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Angoulême 2013 : Bouleversements et grincements de dents pour la 40e édition
8 janvier 2013

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Angoulême 2013 : Bouleversements et grincements de dents pour la 40e édition

Un Grand Prix complètement réformé, une académie des grands prix mise à la retraite, une élection contestable, et un avertissement sans frais de la part de l’Association du Festival d’Angoulême, la grogne est de mise pour le 40e anniversaire du FIBD.

On l’a vu venir lors de la dernière conférence de presse annonçant le programme du 40e Festival d’Angoulême : alors que les années précédentes les présentations se faisaient avec force orchestre et flonflons, cette année-ci, la présentation était bien sobre, en raison d’une désaffection des sponsors (entre-temps Cultura a succédé à la FNAC), d’un ambiance économique morose, mais aussi d’un style de management de la part de l’entreprise Neuvième Art +, piloté par le triumvirat Franck Bondoux (délégué général), Benoit Mouchart (directeur artistique) et Marie-Noëlle Bas (responsable de la communication) qui fait de plus en plus l’unanimité contre lui.

Un exemple est encore donné aujourd’hui avec la modification drastique du mode d’élection du Grand Prix de la Ville d’Angoulême. Jusqu’ici, c’était une Académie des Grands Prix qui appelait un grand auteur, français ou étranger, à rejoindre ses rangs. Le Grand Prix de la Ville d’Angoulême était "coopté" par ses pairs, ce qui donnait une certaine classe au nouvel élu qui devenait automatiquement le Président et le représentant du Festival pour l’année suivante. Cela ne s’est pas fait forcément sans heurts. Ainsi, Morris claqua la porte lors de l’élection de Philippe Vuillemin en 1995.

Un nouveau mode de scrutin

Aujourd’hui, un mystérieux "comité électoral du Grand Prix d’Angoulême" propose une liste de "candidats" de 16 noms (voir illustration ci-contre) parmi lesquels figurent, fait nouveau, trois scénaristes (Alan Moore, Pierre Christin et Jean Van Hamme) et une forte présence internationale puisqu’on y trouve, outre Marjane Satrapi d’origine iranienne et Willem, d’origine néerlandaise, un Suisse : Cosey, trois Japonais (Jirô Taniguchi, Katsuhiro Otomo, Akira Toryiama), deux Anglais (Posy Simmonds, Alan Moore), un Américain (Chris Ware), deux Belges (Jean Van Hamme & Hermann) et un Italien (Lorenzo Mattotti). La France est représentée par Pierre Christin, Nicolas de Crécy, Manu Larcenet et Joann Sfar. On est d’ailleurs étonné de la présence de ce dernier, déjà récipiendaire d’un Grand Prix en 2004.

Angoulême 2013 : Bouleversements et grincements de dents pour la 40e édition
Les "candidats" au Grand Prix d’Angoulême 2013
Capture d’écran du site du FIBD

Pourquoi ces "candidats"-là (ont-ils posé leur candidature, si oui, sur quelle base ?), désignés par quel comité, sur quels critères ? On en ignore tout. Les conditions de l’élection n’ont pas été rendues publiques.

Les électeurs, en revanche, seront les auteurs. mais pas n’importe lesquels : ils doivent être accrédités par le Festival (ce qui laisse une marge discrétionnaire à celui-ci), être présents à Angoulême pendant le Festival et, à certaines heures d’ouverture, ils doivent venir munis de leurs papiers d’identité ou une œuvre autobiographique où il doit s’être suffisamment "bien dessiné" pour qu’on le reconnaisse... afin de pouvoir voter.

On sait que l’Académie n’était pas un modèle parfait, ses membres cooptant souvent l’élu dans le cercle de leurs connaissances, ce qui donnait d’année en année un "effet de génération", mais cela ne l’a pas empêché de faire des choix surprenants comme celui de Crumb en 1999, de Wolinski en 2005, de Trondheim en 2006, de Munoz en 2007, de Blutch en 2009, ou de Spiegelman en 2011.

Ces choix étaient peut-être contestables mais, sur la distance, ils avaient une certaine gueule. L’autre reproche qu’on pouvait lui faire -et cela venait parfois de membres de l’académie elle-même, comme Trondheim, c’est que la plupart de ses membres les plus âgés n’étaient plus au fait de la production récente. Il revenait peut-être aux membres plus jeunes de les aider à se remettre à la page...

