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Disparition d’Antonio Parras, le dessinateur des Inoxydables et du Lièvre de Mars
5 juin 2010

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Disparition d'Antonio Parras, le dessinateur des <i>Inoxydables</i> et du <i>Lièvre de Mars</i>

Nous apprenons le décès du dessinateur espagnol Antonio Parras le 2 juin dernier. Cet auteur s’était fait connaître du grand public en dessinant, dans les années 1990, la série à succès Le Lièvre de Mars sur un scénario de Patrick Cothias. Il a participé aux grandes aventures éditoriales de ces soixante dernières années. De la World Press à Pilote en passant par Charlie Mensuel où il signa Les Inoxydables.

Disparition d'Antonio Parras, le dessinateur des <i>Inoxydables</i> et du <i>Lièvre de Mars</i>
Illustration pour "Les grandes aventures"
(c) Parras, Vaillant.

Né à Barcelone le 2 février 1929, Antonio Parras commença sa carrière de dessinateur dans la presse espagnole pour les groupes De Haro et Bruguera. Au milieu des années 1950, il s’installe en France après s’être assuré d’une collaboration régulière avec la World Press de Georges Troisfontaine. Il fournit alors des planches pour différentes revues : Spirou (avec des Histoires de l’Oncle Paul scénarisées par Jean-Michel Charlier), le groupe Edifrance (avec Les grands noms de l’histoire de France), Risque-Tout, Line, Sonia, Ici-Paris, Bonjour Bonheur, Vaillant, etc.

Quelques années plus tard, il participa à l’aventure du journal de Pilote en illustrant une adaptation du livre de Walter Scott, Ivanohé, et en mettant en image des histoires d’André-Paul Duchâteau (Les Enquêtes du Commissaire Jeudy). Puis, en 1969, il crée avec Guy Vidal la série Ian Mac Donald. A cette époque, il illustre différentes couvertures d’albums pour les séries Bob Morane, Barbe Rouge ou encore Tanguy & Laverdure.

Il travailla ensuite pour différents journaux dont le journal Tintin, mais son premier succès fut Les inoxydables qu’il a créés avec Victor Mora dans Charlie Mensuel en 1982, dont les albums furent publiés chez Dargaud dès 1984.

Cette série met en scène un jeune dandy chroniqueur mondain et un homme de main à la solde d’un gang dans un Chicago minée par le gangstérisme en 1920. Ces deux personnages ont le chic pour se fourrer dans des situations burlesques. Le scénariste espagnol Victor Mora alliait avec habilité l’humour et l’aventure pour nous narrer le destin de ces deux perdants. A cet époque, Parras illustre également des biographiques en BD de Lenine et de Valéria pour le compte des éditions Dargaud.

Il revient à la bande dessinée en 1993 en dessinant La dernière Lune, un one-shot scénarisé par Serge Le Tendre et Rodolphe. Mais c’est surtout la série Le Lièvre de Mars dont le premier tome paraît la même année qui le ferra connaître du grand public. Cette série, scénarisée par Patrick Cothias, mettait en scène un Américain, David Rutherford, qui se retrouve sur une plage de Bretagne sans se souvenir de ce qu’il avait vécu. Il n’en a qu’une seule certitude : celle d’avoir séjourné pendant trois ans sur la planète Mars. Il est alors pourchassé, traqué et recherché pour meurtre. David Rutherford est-il fou ? Ou victime d’une terrible machination ? Lassé par ce thriller, il arrêta de dessiner Le Lièvre de Mars après le septième tome. Un dessinateur serbe, R. M Guéra, en illustrera deux autres.

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Extrait du "Lièvre de Mars"
(c) Parras, Cothias & Glénat.

Guy Vidal, devenu éditeur aux éditions Dargaud, lui propose d’illustrer Le Méridien des Brumes, une uchronie en deux tomes, scénarisé par Juszezak. Il travaillait actuellement avec Rodolphe et Léo sur un one-shot. L’auteur des Mondes d’Aldébaran nous parlait de cette collaboration en 2009 : « Il n’était pas satisfait du Méridien des Brumes qu’il avait réalisé chez Dargaud, et je trouvais triste qu’un auteur dessinant comme un dieu se mette dans un tel état de dépression car il n’avait plus de projet ! Un de ses amis m’a demandé de lui écrire une histoire pour juguler cet état d’esprit. J’avais une idée, mais je ne me voyais pas la mener à terme seul et j’en ai parlé avec Rodolphe qui a déjà travaillé avec Antonio Parras. L’histoire lui a plu ! ». On ignore si cette histoire fantastique, la Porte du Paradis (titre provisoire), sortira un jour. Il voulait pour l’occasion simplifier son graphisme.

Lors d’une rencontre en 2007, il nous confia avoir eu la chance d’avoir connu l’époque dorée de la bande dessinée alors qu’il venait juste de débarquer d’Espagne. Il nous disait, avec une certaine gourmandise, toujours continuer à assimiler de nouvelles techniques dans son métier et, à 78 ans, de « toujours apprendre à dessiner ». Tout au long de sa carrière, il a adopté un trait original, énergique et nerveux à la forte personnalité.

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Extrait du "Méridien des Brumes"
(c) Parras, Juszezak & Dargaud.

Lire une interview d’Antonio Parras : « A 78 ans, j’apprends toujours à dessiner ! » (Février 2007).
Lire la chronique du T1 du Méridien des Brumes Photo (c) Nicolas Anspach

(par Nicolas Anspach)

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