Angoulême 2016 : Qui en veut, de ce fichu Grand Prix ?

23 janvier 2016 34 commentaires
  • Depuis l’énorme bévue du FIBD qui a omis de mettre dans ses nominés un auteur de BD féminin et surtout depuis les reculades successives qui ont suivi, l’affaire du Grand Prix n’arrête pas de susciter les commentaires depuis qu’a été publiée la liste des trois finalistes : Hermann, Alan Moore et Claire Wendling. Cette séquence n’est pas anecdotique : elle indique une hystérisation des discours à propos du Festival qui ne fait que s’empirer aujourd’hui. Il est peut-être temps d’y mettre fin.

Angoulême 2016 : Qui en veut, de ce fichu Grand Prix ?
Claire Wendling
DR. (c) Galerie Daniel Maghen

Nos confrères anglo-saxons s’esclaffent bruyamment : "Does Anyone Actually Want The Angoulême Grand Prix ?" titre Rich Johnston sur le site Bleeding Cool. Ils ont raison, même si la liste des Eisner Awards, la plus haute distinction pour la BD américaine, est chaque année aussi exempte de femmes qu’un club de gentlemen londoniens et qu’Hollywood elle-même commence à s’émouvoir de l’absence de noirs dans la sélection des Oscars pourtant assurée par plus de 6000 membres de la profession.

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Alan Moore
Photo de Matt Biddulph [CC BY-SA 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons

Il faut dire que le FIBD, pardonnez-moi l’expression, donne des verges pour se faire battre : tout commence par la bévue d’une liste de nominés uniquement masculine immédiatement contestée par dix d’entre eux, se poursuit par l’ajout précipité de six noms d’auteures à la liste initiale, pour se conclure par une "liste libre" au nom d’une "démocratie" qui aurait été absente jusque là. De pire en pire...

À cela s’ajoute un autre genre d’absurdités : le maintien d’Alan Moore dans la liste alors que, par deux fois, le grand auteur anglais a déclaré, notamment sur ActuaBD.com qu’il n’en voulait pas, de ce prix. Ou l’émergence inattendue de Claire Wendling -belle artiste probablement soutenue par un fan-club très actif-dans la liste des trois nominés. Cette dernière, se rendant compte sans doute de l’absurdité de sa position alors que bien d’autres auteures devraient passer devant elle, demanda très vite sur sa page Facebook qu’on ne vote plus pour elle...

Reste Hermann, figurant longtemps dans la liste des "papabile" lorsque l’Académie des Grands Prix fonctionnait encore, et qui désespérait de se voir jamais élu sachant qu’il avait quelques ennemis personnels dans cet aréopage. Rugueux comme il peut l’être, le créateur de Jeremiah nous déclarait il y a seulement quelques jours qu’il ne se mêlerait à aucune polémique et que si le vote lui accordait le Grand Prix, contrairement à ce que l’on a pu lire çà et là chez des confrères mal informés, qu’il l’accepterait sans doute pour faire plaisir à son ami l’académicien François Boucq qui insistait beaucoup pour cela. Quel dommage que ce prix donne l’impression qu’il lui est accordé par défaut alors qu’il est parfaitement légitime ! Qu’il ne s’en formalise pas : rien n’est de sa faute !

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Hermann dans son atelier
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Le Grand Prix de la Ville d’Angoulême

Entre les Ricains qui rigolent -pas forcément par bonté chrétienne- du plus prestigieux festival européen et nos copines les auteures qui ont bien raison de profiter de la situation pour faire valoir leurs droits, les règlements de compte des uns et des autres tout à la joie du "Bondoux Bashing", il est peut être nécessaire de se rappeler quelques fondamentaux.

C’est quoi ce Grand Prix ? C’est, il faut le rappeler, le Grand Prix de la Ville d’Angoulême.. On peut le noter : le glissement sémantique de 9eArt+ qui a consisté à faire de ce Grand Prix, par un petit jeu de sophisme, un "Grand Prix du Festival d’Angoulême" n’a jusqu’ici été remarqué par personne.

