Art Spiegelman, Grand Prix 2011 du Festival d’Angoulême

30 janvier 2011 48 commentaires
  • Figure de l’Underground, Prix Pulitzer multi-célébré pour son chef-d’œuvre mémoriel, Maus, l’œuvre qui donna une impulsion décisive au Roman Graphique, artiste toujours à la pointe de la modernité avec sa revue Raw, le nom d’Art Spiegelman, souvent cité dans la short list des auteurs éligibles au Grand Prix d’Angoulême, a fini par sortir du chapeau. Une récompense légitime pour un auteur qui a joué un rôle essentiel dans l’avènement de la bande dessinée d’auteur. Il est le 3e auteur américain élu par le Festival après Eisner et Crumb.
Art Spiegelman, Grand Prix 2011 du Festival d'Angoulême
Maus, une BD révélée par un Prix Pulitzer
Flammarion

En février 1968, un certain Robert Crumb auto-publie la revue Zap. C’est le point de départ d’un mouvement qui va révolutionner la bande dessinée : l’Underground, une révolution culturelle dont on a du mal à imaginer aujourd’hui la portée. Zap fait directement référence à Mad, la revue d’Harvey Kurtzman qu’adolescent, Spiegelman étudiait pendant que ses petits camarades apprenaient le Talmud.

Ce qui distingue la génération Mad de la génération Zap, c’est le sexe. Pour les créateurs de BD, le mot d’ordre deviendra « Putting the « x » into comics » (mettre le X dans les BD), forgeant le terme « comix » pour désigner cette nouvelle vague. Robert Crumb, Gilbert Shelton, Bill Griffin, S. Clay Wilson, Spain Rodriguez, Hunt Emerson, Brian Talbot, Victor Moscoso, Vaughn Bodé ou encore l’éditeur Denis Kitchen seront les héros de cette révolution. Parmi eux, un certain Spiegelman…

Le thème de la Shoah apparaît très tôt dans l’oeuvre de Spiegelman
(C) Spiegelman

Spiegelman est major en art et en philosophie, en dépit de la volonté de ses parents d’en faire un dentiste. Il collabore à partir de 1968, sous divers pseudonymes, à des titres comme Bizarre Sex Comics, Real Pulp Comix et Young Lust. Plus tard, il éditera en association avec Bill Griffith Arcade, The Comix revue. Pour gagner sa vie, il bosse comme consultant créatif pour la société Topps Gum entre 1965 et 1987. Vous vous souvenez des Crados qui ont défrayé la chronique en France dans les années 80, emportant jusqu’à la réprobation du Commandant Cousteau ? Hé bien, sachez que Spiegelman en était un des concepteurs !

Entre délires sexuels et cauchemars débridés, il est un thème qui arrive très tôt dans l’univers spiegelmanien : celui des camps d’extermination nazis. Dès 1972, il publie une BD de quatre pages sur ce thème : Prisoner of the Hell Planet qui sera publiée dans l’anthologie Short Order Comix # 1 l’année suivante. Dans Funny Aminals, une revue éditée par Terry Zwigoff qui se fit connaître plus tard par un documentaire fameux sur Crumb, il dessine une bande dessinée intitulée Maus, 14 ans avant la publication de la bande dessinée qui lui valut le Prix Pulitzer.

Breakdowns : entre expérimentation graphique et compulsion mémorielle
Ed. Casterman

Dans la deuxième livraison d’Arcade, titre underground déjà évoqué, il écrit un de ses cauchemars qui se termine par cette supplique : «  Les 6 millions de morts ne doivent pas être oubliés ».

Le miracle de Maus

En 1980, avec son épouse Françoise Mouly, il publie Raw dont il fait l’avant-garde de la production graphique internationale. En supplément de ce magazine publié à intervalles irréguliers, Maus paraît en feuilleton. Dans Maus, A Survivor’s Tale (Flammarion), Spiegelman détaille sa relation avec son père, un ancien rescapé d’Auschwitz.

