Disparition du dessinateur Daniel Hulet

10 septembre 2011 13 commentaires
  • On l’apprend par un communiqué des éditions Glénat : le dessinateur Daniel Hulet est décédé à Ostende le 9 septembre 2011 à l’âge de 66 ans. On lui devait des séries comme {Pharaon} (Novedi puis Glénat), {Les Chemins de la gloire, L’État morbide} (Glénat) ou {Extra-Muros} (Casterman).
Disparition du dessinateur Daniel Hulet
Les Fleury-Nadal, avec Giroud & Mangin
Ed. Glénat

Né à Etterbeek (Bruxelles) le 25 août 1945, Daniel Hulet était un dessinateur de facture classique dans la tradition de ces dessinateurs réalistes qui ont fait la réputation de l’école belge de bande dessinée, comme Liliane & Fred Funcken, William Vance ou Hermann.

Hulet avait commencé par la voie traditionnelle des jeunes auteurs de cette époque : à peine émoulu de l’Académie des Beaux-Arts d’Ixelles, il fait ses premières pages dans Tintin puis dans Spirou.

Mais c’est Super As, l’hebdomadaire lancé au début des années 1980 par le Groupe allemand Springer et qui avait réussi à séduire quelques stars de la bande dessinée groupées autour de Jean-Michel Charlier (Blueberry, Buck Danny, Barbe Rouge… migrèrent chez ce nouvel éditeur) qui lui donne sa chance avec Pharaon, sur un scénario d’André-Paul Duchateau.

L'Etat morbideIl enchaîne avec Les Chemins de la gloire pour le mensuel Vécu, sur un scénario du trublion Jan Bucquoy (1985).

Il assure enfin seul la trilogie L’État morbide (en intégrale chez Glénat) qui lui vaut un certain nombre de récompenses dans les festivals.

Suivent la trilogie Immondys dans la collection Carrément BD chez Glénat et trois tomes de Extra-muros chez Casterman.

Pour Frank Giroud, il réalisera deux tomes de la spin-off du Décalogue, Les Fleury-Nadal et le quatrième tome de Destins : Paranoïa, dont le scénario est cosigné par Valérie Mangin (2010).

C’était un auteur discret qui a laissé sa trace dans l’histoire de la bande dessinée belge. Comme on disait jadis, un probe artiste.

Extra-Muros, le cycle de mordange
Ed. Casterman

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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En médaillon : Daniel Hulet en janvier 2009. Photo : (c) Nicolas Anspach

 
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13 Messages :
  • Disparition du dessinateur Daniel Hulet
    10 septembre 2011 06:51, par Gihef

    Dégoûté, y a pas d’autre mot.

    Un de ces grands qui ont bercé mon enfance et m’ont donné envie de faire de la BD...

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    • Répondu par Richard Colin le 10 septembre 2011 à  15:07 :

      Quelle tristesse en effet ! C’était vraiment un excellent dessinateur, et un homme d’une très grande gentillesse. J’ai quelques dédicaces de lui, au bon vieux temps de la Foire du Livre. J’aimais bien Pharaon, à la bonne époque de Super As ... Dommage qu’il s’est parfois un peu éparpillé. Ces dix dernières années il a essayé de faire lui-même ses scénarios, avec un bonheur inégal. La série Immondys m’avait assez fort rébutée à l’époque. Mais c’est quand même un auteur à (re)découvrir.

      Richard.

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  • Disparition du dessinateur Daniel Hulet
    10 septembre 2011 18:32, par Norbert

    Triste nouvelle...

    J’avais beaucoup apprécié "l’Etat Morbide", j’aimais beaucoup son style, et c’est vrai qu’il s’était fait moins remarquer par la suite.

    Il part beaucoup trop tôt...

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  • Disparition du dessinateur Daniel Hulet
    10 septembre 2011 18:43, par Bob

    Un très grand talent qui part là. Il y a avait vraiment du style dans ses dessins et il était vraiment fort pour clarifier les scènes d’actions avec beaucoup de personnages, ce qui n’est pas donné à toutle monde. Pour moi la référence ultie de Hulet est la série "Les chemins de la gloire". Chacun des tomes de cette série sont riches en histoire, action, et sentiments. Le dernier tome, le 4eme laissait présager une suite que Daniel Hulet a plusieurs fois évoqué. Dommage pour la suite mais merci à ce dessinateur pour toutes ses belles pages.