On imagine que c’est surtout la volonté de contrôle, plusieurs fois exprimée par le puissant directeur artistique Benoit Mouchart, et le coût que constituait l’invitation obligatoire de tous les anciens Grands Prix pour constituer le quorum annuel de son élection, qui sont à l’origine de cette réforme.

Mais elle pose de nombreuses questions d’abord quant à son application, ensuite quant au destin de l’Académie dont les membres sont désormais devenus inutiles. Cette mesure sonne en tout cas comme un désaveu à leur encontre.

Ce "Grand Prix" est également annoncé à moins d’un mois du Festival, alors que la profession n’est pas informée (les auteurs "accrédités" ont-il été prévenus de leur qualité d’électeur ? Rien n’est moins sûr) mais, entre la mise en place des urnes et la gestion de l’élection (le règlement de l’élection ne figure nulle part de façon évidente et lisible), on imagine le souk.

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Franck Bondoux et Benoit Mouchart, les deux têtes pensantes de Neuvième Art +, en décembre 2012.
Photo : D. Pasamonik (L’Agence ND)

Appel d’offre

Le caractère brutal et discrétionnaire de cette nouvelle mesure illustre bien la "méthode 9e Art+" dont les comportements sont de plus en plus sujets à caution. On connaissait la guéguerre permanente livrée par 9e Art+ à la Cité de la BD (et réciproquement) qui s’est conclue par un pacte de non-agression à défaut d’une entente.

On découvre en revanche dans Sud Ouest les relations exécrables entre Neuvième Art +, l’organisateur de l’événement, et son commanditaire, l’Association du Festival international de la Bande Dessinée. On sait que les deux parties ont signé un accord pour 10 ans qui court jusqu’en 2017, un accord conclu sans appel d’offre sur un délai qui a valu déjà une avalanche de critiques.

Signé dans la panique de la mise à pied de l’ancien directeur du Festival Jean-Marc Thévenet, cet accord contesté s’apprête à être dénoncé par le président de l’Association du Festival, Gérard Balinziala : "Nous dénoncerons le contrat avant cette échéance [2017], dit Balinziala, ce qui n’empêchera pas Neuvième Art + de poursuivre l’organisation du festival jusqu’au terme de l’accord. Il faut que nous le dénoncions d’ici juillet 2015. Sinon, il serait renouvelé par tacite reconduction. Dans la foulée, nous devrons mettre en place les bases d’une consultation."

En clair, le président de l’Association entérine le reproche concernant un contrat fait sans appel d’offres. Il précise même, désavouant en cela Frank Bondoux qui avait toujours prétendu que cet appel d’offre n’était pas nécessaire : " Je vous rappelle qu’à l’époque de la création de la SARL, nous avions quand même quelques soucis (procédure de licenciement de l’ancien directeur Jean-Marc Thévenet, NDLR). Les cofinanceurs publics n’avaient pas le même poids qu’aujourd’hui. Depuis, ils se sont organisés autour de conventions triennales. Et leur financement représente plus de 50 % du budget du festival. Un poids qui nous oblige à respecter le code des marchés publics."

Deuxième information donnée par cet entretien, ce sont les mauvaises relations entre Neuvième Art + et son commanditaire. Elles seraient "quasi inexistantes". "On se sent quantité négligeable" dit-il, soulignant le fait étonnant que l’Association n’a aucune influence sur l’organisation du Festival, "parce que Neuvième Art + ne le souhaite pas" : " Cette année par exemple, pour fêter les 50 ans de la BD algérienne aux ateliers Magelis, il a fallu faire le forcing, en dépit du fait que le maire d’Angoulême a fait le déplacement jusqu’à Alger, qu’il s’était engagé moralement vis-à-vis de nos amis algériens, que des liens se sont tissés avec eux. Il était du devoir d’Angoulême de les accueillir."

Si l’on comprend bien, la 40e édition du Festival est plutôt proche de l’explosion que du feu d’artifice.

- Lire aussi : Grand Prix d’Angoulême 2013 : Ce que l’on ne vous a pas dit...