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Comment le Grand Prix de la Ville d’Angoulême est-il devenu le Grand Prix du Festival d’Angoulême ?
DR. (c) FIBD

Peut-être que le maire devrait s’inquiéter de l’usage qui est fait d’une distinction qui, apparemment, émane de sa bonne cité et qui donne aujourd’hui une image un peu désastreuse de sa ville. Il serait peut être avisé de se rapprocher des gestionnaires du FIBD et de reprendre en main cette académie dont 9e Art+ ne veut plus, composée de membres -ce n’est un secret pour personne- qui ne peuvent plus encadrer la direction du Festival.

Cela a évidemment un coût : il faut faire venir chaque année une vingtaine d’auteurs prestigieux pour qu’ils délibèrent. Mais ce n’est pas hors de portée d’une cité qui a tant investi dans la bande dessinée et -qui plus est- a, grâce à la Cité de la BD, toute légitimité pour accueillir une telle institution, quitte à organiser l’élection en amont du Festival et à couronner le récipiendaire pendant l’événement. Monsieur Bondoux serait débarrassé de cette corvée qui le fait tant souffrir...

Évidemment, cette académie devrait être un peu plus structurée qu’elle ne l’est actuellement. Elle devrait élire une présidence (une présidente ?), se doter d’un règlement intérieur strict (histoire que les tweets de M. Trondheim évitent de foutre le boxon) et disposer de moyens adaptés (en s’appuyant sur la Cité ?) pour valoriser ce prix toute l’année : auprès des lycéens, en terres étrangères, que sais-je encore...

En clair, il serait temps que les élus fassent preuve, osons le dire, d’une mâle autorité pour que, comme le dirait un maire de Champignac égrillard, les choses soient reprises en main et cessent de partir en couille !

43e Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême : du 28 au 31 janvier 2016.

Découvrez le programme heure par heure

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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  • Le maire de champignac aurait dit plutôt "- ... Que les choses soient reprises en main d’un bon pied..."

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  • Quel dommage que ce prix donne l’impression qu’il lui est accordé par défaut alors qu’il est parfaitement légitime ! Qu’il ne s’en formalise pas : rien n’est de sa faute !

    Vous mettez la charrue avant les boeufs, le vote n’est pas fait, rien ne dit que Hermann va être l’Elu.

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  • "L’énorme bévue" ? Bévue qui consiste à avoir "oublié" qu’il fallait faire de la discrimination positive féminine, dans une liste qui se voulait honnête (même si peu démocratique)... mais SANS le dire ouvertement ? Les femmes devaient penser que si l’une d’elles se trouvaient dans ladite liste, ce serait uniquement grâce à son immense talent et à son apport fondamental au milieu de la BD (comme Cestac ou Brétecher en leur temps).

    Mais bon sang, qui pourrait penser à notre époque, que l’on exclurait, volontairement et par pur sexisme, les femmes d’un prix artistique ?

    Quelle plus belle preuve de non-discrimination, et donc de respect, que de ne PAS produire de femmes (ou autres catégories) certaines années, tout simplement parce qu’il n’y en a PAS de plus exceptionnelle que ceux déjà sélectionnés ? (alors même que leur proportion est plus que représentée dans les autres Prix)

    Quelle honte ce serait si une femme était élue Grand Prix grâce à un lobbying intense ("placez au moins une femme, celle-ci par exemple, dans l’un de vos 3 choix, comme ça, tous ensemble, tous ensemble, on va se battre contre le sexisme") plutôt que par admiration professionnelle asexuée et internationale !

    Ou alors décrétons tout de suite, dans le règlement du FIBD, qu’une femme doit être Grand Prix une année sur deux, et ce, quel que soi le résultat des votes, que l’on "corrigera" en ce sens. Comme ça, pas de discrimination (puisqu’un être humain sur deux est une femme) à la satisfaction générale.