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  • Disparition du dessinateur Daniel Hulet
    10 septembre 2011 19:13, par Erik A.

    J’ai croisé à de multiples reprises Daniel et Yolande (!) (oui en fait les dessinateurs belges sont souvent avec leurs épouses en festival, qui les marquent à la culotte, des fois qu’y z’aient des tentations...) parce que c’était un des fers de lance de la collection Vécu. Un type charmant...

    Et puis en voyant les quelques lignes posées façon AFP, je me suis mis à penser à moi, en me disant que le jour où je disparaitrait, il y aurait peut-être aussi juste quelques phrases d’un "communiqué Glénat" (rédigé par qui ?) et une photomaton pourrave en guise d’hommage de la profession...

    Assez terrifiant...

    So long Dan... L’ami Dermaut m’avait fait croire au début très sérieusement que ton prénom était Hank ("un truc hollandais") et je me souviens t’avoir hélé un soir en croyant bien faire d’un "salut, Hank, moi c’est Erik..." qui t’avais laissé de marbre tandis qu’en arrière-plan cet enfoiré de François se marrait comme une baleine...

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    • Répondu par Oncle Francois le 10 septembre 2011 à  21:33 :

      Bien d’accord avec vous, Monsieur Arnoux. Pour ma part, j’avais particuliérement apprécié la série "Les sentiers de la gloire", où il illustrait un scénario intéressant et bien écrit de Monsieur Bucquoy. Cette triste nouvelle me donne envie de les relire ce weekend, pour lui rendre un dernier hommage.

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  • Disparition du dessinateur Daniel Hulet
    10 septembre 2011 21:27, par Oncle Francois

    Après Tabary, Hulet (cette fois à un âge qui est normalement celui de la retraite. Prématuré, donc !), sombre période pour les auteurs qui ont fait la BD du XXème siècle. Mes condoléances à la famille et les proches du disparu.

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  • Disparition du dessinateur Daniel Hulet
    12 septembre 2011 01:21, par Eric Bouchard

    Bien triste nouvelle... Et confirmation qu’on ne pourra jamais - en l’ayant combien espérée - lire la fin de cette captivante aventure historique qu’est Les chemins de la gloire... Quelqu’un sait si le scénario de Bucquoy pour le cinquième tome était terminé ? Monsieur Glénat, n’y aurait-il pas un repreneur pour rendre hommage au disparu ?

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    • Répondu par Guerlain le 12 septembre 2011 à  10:14 :

      il me semble que Hulet avait repris le scénario à son compte dès le troisième tome de la série

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      • Répondu par Guerlain le 12 septembre 2011 à  11:42 :

        lu ailleurs que le scénario du tome 5 était finalisé depuis un moment, mais qu’il n’y avait aucun timing pour le dessiner

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    • Répondu par Uphir le 13 novembre 2011 à  14:20 :

      le quatrième tome des Chemins de la Gloire a été réalisé par Daniel Hulet seul mais il a volontairement gardé le ton narratif de Bucquoy qui le satisfaisait et pour l’homogénéïté de la série. Il avait le synopsis complet pour le dernier tome depuis des années mais Glénat n’y a pas donné suite pour d’obscures raisons éditoriales et commerciales. Finalement il avait été question d’éditer une intégrale des tomes existants à laquelle s’ajouteraient une quinzaine de pages en forme d’épilogue. Cette solution imposée par l’éditeur était réductrice mais Hulet avait à coeur d’enfin clôturer cette série qu’il aimait et dont de nombreux fans lui réclamaient la suite. Le temps l’aura privé du plaisir de renouer avec Raymond Lécluse.

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      • Répondu par Eric B. le 6 août 2012 à  19:17 :

        Glénat annonce pour octobre une édition « intégrale » de la série, qui comportera... 192 pages ! Donc pas d’épilogue ou de dessinateur invité pour conclure l’histoire, c’est bien dommage.

        C’en serait presque rigolo : l’intégrale d’une histoire inachevée...

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        • Répondu par Dgé le 3 janvier à  15:43 :

          Aujourd’hui 2018, l’intégrale est bien parue et en est bien une, car il y a le synopsis de la fin !

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