Batman : The Dark Prince Charming 1/2 - Par Enrico Marini - DC Comics/Dargaud

9 janvier 2018 0 commentaire
  • Nous vous avions largement annoncé sa parution dans nos colonnes : le Batman réalisé par Enrico Marini fut l'un des temps forts de la fin d'année 2017. Nous avons lu l'album et vous donnons notre avis dans cet article.
Batman : The Dark Prince Charming 1/2 - Par Enrico Marini - DC Comics/Dargaud
Batman : The Dark Prince Charming 1/2
Enrico Marini (c) DC Comics/Dargaud

Il était une fois, dans une ville lointaine nommée Gotham City, une petite fille sans le sou qui était à la recherche de son père. Pour exaucer son vœu, sa mère, une ravissante servante, l’emmena un jour chez l’homme le plus riche de la ville, le seigneur Bruce Wayne. Mais remarquant des traces de piqûres dans le bras de la mère éplorée, ce dernier se montra peu réceptif à sa réclamation, et l’éconduit sans ménagement. Furieuse, la servante usa alors de l’arme la plus efficace contre les puissants : le scandale. Elle espérait ainsi faire plier sous sa volonté ce sombre prince charmant. Mais sa démarche attira l’attention de l’Homme à la chevelure de jade. Un coupe-jarret au teint de porcelaine, connu sous le nom de Joker. C’est ainsi que la petite fille tomba dans les griffes du dangereux bandit. Un preux chevalier lui viendra-t-il en aide ? Vous le saurez en lisant cette histoire...

Une rencontre au sommet

Comme une évidence, l’association des noms d’Enrico Marini et du Batman ont suscité l’enthousiasme auprès des lecteurs de l’auteur italo-suisse, en même temps que la curiosité des fans du Dark Knight. En effet, le style raffiné et baroque du dessinateur de Rapaces sied à merveille à l’univers de La Chauve-Souris.

La multiplicité narrative, le développement d’histoires à partir de points de vue différents ou dans un univers alternatif, est une stratégie marketing bien connue et bien installée dans l’univers des comic books. L’appel à un auteur de BD franco-belge aussi reconnu que Marini fut cependant une première pour les éditions DC Comics, comme nous l’expliquait l’auteur dans un précédent entretien consacré au magazine GQ spécial Batman.

Il a écrit l’histoire de son Batman en anglais mais l’album a été pensé pour le marché francophone. Celui-ci fait soixante pages et propose un format hybride entre BD européenne et comics. On y retrouve l’emphase des comics mais en grand format, à l’instar de BD européennes, avec la même puissance que dans Les Aigles de Rome.

Batman : The Dark Prince Charming 1/2
Le Joker vu par Marini.
Enrico Marini (c) DC Comics/Dargaud
Le Joker et Harley Quinn
Enrico Marini (c) DC Comics/Dargaud

Entre tradition et modernité

Bien que cette histoire soit hors continuité et se déroule dans un environnement futuriste, elle s’insère néanmoins dans une tradition de récits consacrées aux aventures de Bruce Wayne, comme nous l’explique l’auteur du Scorpion :« Mon Batman s’inscrit dans une veine plus classique. Il y a un peu de Neal E. Adams, de Jim Aparo qui a fait un Alfred plus classique, un butler à l’anglaise, mais qui n’est pas seulement là pour servir le thé. Il fait des petits commentaires quand même…

Quant à Bruce Wayne, il doit avoir entre 30 ans et 35 ans, ce qui nous donne un Batman encore très agile et mûr. Il combat le crime depuis une bonne dizaine d’années. C’est un homme d’expérience mais qui a encore des choses à apprendre, et c’est un solitaire. Je lui ai aussi conçu un costume simple mais élégant. On est loin du costume qu’il enfile dans le film "Justice League", car ce n’est plus un costume qu’il endosse mais une armure bourrée de technologie.

Pour le Joker, j’ai essayé de revenir à un personnage un peu plus clown, même s’il est avant tout un psychopathe. Car j’estime que sa dimension clownesque s’est un peu perdue au fil des années et des adaptations. Que ce soit au cinéma ou en BD, le Joker est plus un monstre très gore qu’un clown. Le profil du monstre lui va bien et je l’ai apprécié, mais j’avais envie de m’amuser avec ce personnage car il me tient à cœur. J’estime qu’il a un très grand potentiel. Je lui ai donc fait un costume classique de clown mais cela ne l’empêchera pas de changer de personnalité. On le verra d’ailleurs dans le tome 2, qui sortira au printemps ».

Catwoman
Enrico Marini (c) DC Comics/Dargaud

L’auteur poursuit ensuite ses explications : « Mon Batman est classique parce que je joue avec des éléments connus, avec des personnages connus. Je raconte une histoire entre Batman, le Joker et la petite Alina, qui est présumée être la fille de Bruce Wayne d’une manière ou d’une autre, et que le Joker enlève. L’enjeu est très personnel pour Batman. D’où le titre, car tel un prince charmant, il essayera de sauver la petite princesse prise en otage par le méchant Joker. C’est donc une histoire plus intime. On est loin de la "Justice League" où Batman se mue en sauveur de la planète. On se concentre sur un seul personnage et j’ai mis en place un jeu psychologique entre les deux antagonistes. Il y a de l’action, mais aussi pas mal d’humour. »

Dessinateur hors pair, Enrico Marini nous confirme une nouvelle fois avec ce premier de tome de ce diptyque qu’il est également un bon scénariste. L’histoire, simple au premier abord, se révèle très plaisante à lire, surtout grâce à la présence du Joker, une Nemesis qui vole littéralement la vedette au héros-titre.

Enfin, précisons qu’une édition spéciale composée d’une couverture inédite et de douze pages de croquis est également disponible en librairie.

Voir en ligne : Découvrez le Batman de Marini sur le site des éditions Dargaud

(par Christian MISSIA DIO)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

En médaillon : Batman : The Dark Prince Charming 1/2 - édition spéciale

À lire sur ActuaBD.com :

- Commander Batman : The Dark Prince Charming 1/2 sur Amazon ou à la FNAC

- Commander Batman : The Dark Prince Charming 1/2 - édition spéciale sur Amazon ou à la FNAC

Suivez Enrico Marini sur ses réseaux sociaux Facebook et Instagram.

  Un commentaire ?