    (PS : Claire Wendling est une artiste exceptionnelle qui n’aurait pas dû être mêlée à tout ça : ce n’est pas du sexisme, ni de l’anti-sexisme, qu’elle subit en ce moment, mais une immense goujaterie publique)

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    • Répondu par Sergio Salma le 25 janvier à  00:44 :

      Message à Fabien. Relisez la liste qui a suscité la polémique. Voyez les 30 noms et vous comprendrez qu’il y a bien sexisme doublé d’ une grande méconnaissance. Mais votre vision ne peut accepter qu’il y ait sexisme pensant que le sexisme est un acte délibéré, presque une volonté de nuire ; pourtant dans cette liste il y a au bas mot 7 ou 8 noms qui se sont immiscés uniquement pour raison patrimoniale bien plus que pour l’apport effectif, cette fameuse contribution à l’évolution de cet art.

      Que certains ne soient que moyennement légitimes ne vous choque absolument pas. Que des dizaines, des centaines de femmes aient ressenti ce manque ne vous cause aucun souci non plus ; vous êtes sexiste et méprisant dans votre volonté de rendre cette sélection inattaquable, blindée, irréprochable. La façon-même que vous avez d’infantiliser ces personnes honnêtement et légitimement vexées , qui se sont senties bafouées en dit long sur votre soi-disant bienveillance.

      En vous lisant j’ai un cru un instant que dans votre phrase" aucune ne le mérite blabla " qu’il y allait y avoir une pirouette pour dire que justement, plusieurs auteures depuis au moins 20 ans par leur simple présence ont apporté beaucoup à la bande dessinée. Mais non, vous semblez penser dur comme fer que tous les noms de cette liste ont tous apporté , eux, quelque chose d’incontournable .

      En regardant la liste des 42 grand prix, là aussi, vous pourriez dire que tous, sans exception l’ont été pour leur importance capitale ?!

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      • Répondu par Fabien le 25 janvier à  11:27 :

        D’accord, relisons cette liste.

        Et que voit-on ? Elle est forcément partiale et orientée par une certaine culture (francophone) de la BD que partagent les membres de CE jury (pas démocratique, je l’ai dit). Elle essaie aussi de composer entre la valeur artistique des auteurs et leur popularité effective (par des français), ce que vous appelez "raison patrimoniale". Elle n’est pas inattaquable et pourrait être amendée ou même bouleversée.

        Idem pour les Grands Prix dont le mode de désignation a longtemps été risible. Au point que les féministes s’en inspirent aujourd’hui pour leur propre fonctionnement : magouilles électorales et jeux de pouvoirs (c’est de bonne guerre, mais est-ce la bonne solution ? Cela leur est finalement retombé dessus, et beaucoup aujourd’hui le regrettent).

        Mais que ce soit pour "apport effectif à la contribution de cet art" ou pour "raisons patrimoniales", absolument rien n’indique, dans ce choix de 30 noms (discutables), une intention, même involontaire, d’écarter les femmes du palmarès.

        C’est juste un effet de loupe entre créativité médiatisée et popularité de longue durée qui a participé à cette sélection (arbitraire mais pas orientée). Un peu comme si on tirait 30 noms au hasard parmi un choix de 1500 auteurs (dont seulement 15-20% de femmes), qu’aucune femme ne se trouvaient dans la liste finale... et qu’on accusait le tireur au sort de sexisme !

        Enfin, l’infantilisation et le sexisme de mon propos n’existe que dans vos yeux. De nombreuses femmes-artistes préféreraient ne devoir leur gloire qu’à leur réelles qualités, avec une sélection réellement asexués, sans dédain ni coup de pouce. Je peux concevoir le désappointement féminin à voir une égalité de notoriété et de prestige sans cesse reportée, mais on vient de voir combien la réponse choisie s’est avérée contre-productive.

