Fabrizio Borrini : "L’Usine à Bulles est un festival pensé par des auteurs de BD pour la ville de Liège"

24 novembre 2017 0 commentaire
  • La seconde édition du festival l'Usine à Bulles se tiendra ce weekend, les 25 et 26 novembre au Théâtre de Liège. Cet événement, ludique et immersif, a l'originalité d'avoir été pensé et mis en place par une association d'auteurs de BD. Fabrizio Borrini, qui est l'initiateur et directeur du festival, nous en dit plus sur un événement qui ambitionne de s'inscrire dans la durée.
Fabrizio Borrini : "L'Usine à Bulles est un festival pensé par des auteurs de BD pour la ville de Liège"

Fabrizio Borrini, vous êtes l’instigateur du festival L’Usine à Bulles qui débutera sa seconde édition ce weekend. Pourquoi L’Usine à Bulles et pourquoi à Liège ?

Fabrizio Borrini : Pourquoi à Liège ? Tout simplement parce qu’il n’y avait pas de festival BD dans la Cité ardente. Il y avait certes, quelques expositions dans la ville et un festival dans la province de Liège, mais il n’y avait pas de festival dans le cœur même de la ville. Pourtant, la BD fait partie de l’ADN de Liège car il y a de grands talents du 9e Art qui en émanent. Et donc nous, un collectif d’auteurs de BD, avons décidé d’organiser un événement BD dans la ville. Je salue au passage le soutien de la Ville de Liège, qui nous a donné l’opportunité et nous a aidé à monter ce festival. La Ville de Liège n’est pas la seule contributrice, mais elle représente une aide importante.

Nous avons donc pu monter un vrai festival, avec un vrai concept derrière. L’Usine à Bulles est un événement qui s’assume comme étant un festival liant, qui propose un certains nombres de passerelles entre la BD et différentes sortes d’arts visuels et d’expressions narratives, tels que le cinéma, le numérique, le dessin animé ou encore l’art de la scène. Car en définitive, nous savons tous très bien qu’il n’y a plus vraiment de ghetto BD. Vous avez des bédéistes tels que Joann Sfar, qui font du cinéma. Il y a bien plus longtemps, nous avons eu Gérard Lauzier. Même Terry Gilliam des Monty Python a fait de la BD. Goscinny lui avait même acheté des pages à l’époque. Ça n’a cessé de se développer depuis. Le cinéma, le jeu vidéo ou le théâtre font régulièrement appel à des auteurs de BD.

Donc, soyons complètement décomplexés et assumons un festival de passerelles. Mais nous ne ferons pas un festival où le public ne rencontrera pas les auteurs de BD, bien au contraire ! Nous aurons pour l’édition 2017, plus d’une cinquantaine d’auteurs « confirmés », et environ quarante auteurs issus, eux, du monde du fanzine. Nous nous retrouverons donc avec près d’une centaine d’artistes que le public pourra rencontrer, mais dans un dispositif plus feutré et plus chaleureux, que nous avons baptisé la grande Black Box, et qui pourra accueillir en dédicace quarante auteurs en même temps.

Nous créons là un climat de rencontres agréables, propices à l’échange entre les lecteurs et les auteurs. Dans cette Black Box, il y aura également une exposition, ainsi qu’un dispositif multimédia sur lequel les auteurs pourront dédicacer sur une tablette et dont le dessin sera directement projeté sur grand écran. Il y aura aussi un tapis musical et une bonne gestion de la foule, pour qu’il n’y ait pas trop de monde à la fois dans la Black Box.

Fabrizio Borrini en pleine interview promo pour l’Usine à Bulles
Photo @ Christian Missia Dio

Les animations que vous proposerez durant cette Usine à Bulles 2017 me font beaucoup penser aux dispositifs tels que l’Imaginarium et le Palais des Imaginaires que vous proposez chaque année lors de la Foire du Livre de Bruxelles. Finalement, qu’est-ce qui distingue les deux événements ?

La différence c’est qu’à la Foire du Livre de Bruxelles, je ne gère qu’un espace dédié à la BD, parmi toutes les autres activités consacrées au livre, tandis que l’Usine à Bulles est un festival entier pensé par des auteurs de BD. D’autre part, nous assumons complètement le côté “voyage” du festival que nous proposons. Je pense, toutes proportions gardées, aux pavillons dans les expositions universelles. Un pays est souvent représenté par un pavillon. En visitant un pavillon, on entre dans un univers avec un parti pris bien précis. Un parti-pris sensoriel, sonore, visuel, on met en avant une culture, etc.

À l’Usine à Bulles, c’est exactement ce que nous faisons : on passe les portes de l’Usine à Bulles pour entrer dans un univers où nous trouvons une multitude de choses. l’ADN bande dessinée est là, les rencontres BD sont là. Mais on rencontre aussi des auteurs en prestation, des auteurs qui se livrent différemment. En dehors du libraire officiel de l’Usine à Bulles, il n’y aura pas de marchands durant le festival. On ne louera pas les espaces. Une fois que l’on a payé son entrée, on a accès à tout : les auteurs, les spectacles, les concerts, les Master Classes, etc.

Je ne sais pas si c’est important pour nous de nous distinguer des autres, car nous ne cherchons pas cela à tout prix. Nous cherchons à proposer une activité amusante et pleine d’émotions, pour nous et pour le public, qui viendra partager cette expérience qu’est l’Usine à Bulles. Lorsqu’on entre dans l’Usine à Bulles, on vit une petite aventure. Que l’on reste une heure ou cinq heures, on se rendra compte qu’il y a quelque chose à découvrir.

Cette année, Liège s’est déjà distinguée avec la grande expo Métal Hurlant-(À Suivre) au musée de la Boverie. Doit-on considérer qu’en soutenant le festival l’Usine à Bulles, la Ville de Liège veut se positionner de manière forte sur la BD ?

Complètement ! D’ailleurs l’Usine à Bulles possède aussi une partie intitulée “Liège, Cité BD”. On a commencé cette année, tout doucement, et nous avons l’ambition de développer cette partie à l’avenir. Les instances de la Ville de Liège ont vraiment la volonté d’inscrire durablement la BD dans leur agenda culturel. Je précise quand même que l’Usine à Bulles n’est pas le festival BD de la Ville de Liège. C’est un festival BD à Liège. Nous sommes une structure, une association sans but lucratif culturelle indépendante, mais nous sommes soutenus par Liège.

C’est vrai que toutes les villes de Belgique et de France peuvent ou font leur festival BD. La moindre petite association de commerçants fait sont petit événement BD en invitant deux ou trois auteurs. Certains événements sont excellents, tandis que d’autres sont plus douteux... Mais l’important c’est de noter la progression d’événements festifs autour de la BD.

Pour en revenir à Liège, cette ville - qui est aussi une province - s’assume comme étant un fief de la BD car elle a donné naissance à de grands auteurs tels que Jean-Michel Charlier ou Victor Hubinon. Michel Greg a grandi dans la région, tout comme François Walthéry, qui est un natif de la province. Il y a encore aujourd’hui tout un vivier d’auteurs à Liège qui n’a rien à envier à des villes telles que Bruxelles ou Paris.

(par Christian MISSIA DIO)

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Toutes les photos sont de @ Christian Missia Dio

Festival L’Usine à Bulles 2017
Du 25 et 26 novembre
Théâtre de Liège
Place du Vingt Août 16, 4000 Liège
info@lusineabulles.be

Tarif :

5€ l’entrée (valable 1 jour)
3€ pour les moins de 10 ans
Enfant de moins d’un mètre = gratuit

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