Ce n’est en aucun cas une histoire de la Shoah. L’auteur restitue la mémoire de ses parents et explique comment l’expérience d’Auschwitz les a détruits, pourquoi sa mère est acculée au suicide. À l’instar du Calvo dans La bête est morte, Spiegelman utilise le procédé de l’animalisation : Les Juifs sont des rats, les Allemands des chats, les Polonais des porcs… Un choix que certaines associations de déportés n’apprécieront pas. L’ouvrage est néanmoins un succès international. Honoré au Festival de la Bande Dessinée à Angoulême en 1988 (Prix du meilleur album), il reçoit à l’occasion de la parution du tome 2 en 1992, le Prix Pulitzer dans la catégorie fictions (sic !) des Special Awards and Citations.

Dans Meta-Maus, Spiegelman expliquera pourquoi il a choisi des souris pour représenter les Juifs
(C) Spiegelman

« Malheur à l’homme d’un seul livre » a dit Saint-Augustin (il parlait de la Bible). C’est un peu ce qui arrive à ce grand artiste. Sa carrière est à peu près figée par cet immense succès international. Un trop bref « A l’Ombre des tours mortes » ponctue brillamment les attentats du 11 septembre. Amateur compulsif du matériau mémoriel graphique, il raconte avec force expérimentations graphiques et appels de note aux classiques de la bande dessinée américaine, les différentes étapes de son parcours graphique dans Breakdowms (Casterman).

Un cheminement personnel à la dimension universelle qui se trouve aujourd’hui récompensé par l’Académie des Grands Prix d’Angoulême.

En ce moment, Spiegelman travaille sur "Meta-Maus", un ouvrage où il raconte le récit de cette aventure hors-norme et justifie la raison de certains choix (notamment le fait d’avoir choisi des souris). Il devrait paraitre pour l’été 2011 aux États-Unis et sans doute en France.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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En médaillon : Art Spiegelman. Photo : Thierry Lemaire.

 
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48 Messages :
  • Art Spiegelman, Grand Prix 2011 du Festival d’Angoulême
    30 janvier 2011 16:16, par jean-phil

    Je ne comprendrai jamais l’attribution des Grand Prix à Angoulême : un Grand Prix pour l’auteur de quasi un seul ouvrage publié il y a plus de vingt ans ???? Ce n’est toujours pas cette année que sera récompensé Hermann...

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    • Répondu par LC le 30 janvier 2011 à  18:20 :

      Hermann ne l’aura jamais

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    • Répondu par narcisse le 31 janvier 2011 à  09:23 :

      En même temps quel est l’intérêt de le donner au sanglier des ardennes ? Environ 80 bouquins et on cherche le chef d’oeuvre... de toute facon, il a dit récemment qu’il ne l’accepterait pas

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      • Répondu le 31 janvier 2011 à  10:10 :

        Les loups du Wyoming, Le ciel est rouge..., Le désert sans lumière, la série Les tours de Bois Maury, les one shots chez Aire Libre, cela ne vous suffit pas ?
        Et l’argument suprême qu’un artiste n’accepterait pas une récompense est très certainement la c.... du jour si pas de l’année. Depuis quand un jury doit prendre en considération des on-dit de ce type là pour juger de la qualité d’une oeuvre ??

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        • Répondu par narcisse le 31 janvier 2011 à  12:49 :

          Pour être considéré comme un grand prix, il faut aussi qu’il y ai un consensus. Hermann ne fait pas l’unanimité et pas que dans l’académie des grands prix. Dans le milieu même les auteurs ne sont pas unanimes en ce qui concerne la production d’hermann. Ce qui le sauve au final c est son talent de dessinateur meme si je trouve que son dessin a un peu perdu ces derniers temps... Je suis fan d’andreas, et je sais très bien qu’il n’aura jamais le grand prix, car lui aussi ne fait pas l’unanimité. On aime ou on déteste, c’est clair !

