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BRAFA 2013 : La BD se met au diapason de la peinture
21 janvier 2013

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242. BRAFA 2013 : La BD se met au diapason de la peinture

La 58e Foire des Antiquaires et de l’Art de Bruxelles (BRAFA) a ouvert ses portes ce samedi 19 janvier 2013. Cette édition, qui est marquée par les dix ans de présence de la foire sur le site de Tour & Taxis, voit aussi la bande dessinée renforcer un peu plus son image dans cet univers feutré grâce à la présence des galeries Champaka et Petits Papiers.

242. BRAFA 2013 : La BD se met au diapason de la peinture
Champaka

C’est lors de la 47e édition de la BRAFA que la BD avait pour la première fois montré le bout de son nez. Fanny Rodwell, la seconde épouse d’Hergé, y était venu présenter un catalogue consacré à Tintin. Le lobbying pouvait alors commencer. Après quelques tentatives infructueuses, la galerie Petits Papiers voit sa demande acceptée par le conseil d’administration du salon des antiquaires. Celle-ci sera rapidement rejointe par la galerie Champaka.

Champaka opte pour la continuité

Cette année, Éric Verhoest propose un approfondissement de sa thématique « Paris-Bruxelles », qui est l’axe traditionnel (à quelques exceptions près) de la bande dessinée franco-belge en y ajoutant une troisième destination : New York, capitale internationale de la culture, qui popularisa la BD moderne.

Associé à la galerie 9e Art, celle-ci met en évidence douze auteurs triés sur le volet, qui interprètent à leur façon le thème de cette exposition. Ainsi, Antonio Lapone, l’amoureux des affiches, nous propose un prolongement de Nocturne, sa précédente exposition chez le galeriste bruxellois. Plus loin, Guillaume Sorel, plus romantique que jamais depuis son album consacré à Stephan Zweig immortalise la Grand’ Place de Bruxelles et une vue de la Tour Eiffel depuis un atelier de peinture. Enfin, Miles Hyman nous offre un sensuel aller-retour Paris-New York.

La galerie Champaka enrichit aussi son stand de quelques originaux de Franquin et de Hergé, ainsi que quelques planches du dernier Blake & Mortimer par André Juillard.

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Miles Myman - Champaka


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Testa di…soldato - Petits Papiers
Acrylique sur toile. 195x 97cm.

Un renouveau chez Petits Papiers

Du côté de Petits Papiers, Marc Breyne et Alain Huberty ont opté pour la rupture vis-à-vis de leurs précédentes expositions à la BRAFA. Un stand plus grand de 160 m² a été inauguré. Quatre artistes majeurs y sont exposés. Ainsi, Philippe Geluck, Jean-Claude Götting, François Avril et Dominique Corbasson se partagent cet espace à la fois intimiste et moderne. D’autre part, les galeristes proposent une preview de leur programmation 2013. Par exemple, les visiteurs du salon ont un avant-goût de l’exposition consacrée à Philippe Druillet et Hervé Di Rosa, qui débutera au mois de mars.

Abolir les frontières entre BD et art contemporain

Plus que jamais, la bande dessinée s’échappe de ses cases pour rejoindre la grande famille de l’art contemporain. À l’instar de la photographie, quelques années plus tôt, la bande dessinée devient une valeur refuge où il est bon d’investir, comme nous l’explique Alain Huberty : « Actuellement, nous sommes à la deuxième phase. À un moment, on parlait énormément de la BD, déjà comme investissement. Il y a encore un an, tout se vendait en BD ! Mais depuis quelques temps, les gens deviennent beaucoup plus sélectifs et s’intéressent surtout aux grands maîtres car la valeur de leurs œuvres évoluent de manière exponentielle. Les grands maîtres, ce sont des classiques tels Franquin ou Hergé et les modernes comme Druillet, Tardi ou Schuiten. C’est une évolution classique dans le marché de l’art, tout style confondu et c’est l’avenir selon moi. En BD, nous n’en sommes qu’au début. C’est le moment d’investir à condition de s’intéresser à cette catégorie d’auteurs. »

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Jean-Claude Götting - Stand Petits Papiers
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Ever Meulen - Champaka
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Pat Andrea - Petits Papiers
Scène de la vie quotidienne / Zoophile Huile sur toile. 70 x 200cm.

La bande dessinée est médiatisée et rapporte de l’argent, c’est un fait acquis. Pour autant, Éric Verhoest nous met en garde qu’une discipline qui veut être reconnue au rang d’art majeur ne peut pas se contenter uniquement d’un argumentaire basé sur le profit : «  Aucun galeriste spécialisé dans la BD, à travers le monde, n’a utilisé un discours autre que « on a fait + 20% » ou « on a vendu un Loustal deux fois plus vite ». C’est un peu dommage mais en même temps, il faut passer par là. La reconnaissance passe d’abord par les chiffres mais j’espère qu’après cela, nous adopterons un discours plus artistique. »

Le président de la BRAFA, Harold t’Kint de Roodebeke fait un parallèle entre la BD et le cinéma : «  La BD c’est l’association du dessin et de la mise en scène. Une évolution naturelle de l’art moderne. »

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Sorel - Champaka

Si le rapprochement effectué ces dernières années entre BD et art contemporain n’est pas perçu par lui comme une tendance lourde, celui-ci reconnait néanmoins qu’il y a un rapprochement naturel : « Les artistes d’art contemporain aiment la BD, tandis que des auteurs tels que Denis Deprez, Nicolas de Crécy ou encore Marc-Antoine Mathieu utilisent l’art moderne comme source d’inspiration pour leurs BD ».

Un juste retour des choses, finalement.