Festival d’Angoulême, du 31 janvier au 3 février 2013

Le site du Festival

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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44 Messages de forum : Participez à la discussion

  • Je ne comprends pas ce qui vous étonne. C’est un FESTIVAL, indépendant, fonctionnant sur fonds publics et privés, organisant une manifestation culturelle et commerciale. il ne s’agit pas d’une remise des prix de la bande dessinée par la bande dessinée ! c’est comme si vous reprochiez à Cannes sa sélection partisanne et de ne pas remettre les prix annuels du cinéma. la bande dessinée s’est satisfaite d’avoir en Angoulême un festival porte drapeau, mais alors il faut accepter ses choix. et si le mode d’élection du Grand Prix (qui après tout est symbolique du FIBD, un joyeux n’importe quoi partial), ou de la sélection des livres nommés (dont on peut aussi demander comment elle est faite), ne conviennent pas aux acteurs de la bande dessinée, libre à eux de s’organiser en créant une Académie indépendante, organisant annuellement sa remise de prix, comme les César, Molière et autres Victoire de la Musique... quand au fonctionnement entre l’association et l’entreprise privée qui gère le FIBD, on sait depuis longtemps que tout est flou... mais c’est la rançon de la délégation.

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    • Répondu par luc le 8 janvier 2013 à  14:54 :

      miséricorde...avec des idiots dans votre genre, on n’est pas sorti de l’auberge

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      • Répondu par bullrag572 le 8 janvier 2013 à  15:21 :

        Voilà c’est reparti dans l’insulte facile sous anonymat. Qu’est-ce qui ne vous plait pas dans l’intervention précédente ?

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      • Répondu par Yan le 8 janvier 2013 à  15:23 :

        miséricorde...avec phrase aussi brèves et imprécises, on n’est pas sorti de l’auberge non plus !!

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      • Répondu par pol le 8 janvier 2013 à  15:27 :

        développez ! c’est un peu facile comme remarque.

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      • Répondu par Adrien le 8 janvier 2013 à  18:30 :

        Voilà une réponse bien argumentée... Pourquoi ne pas nous expliquer à nous autres idiots, la bonne pensée, plutôt que de lancer gratuitement des injures.

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      • Répondu par Jef le 9 janvier 2013 à  09:09 :

        Les "idiots" ne s’attardent pas sur un avis sans argument, et insultant, en avez vous d’ailleurs des arguments ou est-ce juste pour troller sur ce forum ?

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  • Je réagis à plusieurs choses :
    - Au sein de l’académie, la cooptation et ce que vous appeler "l’effet de génération" sont indéniables. C’est un vrai problème qui a amené à la surreprésentation d’auteurs francophones et, notamment, à l’absence totale d’auteurs japonais et de scénaristes (il semble qu’il y ait aujourd’hui une volonté avec cette sélection de tenter de "réparer" cela).
    - J’aimerai aussi bien savoir qui a fait cette présélection. Elle aurait pu être faite par l’académie. Ca aurait été simple et logique.
    - Sauf erreur de ma part, Crumb n’a pas été élu par l’académie mais pas l’ensemble des auteurs. Tout comme Goossens l’avait été. Cette élection par l’ensemble des auteurs n’est donc pas une nouveauté.
    - "Ces choix étaient peut-être contestables mais, sur la distance, ils avaient une certaine gueule." Oui mais vous citez les noms des auteurs qui, justement, ne rentrent pas dans le copinage et "l’effet de génération" que je relevais dans mon premier point. Effet de rhétorique pour le moins étrange de votre part...
    - "Les électeurs, en revanche, seront les auteurs. mais pas n’importe lesquels : ils doivent être accrédités par le Festival (ce qui laisse une marge discrétionnaire à celui-ci)" --- En clair, les auteurs invités par leur éditeur et muni d’un badge d’auteur. Quoi de scandaleux là-dedans ? Vous auriez voulu quoi d’autre ? C’est quand même la solution la plus simple, et la plus transparente pour le coup.
    - "ils doivent venir munis [...] d’une œuvre autobiographique où il doit s’être suffisamment "bien dessiné" pour qu’on le reconnaisse" --- Il ne vous a pas échappé que c’était une plaisanterie quand même ???

