Candide ou l’optimisme de Voltaire - T1 - Par Delpâture, Dufranne & Radovanovic - Delcourt

12 novembre 2008 4 commentaires
  • Réflexion sur le mystère du mal ou comment concilier l'existence du mal sur terre avec l'existence de Dieu, {Candide} fait l'objet d'une adaptation en bande dessinée. Pari osé, mais réussi.

Candide vivait, en toute insouciance, dans le meilleur des mondes possibles : le magnifique château westphalien de Tunder-Ten-Tronch. Jusqu’au jour où, pour avoir osé poser les yeux sur la fille du châtelain, la belle Cunégonde, il est expulsé de ce petit paradis. Dans son errance, Candide découvrira alors le monde tel qu’il est vraiment : un monde de guerres, de violence, de bêtise et de mort !

"Le style voltairien m’a toujours semblé très “bande dessinée”, une première couche visuelle, une deuxième de lecture, une troisième de compréhension et de réflexion sur le propos… L’envie était d’offrir une adaptation utilisant les règles et référents de cette bonne “vieille BD franco-belge” et de naviguer entre réalisme et “second degré”. L’adaptation a donc consisté à s’appuyer au maximum sur le travail de Voltaire (descriptions, dialogues, actions, etc.) et à trouver une réponse adaptée dans les codes BD à notre disposition." confie Michel Dufranne [1]. Avec son compère de l’émission Mille-feuilles (RTBF) Gorian Delpâture, il s’est lancé dans l’adaptation en trois volumes du célèbre conte philosophique écrit par Voltaire.

Conscient du potentiel dangereux de l’ouvrage, ce dernier avait préféré qu’il soit publié anonymement en 1759. En effet, Candide est une critique acerbe de la providence divine et pose cette question essentielle : quelle est l’origine du mal ? "Presque toute l’histoire est une suite d’atrocités inutiles" écrivait déjà Voltaire en 1756  [2]. Candide évoque des thématiques, malheureusement, universelles : guerres, cataclysmes naturels, fanatisme religieux.

Candide ou l'optimisme de Voltaire - T1 - Par Delpâture, Dufranne & Radovanovic - Delcourt

Les auteurs ont gardé l’aspect référentiel et second degré du texte initial. Si le jeu d’acteur dessiné par le Serbe Vuja Radovanovic (dessinateur du tome La Paresse de la série Pandara Box) est légèrement surjoué, les couleurs de Christophe Araldi et Xavier Basset le sont tout autant. L’album bénéficie alors "d’un vernis faussement réaliste séduisant qui, une fois gratté, renvoie à la dimension “conte philosophique” de l’œuvre.", selon les propres termes de Michel Dufranne.

Là encore la collection Ex-Libris joue parfaitement son rôle : revisiter les classiques de la littérature en bande dessinée, tout en donnant une seule envie, une fois l’album refermé : Se replonger dans le texte original.

(par Laurent Boileau)

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[1interview réalisée pour notre partenaire France5.fr.

[2Essai sur l’histoire générale.

 
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4 Messages :
  • Dès la première page, c’est la catastrophe : outre le dessin hideux et les couleurs qui vont avec, le scénariste n’a rien compris au texte. Thunder-ten-tronck n’est sûrement pas ce château impressionant, car s’il l’est (impressionant) aux yeux de Candide, c’est parce qu’il comporte "une porte et des fenêtres", autrement dit, c’est à peine plus qu’une masure. Quant à Cunégonde, elle est censée être grasse et appétissante, donc rien à voir avec le personnage insipide représenté dans les dernières cases.
    Il ne s’agit pas de dire qu’il faille être absolument fidèle au texte, mot à mot, mais il faut, a minima, le comprendre, et notamment comprendre son humour.

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    • Répondu par Gorian Delpâture le 14 novembre 2008 à  09:38 :

      Bonjour.

      Il se trouve que je suis un des deux co-scénaristes de "Candide ou l’optimisme". Il se fait aussi que je connais particulièrement bien les contes de Voltaire. Et Candide presque par coeur. Un des défis de notre adaptation était de renouveller l’ironie voltairienne en nous l’attribuant, très modestement. Je sais évidemment que le château de Thunder-Ten-Tronckh est un petit château de campagne, fort modeste. Mais l’ironie "de la porte et des fenêtres" nous semblait difficile à rendre en une case. Nous avons donc choisi une autre ironie, plus subtile, en représentant le château de Louis II de Bavière. Trop subtile pour vous. J’en suis navré. Même chose pour Cunégonde. "Grasse et appêtissante" ne veut pas dire "grosse et laide". Vous n’avez pas compris Voltaire. Vérifiez les illustrations d’époque de Candide, cautionnées par Voltaire, et vous verrez qu’elle ressemble à la nôtre.

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  • Moi aussi j’ai été déçue par cet album. Je trouve que les auteurs sont passés à côté du second degré de Voltaire, par leur dessin, leur narration. C’est vraiment dommage. Je trouve que Le Candide illustré de Sfar était beaucoup plus dans l’esprit de Voltaire.

    Voir en ligne : http://www.bodoi.com

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    • Répondu le 13 novembre 2008 à  14:33 :

      Je trouve que Le Candide illustré de Sfar était beaucoup plus dans l’esprit de Voltaire.

      La grosse différence, c’est que Sfar avait lu Candide, avait compris Candide et que Sfar est intelligent.

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