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          • Répondu par Plein Popossum le 31 janvier 2011 à  15:09 :

            D’accord pour dire qu’il y a des oubliés depuis de nombreuses années, et qu’Hermann et Andreas passent chaque année à côté d’une reconnaissance méritée. Et on peut y rajouter Follet, Manara, Quino, Comès, Hausman, Rosinski et j’en passe. Non pas que Spiegelman ne devait pas l’avoir, je n’ai pas dit ça. Sans demander à ce que la récompense soit donnée quand les auteurs arrivent à l’article de la mort, selon moi certains ont été honorés du Grand Prix alors qu’ils avaient (et ont encore) de longues années devant eux. Et puis, le jour où le Grand Prix pourra être décerné à un scénariste, là ce sera un vrai changement.

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            • Répondu par narcisse le 1er février 2011 à  10:18 :

              Un scénariste a déjà été élu, c etait Jacques Lob en 1987 ou 88 il me semble
              Manara et Comes le mériteraient il est vrai.

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    • Répondu par plumeau le 3 février 2011 à  13:58 :

      Bons baisers de New York, Flammarion 2003
      A l’ombre des tours mortes, Casterman 2004
      Breakdowns, Casterman 2008
      ...
      Il vous faut dépoussiérer votre bibliothèque, cher ami...

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  • L’intelligentsia parisienne aurait-elle encore frappé ? Je croyais que le Grand Prix devait récompenser un auteur pour l’ensemble de son oeuvre et son influence sur le 9ème art. Sans remettre en cause Maus, seule oeuvre majeure d’Art Spiegelmann, force est d’avouer qu’il y avait d’autres auteurs plus importants, graphiquement notamment, que le patron de Raw. JC Denis, Gibrat, Larcenet, Sfar etc la liste est longue. C’est donc encore vraiment du grand n’importe quoi qui va éloigner une nouvelle fois la BD du grand public ! Baru reviens.. ils sont devenus fou !

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    • Répondu le 31 janvier 2011 à  23:34 :

      Joann Sfar n’a t’il pas eu le grand prix en 2004 ? Visiblement, cela n’a marqué personne ...

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  • Art Spiegelman, Grand Prix 2011 du Festival d’Angoulême
    30 janvier 2011 16:30, par monsieur The web lecteur

    Un parcours singulier pour un auteur singulier. Le grand prix lui est amplement mérité, bravo à lui.

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  • Félicitations au jury. Un très, très beau grand prix.

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  • Art Spiegelman, Grand Prix 2011 du Festival d’Angoulême
    30 janvier 2011 17:01, par Xavier Mouton-Dubosc

    Ce n’est pas la quantité qui fait un auteur. Et Art mérite très largement son Grand Prix.

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  • Art Spiegelman grand prix d’angoulème 2011...

    Heureusement que le ridicule ne tue pas !

    Rappelons pour les novices, qu’il est l’auteur du superbe MAUS qui a reçu le prix Pulitzer en 1992, et à part ça, de pas grande chose. Quelques participations à des revues undergrounds,et quelques bouquins mal grattés (Spiegelman est un dessinateur médiocre) que quasiment personne n’a lu...
    19 ans après ce fameux prix Pulitzer qui consacra à juste titre le très inspiré MAUS, l’académie des grands prix a donc choisi de couronner Spiegelman pour l’ensemble de son oeuvre. Misère !

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    • Répondu le 30 janvier 2011 à  20:41 :

      On attend avec impatience les commentaires de toute cette fine fleur de la BD de supermarché à propos du palmarès...

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    • Répondu par mmarvinbear le 30 janvier 2011 à  20:57 :

      Mieux vaut être récompensé pour avoir publié 1 chef d’oeuvre en 20 ans que pour avoir pondu 32 ouvrages médiocres en 10.

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    • Répondu par Alex le 30 janvier 2011 à  23:18 :

      Rappelons pour les novices

      Oui je vous en prie, rappelez pour les novices... Vous n’aurez aucune peine assurément à nous présenter une bibliographie de Spiegelman, comme il a pas fait grand chose... Moi j’ai qq oeuvres de lui ici et là, je peux vous aider à combler les "trous" peut-être même ?

