Deux anciens éditeurs de Dupuis passent chez Soleil et Futuropolis

29 août 2006 8 commentaires
  • Claude Gendrot rejoint les éditions Futuropolis et Corinne Bertrand les éditions Soleil. Ce ne sont pas moins de six anciens cadres de chez Dupuis qui sont passés en moins de trois ans sous la bannière du groupe animé par Mourad Boudjellal.

Certains auteurs ont reçu ces jours-ci de la part de Claude Gendrot, l’ancien directeur éditorial de chez Dupuis, une lettre dans laquelle il annonce rejoindre les éditions Futuropolis comme directeur de collection. Il y retrouve ainsi l’éditeur Sébastien Gnaedig, l’attachée de presse Evelyne Colas et le graphiste Didier Gonord, tous d’anciens collaborateurs de Dupuis. On sait que Futuropolis est une joint-venture entre les éditions Soleil et les éditions Gallimard.

Les transferts ne s’arrêtent pas là, puisque l’éditrice Corinne Bertrand, en charge chez Dupuis de la collection Expresso, vient quant à elle de rejoindre les éditions Soleil, où elle s’occupera notamment de Quadrant Solaire, le label créé par Denis Bajram et Valérie Mangin. Elle y rejoint l’éditeur Laurent Duvault, lui aussi un ancien pilier de la maison carolorégienne.

Ainsi donc, au travers de ces deux labels Soleil & Futuropolis, Mourad Boudjellal a su attirer un bon nombre de talents des éditions Dupuis, semble-t-il démoralisés par les restructurations successives depuis novembre 2003.

Incontestablement, les choix stratégiques successifs du patron de Soleil, comme cette alliance avec Gallimard dans Futuropolis ou encore celle, essentielle, de la création de DelSol, une joint-venture avec Delcourt qui met en commun les moyens de diffusion des deux éditeurs, ses « coups » avec TF1 (StarAcnotamment), avec France Télévisions (Foot2Rue), sa diversification éclair dans les mangas (acquisitions des éditions Tokebi et Asuka, création du label Soleil Hero) et enfin sa remise en cause des standards de la bande dessinée classique (collection NG chez Soleil, Collection 32 chez Futuropolis) font de lui l’éditeur du moment.

Le tout nouveau co-président du RCT (Rugby Club Toulonnais) s’y connaît en négociation de transferts en tous genres, vecteurs de dynamisme et de volonté de gagner. On peut affirmer qu’ il a été sans conteste l’opérateur éditorial le plus actif de la saison. Pas étonnant que Corinne Bertrand et Claude Gendrot aient envie de le rejoindre dans cette aventure !

(par Nicolas Anspach)

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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En médaillon : Mourad Boudjellal. Photo : D. Pasamonik.

 
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8 Messages :
  • Bien joué ! Respect à l’homme d’affaire, vraiment !

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    • Répondu le 29 août 2006 à  18:51 :

      Gendrot, ou le Tumaga de la BD ? Sa fin de carrière vaut elle autant ? S’agit également d’un engagement pour une demi saison ?

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      • Répondu le 31 août 2006 à  18:17 :

        Curieux la vie ? Après avoir tant dénigré Soleil,on se raccroche aux branches comme on peut.

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  • vous avez oublié d’annoncer qu’un autre éditeur a rejoint l’equipe futuro : alain david. ancien de chez rackham, découvreur de talents, il a œuvré en freelance et trop souvent dans l’ombre pour de grandes maisons. il est grand temps que ses competences et son professionnalisme soient reconnus.

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  • La Lettre de Claude Gendrot aux auteurs.
    31 août 2006 16:33, par ActuaBD

    Suite à la publication de sa lettre destinée aux auteurs sur le site de BD ZOOM (reproduite sans sa permission), Claude Gendrot nous autorise à la publier dans notre forum. L’ancien directeur éditorial de Dupuis y confie qu’il rejoint Futuropolis, « Avec un projet éditorial, conduit par Sébastien [Gnaedig], qui [lui] va comme un gant, et au développement duquel [Il] entend apporter [sa] contribution enthousiaste ».


    Bonsoir, les Ami(e)s,

    Cela fait bien longtemps que je ne vous ai pas donné des nouvelles. Pour la première fois, ces nouvelles ne concernent pas Dupuis, mais ma modeste personne, si vous le voulez bien.

