeuvrer ensemble ou cote à cote, on voit là que tous les coups sont permis pour essayer d’empecher l’autre d’etre connu du public. Ne pas oublier que c’est le public qui finance le festival, en payant son entrée d’une part ; en payant des impots de l’autre qui servent à octroyer des subventions indispensables pour boucler le budget. La moindre des choses serait donc de le respecter.
    Parmi ceux qui financent le festival, j’ai oublié de citer les éditeurs. Mais s’ils louent des stands très chers, c’est bien qu’ils esperent quand même gagner de l’argent grace aux ventes, non ?

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    • Répondu le 27 janvier 2011 à  21:25 :

      Empêcher l’autre d’être connu ? Pourquoi renvoyer dos à dos deux protagonistes quand visiblement l’un censure l’autre ? Ce n’est pas une gueguerre, c’est une agression unilatérale !

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