Au Festival Pulp, à la Ferme du Buisson, Druillet en majesté, et Jeremy Perrodeau couronné

10 avril 2018 0 commentaire
  • Pulp est devenu un festival de référence. Certes, il faut se le coltiner, en banlieue parisienne, mais le propos artistique qui est développé vaut le détour. C’est Druillet la star cette année, incontournable roc autour duquel les vagues métallurliennes continuent de battre et de rayonner. Et Pulp se dote d’un prix, « le Prix du Jury du Festival » : c’est « Crépuscule » de Jérémy Perrodeau (Ed. 2024) qui remporte la palme de cette 5e édition.

Solide comme un Rock, littéralement increvable, Philippe Druillet a mené sa vieille carcasse cabossée à l’expo qui lui est consacrée à la Ferme du Buisson. Une exposition-choc de quelque 70 œuvres monumentales dont une bonne partie vient de la collection de Michel-Edouard Leclerc. D’un coup d’œil, on mesure la puissance, l’intention, la force de la composition, la couleur... Il y a chez Druillet une ambition nouvelle pour la bande dessinée des années 1960 que René Goscinny venait à peine d’émanciper de sa tutelle infantile : celle de faire de ce moyen d’expression un art, un nouvel art, le 9e art. Un art qui transmet mais aussi qui incube, infuse, contamine…

Colosses criards, hurlants et colorés, nuits sépulcrales, constructions monumentales… L’univers est dans Druillet, l’univers est Druillet. On comprend là la pertinence de l’artiste de bande dessinée dans l’histoire de l’art : celle de parler aux imaginaires comme savaient le faire les plus grands baroques, et après eux les grands symbolistes quelque peu effacés par deux guerres mondiales dont les avant-gardes prolongèrent les faisceaux destructeurs. D’un continent à l’autre, au niveau du cosmos, l’astre Kirby en phase avec l’astre Tezuka, la bande dessinée a retrouvé d’antiques sortilèges que des voyants comme Philippe Druillet ou Alan Moore ont su capter, à nous en faire perdre le souffle. Le pôle magnétique de la BD est en ce moment à la Ferme du Buisson.

Au Festival Pulp, à la Ferme du Buisson, Druillet en majesté, et Jeremy Perrodeau couronné
Philippe Druillet à la Ferme du Buisson.
Photo : Fonds Hélène et Édouard Leclerc.
Photo : Fonds Hélène et Édouard Leclerc.
Photo : Fonds Hélène et Édouard Leclerc.
Photo : Fonds Hélène et Édouard Leclerc.
"Crépuscule" de Jérémy Perrodeau - Ed. 2024

Son attraction a mené le jury vers un talent des éditions 2024. L’es-prix 2018 s’appelle Jérémy Perrodeau. Son livre, Crépuscule, répond aux vibrations science-fictionnesques du mage hurlant. ActuaBD n’avait pas manqué de vous le signaler : « Jérémy Perrodeau, à la fois graphiste et auteur de bande dessinée (Isles, La Grande Odyssée, éditions FP&CF) nous entraîne dans un voyage mêlant interrogations scientifiques et métaphysiques. Un récit au suspense latent et poétique qui, crescendo, mène le lecteur à découvrir la terrible vérité sur ces métamorphoses… » pouvait-on lire sous la plume de Morgane Aubert. Quelque part, l’effet tellurique de Druillet opère encore.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Expositions en place jusqu’au 21 avril 2018

PLUS D’INFOS SUR LE SITE DE L’ÉVÈNEMENT
La Ferme du Buisson - Scène nationale de Marne-la-Vallée ---
Allée de la Ferme – Noisiel --- 77448 Marne-La-Vallée Cedex 2

Tarifs
Pass expo 5 € / 3 € - Pass 2 propositions de 8 € à 22 €

Y aller (au départ de Paris)
-  Transport en commun
RER A dir. Marne-la-Vallée, arrêt Noisiel (20 min. de Paris Nation)
-  En voiture
A4 dir. Marne-la-Vallée, sortie Noisiel-Torcy dir. Noisiel-Luzard

- Commander "Crépuscule" chez Amazon ou à la FNAC.

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