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    • Répondu par LP le 30 janvier 2011 à  23:48 :

      C’est plus un prix "politique" qu’autre chose :

      - Affermir l’image "internationale" de ce salon
      - Consacrer un auteur bien connu et "valorisant" (auprès des journalistes)
      - Choisir un auteur politique et social, bien à la mode (et consensuel auprès des élites)

      Bref, ce n’est pas pour son oeuvre qu’il a été choisi mais pour son image et sa porté médiatique.

      Normalement, ce sont les Prix qui font reconnaître un génie, pas l’inverse...

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    • Répondu par Maë l R. le 31 janvier 2011 à  08:21 :

      Le grand prix confirme une carrière, l’ouvre d’un auteur qui a fait beaucoup pour la Bande Dessinée. En tant que dessinateur mais aussi souvent autour, pour la sa diffusion et son image (comme éditeur pour Cestac ou Wolinsky par ex).

      Art Spiegelman a fait un chef d’œuvre absolu, récompensé pour le Pullitzer et a fait rentrer comme jamais la Bande Dessinée adulte dans le champ médiatique.

      Mais auparavant il avait fait un autre chef d’œuvre (récemment publié chez nous), Breakdown. Sans compter un travail d’éditeur phénoménal à travers la revue "Raw" qui a permis à un grand nombre d’auteurs américains aujourd’hui majeurs de faire leurs premières armes.

      Comme dessinateur lire qu’il est mauvais est une aberration, il suffit de regarder ses couvertures du New-York Times... Bref beaucoup de bêtises dans ce post.

      Pour ma part je trouve bien sûr que ça vient un peu tard mais il était temps. L’auteur est bien sûr consensuel, mais pas habitué du consensus mou, je suis donc impatient de voir ce qu’il fera pour le festival. Par ailleurs ça me fait bien plaisir de voir un non franco-belge obtenir le prix, particulièrement un non franco-belge ne vivant pas en France car on commençait méchamment à tourner en rond.

      Pour info depuis le début du festival il y a eu très peu de non francophone nommé au prix, ce qui remet franchement en cause le qualificatif d’international qui lui est accolé : Will Eisnet en 1975, Hugo Pratt en 1988, Robert Crumb en 1999 et José Muñoz en 2007. (Les deux derniers vivant en France).

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      • Répondu par JF. le 31 janvier 2011 à  20:39 :

        Bla bla bla...
        Bien sur qu’avant de donner mon avis, j’ai lu tout Spiegelman. Je me suis éclaté avec MAUS, et ennuyé ferme avec tout le reste !
        Marrant, ce sentiment de supériorité de certains qui sont persuadés d’être les seuls à savoir lire.
        Donc, énumérons : Maus=chef d’oeuvre ! Breakdown, à l’ombre des tours mortes, Bons baisers de New York...etc=branlette intellectuelle d’un auteur qui n’a plus rien à raconter.
        Donc je persiste et je signe : Spiegelman vient d’obtenir le grand prix d’angoulême pour MAUS.

        Le plus judicieux eut peut être été d’attribuer le prix du meilleur album, à ce superbe livre... Il y a 2O ans.

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        • Répondu par Alex le 31 janvier 2011 à  23:30 :

          Vous n’êtes pas très poli... Mais j’ai compris : vous avez "lu tout Spiegelman" (-Soupir-) Enfin, passons...

          Plus généralement, je ne vois vraiment pas d’où peut venir toute cette acrimonie face à un Grand Prix. Pour moi, tous et chacuns -présents et passés- l’ont mérité. Comme beaucoup je m’essaie au jeu du prognostic, et espère secrètement -depuis des années- que mon candidat l’emporte. Ce qui n’est jamais arrivé...

          Je n’ai pu dévoiler derrière ce fait aucune conspiration médiatique, aucune collusion du Grand Capital, encore moins le fait de quelque société occulte voulant secrétement l’avènement d’un certain type de bande dessinée pour contrôler le Monde (non, pas le quotidien -bien que ce serait déjà un bon début...).

          Mais je suis peut-être le dernier des naïfs. Donc, dommage que vous ne puissiez vous réjouir avec moi face à cette consécration bien modeste de toute une vie placée sous le signe de la création. Bonne lecture.