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Frank Pé - Champaka

BRAFA 2013

Tour & Taxis, Avenue du Port 86 C/ B-1000 Bruxelles

DATES ET HEURES D’OUVERTURE

samedi 19 - dimanche 27 janvier 2013 de 11.00 à 19.00 h Nocturnes mardi 22 et jeudi 24 janvier 2013 jusqu’à 22.00 h

Tél : +32 (0)2 513 48 31 - Fax : +32 (0)2 502 06 86

info@brafa.be

Le site de l’événement

(par Christian MISSIA DIO)

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12 Messages de forum : Participez à la discussion

  • Et comme d’habitude on aime la bd mais pas pour ce qu’elle est. Pas de planches ( houla non ! ) On préfère demander aux auteurs de faire des petites images sans rien écrit dessus qu’on, puisse mettre des petits cadres autour pour faire joli...

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    • Répondu le 21 janvier 2013 à  17:13 :

      Bien dit ! La bd est avant tout de la narration !!! Là, c’est du travail d’illustrateur.C’est très beau mais ça n’est pas de la BD. Mettez plusieurs tableaux d’Hopper à côté et dîtes que c’est de la BD tant que vous y êtes.

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      • Répondu par charlicom le 22 janvier 2013 à  08:14 :

        L’illustrateur peut être ausi auteur de BD et vice versa, d’ailleurs les couvertures d’album le montrent. La nuance étant dans l’intention, art narratif dans la séquentialité, l’apport de bulles et textes ou non n’étant qu’accessoire. Donc peu de rapport entre art pictural où l’intention relève des arts plastiques (positionnement sur le support, la texture, la matière, le sens), et l’illustration relevant des arts graphiques (intention narrative utilisant des moyens plastiques). Ceci dit cet engouement pour l’investissement dans l’original de bande dessinée est signe des temps, valeur refuge on opte pour le rassurant, le figuratif, la belle technique, bref la valeur pompier au même titre que le prix de Rome fin XIXème. Et même au sein de cette valeur figurative certains optent pour la tradition plutôt que sur l’avant-garde...

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  • Vous parlez de BD, mais tout ça n’est que de l’illustration. La narration est surement trop vulgaire pour ces parangons du bon goût.

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  • La BD est plus forte que la peinture

    22 janvier 2013 01:13, par J-Jacques

    Nous avons là des auteurs qui veulent faire peintres, mais la grande force de la bande dessinée est dans le trait, et il y a mille fois plus de force dans un trait d’Hergé, de Franquin, de Macherot, de Wasterlain ou de Dethuin, que dans ces travaux de peintres du dimanche.

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    • Répondu par Oncle Francois le 22 janvier 2013 à  12:21 :

      Plus de force, mais aussi plus d’amateurs : les originaux de Hergé, Franquin et Uderzo se vendent facilement à plus de cent mille euros pièce...

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      • Répondu par Raymond le 22 janvier 2013 à  17:14 :

        Oncle François, vous devriez méditer cette maxime de La Rochefoucauld : "Le ridicule déshonore plus que le déshonneur."

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        • Répondu par Oncle Francois le 23 janvier 2013 à  11:18 :

          Que voulez vous dire ? Que les "jeunes " (il me semble qu’ils doivent avoir entre 40 et 60 ans tout de même !!) auteurs de BD sont ridicules de vouloir faire de la peinture ? C’est bien leur droit, après tout, cela change du remplissage de gaufrier de petites cases, et cela permet de jouer à l’artiste-peintre. Il n’y a rien de déshonorant non plus dans cette tendance...

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          • Répondu par Érik le 23 janvier 2013 à  18:10 :

            cela change du remplissage de gaufrier de petites cases

            Remplissage ???? Quel mépris pour la bande dessinée ! Si vous n’aimez pas ça, n’en dégoutez pas les autres.

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            • Répondu par Oncle Francois le 24 janvier 2013 à  12:14 :

              aucun mépris de ma part pour la BD, d’ailleurs le gaufrier n’a rien de péjoratif, c’est un terme technique qui désigne les cases d’une page.

              Maintenant, j’ai parfois discuté avec Jijé, Giraud Moebius, Will et d’autres. Je peux vous dire que quand ces auteurs faisaient de la peinture, c’était pour s’amuser (et non pour vendre ou exposer). Ce qu’ils cherchaient avant tout, c’était un autre rapport à la matière (toile, gouache, pinceau) que celui de la feuille de papier à dessin A3, de la gomme et du crayon, et de l’encre de Chine.

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  • BRAFA 2013 : La BD se met au diapason de la peinture

    22 janvier 2013 22:15, par xav kord du standard téléphonoique

    De nombreux appels, ce soir. Ainsi, Jean-Claude Gemefou, de Goulême :

    Ah ! Ah ! Ah ! Je lis et je ris.

    Je ris de lire les commentaires de personnes, qui, s’en sans rendre compte, peut-être, font là le lynchage de Moebius et de son Arzach, qui mit le ver de l’Art Contemporain dans le fruit de la Bandessinée, en détricotant les codes de la narration... Je ris, car tous les défenseurs du trait doivent trouver Mondrian chiant et très peu doué (le syndrome du "Un-gamin-de-trois-ans-en-fais-autant"), présumè-je... Pourtant, le trait, chez Mondrian, non ?...

    Mais peut-être suis-je dans le procès d’intention ?

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    • Répondu le 23 janvier 2013 à  10:13 :

      Arzach ?! Aurait-on de mauvaises informations ? Moi je croyais que c’était des histoires courtes publiées en feuilleton dans un magazine de Bd et vous, vous nous dites que non, pas du tout, c’était de l’art contemporain, comme Mondrian, des tableaux exposés aux murs ?...

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