Disparition de Didier Savard

5 juillet 2016 2 commentaires
  • Nous apprenons la disparition de Didier Savard à l'âge de 65 ans. Débutant dans le dessin de presse, il était devenu l'un des représentants les plus prometteurs et les plus facétieux de la Ligne Claire avant d'arrêter sa carrière pour des ennuis de santé. La rédaction d'ActuaBD partage la douleur de sa famille et de ses proches.

Né en 1950 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), Didier Savard avait commencé dans l’enseignement, comme prof d’anglais, charge qu’il occupa durant dix ans. Parallèlement, il commence à publier des dessins militants dans Libération, Méfi, Fluide Glacial, Survivre et vivre, mais aussi La Gueule ouverte. Dans ce cadre, il produit une BD après le coup d’état au Chili en 1974 intitulée "Le fabuleux destin d’Augusto Pinochet" publiée par Jean-Jacques Pauvert.

Disparition de Didier Savard
© Dargaud

Vers la Ligne Claire

Après un détour par Arles où il publie en 1979 le recueil de dessins Demain ça ira encore mieux, il revient sur Paris à la faveur de l’arrivée de Nikita Mandryka à la rédaction en chef de Charlie Mensuel en 1982. C’est le moment où plusieurs d’artistes font, à la suite de Joost Swarte, de Floc’h, de Ted Benoit et d’Yves Chaland, un retour vers la Ligne Claire. Savard entreprend ce virage avec Dick Hérisson, une sorte de Tintin mis au service d’histoires fantastiques à la Jean Ray, l’auteur belge de Harry Dickson, des aventures qui feront l’objet de 11 beaux albums entre 1984 et 2004. La série sera honorée par le Trophée 813 du Festival du Polar de Reims.

Photos : Laurent Melikian

En 1984, il fait une rencontre déterminante avec Jean-Claude Forest, alors à la rédaction d’Okapi chez Bayard Presse pour lequel il réalise Les Aventures de Léonid Beaudragon qui reçoit l’Alfred Jeunesse au Festival d’Angoulême de 1987 et quelques années plus tard le Prix RTL 9 du meilleur album d’aventure.

Un peu plus tard, la rédaction de Perlin (Fleurus Presse) lui confie la reprise des personnages de Cuvillier, Perlin et Pinpin, sur un scénario de Sylvie Escudié, qui seront ensuite publiés en albums (6 titres) aux éditions Helyode.

En 1997, il écrit avec Sophie Loubière un feuilleton radiophonique : Le Secret du coffre rouge, pour France Inter, un programme qui comptera plus de 100 épisodes. Il ressert le couvert deux ans plus tard avec Le Mystère de Mornefange.

Cette année-là, il réalise aussi une parodie de Tintin pour le supplément du quotidien Le Monde. Nick Rodwell, le vétilleux défenseur de l’œuvre d’Hergé, est impressionné. Il l’invite même à déjeuner...

La maladie va entraver brutalement la carrière de Didier Savard qui ne peut terminer la suite de son dernier album paru en 2004, L’Araignée pourpre.
Nous sommes tristes de perdre un charmant compagnon de route qui aura marqué son époque par sa gentillesse et son talent.

© Dargaud

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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2 Messages :
  • Disparition de Didier Savard
    5 juillet 2016 21:33, par chatpapillon

    Sincères condoléances à toutges sa famille
    So long Didier !

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    • Répondu par Marie-Françoise Husson le 11 août 2016 à  18:15 :

      Grande tristesse à la lecture de cette nouvelle. J’ai eu le plaisir de travailler à Okapi avec Didier (et Sylvie) sur les aventures de Leonid Baudragon au temps de Jean-Claude Forest, et voilà...

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