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  • "Une récompense légitime pour un auteur qui a joué un rôle essentiel dans l’avènement de la bande dessinée d’auteur."

    Je suis pas souvent d’accord avec Didier Pasamonik, mais là, il a totalement raison.

    f*

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  • Art Spiegelman, Grand Prix 2011 du Festival d’Angoulême
    31 janvier 2011 09:18, par narcisse

    Enfin un grand prix "international " digne de ce nom ! Je m’attendais a pire avec Baru mais heureusement l’académie des grands prix a eu le courage de couronner un auteur majeur qui a beaucoup fait pour la bande dessinée. La critique et le public a vu que la bande dessinée avec Maus, n’était pas seulement des "petits mickeys’. Meme si sa production n’est pas énorme, il y met son coeur et ses tripes. Il faut aussi ne pas oublier son role éditorial dans Raw qui a permis de mettre le pied a l’étrier d’auteurs majeurs comme Chris Ware ou Charles Burns...
    N oublions pas aussi son travail d’illustrateur passé pour the New Yorker
    Un grand prix audacieux. Il n’est que le troisième américain a recevoir le grand prix après Eisner et Crumb.
    L intéret de Spiegelman pour le patrimoine de la bd américaine est important on peut parier sur une expo digne de ce nom sur ce sujet au prochain salon d’angouleme !

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    • Répondu par Yok le 31 janvier 2011 à  11:16 :

      La critique et le public a vu que la bande dessinée avec Maus, n’était pas seulement des "petits mickeys’.

      C’est assez comique cette phrase quand on y pense vu que les personnages de cette BD sont des chats et des souris entre autres !

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    • Répondu par ishimou le 31 janvier 2011 à  11:44 :

      je suis juste d’accord avec l’intervenant qui dit que "personne n’a lu Spiegelman" c’est tout à fait vrai, mais ce n’est pas dû à son manque de production, la bande dessinée ne touche pas un large public comme par exemple le cinéma, qui plus est quand on est dans un format et dans un genre underground. Je suis plutôt content que Spigelman soit le prochain président, ce qui m’inquiète c’est ce qu’il va avoir à lire pour sa sélection, il va quand même se rendre compte qu’on tourne en rond, que tout ça a été fait mille fois, qu’on n’invente plus rien, lui qui a connu une époque de découverte et d’expérimentation.
      Quand vous citez Raw, il faut y joindre son épouse Françoise Mouly qui a été une graphiste et une maquettiste géniale et qui est toujours la responsable illustration du New-Yorker, ça se voit c’est toujours du grand boulot. Ici on peut juste se farcir la bande du Frémok et leurs délires contempourien.

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  • C’est quand même mieux que JC Menu.
    Pour les débiles belgicans Hermann ne le mérite pas, tout comme R Cauvin. Quant à Spiegelman il mérite amplement, son oeuvre ne se limite pas à Maus, et ça nous change des auteurs francophones.
    Pour les prochaines années je propose quelques scénaristes comme Van Hamme, Pierre Christin, Le Tendre, Yann ou Dionnet, plus des auteurs internationaux comme Katsuhiro Otomo, plus Yslaire et Joann Sfar.

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    • Répondu par Pacôme le 31 janvier 2011 à  12:25 :

      Hermann appréciera ...

      Ce qui me désole dans l’attribution de ce grand prix c’est que chaque années le jury oublie qu’il représente la BD Franco-BELGE

      Force est de constater que les auteurs belges sont snobés chaque année par un jury à majorité française

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      • Répondu le 31 janvier 2011 à  12:37 :

        en quoi le jury représente la bande dessinée franco-belge ? Il est sensé représenter la bande dessinée internationale. A moins qu’il ne s’agisse du festival franco-belge de la bande dessinée d’Angoulême

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      • Répondu par narcisse le 31 janvier 2011 à  12:42 :

        C est un festival "international". La bande dessinée n’est pas que franco belge et heureusement ! il faut s’ouvrir au monde.. A part yslaire, quel auteur belge mérite le grand prix ?
        Le complexe de supériorité des belges qui continuent de penser qu’ils ont inventé la bd commence à lasser
        Allez la prochaine, élisez mattotti l’italien, l’espagnol Prado, l’anglais Alan Moore, l’américain Chris Ware ou le japonais Taiyo Matsumoto !

