En passant Rive Droite, la Galerie Maghen s’offre une exposition Jean-Pierre Gibrat

26 mai 2018 0 commentaire
  • La Galerie Maghen déménage au 36 de la Rue du Louvre à Paris avec une splendide exposition Gibrat de quelque 120 pièces. En ligne de mire, le projet d’intégrer le quartier qui va constituer le « saint des saints » de la nouvelle scène artistique parisienne.

En choisissant d’ouvrir son nouveau lieu à Jean-Pierre Gibrat, le galeriste Daniel Maghen fait coup double. Il rappelle qu’il a fait de l’auteur de Matteo et du Sursis l’une des valeurs les plus sûres du marché contemporain de la planche originale : rien que les prix affichés donnent le ton, certaines pièces atteignant les 40 000€.

Et ll expose aussi l’un des artistes de bande dessinée les plus « français » (si l’on s’en réfère aux thèmes de ses albums) et le plus « picturaux » de la scène actuelle, soit un auteur susceptible d’attirer des collectionneurs néophytes à la bande dessinée.

Il sait ce qu’il fait. Si pour les connaisseurs de l’histoire de la bande dessinée, sa galerie se situe exactement en face de l’endroit où fut fondé en 1959 le Journal de Pilote (31, rue du Louvre), sa position n’a rien de nostalgique : elle se situe géographiquement entre le Louvre, un musée trèsn couru par les touristes amateurs d’art, et la Fondation Pinault pour l’art contemporain qui va ouvrir en janvier 2019 dans l’ancienne Bourse de Commerce, rue du Louvre, à hauteur des Halles. C’est plus grand, plus spacieux, plus volumineux que la galerie précédente.

En passant Rive Droite, la Galerie Maghen s'offre une exposition Jean-Pierre Gibrat
Le galeriste Daniel Maghen, en sa nouvelle galerie
Photo : Didier Pasamonik (L’Agence BD)

« La possibilité d’avoir la Fondation Pinault à 80m de la galerie est une opportunité exceptionnelle, nous dit Daniel Maghen. C’est un quartier de luxe avec la transformation de La Samaritaine et l’Hôtel Le Cheval blanc, l’ouverture de la Poste du Louvre avec un centre commercial de haut niveau… Quand on essaie de vendre des auteurs de bande dessinée à des prix significatifs, on recherche forcément une clientèle qui a les moyens de se faire plaisir. Nous étions Rive Gauche, le lieu traditionnel des éditeurs et des grands galeristes, mais l’activité culturelle de Paris change et se déporte sur la Rive Droite. Il fallait anticiper cela et venir ici avant que ce ne soit trop tard et trop cher. »

Un marché en pleine croissance

Cela faisait 15 ans que le galeriste se trouvait quai des Grands Augustins. Le marché de la planche originale a bien évolué depuis : « Quand j’ai démarré avec Jean-Pierre Gibrat, il y a 21 ans, il vendait ses planches 1 000€. Aujourd’hui, les mêmes valent 20 000€ ! C’est grâce à des auteurs comme Jean-Pierre avec qui nous avions ouvert notre deuxième galerie en 2003, que nous pouvons nous permettre aujourd’hui d’accéder à des moyens beaucoup plus importants. C’est un juste retour des choses : j’ai des auteurs exceptionnels avec des œuvres exceptionnelles, il faut que je leur trouve une clientèle adaptée pour vendre à des prix exceptionnels. J’espère trouver des amateurs qui ne connaissent pas la bande dessinée, au-delà des 90% de connaisseurs et de passionnés qui constituent la clientèle actuelle. »

Jean-Pierre Gibrat devant quelques-unes de ses oeuvres.
Photo : Didier Pasamonik (L’Agence BD)

Les ventes publiques et les galeries créent en effet tous les jours des nouveaux acheteurs. « Même aujourd’hui, beaucoup de gens ignorent que l’on peut acquérir des œuvres de bande dessinée. Les ventes publiques et les galeries contribuent à élargir le cercle des acheteurs. Je prends un pari sur ce quartier. Le but est d’essayer de toucher cette nouvelle clientèle. »

L’élégance et le raffinement français.

La caractéristique de la Galerie Maghen a été d’avoir été parmi les premiers à solliciter des créateurs de bande dessinée des illustrations originales qui prolongeaient leurs univers. C’est le cas récemment d’Ana Mirallès par exemple.. « C’est vrai qu’en dehors des grands classiques incontournables : Hergé, Franquin, Jacobs, Peyo…, les gens préfèrent acheter une œuvre plus décorative », nous dit le galeriste.

Une sublime planche de la série Matteo.
© Futuropolis

Est-ce que pour autant, cette clientèle est internationale ? « Dans les ventes Christie’s, nous avons des clients qui viennent des Emirats ou du Quatar, de Chine, par exemple. Je ne parle pas de Français qui y vivent… Ce sont des gens qui connaissaient surtout les grands noms –ils ont commencé àpar acheter du Hergé- et qui, ensuite ont été amené à découvrir Gibrat qui personnifie l’élégance et le raffinement français. »

Bientôt un "Angoulême" à Abou Dabi ?

Illustration de Gibrat
© Galerie Daniel Maghen

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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Le site de la Galerie Maghen
Galerie Daniel Maghen
36 rue du Louvre
75002 Paris

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