
Il faut découvrir sans attendre le style particulier de Florence Dupré la Tour qui nous offre, avec la série Capucin, un œuvre originale, aussi bien dans le registre du graphisme que dans celui de la narration.
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Il y a d’abord l’univers médiéval, à propos duquel nous reviendrons bientôt et qui renouvelle un genre quelque peu sclérosé par l’Héroïc-Fantasy commerciale. Chez Dupré la Tour, il est le prétexte à une farce grotesque et faussement naïve qui utilise tout l’attirail des contes de fées : ogres, sorciers, monstres fantastiques et héros sans peur, mais non sans reproche.
Il y a ensuite ce dessin qui a l’air d’être influencé par le Shôjô japonais, mais qui louche peut-être aussi vers des univers et des traits plus modernes, comme celui de Junko Mizuno. Il en résulte des personnages « kawaï » (mignons) avec des grands yeux émouvants, suivant un code inventé par Osamu Tezuka sous l’influence de Walt Disney, mais que l’on dirait ici remixé avec le stype nouille « pop » et les couleurs d’un Milton Glaser pris dans un mouvement trondheimien.
Il y a enfin ce scénario conçu comme une fantaisie parodique du conte et qui s’attache à en ridiculiser, mais ce faisant en les renouvelant, ses figures les plus notoires comme Merlin l’enchanteur, la fée Morgane ou encore Saint-Nicolas. Dans son maître ouvrage, La psychanalyse des contes de fée, Bruno Bettelheim expliquait que derrière l’aspect paisible des contes, il y avait le tumulte de l’esprit et que ceux-ci nous aidaient à l’apaiser. Chez Florence Dupré la Tour, l’esprit doit être dans un sacré maelström !
(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))
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