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  • Ca fait bien longtemps que l’admirable Cosey aurait dû être récompensé. Je suis scandalisé qu’on ne trouve pas le génial F’murrrr dans cette liste.

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  • Sfar n’a pas eu le grand prix en 2004 mais un prix spécial, créé seulement cette année là, pour les 30 ans du festival.

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    • Répondu le 8 janvier 2013 à  17:47 :

      Sfar a reçu le Prix des fondateurs décerné par Francis Groux, Claude Moliterni et Jean Mardikian. Ce prix aurait du lui donner accès à l’académie. Que 9ème art + le replace dans "sa" compétition est symptomatique du peu d’égard accordé aux organisateurs historiques.

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  • Le sentiment un peu embêtant, c’est d’avoir devant les yeux la liste des 16 prochains lauréats. J’exagère, mais comme il s’agit de récompenser l’ensemble d’une carrière, et non une actualité, cette liste de pressentis changera assez peu au fil des ans. On aurait presque envie de decerner le prix aux 16 d’un coup cette année (ne le méritent-ils pas tous ?), et de retrouver le sentiment de surprise en 2014.

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  • De Crécy ne fait plus de BD depuis belle lurette. Willem n’en a jamais fait ... enfin ... pas vraiment. On est loin du génial Reiser, dans le "même genre". Pourquoi ne pas donner le grand prix à Wolinski, tant qu’on y est. Le ridicule ne tue pas, hein ! La BD française est oubliée, la BD grand public et non bobosnobinardepostsoisanthuitarde est oubliée également et, encore une fois, "les copains autorisés dans les milieux autorisés" comme disait Coluche vont voter pour les copains. Triste image du secteur BD qui n’a vraiment pas besoin d’AngouBlême BD qui vit sur les bénéfices du lointain passé et qui déclenche scandale après scandale, année après année, à grands coups de millions ... issus en grande partie de nos impôts. Pas pour rien que les grands éditeurs boudent souvent ce festival (Dupuis, Bamboo ...). Vivement la grande lessive !

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    • Répondu le 9 janvier 2013 à  00:11 :

      Pas pour rien que les grands éditeurs boudent souvent ce festival ( Bamboo ...).

      Ahah ! C’est bon de rire parfois !

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    • Répondu par Alex le 9 janvier 2013 à  00:29 :

      Willem n’en a jamais fait ... enfin ... pas vraiment

       ??!! Je me tourne vers ma bibliothèque et je compte sur mes étagères 12 bandes dessinées de Willem. Des bd avec des cases, des bulles et tout. Et comme je n’ai pas acheté toute sa production je suppose qu’il en a produit au moins le double. Tout ce qu’il a fait pour la bd depuis près d’un demi-siècle vous l’ignorez, je l’avais bien compris.

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    • Répondu le 9 janvier 2013 à  09:25 :

      Otomo, Toriyama ou même Satrapi ne pratiquent plus la BD depuis belle lurette

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    • Répondu par Asacem le 9 janvier 2013 à  13:21 :

      Pourquoi ne pas donner le grand prix à Wolinski, tant qu’on y est. Le ridicule ne tue pas, hein !

      Mais il l’a bien eu le grand prix, en 2005, lol

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    • Répondu par Alex le 10 janvier 2013 à  02:10 :

      Vous ne répondez pas, bien entendu...

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  • Pour les César du cinéma, c’est la profession qui vote, pas ceux qui sont invités à la cérémonie... À Angoulême, ce sera seulement les auteurs qui sont invités au festival. Donc ceux dont l’éditeur n’a pas pris de stand (Dupuis, par exemple...) ne pourront pas voter. C’est une bonne façon, pour les organisateurs, de s’assurer de la présence - payante - de tous les éditeurs qui ne voudront pas risquer d’être chaque année exclus du "referendum". Malin.

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    • Répondu par S ! le 9 janvier 2013 à  09:50 :

      Les éditeurs qui ne voudront pas risquer d’être chaque année exclus du "referendum". Je ne pense pas que les DUPUIS, BAMBOO et autres, ce mini référendum bizarre les fasse revenir au FIBD.

