DeathCo, au delà de ses limites (DeathCo T3 & T4)

19 avril 2017 0 commentaire
  • "DeathCo", danse macabre neo-gothique, se poursuit dans un ballet sanglant au cours duquel notre héroïne a maille à partir avec des adversaires toujours plus coriaces. Par Atsushi Kaneko, l'auteur de "Soil" et "Wet Moon".
DeathCo, au delà de ses limites (DeathCo T3 & T4)
DeathCo T3
Atsushi Kaneko (c) Sakka/Casterman

Un bourreau difforme a mis au point un plan infernal pour capturer les Reapers, les tueurs à gage de la Guilde. Avec un plaisir sadique, il abat l’une après l’autre ses victimes après les avoir savamment torturé.

Deathko est également tombée dans son piège. Mais son salut viendra de l’intervention fortuite des Dead Queen Bee, qui permettront à la jeune femme de se tirer de ce guêpier et de vaincre son adversaire. Toutefois, cet épisode a laissé des traces... Sévèrement ébranlée par les mauvais traitements qu’elle a subis, Deathko s’enfonce un peu plus dans la dépression, sous le regard inquiet de Lee, le majordome et âme damné de Madame M, la matrone qui a recueilli la jeune exécutrice. L’ado gothique poursuit néanmoins ses missions vengeresses.

Après la traque d’un savant fou inventeur d’une nouvelle arme bactériologique, elle est ensuite confrontée à Deevil, un Reaper particulièrement redoutable qui semble lié à Madame M. En effet, l’intrigue nous révèle le passé de cette dernière, qui était une véritable légende vivante parmi les moissonneurs de la Guilde. Elle était en quelque sorte le « Mozart » du meurtre commandé, une stakhanoviste de l’exécution. Madame M voit en Deathko son héritière légitime et la seule personne capable de la tuer pour lui succéder.

Le monde désenchanté d’Atsushi Kaneko

DeathCo T4
Atsushi Kaneko (c) Sakka/Casterman

Atsushi Kaneko, l’auteur de Soil et Wet Moon, est imprégné de culture punk. Particulièrement fan du groupe punk rock The Cramps, ses influences viennent également d’auteurs aussi différents que le maître du manga d’horreur Suehiro Maruo, et les cinéastes David Lynch, Quentin Tarantino et Todd Solondz.

Inspiré des comics Underground et de l’esthétisme gothique, Kaneko développe un style inimitable et identifiable au premier coup d’œil. Pour DeathCo (chronique des tomes 1 et 2 ici), il nous propose un graphisme misant sur un trait plus présent que dans ses anciennes séries, ce qui accentue les impressions nocturnes. Les noirs et blancs gagnent alors en puissance. Plus graphiques, ils exaltent la décadence de l’univers lugubre que nous dépeint l’auteur.

Dans sa bibliographie, DeathCo se rapproche beaucoup de son précédent titre Bambi car Kaneko y met en scène une tueuse redoutable et imprévisible, qui inspire la peur à ses adversaires. Choisir une héroïne plutôt qu’un personnage masculin s’explique par sa volonté de créer de la distance entre son personnage et lui-même. Aussi, les deux titres incluent également une organisation secrète : dans Bambi, l’héroïne obéit aux Vieux, des personnages mystérieux mais omnipotents, tandis que Deathko reçoit ses ordres de missions de la Guilde, une organisation secrète qui décide de la vie et de la mort des criminels. Enfin, les deux personnages affrontent une horde d’assassins tout au long de leurs aventures respectives.

Cette société dystopique dans laquelle tout un chacun peut devenir tueur à gage, illustre la vision nihiliste du monde que s’est forgé Atsushi Kaneko. Mais l’humour absurde qu’il injecte tout au long des aventures de son ado tueuse suffit à créer de la distance pour que la brutalité représentée devienne alors jubilatoire. DeathCo est un incontournable à découvrir.

DeathCo
Atsushi Kaneko (c) Sakka/Casterman

(par Christian MISSIA DIO)

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DeathCo T3 - Par Atsushi Kaneko - Casterman / Sakka

Lire la chronique des tomes 1 et 2 de la série

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