    J’ai passé dix-sept ans dans la maison de Marcinelle et, dans l’ensemble, j’y ai été heureux comme un pape. Ce bonheur, je vous le dois, vous les auteurs, comme je le dois à celles et ceux qui, dans la Maison, m’ont fait confiance et m’ont apporté leur concours dans mon métier d’éditeur. Mon licenciement brutal, et donc mon départ précipité, ne m’ont pas permis de vous remercier, comme je l’aurais fait dans des circonstances plus douces, pour toutes les joies d’éditeur ou plus simplement d’homme que j’ai pu goûter à votre contact et à celui de vos créations, comme je n’ai pu répondre aux témoignages de soutien et d’amitié que certains d’entre vous m’ont adressés. Je le fais ici, du bon du c¦ur, comme disait Philippe (Vandooren), qui restera à jamais mon mentor et l’homme de mes pensées à qui toujours je pense.

    À l’heure où les marchands du temple et leurs actionnaires se poussent du col pour qu’on ne voie pas trop où ils posent leurs gros sabots, j’ai donc dû refermer définitivement le livre Dupuis. Je rejoins Futuropolis comme directeur de collection. J’y retrouve le sémillant Sébastien (Gnaedig), la pétillante Évelyne (Colas), le pétulant Didier (Gonord) et le pétaradant Luc (Brunschwig). Bref, je serai en territoire ami. Avec un projet éditorial, conduit par Sébastien, qui me va comme un gant, et au développement duquel j’entends apporter ma contribution enthousiaste.
    Que les dieux du verbe et de l’image vous aient à la bonne.

    Claude (Gendrot).

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  • je rejoins le commentaire précédent : Corinne Bertrand et Claude Gendrot représentaient pour moi le respect de l’auteur, ils ne pourront plus tenir ce type de discours maintenant qu’ils bossent tous les 2 pour Soleil, éditeur qui sabre une nouvelle série sur 2 :o((((

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    • Répondu le 2 septembre 2006 à  16:16 :

      Cher anonyme,

      Je vous remercie de bien vouloir considérer que je représentais, ainsi que Corinne Bertrand, « le respect de l’auteur ». C’est flatteur. Mais pourquoi cet imparfait ? Que vous puissiez imaginer que ce ne serait plus le cas est bien mal me connaître. Je n’ai pas passé quelque trente ans dans l’édition, et surtout je n’ai pas mené le combat que l’on sait, aboutissant à mon licenciement par Média Participations, et qui était précisément celui du respect des auteurs et de leurs créations, pour aujourd’hui tourner le dos à mes convictions d’éditeur. C’est mal connaître aussi Corinne qui, en démissionnant, a eu le courage - rare en ces temps frileux - de mettre en adéquation ses actes et ses propres convictions.

      La loi des forums sur l’internet implique que l’on puisse s’y exprimer sans entraves. Elle n’interdit pas de réfléchir et de peser les mots qu’on y écrit. Et contrairement à ce que vous écrivez, je ne suis pas éditeur chez Soleil. Ce n’est un secret pour personne - et pas même pour Mourad Boudjellal -, les albums édités par Soleil ne rencontrent ni ma culture ni mes envies. Et je ne vois pas ce que je pourrais apporter à cet éditeur.

      Je suis dorénavant directeur de collection chez Futuropolis, dont la politique éditoriale, les livres déjà édités et les projets en cours me conviennent parfaitement. Je suis d’autant plus heureux d’apporter ma contribution à cette maison que, justement, le respect des auteurs et de leurs créations est la clé de voûte de sa politique, et sa principale raison d’être.

      Claude Gendrot

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      • Répondu par Maëster le 7 septembre 2006 à  10:12 :

        Il y a des gens pour qui la vie se doit d’être tranchée ; noir et blanc, bons et méchants, choisis ton camp, camarade, il est immuable.

        Heureusement, la BD est depuis longtemps passée à la couleur et aux nuances ; tout n’y est pas rose mais tout n’y est pas gris non plus.

        Je souhaite à Corinne Bertrand et à Claude Gendrot une belle route et je les estime suffisamment pour penser qu’ils la poursuivront avec une belle intégrité. N’en déplaise à certaines tristes pythies.

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