
Dans l’oeuvre de Pratt, il y a la période argentine. Celle où, en début de carrière, il partage son temps entre l’Ecole Panaméricaine d’Art où il exerce comme prof aux côtés d’Alberto Breccia qui y règne en maître et des travaux réalisés à la chaîne pour les journaux des frères Oesterheld. C’est à cette école qu’il acquiert les rudiments de son savoir-faire.
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Toute l’œuvre de Pratt est déjà dans ces premiers travaux : la parfaite caractérisation des personnages, des dialogues rapides et sobres, des situations complexes brossées en quelques cases… Enfin, une tension entre deux hommes, entre sentiment et honneur.
Ce ton unique, on le doit à Oesterheld, mais pas seulement : à une tradition de l’aventure bien comprise par Pratt qui, de Conrad à Kessel, de Lawrence à Cendrars, porte l’aventure humaine à son point d’indicibilité. C’est précisément là que Pratt atteint au génie en comblant, par son graphisme qui confine parfois à l’abstrait, le vide laissé par les mots qui manquent.
(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))
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