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    • Répondu le 9 janvier 2013 à  11:52 :

      Mais Angoulême n’est pas la cérémonie des Césars, c’est Cannes. et à Cannes, seul le jury vote. l’académie d’Angoulême veut se donner une petite façade de démocratie, mais bien bridée façon Corée du Nord, pour pouvoir au final décerner le Grand Prix à qui elle veut.

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      • Répondu le 9 janvier 2013 à  15:57 :

        Justement : il n’y a que trois formules pour les prix et trophées, dans les festivals, Prix et cérémonies :
        - jury (Cannes...)
        - académie (Goncourt...)
        - vote de la profession (César...) Mais le vote des accrédités, c’est du jamais vu.

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    • Répondu le 9 janvier 2013 à  13:07 :

      De tout temps, les prix décernés dans ce salon angoumoisin ont été l’objet de critiques. Et bien souvent à juste titre. « On » ne pouvait ignorer qu’ils étaient sensibles aux effets de mode de l’instant, aux jeux d’influence et de copinage. On ne pouvait nier certaines prétentions élitistes et faussement intellectuels ( la bobo-attitude). « On » se devait de regretter le rejet systématique de certains ouvrages de grande qualité parce qualifiés arbitrairement de « commercial ». « On » se devait d’être réservé sur une récompense auto-proclamée comme « prix suprême du genre », alors que dans les faits, de part son mode de sélection et de vote, cette récompense n’a jamais eu plus pertinence qu’un quelconque prix décerné dans n’importe quel autre salon.

      Il est donc plus consternant, et au-delà d’une sélection partiale et à nouveau pour le moins contestable, qu’à l’heure d’internet, des messageries électroniques, des « réseaux sociaux », les organisateurs de ce festival de la dédicace à la notoriété surfaite, sous le prétexte d’améliorer les choses, choisissent la « bonne vieille urne » tout en qualifiant par avance son résultat comme celui DES auteurs !

      Sans faire un procès d’intention, il apparaît évident que d’aucuns vont faire porter AUX auteurs le choix de quelque uns qui, présents sur place, auront fait l’effort de se déplacer en un lieu précis dans un délai imparti !

      Pourtant, si d’aucuns voulaient enfin donner un réel bien-fondé à la prétention des prix décernés dans ce salon, il aurait été « simple » d’organiser un vote électronique à distance proposé à TOUS les auteurs, indépendamment d’une présence sur le festival, indépendamment de son lieu de domicile ou de son pays d’origine. Une méthode qui aurait permis de relever le nombre d’auteurs contactés, le nombre de votants et surtout de préciser objectivement si le prix décerné est le résultat du choix d’une majorité ou d’une minorité qui se serait seule exprimée. D’aucuns conviendront que la pertinence d’une élection est toujours proportionnelle aux nombres de participants.

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  • À en croire le message vidéo présentant ce nouveau vote sur le site du FIBD, les auteurs de bande dessinée ont cinq ans d’âge mental.

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    • Répondu le 9 janvier 2013 à  08:32 :

      Quand on pense que c’est ce "clip", en ligne sur le site officiel du festival, qui évoque le prix d’Angoulême qui voudrait être le prix "le plus important en Europe" remit à un auteur de bd , ça donne envie de pleurer.

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      • Répondu par Geraud le 9 janvier 2013 à  10:20 :

        Effectivement, ce clip est "au delà du réel"....

        De plus, le type dit texto : "ce prix est fait pour récompenser la carrière d’un dessinateur de BD". Dommage pour Christin ou Van Hamme !

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    • Répondu le 9 janvier 2013 à  09:46 :

      OK avec vous, ce clip vidéo imbécile semble destiné à des gens aux QI de pétoncle. Mais qui s’occupe de la comm là-bas ??

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  • Mais comment voter si on a un pseudo

    9 janvier 2013 11:27, par Maingoval

    Moi je lis : Dessinateurs, scénaristes et coloristes sont appelés à se rendre au bureau du comité électoral, situé à l’espace Franquin, muni de leur accréditation et d’une pièce d’identité.

    Super. Mais que font faire tous ceux, et ils sont nombreux, dont le nom d’auteur sur l’accréditation ne correspond pas aux noms sur la carte d’identité ...