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        • Répondu par Mikekafka le 1er février 2011 à  12:27 :

          comment ce festival peux t’il se prétendre international car il ne peux juger que la production ditribuée en France et donc n’être qu’ élitiste ou partial ou comme dans le cas présent Spiegelman ne nommer que les grosses pointures.

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      • Répondu le 31 janvier 2011 à  12:46 :

        à l’exception de Franquin, Jijé et Shchuiten, c’est vrai.

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        • Répondu par Mael R. le 31 janvier 2011 à  16:59 :

          Et Morris, même s’il est vrai qu’il s’agit d’un prix "spécial du 20e anniversaire".

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      • Répondu le 1er février 2011 à  11:59 :

        On a rien contre la BD belge (surtout en tant que fan de Franquin), d’ailleurs dans ma liste je cite Van Hamme (auteur aussi BD moins grand public comme SOS Bonheur, Histoire sans héros et surtout le Chninkel) et Yslaire, mais certains n’ont pas encore compris la différence entre un Goscinny et un Cauvin, un Giraud et un Hermann, c’est la même différence qu’entre un Spielberg et un Roland Emmerich.

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        • Répondu le 1er février 2011 à  13:53 :

          c’est la même différence qu’entre un Spielberg et un Roland Emmerich.

          Aucune différence donc.

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        • Répondu par mikekafka le 2 février 2011 à  07:32 :

          laissez moi deviner ? Spielberg est français et Emmerich est belge

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    • Répondu par bob le 31 janvier 2011 à  13:20 :

      Yslaire ? Quelle idée ! En voilà un qui ne pond plus que des albums de mauvais goût et au contenu indigent (je pense en particulier au "Ciel au-dessus de Bruxelles") avec en prime la prétention de se prendre pour un Grand Artiste...
      Spiegelman, cela me semble tellement évident que je croyais qu’il l’avait déjà eu !... Et en effet, au-delà de son oeuvre, son rôle de passeur, non seulement de façon directe pour toute une génération d’auteurs américains qui sont passés par sa revue "Raw", mais aussi de façon indirecte pour plusieurs générations d’auteurs internationaux qui ont découvert grâce à "Maus" de nouvelles ambitions possibles à travers le médium bd... Un des grands qui resteront dans l’histoire de la bande dessinée.

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      • Répondu par ishimou le 31 janvier 2011 à  17:38 :

        Vous avez raison sur Spiegelman, comme vous avez aussi raison d’en parler au passé.
        Aujourd’hui, la glorification de l’intime et de la banalité, Les impostures d’un nouveau clergé graphique, son cortège de discours péremptoires. Je lui dirais des mots creux, des mots qu’on dit avec les boeufs. Bientôt dans votre assiette "Contemporanéité !", ou alors ce refrain entendu plein de fois,"Il n’y a rien à comprendre, l’artiste nous questionne".

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        • Répondu par Oncle Francois le 31 janvier 2011 à  21:57 :

          Monsieur Ishimou (toujours des problèmes de transit intestinal ?), il faut reconnaitre quand même que Maus est une oeuvre universelle : je l’ai prété récemment à une voisine dans un avion, elle l’a dévoré et m’a remercié (pourtant au dépar elle se moquait de la BD). Petite question personnelle : pourquoi ce grand oeuvre (peut-être le seul de son auteur) est paru chez un éditeur (Flammarion) qui n’avait pas de département BD ?

