Cartooning for Peace fête ses dix ans chez Gallimard

22 septembre 2016 0 commentaire
  • L’association créée par Plantu et Kofi Annan a dix ans. Elle faisait suite à l’affaire des caricatures danoises qui avaient embrasé les esprits dans les pays musulmans et en Occident. L’idée était de défendre le vivre-ensemble et la liberté d’expression, de réunir autour de ces mots d’ordre les cartoonists du monde entier. Depuis, il y a eu le 7 janvier 2015 et tout ce qui a suivi…
Cartooning for Peace fête ses dix ans chez Gallimard
Le Dessin de presse dans tous es Etats - Ed. Gallimard

En Septembre 2015, l’association qui rassemble près de 150 dessinateurs, multipliant les expositions dans le monde entier, a l’idée de faire un colloque international avec comme motif, suggéré paraît-il par Antoine Gallimard, « Le dessin de presse dans tous ses États ». Remarquez la majuscule : ce sont bien des différentes nations du monde dont on parle, parce que l’état du dessin de presse, entre les assassinats de Charlie Hebdo, la réduction drastique de la place dans les journaux et la difficile diffusion en kiosque, il n’est vraiment pas terrible…

Mais c’est l’occasion de réunir des « consciences » d’aujourd’hui : Delphine Horvilleur, Régis Debray, Jean-Noël Jeanneney, Jack Lang, Pascal Ory,… Et de les confronter aux dessinateurs de presse, du moins ceux qui sont encore vivants : Riss, Plantu, Khalil, Kichka, Kroll, Vadot, Willis From Tunis… dans « une réflexion citoyenne » qui a fait l’objet d’un livre qui sort ces jours-ci chez Gallimard et qui a été lancé lundi dernier.

Antoine Gallimard et Jean Plantu
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Antoine Gallimard était satisfait de faire entrer les dessinateurs de presse dans la maison des Prix Nobel de littérature, rappelant au passage que son grand-père Gaston Gallimard avait fondé en 1932, une revue satirique, Marianne –« rien à voir avec celle que l’on connaît aujourd’hui » précise-t-il- qui était dirigée par Emmanuel Berl, dont la maquette avait été faite par André Malraux, et qui publiait des dessins satiriques et notamment les fameux photomontages, préfiguration de ceux d’Hara Kiri, du caricaturiste danois Marinus. Inutile de dire qu’en 1940, le journal s’arrêta…

La revue Marianne publiée par Gallimard en 1932, avec les collages de Marinus.

Plantu rendit la politesse à l’éditeur germano-pratin puis passa la parole à Régis Debray qui expliqua que les caricaturistes étaient des « canaris majeurs ». L’analogie est faite avec les canaris des mineurs de fond qui s’arrêtaient de chanter quand ils sentaient l’odeur du grisou. « De la même façon, lorsqu’un caricaturiste s’arrête de dessiner dans une démocratie, c’est que le danger n’est plus très loin… »

Antoine Gallimard, Régis Debray et Plantu
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Au passage, Plantu et Antoine Gallimard annoncèrent qu’une nouvelle collection allait naître dans la maison : « Des petits livres pas très chers qui feront découvrir les caricaturistes du monde entier. » La série devrait être publiée dès l’année prochaine. Espérons qu’aucun coup de grisou ne survienne d’ici là…

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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