Daredevil, Spider-Man, Hulk – par J.Loeb & T. Sale – Panini comics

12 septembre 2016 4 commentaires
  • Les origines de trois des plus emblématiques héros de l'univers Marvel dépeintes avec soin par le talentueux duo Jeph Loeb/Tim Sale. Beau, très beau mais pas passionnant.

Jeph Loeb et Tim Sale font partie des grandes stars de la BD outre-Atlantique. Depuis qu’ils ont émerveillés les fans du justicier de Gotham (Des Ombres dans la nuit, Amère Victoire ou Un long Halloween), leur tandem a carte blanche aussi bien chez DC que chez Marvel. Entre 2001 et 2004, ils se sont intéressés aux origines de Daredevil lorsqu’il était encore en costume rouge et jaune, de Spider-Man alors en couple avec Gwen Stacy et de Hulk juste après son irradiation, alors qu’il était gris et non vert.
Ils ont sobrement intitulé ces différents arcs narratifs : Daredevil jaune, Spider-Man bleu et Hulk gris.

Daredevil, Spider-Man, Hulk – par J.Loeb & T. Sale – Panini comics

Ces histoires sont toutes chargées d’une tonalité mélancolique et d’une ambiance rétro magnifiquement soulignée par le style de Tim Sale.
Elles suivent également toutes la même trame du deuil et du héros revenant, par le biais de lettres, d’un dictaphone ou d’une séance chez le psy, sur ses débuts et son amour perdu.
Ainsi les défuntes Karen Page, Gwen Stacy et Betty Ross (alors morte pendant la publication de ces mini-séries) reprennent vie dans ces pages bercées par les mots pleins d’amertume des trois super-héros.
Spider-Man Bleu
Cette initiative a été couronnée d’un franc succès auprès des lecteurs séduits par le look irréprochable, le concept d’une couleur par personnage mais également par l’audace d’embrasser les codes du drame et même du mélodrame.

Et ça serait sur ce dernier point que cette proposition pèche. Même s’il est toujours intéressant de tirer ces personnages sur des versants plus adultes, il ne faut tout de même pas perdre de vue que l’on parle de zozos en collant inventés pour distraire et faire rêver les enfants.

Et il est vrai que de les entendre se lamenter sur 448 pages (car ce recueil est quand même un beau bébé) en pensant à leur grande peine de cœur peut avoir tendance à ennuyer, voire même à agacer. Sans compter que les histoires sont tout de même largement connues et qu’on ne risque pas d’être surpris de ce côté.

Alors oui, ce recueil est magnifique, les planches de Tim Sale sont toutes plus époustouflantes les unes que les autres et le concept part d’une ambition très intéressante... Mais il aurait peut être fallu veiller à ne pas tant alourdir le propos qui en devient parfois risible à force d’en faire trop.
Après si vous aimez les mélodrames, n’hésitez pas.

Hulk Gris

(par Mathieu Drouot)

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4 Messages :
  • Mon dieu quel propos pédant... Qui a lu les épisodes des 60’s de ces personnages sait qu’ils prenaient coups sur coups, et que la mélancolie était un état dans lequel ils baignaient en permanence, n’en déplaise à un chroniqueur qui ne voit dans les aventures de l’époque qu’un propos infantilisant. Par pitié... Soit il s’agit d’un manque de culture flagrant de l’histoire des comic-books, soit une vision de la BD américaine tout simplement affligeante...

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    • Répondu par Zot ! le 13 septembre 2016 à  22:54 :

      Allons, allons, un peu de tolérance pour le journaliste d’actuabd, qui ne souhaite pas donner dans la complaisance ! Chacune de ces trois histoires est, lue séparement, plutôt intéressante, mais leur juxtaposition donne une légère impression d’overdose ! Et dans les années soixante (période où Lee écrivait presque tous les dialogues), les comics proposaient un subtil cocktail de mélo, d’humour et surtout d’action et de merveilleux !

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    • Répondu par Mathieu le 13 septembre 2016 à  22:59 :

      Pourquoi s’énerver et faire appel à l’histoire des comics ?
      Nous ne sommes pas d’accord et cela n’est pas grave. Peut-être avez vous mal interprété mes propos.
      Personnellement, j’ai trouvé le ton de cette série poussif. Voilà tout et cela n’a rien à voir avec ce qui a été créé par le passé. Et ce n’est certainement pas parce que la mélancolie pouvait être présente dans les années 60 que ce recueil puisse soudainement être bien écrit.

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      • Répondu par Yo le 14 septembre 2016 à  23:04 :

        Perso, je trouve le Daredevil excellent, le spider-man bien sans plus, et le Hulk très moyennasse.

        Surtout, bien qu’il soit un moment de lecture sympa, il n’arrive pas à la hauteur des "4 saisons de Superman" et du travail sur Batman (Halloween et Dark Victory) mais qui sont de réels chef-d’œuvre de BD adulte.

        Jeph Loeb est à mon goût un scénariste très irrégulier. par contre Tim Sale vaut à lui seul l’achat du livre !

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