Festival Coco Bulles (Côte d’Ivoire) : le crayon plus fort que la kalash

16 mars 2017 1 commentaire
  • Un an après l'attentat de Grand-Bassam (Côte d'Ivoire), le Festival International du Dessin de Presse et de la Bande Dessinée Coco Bulles ouvre ses portes ce jeudi 16 mars. Plus que jamais, le crayon et l'humour répondent à la barbarie.

Comme un symbole, c’est sur la plage où a eu lieu l’attentat terroriste de Grand-Bassam que la quatrième édition du festival Coco Bulles ouvre ses portes. L’an dernier, le 13 mars 2016, la station balnéaire proche d’Abidjan était la cible d’une attaque djihadiste revendiquée par AQMI (Al-Qaïda au Maghreb islamique). Il s’agit là d’un événement sans précédent dans l’histoire de la Côte d’Ivoire. Le bilan est lourd : 19 morts.

Ville historique et première capitale de la Côte d’Ivoire (1893-1900), classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, la station balnéaire de Grand-Bassam est un lieu prisé des Ivoiriens comme des expatriés. Ses dizaines de kilomètres de plage bordés par l’Océan Atlantique d’un côté et de la lagune Ebrié de l’autre, sa population hétéroclite, son patrimoine culturel et architectural exceptionnel qui compte notamment le Phare et le Musée national du costume (ancien palais du gouverneur), ainsi que ses nombreux centres artistiques font de cette ville une destination touristique incontournable lorsque l’on visite le Pays des Éléphants. C’est aussi là qu’est né Coco Bulles. C’est aussi sur ces plages endeuillées de la cité que les organisateurs du festival ont décidé de maintenir leur rendez-vous, en signe de solidarité avec la population locale et de résistance contre le terrorisme.

Festival Coco Bulles (Côte d'Ivoire) : le crayon plus fort que la kalash

Initié par TACHE D’ENCRE, l’association des dessinateurs de presse et de BD vivant en Côte d’Ivoire, Coco Bulles est un rendez-vous biannuel rassemblant les bédéistes et dessinateurs de presse ivoiriens et internationaux. Ce festival est aussi un forum de rencontres et d’échanges entre professionnels et amateurs du dessin, permettant ainsi aux artistes moins aguerris de se mettre à niveau lors des ateliers de formation organisés durant les deux jours du festival. Jean-Claude Fournier y a animé quelques ateliers lors de la crise politico-militaire en Côte d’Ivoire.

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Lassane Zohoré et Plantu
Lassane Zohoré, Président de Tache d’Encre, Directeur de publication du journal Gbich ! et Ambassadeur Cartooning for Peace pour la Côte d’Ivoire, accueille Plantu à l’aéroport

Le programme du festival

Cette année encore, Coco Bulles propose de nombreuses animations pour le public, parmi lesquelles, des concours de BD et de dessin de presse pour des auteurs confirmés et des écoliers, des spectacles d’humour, un débat autour d’un feu de bois à la plage, ainsi qu’une parade à travers la ville. Des conférences sur les thèmes de la BD numérique (“Incontournable Numérique !”), du dessin de presse (“Dessinateur de presse, pyromane ou pompier ?”), ainsi que sur l’économie de la BD “(Les Enjeux économiques de la BD”) seront aussi organisé durant ces deux jours de festivités.

Parmi les nombreux artistes présents durant le festival, citons l’équipe du journal satirique ivoirien Gbich ! (équivalent de Charlie Hebdo), le dessinateur centrafricain Didier Kassaï, Plantu (France), Nicolas Vadot (Belgique), le caricaturiste français bien connu des Africains Damien Glez (France, Burkina Faso), la scénariste franco-ivoirienne Marguerite Abouet (Aya de Yopougon), le dessinateur palestinien Khalil et son homologue israélien Uri Fink, Willis from Tunis et Nidhal Ghariani (Tunisie), Odia (Sénégal) et Oscar (Guinée).

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(par Christian MISSIA DIO)

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Crédits photos : DR - @Cocobulles2017

Festival International du Dessin de Presse et de la Bande Dessinée Coco Bulles (4ème édition)

Du 16 au 18 mars 2017
Centre Culturel J-B Mockey de Grand-Bassam

Visitez le site du festival Coco Bulles

 
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1 Message :
  • En bande dessinée comme pour le reste : this is time for Africa !
    Festival exceptionnel, voire historique (le mot est lâché).

    Un petit bémol sur cet article de présentation. Laisser à penser que Gbich ! est un journal proche de l’esprit de Charlie Hebdo est une contre-vérité. Aucune intentionalité "anarchisante" ou iconoclaste dans les pages de Gbich !. Rien n’est fait pour choquer, bien au contraire.

    Les Ivoiriens du peuple s’y retrouvent et s’y mirent, c’est la rue d’Abidjan qui investit les articles et les BD de cet hebdo, le tout premier tirage de RCI. Les travers des puissants y sont bien sûr grossis et moqués, mais l’idée et bien de créer du lien dans un pays où d’aucuns auraient aimé, et aimeraient certainement encore, diviser pour mieux régner.

    Gbich ! pourrait être l’enfant illégitime et revendiqué d’un baobab et d’une bouteille d’encre de chine.

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