    Maingoval

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  • La liste de 16 noms est cosmopolite. On retrouve fanco-belge, manga et comics, c’est bien, ça s’ouvre un peu. On oublie pas les scénaristes, ouais. Mais on oublie dans la liste LE scénariste qui a révolutionné le COMICS, j’ai nommé Stan Lee. Pourtant il faudrait pas tarder pour le récompenser car il est plus tout jeune tout jeune.

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    • Répondu par Alex le 12 janvier 2013 à  00:54 :

      Stan Lee c’est la révolution par le bas- c’est mon avis. Mais qq dessinateurs de son pool créatif -et non des moindres- l’ont exprimé aussi en des mots autrement plus forts que les miens. La fameuse "Marvel Method" est une aberration qui en fait laissait le gros du boulot scénaristique au dessinateur. Relisez les témoignages de Kirby et Ditko. Je crois que la fortune qu’a accumulée ce monsieur est bien suffisante comme titre de distinction. Pour lui aussi certainement. Passons à des gens un peu plus motivants, voulez-vous ?

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      • Répondu par Michel Dartay le 12 janvier 2013 à  20:30 :

        Vous avez bien raison, Alex ; Stan Lee eut surtout le talent de rassembler autour de lui une équipe de dessinateurs surdoués (Kirby en premier, mais aussi Ditko, Colan, Tuska, Heck), en leur laissant une grande liberté d’improvisation, ce qui laissait tout de même le soin de peaufiner des dialogues enlevés (il suffit de lire les comics de Kirby seul après son départ de Marvel en 1969 pour s’en convaincre), tout en semblant présenter un univers cohérent, propice à l’identification des lecteurs, et proche de l’inter-activité. Peu de temps après le départ du King Kirby, Stan Lee arrêtera comme par hasard l’écriture de scénarios originaux, se consacrant principalement à l’écriture des daily strips de Spider-Man, où il racontait à nouveau (sous un format différent, et pour le support des quotidiens US) les exploits du Tisseur de Toile. Les dessinateurs de l’époque avaient un statut de pigiste, ils n’étaient en aucun cas considérés comme les créateurs des séries. Bien plus tard, un certain Frank Miller se mettra à râler quand Marvel voudra utiliser contre son gré l’Elektra qu’il avait créée.

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        • Répondu par Alex le 13 janvier 2013 à  19:05 :

          Stan Lee arrêtera comme par hasard l’écriture de scénarios originaux, se consacrant principalement à l’écriture des daily strips de Spider-Man

          J’adore d’ailleurs cette refonte des aventures de Spider-Man, qui a un côté beaucoup plus "vie de tous les jours" et romantique. Il faut dire que son dessinateur -Romita Sr- débuta dans les "Romance comics"... C’est sûr, Stan Lee savait bien s’entourer.

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  • Angoulême 2013 : sourires chez les francobelges ?

    11 janvier 2013 11:49, par Oncle Francois

    Pour ma part, je vois la possibilité pour le FIBD d’Angougou de rectifier prés de quarante ans d’oublis pour une BD grand public, diablement efficace, et qui a su séduire un très vaste public.

    Et si un scénariste était élu ? Dans le cas de Monsieur Van Hamme, cela ferait une jolie récompense de fin de carrière, lui dont les différentes séries à succès permettent aux éditeurs de financer des projets moins rentables, sans parler des libraires qui sont bien contents de vendre par dizaines des XIII, Winch ; Thorgal et compagnie, car cela permet de payer le loyer et le salaire des employés.

    Van Hamme a d’ailleurs écrit un livre (Lune de guerre) pour le talentueux Hermann, dessinateur au trait réaliste assez impressionnant. Lui-aussi n’a jamais récolté de prix à Angougou. La dynamique de son trait, sa science du mouvement, la richesse des ambiances, ne cessent pourtant de m’étonner, que ce soit sur les derniers Bernard Prince ou Comanche, ou sur Jeremiah. Maintenant, on surnomme Hermann le "sanglier des Ardennes", et il parait qu’il n’est pas toujours de bonne humeur. Un reproche paradoxal quand on voit toute la générosité,et l’amour du travail bien fait qu’il a transmis dans ses beaux livres. Je suis persuadé que si Hermann était parisien ou avait joué au Mickson Football Club de Futuro, il aurait plein de copains dessinateurs qui l’auraient soutenu et permis d’avoir un Grand Prix bien plus tôt.