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          • Répondu par Alex le 31 janvier 2011 à  23:56 :

            pourquoi ce grand oeuvre (peut-être le seul de son auteur)

            Mais arrêtez d’utiliser cet argument bon sang ! 8 pages de "Ace Hole" seraient moins fortes que 2 tomes de "Maus", moins valables artistiquement. Le coureur de marathon bat le sprinter du 200m car il court plus longtemps ? Le saut à la perche bat le saut en hauteur ? Les français ont vraiment perdu toute perspective en matière de création en bandes dessinées et ne jurent plus que par le sacro-saint album. "Et avec ça ce sera ? Ben vous me remettrez un tryptique, c’est pour le p’tit. Y’ fait ses dents"

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          • Répondu par ishimou le 1er février 2011 à  00:53 :

            Maus est un grand livre et c’est très bien qu’il ait été publié chez un éditeur de littérature, ça l’a sans doute aidé à ne pas être banalisé à l’intérieur d’une collection chez un éditeur BD.
            Maintenant vous dire pourquoi chez cet éditeur et pas chez un éditeur de BD...Comme vous, je n’en sais rien.
            Intestinalement votre.
            PS : je viens de revoir la fureur de fibre, l’histoire d’un mec en transit.

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            • Répondu par Oncle Francois le 2 février 2011 à  00:34 :

              Bravo pour votre humour, un trait de qualité chez les forumeurs de qualité ! Il me semble si ma mémé-moire est bonne qu’à l’époque, la traduction de Maus avait d’abord été proposée aux grands éditeurs de BD classique, mais que ceux-ci avaient décliné, du haut de leur expertise du marché, cette proposition. Ce qui fait qu’un outsider (car à l’époque, Flamarion avait des livres jeunesse à son catalogue, mais point de BD) avait remporté le contrat. Quelqu’un pourrait-il confirmer ou infirmer ce qui n’est qu’un lointain souvenir dans mon esprit ? Cordialement

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              • Répondu le 3 février 2011 à  14:00 :

                publié par flammarion car publié par panthéon aux usa. tous deux éditeurs de littérature. françoise vierny étant l’agent de spiegelman à l’époque. jean-paul mougin, rédacteur en chef de "(a suivre)" en avait refusé la prépub en 1980. futuro voulait le faire mais ça ne s’est pas fait. concernant l’aspect populaire de l’auteur, les ventes monde de MAUS à ce jour se chiffrent en dizaines de langues et plusieurs millions d’exemplaires vendus... et il est le premier depuis topffer à faire comprendre au reste des lecteurs et des médias que la bande dessinée n’est pas qu’ un art mineur destiné aux seuls enfants (petits et grands)... vis a vis de l’histoire du cinéma, il est donc plus comparable à kubrick ou welles, qu’à spielberg... quand au clivage entre les lecteurs "des bandes dessinées", il est insoluble. les lecteurs d’anna gavalda ne lisent pas michel butor et les spectateurs des frères dardenne ne vont pas voir "les ch’tis". il y a plus de rapports entre "les ch’tis", anna gavalda et herrman et entre les dardenne, spiegelman et butor qu’il n’y en a entre spiegelman et herrman, etc.

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                • Répondu par ishimou le 4 février 2011 à  04:58 :

                  Merci pour vos infos, vos arguments, votre post vraiment très intéressant... C’est pas tous les jours...

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    • Répondu le 31 janvier 2011 à  23:33 :

      Joann Sfar n’a t’il pas déjà eu le grand prix en 2004 ?

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      • Répondu le 1er février 2011 à  00:45 :

        Il a eu le prix du trentenaire en2004 ( comme uderzo a eu le prix du centenaire en 2000), c’est Zep qui a eu le grand prix en 2004 .

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        • Répondu par Mael R. le 1er février 2011 à  10:52 :

          Uderzo c’est le prix du Millénaire.

          En fait il y a un débat car avec ce prix anniversaire Sfar ne siège pas à l’académie des grands prix, et est donc potentiellement éligible (comme Uderzo et Brétecher donc. Et Pratt et Morris s’ils étaient encore vivant car ils ont tous reçu des prix spéciaux).

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          • Répondu par kurtzmaniac le 3 février 2011 à  14:03 :

            J’espère qu’Harvey Kurtzman, qui a tout inventé, aura le Grand Prix Posthume du troisième millénaire et la belle exposition qu’il a failli avoir en 1994.

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