Gustave Caillebotte : un rupin chez les rapins – Par Laurent Colonnier – Ed. Glénat

7 juillet 2017 9 commentaires
  • Gustave Caillebote est l’une des figures les plus méconnues du mouvement impressionniste dont les images cependant, comme « Les raboteurs de parquet » sont dans toutes les mémoires. Une mémoire que Laurent Colonnier ravive en racontant la biographie d’un peintre relativement mystérieux récoltant finalement peu de la lumière qu’il a contribué à jeter sur ses contemporains Sisley, Degas, Cézanne, Renoir, Monet, Pissarro …

Comment les « peintres de la lumière » que sont les Impressionnistes ont-ils pu jeter une telle ombre sur l’un des leurs, parmi les plus talentueux ? Mort à 45 ans, Gustave Caillebotte a laissé bon nombre d’œuvres marquantes qui par leur composition hardie, la finesse de leurs couleurs et surtout par la « trivialité » de ses sujets s’inscrivait pleinement dans l’évolution de la peinture de son temps, de Courbet jusqu’au moderne précurseur qu’était Cézanne.

La modestie est une explication, lui qui mit sa fougue (et sa fortune) au service de ses amis peintres, aidant à les promouvoir et quelquefois même, comme cela a été le cas de Pissarro, en leur évitant les saisies et en leur offrant de quoi survivre.

Gustave Caillebotte : un rupin chez les rapins – Par Laurent Colonnier – Ed. Glénat
Gustave Caillebotte ; un rupin chez les rapins – Par Laurent Colonnier
© Ed. Glénat

Ses origines bourgeoises, la fortune de son père, est une autre explication qui a pu conférer à son travail le soupçon d’être celui d’un « parvenu » qui n’a pas dû se battre pour imposer son art. Moins sincère, sommes toutes. C’est oublier que Caillebotte acceptait les usages bourgeois tout en défendant des idées égalitaires et humanistes. Il suffit de voir ses tableaux pour constater que sa fortune le tenait justement éloigné des sujets « bourgeois » comme les portraits de famille de riches entrepreneurs et de mécènes infatués : scènes de rues, de gares, de canotages, d’ouvriers au travail, de soldats, de baigneurs…. Souvent montrés de dos : la condition plutôt que le sujet.

Cette instance pour que sa collection des peintres impressionnistes –comme collectionneur, il acheta les toiles les plus célèbres, comme Le Moulin de la galette de Renoir- donnée en legs à l’état rejoignent les musées nationaux, ce qui lui fur refusé à plusieurs reprises, à lui et à ses exécuteurs testamentaires… Aujourd’hui, le « Fonds Caillebotte » constitue l’ensemble le plus représentatif du mouvement impressionniste appartenant à l’État.

Comme dans sa biographie d’Hergé Georges et Tchang, une histoire d’amour au XXe siècle), Colonnier n’hésite pas à avancer l’hypothèse de l’homosexualité du peintre, ce qui peut-être une autre explication pour laquelle, en dépit de la notoriété croissante de ses confrères, il était resté dans l’ombre. Le résultat est que l’on découvre derrière une œuvre méconnue un personnage plus ignoré encore.

Gustave Caillebotte ; un rupin chez les rapins – Par Laurent Colonnier
© Ed. Glénat

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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9 Messages :
  • A qui doit-on les couleurs ? Elles rehaussent le dessin un peu figé de Colonnier.

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    • Répondu par Eviv Zobglor ! le 10 juillet à  11:12 :

      Pourquoi à nouveau insister sur une éventuelle homosexualité, comme avec le précèdent Hergé, s’agit il d’attirer le public LGTB ??? Il me semble que dans le cas d’artistes, le rendu sur papier ou toile a plus d’importance que les méandres de leur vie privée, qui ne concerne que leurs fonds de caleçon et les intimes.

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      • Répondu le 10 juillet à  19:11 :

        Je n’ai pas lu ça dans le livre, à quel scène vous faites allusion ?

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        • Répondu par E B le 11 juillet à  12:01 :

          C’est à la fin de l’article, il suffit de lire : "Colonnier n’hésite pas à avancer l’hypothèse de l’homosexualité du peintre."

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          • Répondu le 11 juillet à  17:32 :

            Ayant lu le livre, je ne vois pas dans quelle scène on peut voir ça.

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            • Répondu le 16 juillet à  11:29 :

              "La beauté est dans les yeux de celui qui regarde" Oscar Wilde. Ensuite Duchamp à ajouté "L’œuvre se situe dans l’œil de celui qui regarde". Après cela, Roland Barthes et les structuralistes ont expliqué que l’œuvre dépend de celui qui la regarde, que c’est le spectateur qui fait l’œuvre. L’œuvre étant un objet inerte sans spectateur ou lecteur. Le regardeur, en fonction de son vécu, de son savoir fait l’œuvre. Dans le cas présent, l’article est signé Didier Pasamonik et il est libre d’y voir ce qui lui parle et d’exprimer son point de vue, non ?

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      • Répondu par Talking Head le 11 juillet à  19:31 :

        On entend bien votre homophobie latente, pour vous l’homosexualité n’est qu’une histoire de " fonds de caleçon ".

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    • Répondu le 11 juillet à  17:34 :

      Ce n’est pas précisé dans l’album, on peut penser que les couleurs sont de Laurent Colonnier lui-même.

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  • Laurent Colonnier a bien fait lui-même les couleurs, il explique comment sur bdparadisio :
    « Les originaux sont au lavis. Les couleurs sont faites à part, au pastel pour toutes les carnations et la plupart des éléments, mais aussi à la peinture et crayons. J’intègre tout ça sous photoshop, je densifie le pastel tout en donnant du contraste pour le volume (pour ceux qui savent, certains calques en "produit" d’autres en "incrustation" voire en "lumière tamisée"), c’est un peu la technique du bleu de coloriage mais époque informatique.  »
    Avec exemple à l’appui ; Sacré boulot.
    https://img4.hostingpics.net/pics/3...

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