    Troisième hypothèse : le cas Larcenet. Un dessinateur amusant, productif, mais au trait sympa (remarqué dés son hilarant Bill Baroud dans Fluide Glacial), qui a ensuite illustré quelques Donjons pour ses copains Trondheim-Sfar, et puis fait le combat ordinaire, et Blast (copieux roman noir en BD). Une jolie carrière, ma foie ! Si un de ces auteurs récoltait le Grand Prix, je me dirai qu’avec le temps, toute injustice flagrante finit par être réparée. Mais combien d’énergie déployée pour cela ?

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    • Répondu par xav kord le 11 janvier 2013 à  23:54 :

      Quelque chose me dit que pour une fois, un post d’Oncle François ne devrait pas déclencher toute une polémique enragée...

      (Ceci dit, un Grand Prix à Hermann, ça risque de ressembler à la Légion d’Honneur de Tardi...)

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  • Si les organisateurs avaient un peu de c... , ils auraient mis Pénélope Bagieu dans la préselection, qui manque franchement d’auteures.

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    • Répondu par jony le 12 janvier 2013 à  17:50 :

      Désolé, 2012 est derrière nous, la fin du monde n’a pas eu lieu et l’espoir renaît. Bagieu dans la préselection ? Autant se tatouer nos futur sur le crâne, et en finir en plongeant dans un bain d’acide.

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    • Répondu par Pierre le 16 janvier 2013 à  04:35 :

      Pénéloppe Bagieu ? Si ce prix est sensé récompenser une carrière, elle a encore du chemin à parcourir avant d’arriver aux chevilles d’un Tezuka, d’un Moore ou d’un Ware.

      De plus il me semble qu’elle a déjà pas mal d’actualité sur le festival cette année (une exposition il me semble), bien assez à mon gout.

      Et quitte à féminiser la sélection, ce à quoi je ne serai pas opposé, il y a tellement d’auteures talentueuses qui mériteraient qu’on les cite avant notre brave bloggueuse...

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    • Répondu par Pierre le 16 janvier 2013 à  04:40 :

      Et au temps pour moi, je cite Tezuka qui n’est pas dans la liste. Il y aurait eu sa place.

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      • Répondu par Sergio SALMA le 26 janvier 2013 à  14:44 :

        Et Goscinny ? Et Hergé ? Hm ?

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  • JC Denis, président, donne sa version ici :

    http://www.francetv.fr/culturebox/b...

    Et ce n’est pas vraiment ce qu’annoncent les organisateurs du festival...

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    • Répondu le 26 janvier 2013 à  14:12 :

      "Ce serait une erreur de croire que la désignation selon un mode totalement démocratique soit la solution. On prendrait alors le chiffre des ventes et celui qui a le plus vendu serait le gagnant ?" Encore un bien joli raccouci qui ne surprend même plus. Cela veut-il dire que si Van Hamme a le grand prix il ne le mériterait pas ? Et Moore, il ne vend rien par hasard ? Pourquoi ne pas faire une liste des pires vendeurs qui seront forcément les grands prix de demain, puisque c’est ce que sous entend JC Denis ? C’est pitoyable ce genre de raisonnement d’autocrate élu par ses copains et qui se veut donneur de leçon. Le grand prix est devenu la tombola des copains !!!!!!!!

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      • Répondu par Pol le 26 janvier 2013 à  18:57 :

        Ne faites pas la bête, ce n’est pas parce qu’il dit que les plus gros vendeurs ne sont pas nécesairement les meilleurs auteurs, qu’il dit que ceux qui ne vendent rien sont les meilleurs. Ridicule.

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        • Répondu le 26 janvier 2013 à  21:18 :

          Et il dit quoi alors ? Que la démocratie élirait un imbécile ? Dîte-moi puisque vous savez ce que pense JC Denis en sortant une phrase aussi ridicule ? L’équation démocratie = élection d’un "gros vendeur" ne vous gêne pas ? Tout va bien ? aha,ah qu’est-ce qu’on rigole... Nous on se comprend, mais le "peuple" ne pige que dalle à ce qu’il faut monter au pinacle de la grand messe d’Angoulème. Pitoyable, tout ce cirque est pitoyable...

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