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        • Répondu par Sergio Salma le 25 janvier à  12:47 :

          Perso , je ne trouve pas qu’elle ait été contre-productive. Elle a complètement foutu en l’air un mode de sélection inapproprié. Il n’y a pas objectivement une personnalité artistique qui doit incontournablement être mise en avant, tous les concours, tous les hit-parades sont idiots ; il s’agit d’un festival international et la mixité est aussi indispensable que les différentes nationalités. Chaque grand prix étant décerné pour des raisons différentes, Spiegelman n’a pas été grand prix pour la même raison que Jean-Claude Denis ou Zep, il s’agit donc de présenter le travail d’un ou d’une artiste qui le temps d’une année représentera la festival médiatiquement.

          Les 3 personnes finalement choisies par les votes créent un malaise car pour 2 d’entre elles il était patent et reconnu qu’ils n’étaient pas spécialement friands de ce genre de festivité ;pourtant des dizaines, des centaines d’auteurs et auteures vraisemblablement au courant ont voté pour elles. La troisième se révélant elle aussi assez rétive , ce qui ajoute au climat tragicomique.

          Un liste de 30 ( pourquoi 30 ? mystère) qui n’empêchait aucunement une présence équilibrée ; faut-il en venir à cette comparaison ? Il y a 20 ans , imaginer un auteur de manga couronné était inimaginable. Je peux comprendre vos arguments, Fabien, mais pas celui de voir dans les 30 sélectionnés 30 personnes qui sont plus légitimes qu’au moins 5 ou 6 auteures. La communication c’est aussi de la diplomatie oui. Même si un grand prix BD ne bouleversera pas la marche du monde, il peut faire bouger les lignes.

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          • Répondu par Fabien le 25 janvier à  17:14 :

            "la mixité est aussi indispensable que les différentes nationalités".

            Oui, c’est sûr qu’à partir du moment où cette liste n’était pas basée sur un seul critère (auteurs-phares/auteurs-modèles, francophonie/international), on aurait pu y adjoindre un critère de discrimination positive supplémentaire (quoiqu’il m’en coûte)... par "diplomatie".

            Mais c’était justement la beauté de la chose que de ne pas le faire ! Tous et toutes à égalité, malgré une proportion féminine en progression (et il n’y a aucune raison pour qu’il n’y ait pas rapidement autant de femmes que d’hommes dans ce métier, et aussi de très-grandes-auteures à distinguer).

            En fait, c’est plus l’accusation gratuite et violente de sexisme qui m’insupportait. Ce choix de non-discrimination positive par les membres du jury était tout à fait concevable et légitime. Là était le point à discuter. Et pas celui d’un quelconque sexisme de leur part ! (et je n’ai rien à voir avec eux)

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    • Répondu le 25 janvier à  03:20 :

      Mais Claire Wendling ne se trouve pas parmi les 3 finalistes par hasard, beaucoup d’auteurs pensent depuis un paquet d’années qu’elle devrait être Grand Prix de la ville d’Angoulême. Il a fallu un vote ouvert pour qu’on puisse le faire savoir, vous noterez que ce ne sont ni Pénélope Bagieu, ni Annie Goetzinger, ni Marjane satrapi qui se retrouvent parmi les 3 finalistes, mais bien Claire Wendling, une artiste exceptionnelle dont ses pairs connaissent, reconnaissent, aiment le travail. Vous traitez cette déclaration d’amour par le mépris, tant pis pour vous, vous n’entendez donc rien à l’amour.

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      • Répondu par Fabien le 25 janvier à  11:41 :

        J’ai effectivement été surpris de "l’amour" qu’ont manifesté les auteurs de Delcourt-Soleil pour cette très grande artiste (parmi les rares femmes à choisir). Amour qui fut contagieux, et bien médiatisé... Et, bien que déjà émerveillé par son dessin, je regarderai désormais d’un autre oeil son apport artistique à la BD francophone. Apport qu’il faudra juger équitablement.

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        • Répondu par Dominique le 26 janvier à  17:30 :

          L’admiration que suscite Claire Wendling va bien au delà des auteurs de Delcourt-Soleil, renseignez-vous, ce n’est pas une chapelle.

