Fondation Raymond Leblanc : Entre orientalisme et jeunes espoirs

9 novembre 2007 0 commentaire
  • La Fondation Raymond Leblanc organisait mercredi soir un cocktail pour célébrer un double événement : d’une part, la nouvelle exposition qui se tient dans ses locaux, consacrée à l’orientalisme dans la bande dessinée; et d’autre part, la remise du « Prix Raymond Leblanc » récompensant le travail d'auteurs en herbe sur une histoire courte bâtie sur un thème imposé.

De nombreux auteurs étaient présents pour découvrir l’exposition consacrée à l’Orient dans la bande dessinée. Ainsi Jean-François Charles (India Dreams), après avoir regardé d’un œil amusé ses planches exposées, a contemplé les somptueuses planches du Mystère de la Grande Pyramide (Blake & Mortimer, de E.P. Jacobs), de Corentin (de Cuvelier) ou de Hassan et Kaddour (de J. Laudy) qui étaient exposées. Philippe Xavier présentait quelques pages du premier tome de Croisade, à paraître à la fin du mois. Les carnets de notes et de croquis du voyage au Pakistan de Renaud de Heyn (l’auteur des trois tomes de La Tentation) étaient mis en évidence dans une vitrine.

Fondation Raymond Leblanc : Entre orientalisme et jeunes espoirs
Un élément de la pièce de théâtre "Tintin Aux Indes" (1941)
Une pièce de théâtre co-écrite par Hergé et Jacques Van Melkebeke

Paulette Smets, administratrice de la Fondation Raymond Leblanc, éclairait volontiers les invités sur la présence d’une "peluche" représentant Tintin, accompagné d’un éléphant. « Il s’agit là d’un élément de la pièce de Théâtre ‘Tintin Aux Indes’ qui a été jouée au Théâtre des Galeries en 1941, confie-t-elle. Elle a été offerte à Raymond Leblanc, qui l’a toujours conservée dans son bureau, au Lombard [1] ». Le regard de cette poupée semble contempler les deux magnifiques planches originales de l’album « blanc » d’Hergé, Tintin Au Tibet. Entre les planches des Cinq Conteurs de Bagdad (Duchazeau et Vehlmann), de Jonathan (de Cosey), de Djinn (Anna Mirallès et Jean Dufaux) ou des Carnets d’Orient (de Jacques Ferrandez), déambulait Jean-Luc Cornette, Jean Dufaux, Rudi Miel, Bernard Swysen ou encore Kas. Tous ont pu observer le regard que portaient les auteurs exposés sur l’Orient, des Indes au Pakistan en passant par l’Algérie.

Yves Sente a du mal à garder son sérieux
... en écoutant le discours désopilant de Johan De Moor

Johan De Moor, l’auteur de La Vache, parvient à interrompre le brouhaha de la foule pour présenter la première édition du Prix Raymond Leblanc. Cet auteur flamand habitant Bruxelles et s’exprimant dans un français impeccable réussit le tour de force de parler du prix Raymond Leblanc en provoquant de nombreux éclats de rire dans l’assemblée. Seul un auteur aussi multiculturel et facétieux que lui pouvait oser un parallèle entre la crise politique belge et les délibérations du jury du Prix Raymond Leblanc. En effet, l’auteur de Lait Entier expliqua longuement qu’il a fallu 150 jours au jury [2] pour trancher et arriver à un compromis. La crise politique qui mine la Belgique dure malheureusement depuis ce même laps de temps. Les invités rigolaient en entendant chacune des phrases de ce discours. Jean Van Hamme, lui-même, riait tellement qu’il semblait en avoir mal aux côtes… Heureusement, peu de temps après, Johan De Moor redevint sérieux et rappela les enjeux important de ce prix : le premier lauréat reçoit une dotation de 10.000 €, et sera publié dans l’album collectif du concours qui sera coédité par la Fondation et les éditions du Lombard. Un livre qui regroupera les six meilleures histoires sélectionnées par le Jury. Le quotidien belge Le Soir, quant à lui, publiera dans ses pages les histoires des deux premier lauréats.

Le scénariste Benoît Chaumont et le dessinateur Guiseppe Liotti ont remporté le premier prix pour leur travail sur Nanobiotics. Jonathan Mildern et JM Ken Niimura reçoivent, eux le second prix, pour « La Juste ». Les autres lauréats sont :

- Aelys Hasbun pour Trouble-fête ;
- Philippe Dardelet et Clément Marquaire pour Une Clope ;
- Marco Galli pour Le Taureau ;
- Léo Maret pour Le Projet Volcan ;

Le scénariste Benoît Chaumont (alias Benec) et la Ministre Françoise Dupuis
En arrière plan, Yves Sente & Jean Van Hamme

Ces différents projets, bâtis autour de la thématique imposée qui était issue d’une phrase de Jacques Salomé (« Osez, osez, car le possible est toujours un petit pas après… l’impossible » sont visibles sur le site internet de la Fondation Raymond Leblanc.

François Pernot, le directeur général des éditions du Lombard, n’hésitait pas à féliciter les auteurs primés. Il a ainsi confié à Jonathan Mildern et JM Ken Niimura : « Vous savez, nous allons éditer un album avec vos histoires courtes. Tous les éditeurs vont le lire. C’est une première étape très importante pour vous. Le monde entier aura accès à votre travail ». L’album devrait être publié à la rentrée prochaine. Mais près de 100.000 lecteurs pourront découvrir Nanobiotics et la Juste dans le quotidien belge Le Soir dès les prochains jours. Les initiatives pour encourager les travaux d’apprentis-auteurs sont plutôt rares et méritent d’être encouragées.

Hier, Yves Sente a également révélé le sujet de l’édition 2008 du prix : «  une héroïne… ». Le sujet est vaste. Les auteurs en herbes peuvent déjà plancher… L’année prochaine marquera le trentième anniversaire de la mort du créateur de Corentin. La Fondation consacrera logiquement sa prochaine exposition à Paul Cuvelier. Nous vous en reparlerons.

(par Nicolas Anspach)

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L’exposition est visible jusqu’au 11 avril 2008.

Heure d’Ouverture de la Fondation : Mercredi, jeudi et vendredi de 12h à 18h, ainsi que le premier week-end du mois.

Fondation Raymond Leblanc
Avenue Paul-Henri Spaak, 7
B-1060 Bruxelles
Tél : +32 (0)2/520.70.09
Fax : +32 (0)2/521.70.09
info@fondationrleblanc.be
www.fondationrleblanc.be


Photos (c) Nicolas Anspach
Dessin en médaillon : Djinn (c) Mirallès, Dufaux & Dargaud.

[1Ndlr : Le créateur des éditions du Lombard a toujours un bureau dans le building « Tintin », et s’y rend encore régulièrement.

[2Composé de Jean Van Hamme, Johan De Moor, Daniel Couvreur (journaliste au Soir de Bruxelles) et Frédéric Ronsse (de la Librairie Brüsel).

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