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Gauthier, Labourot & Lerolle : "Ce qui nous intéresse, c’est d’essayer de nouvelles voies"
12 mai 2006

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Gauthier, Labourot & Lerolle : "Ce qui nous intéresse, c'est d'essayer de nouvelles voies"

Après Foot2Rue, Noodles ! est le deuxième titre phare de la nouvelle collection NG chez Soleil. Rencontre avec le trio d’auteurs de cette série qui risque bien de séduire le jeune lectorat...

Quelle est l’origine de Noodles ! ?

Séverine Gauthier : Au départ, le personnage de Kikitte a été créé pour un cadeau de naissance d’une de nos amies asiatiques. Puis nous avons rajouté des petits animaux et au final, nous avons développé un principe de petits strips : les personnages se battaient pour attraper un bol de nouilles placé à chaque fois dans une situation différente.

Thomas Labourot : nous avions présenté Noodles ! à Delcourt pour être publié dans Pavillon Rouge. Mais le temps que le concept soit complètement développé, le magazine s’est arrêté ! Je l’ai alors proposé à Laurent Duvault qui était chez Dupuis à l’époque.

SG : entre temps, je m’étais attachée aux personnages et j’avais imaginé une aventure complète.

TL : Laurent était super emballé. Quand il est parti chez Soleil, Noodles ! a suivi...

Gauthier, Labourot & Lerolle : "Ce qui nous intéresse, c'est d'essayer de nouvelles voies"
Séverine, quel est ton parcours ?

SG : En fait, je suis professeur d’anglais dans un collège. J’écris depuis très longtemps car le métier de scénariste de s’improvise pas. Noodles ! était le premier projet que j’ai considéré comme suffisamment mûr pour être présenté à un éditeur.

Le format de la collection NG influe-t-il sur ton écriture ?

SG : Oui, bien sûr. Il faut que l’histoire soit à la fois complète en 44 pages et à suivre. J’ai aussi la contrainte d’écrire par épisodes de 11 pages. Pour les prépublications et le fonctionnement par chapitres, il faut toutes les 11 pages une espèce de "cliffhanger" [1]. Tout cela crée un rythme très dynamique.

En quelque mots, quel est le synopsis ?

SG : Les quatre héros sont les derniers élèves d’une école d’arts martiaux, un dojo plutôt sur le déclin. Pour sauver leur dojo, ils entreprennent une quête : obtenir l’arme légendaire d’un samouraï qui autrefois a battu un terrible démon. Et cette arme légendaire, c’est une paire de baguettes qui a un pouvoir magique. Mais je n’en dis pas plus...

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Thomas Labourot au travail
© LB

Thomas, ton graphisme est très éloigné de celui utilisé sur Troll...

TL : Sur Troll, je réfléchissait trop sur chaque case, ce qui me parasitait. Avec Noodles ! je dois faire une planche par jour, ce qui m’aide à avoir un bon dynamisme, de l’énergie dans mon dessin. Je cherche à me rapprocher du dessin animé par des mouvements de "caméra". Je suis très synthétique sur les décors et je me concentre sur les cadrages et l’action.

Christian, comment travailles-tu les couleurs ?

Christian Lerolle : nous voulons retrouver dans le graphisme et les couleurs, un côté frais et immédiat pour faciliter la lecture. J’utilise une gamme de couleurs assez large pour être plus nuancé et ne pas me cantonner au ciel bleu et à l’herbe verte. La couleur doit aussi donner des indications narratives. L’ordinateur offre tellement de possibilités que le danger est d’en faire trop avec la couleur, ce qui rendrait les planches illisibles. Sur Noodles ! , je passe le trait noir de Thomas en couleur pour donner un effet plus rond, plus "cartoon".

TL : quand tu regardes ma planche en noir et blanc, c’est dur à lire car je ne fais pas beaucoup d’aplats de noir. Il n’y a rien qui se détache. Au niveau de la mise en couleur, je souhaitais au départ m’approcher le plus possible du dessin animé et enlever tous les traits noirs. Mais le résultat était totalement confus. Le travail de Christian permet de mettre en relief ce qui est important à voir dans la case.

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Christian Lerolle sous haute surveillance
© LB

CL : dans Noodles ! il y a beaucoup de cases par planche. Quand je "descends" les traits sur les arrières plans, c’est pour faciliter la lisibilité et faire ressortir le personnage au premier plan.

Combien d’albums sont prévus au contrat ?

TL : quatre pour le moment.

Avec un prix de vente à 5,95 euros, vous êtes payés au rabais ?

CL : nous observons aussi les chiffres de vente d’un album cartonné vendu 13 euros... Ce qui nous intéresse, c’est d’essayer de nouvelles voies. C’est ce que nous offre Soleil avec sa collection NG. Nous avons aussi l’opportunité de développer l’univers para-BD avec un jeu de société, des figurines, des maillots... Nous avons aussi signé une option pour un dessin animé.

On va vous taxer de faire de la bande dessinée commerciale !

SG : j’ai du mal à faire cette distinction entre BD commerciale et non commerciale. Quand un auteur réalise un album, il me semble que c’est pour le vendre et pour qu’il soit lu. Le merchandising faisait partie de notre projet de départ. Nous voulions créer un univers multi-supports dont la bande dessinée serait le cœur.

TL : le rythme de parution permet de nous y retrouver financièrement. Sur une année, mes revenus sont identiques à un album de 46 pages classique. Et puis je suis content que le prix de vente soit très accessible pour les enfants. Maintenant ce n’est pas une garantie de succès !

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Les nouilles donnent du tonus !
© Xavier Lavictoire

Illustrations © Gauthier/Labourot/Lerolle/Soleil


[1expression anglophone qui désigne une fin brusque dans une œuvre de fiction où les personnages se trouvent dans une situation non résolue, ce qui implique toujours une suite

(par Laurent Boileau)

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