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  • Et l’image du Festival ?
    Et l’image de la ville d’Angoulême ?
    Et l’image du Maire d’Angoulême ?
    Et l’avenir du Festival ? Quels nouveaux sponsors accepteraient aujourd’hui d’investir dans un Festival qui donne une telle image ?
    Qui est responsable ? Celui que personne ne défend mais qui est toujours en place ?

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    • Répondu par Pirlouit le 23 janvier à  22:09 :

      Oui, il va quand même rendre des comptes aux sponsors, actionnaires et subventioneurs, sans oublier la municipalité et ses habitants, Angoumoisines et Angoumoisins. Mais à propos de comptes, Neuvième Art a t’il enfin publié les siens, depuis le temps qu’il s’occupe du FIBD ? Et puisque l’on parle de comptes, sera t’il enfin possible de savoir combien de visiteurs payants fréquentent ce festival ? De 25 à 160 000, la fourchette reste assez floue....

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  • Il y en a plein qui en veulent de ce fichu Grand Prix. Quand récompensera-t-on un auteur de la qualité de Dodier, Edika, Larcenet, Lambil,David B, Nancy Peña, Emile Bravo, Midam, Fabrice Neaud,Bézian... il y en a plein qui méritent largement.

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    • Répondu par didier le 24 janvier à  08:49 :

      Selon Riad Sattouf sur Europe1 ce matin, ce grand prix ne vaut rien.
      Et le Festival que vaudra-t-il dans 2 ou 3 ans ?
      En tout cas, c’est sans moi cette année.

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  • "Entre les ricains qui rigolent" euh, Rich Johnston est anglais.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 25 janvier à  07:41 :

      Je parle des lecteurs de Bleeding Cool, pas de l’auteur de l’article.

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  • Bonjour,

    Peut-être cette nouvelle poussée de fièvre mettra-t-elle un coup de projecteur sur les possibles origines du problème ?

    En effet, quel est le pourcentage de femmes dans le Grand Jury du festival ? Si mes informations sont à jour, nous avons Antonin Baudry, Laurent Binet, Nicole Brenez, Philippe Collin, Véronique Giuge, Hamé et Matt Madden, soit 2 femmes pour 5 hommes.

    Est-ce normal ?

    Bon courage !

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    • Répondu par Fabien le 24 janvier à  17:32 :

      Il faudrait donc en conclure que ces 5 hommes sont des sexistes purs et durs, et que ces 2 faibles femmes ont eu peur d’oser imposer LA femme réglementaire obligatoire (sur 30) qui aurait évité tout ce pataquès.

      ...ou alors que ces 2 femmes, brimées et endoctrinées par des siècles de sexisme triomphant, n’ont eu que mépris pour les femmes-auteurs, dont aucune ne saurait être comparée aux artistes mâles, véritables et seuls patriarches de la Culture Officielle.

      Ma foi... cela se tient.

      Mais alors, s’il y avait eu parité dans le jury, la liste aurait pu être toute autre ? Si oui, la non-parité du vote de TOUTE la profession (15-20% de femmes) va t-elle obligatoirement renvoyer les femmes-artistes à leurs couches et fourneaux ? (après cette année exceptionnelle de fronde féministe)

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    • Répondu le 25 janvier à  15:01 :

      Attention au contresens !

      Le Grand Jury est chargé de décerner les Fauves d’Angoulême, c’est-à-dire les prix remis aux albums parus dans l’année et figurant dans la sélection officielle (sauf celui du Polar, décerné par un autre jury de "personnalités" choisies par le SNCF, et sauf celui du public, par définition).

      La liste des nommés pour le Grand Prix de la Ville (du Festival ?) d’Angoulême, elle, a été établie par le comité de programmation du Festival, soit deux hommes (Stéphane Beaujean et Nicolas Finet) et une femme (Ezilda Tribot), placé sous l’autorité d’une autre femme, Marie-Noëlle Bas, et bien sûr du Délégué Général qui supervise, comme son titre l’indique, la ligne éditoriale du festival : Franck Bondoux. Presque parité, donc.

