Giant T2 - Par Mikaël - Dargaud

10 février 2018 1 commentaire
  • Deuxième et dernier tome du diptyque Giant, fresque à échelle humaine où la petite histoire se confronte à la grande Histoire.

New-York, cette ville qui fait fantasmer les uns et les autres. New-York, cette ville où la démesure architecturale côtoie une fourmilière humaine. New-York, cette ville qui ne serait ce qu’elle est sans le travail acharné d’hommes et femmes immigrés. Giant est de l’un d’eux. Natif d’Irlande, il est à la construction du Rockefeller Center au début des années 30 et s’acharne au travail. Doté d’un physique impressionnant, il cache aussi un lourd secret et entretient une correspondance avec une certaine Mary-Ann qui débarque alors dans la ville qui ne dort jamais...

Si le mystère et les non-dits entretenaient le lecteur lors du premier tome, les réponses et les rencontres sont au cœur de ce deuxième tome. La solitude n’a plus lieu d’être et la fraternité prend le relais. On pense notamment à Dan Shackleton, personnage qui sert à mettre en lumière le personnage de Giant. Déboussolé mais avide d’informations sur Giant au début de l’histoire, il devient compagnon de route nécessaire d’un homme qui souffre en silence.

Le secret est au cœur de l’histoire de Giant et la confrontation au réel sera nécessaire pour appréhender la sensibilité et le cœur du personnage. Car avant toute chose, Mikaël tisse une histoire à échelle humaine où certains se démènent à essayer d’apporter du baume au cœur des gens. La joie et la gaieté de Dan pour briser la glace de Giant, la relation épistolaire de Giant avec Mary-Ann pour entretenir l’espoir, la fraternité des ironworkers pour... vivre.

Giant T2 - Par Mikaël - Dargaud

C’est certainement une des réussites de Giant, lier la petite à la grande histoire. Ne pas oublier que l’Histoire s’écrit avec des histoires d’hommes. Giant est un protagoniste de cette Histoire. Immigré irlandais, il a fui la guerre à la recherche d’un nouvel espoir. Comme bon nombre de ses compatriotes, il a connu Ellis Island, la difficulté de redémarrer une vie dans le but d’un nouvel espoir. C’est à la fois beau et difficile et Mikaël nous le fait sentir, à chaque phrase, chaque case, chaque page.

Le trait impeccable de Mikaël est appuyé par un sépia non feint et des couleurs magnifiques où le chaud côtoie le froid, où les blancs sont nécessaires à l’histoire. L’enchaînement des cases n’est pas en reste avec un travail sur la verticalité et le silence, qui remplace des dialogues qui n’auraient pas lieu d’être lors de ces moments.

On referme donc ce deuxième tome avec le sentiment d’avoir vécu un moment d’Histoire par le biais du personnage de Giant, qui relève la tête dans les dernières pages et regarde vers des lendemains qu’on lui espère plus joyeux. L’espoir, toujours l’espoir...

(par Clément DUVAL)

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