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Henri Vernes : « Que quelqu’un reprenne Bob Morane ? Je n’en ai rien à foutre ! »
22 novembre 2007

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Henri Vernes : « Que quelqu'un reprenne Bob Morane ? Je n'en ai rien à foutre ! »

Depuis 1953, « l’aventurier » parcourt la planète dans des aventures qui ont inspiré Michaël Crichton et incarné un type particulier de héros de bande dessinée. Rencontre avec son créateur, Henri Vernes, 89 ans et toujours en verve.

Dans quelles circonstances avez-vous créé Bob Morane en 1953 ?

L’éditeur de Marabout, Jean-Jacques Schellens, voulait faire une série de romans pour jeunes avec un personnage récurrent. On m’a demandé de le faire. J’en ai fait un premier, et plus de 200 autres depuis.

Le concept de l’aventurier s’est imposé comment ?

On lui a trouvé un nom, on lui donné un physique. Et au cours des romans, il s’est un peu précisé physiquement et moralement, un petit peu au hasard, comme nous tous, nous grandissons un peu au hasard aussi.

D’où vient le nom, du constructeur d’avions ?

Non. Cela vient du nom que prend un guerrier Masaï quand il a tué son premier lion. Il devient alors un « Morane ». J’avais aussi une connaissance qui était un peintre du dimanche et qui signait Morane. Le prénom de « Robert » vient de ce que son diminutif était « Bob », un prénom qui faisait bien en ce temps-là. Aucun lien avec les avions, mais le hasard fait bien les choses.

Quand Bob Morane est devenu un phénomène de société ?

Ça l’a été à une époque. Ses aventures ont appris à lire à beaucoup de gens. À une époque quand on disait Marabout, on pensait Bob Morane, et l’inverse.

Henri Vernes : « Que quelqu'un reprenne Bob Morane ? Je n'en ai rien à foutre ! »
Bob Morane : Plus de 200 romans et de 60 bandes dessinées
Photo : D. Pasamonik (L’Agence BD)

Est-ce que, selon vous, Bob Morane est daté aujourd’hui, un peu comme 0SS 117 ?

Dans le cas de 0SS 117, oui, car cet organisme ne s’appelle plus OSS 117 qui était le nom des services secrets américains pendant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, c’est la CIA. Donc là, il est daté. Tandis que Bob Morane n’est pas daté, même si certaines de ses aventures le sont car elles se passent à une époque qui n’existe plus. Depuis cinquante ans, beaucoup de choses ont changé. Je n’ai jamais vraiment arrêté d’en écrire. Je n’ai jamais été en panne d’inspiration : il se passe tellement de choses. Et puis, j’avoue, je me répète de temps en temps aussi…

Vous faites la joie des collectionneurs.

Oui, il y en a qui stockent, qui revendent le livre plus cher une fois épuisé. Je connais le truc ! je viens de voir une édition anglaise de Bob Morane qui cote 50 euros. Je n’ai pas de droits d’auteur là-dessus !

Vous avez fait avec vos personnages des scénarios inédits pour la bande dessinée. Qu’est-ce qui vous a amené à la BD ?

C’est Femmes d’Aujourd’hui, un hebdomadaire féminin, qui m’a demandé d’en faire. J’ai dit : Pourquoi pas ? Et j’en ai fait, c’est tout.

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Henri Vernes : "Bob Morane n’est pas daté".

Il y en a près de 60, quand même.

Oui. Le premier écueil a été d’incarner Bob Morane. Il y avait Pierre Joubert qui dessinait mes couvertures. Dino Attanasio a été le premier à en faire des bandes dessinées, puis William Vance, Gérald Forton, Coria… Chacun l’a un peu interprété à sa manière. Cela ne me dérange pas : les James Bond sont aussi interprétés différemment selon l’acteur qui l’incarne.

On a posé la question pour Tintin ou pour Astérix, est-ce que vous voyez après vous quelqu’un reprendre la destinée du personnage ?

Je n’en ai rien à foutre !

Propos recueillis en octobre 2007.

Lire aussi : Henri Vernes, l’aventurier du roman pour la jeunesse

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

6 Messages de forum : Participez à la discussion

  • Bonjour, Je suis un vieux lecteur et je dois avoir toutes les bd de Bob Morane dans ma bibliothèque. C’est une série que j’aime beaucoup. Mais, j’avoue avoir été choqué quand vous avez posé la question suivante :

    "On a posé la question pour Tintin ou pour Astérix, est-ce que vous voyez après vous quelqu’un reprendre la destinée du personnage ?"

    "Je n’en ai rien à foutre !"

    L’un de mes auteurs préférés n’en a rien à foutre. C’est un immense mépris pour ses lecteurs fidèles. Je suis profondément déçu.

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    • Répondu le 21 octobre 2008 à  01:32 :

      Que voulez-vous qu’il réponde ? Il risque d’être mort lorsque cela arrivera, si effectivement cela arrive. Car apparemment, tant qu’il vit, il ne peut s’arrêter. Et par ailleurs, son oeuvre est beaucoup trop avancée et définitivement ancrée dans l’âme de ses fidèles lecteurs, justement, pour qu’un écrivain reprenant le flambeau puisse vraiment y changer quelque chose. Donc, vous croyez réellement que ça le dérangera lorsqu’il y réflichira de sa tombe ? Si vous posiez la question parce que vous seriez intéressé à reprendre ce flambeau, je pourrais comprendre votre déception suite à cette réponse ; autrement, elle est inutile. Il faut bien qu’il s’arrête un jour... Bob Morane est peut-être éternel, mais Henri Vernes ne l’est pas, lui, malgré son longévité. Encore chanceux qu’il continue à en écrire, après presque 60 ans !

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      • Répondu par le croc blanc le 24 mai 2009 à  13:25 :

        C’est surtout comment c’est dit, je trouve. Ca fait un peu : "J’en ai rien à foutre de comment sera traité Bob après moi, ça peut devenir d ela merde, ça ne me dérange pas !"

        Alors que bon, à sa place, bien sûr je ne pouurai pas contrôler après ma mort, mais avant je laisserai le flambeau à quelqu’un de "bon".

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  • au contraire, qu’henri vernes dise qu’il n’en a rien à foutre de bob morane, c’est qu’il considère qu’il en a tout dit et écrit en ce qui le concernait...

    pas adepte des bd qui pour moi trahisaient un peu l’imaginaire qu’il nous était donné de vivre à travers ces romans, son héros s’est trouvé aujourd’hui un lointain cousin dans le personnage de dirk pitt, de l’américain cussler et qui sévit à l’heure actuelle dans Le Livre de poche

    n’empêche, né en ’59 et ayant appris à aimer la lecture sous toutes ses formes aux travers de ces éditions marabout de l’époque, ce que je tiens aujourd’hui de mon éthique personnelle doit beaucoup à ce personnage ;)

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  • Je crois que ce ’J’en ai rien à foutre" signifie OUI ! D’ailleurs, ce sont ses héritiers qui décideront.

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    • Répondu le 2 août à  19:35 :

      salut flocon,

      pas évident d’en prendre le risque aujourd’hui, il est tellement devenu une icône à la dumas que bob morane doit rester intemporel ... donc, sans suite ;)

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