      Mais le sexisme n’est pas une discrimination délibérée et volontaire, c’est une habitude, un travers de la société qui s’insinue au plus profond des inconscients, même chez les femmes. D’où les tentatives de discrimination positive, comme seule façon possible de lutter contre cet inconscient collectif, comme vient de le démontrer cet épisode, puisque l’absence de femme dans la liste initiale n’avait choqué aucun d’entre eux, pas même celle qui est par ailleurs présidente des Chiennes de garde, comme le signale fort à propos Pirlouit dans son commentaire.

      Le tout est de distinguer entre sexisme et méconnaissance de l’histoire de la bande dessinée.

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      • Répondu le 26 janvier à  10:20 :

        "Tentative de discrimination positive"... De l’art de justifier des petites magouilles par des phrases alambiquées.

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  • même si la liste des Eisner Awards, la plus haute distinction pour la BD américaine, est chaque année aussi exempte de femmes qu’un club de gentlemen londoniens

    C’est entièrement faux. La liste des Eisner Awards 2015 est d’ailleurs en ligne (shortlist et gagnants)

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 25 janvier à  07:40 :

      Allons, allons, mettez-la en ligne cette liste et vous verrez que les créatrices sont reléguées à la figuration.

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      • Répondu le 25 janvier à  08:51 :

        http://www.newsarama.com/25142-2015...
        Alors : best-short story, best one-shot, best continuing serie, best new serie, best publication for early readers, best publication for kids, best publication for teens...

        Et ce n’est que le début de la liste, et les lauréates.

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        • Répondu le 26 janvier à  20:09 :

          Et : best graphic album-new, best graphic album-reprint, best writer/artist, best penciller/inker, best scholarly work. À vue de nez 80% des prix remportés par des femmes. Mais vous vouliez peut-être parler des "Eisner Hall of Fame", je l’espère du moins.

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          • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 26 janvier à  22:08 :

            80% des Eisner Awards remporté par des femmes ? Vous devez confondre les genres.

            C’est évidemment du Hall of Fame, équivalent des Grands Prix (et non de la sélection officielle) dont je parlais. A ceci près, le Hall of Fame vénère aussi des gens morts, ce qui évite de les inviter...

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            • Répondu le 26 janvier à  23:02 :

              Je ne confonds rien, c’est la liste des lauréates des Eisner Awards 2015. Par contre vous, vous avez confondu les Awards et le Hall of Fame. La sélection en lice et les Grands Prix en somme. 80% d’auteures qui gagnent ces prix, je pense que ce serait plutôt ça la nouvelle. Le "Hall of Fame" n’a d’ailleurs quasiment aucune répercussion, hors peut-être d’une portée qui tenterait à s’inscrire dans l’histoire. Il en est autre pour les "Grands Prix" qui effectivement récompensent des auteurs vivants.

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              • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 27 janvier à  00:13 :

                Je ne confonds rien, c’est la liste des lauréates des Eisner Awards 2015.

                Si je vous suis, 80% des lauréats des Eisner Awards sont des femmes ? Vous êtes formidable ! Vos arguties me mettent en joie.

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                • Répondu le 28 janvier à  01:08 :

                  Je ne comprends pas pourquoi vous mettez ce mur. La liste des Eisner Awards 2015 est constituée à 80% de femmes, et ce juste dans les lauréates. Il suffit de lire pourtant. Pourquoi me combattez-vous sur ce point est bien étrange.

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              • Répondu par Franck Geiz le 27 janvier à  00:18 :

                Ne vous faites pas plus bête que vous n’êtes l’anonyme, Didier Pasamonik parlait du Hall of Fame, équivalent des Grands Prix de la ville d’Angoulême, c’est le sujet de l’article le Grand Prix.

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  • Qu’il en veuille ou pas, c’est Hermann le GRAND PRIX DU FESTIVAL D’ANGOULEME 2016.

    J’attends maintenant de savoir qui cette année sera le GRAND PRIX DE LA VILLE D’ANGOULEME, ce qui n’est pas la même chose.

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