Hermiston T2 – Par Jean Harambat – Futuropolis

25 novembre 2011 0 commentaire
  • Jean Harambat tente le périlleux exercice de donner une conclusion à un roman inachevé de Stevenson. Radioscopie d’un pari culotté.

Archibald Hermiston n’épouse pas le réalisme glacial de son père, magistrat sans pitié, que l’on surnomme « le juge pendeur ». Cette opposition idéologique est la raison pour laquelle le fougueux jeune homme a été prié d’aller voir si l’herbe n’était pas plus verte dans les landes écossaises. Dans le confort du manoir de famille, Archie prend la vie comme elle vient, ne négligeant pas les plaisirs qu’elle peut procurer. Là, il tombe sous le charme de Christina, une jeune femme loin de son rang, et dont l’amour lui semble, de fait, défendu. L’aristocrate va pourtant s’amouracher de la jeune femme, quitte à se mettre encore plus en porte-à-faux. L’idylle en devenir risque bien d’attiser les perfidies familiales.

Ce n’est finalement pas de la famille que viendra la trahison, mais de Frank, le « meilleur ami », qui va abuser de Christina. Dans une colère sourde, Archibald fracasse le crâne de son rival sur une pierre tombale. Ivre de rage, Hermiston rentre au manoir, avant de se livrer à la justice... Une reddition qui le condamne à un face-à-face avec son père.

Hermiston T2 – Par Jean Harambat – Futuropolis
Un extrait de "Hermiston"
© Harambat - Futuropolis

À grand renfort de publicité, c’est d’abord un inédit de Robert Louis Stevenson que l’éditeur a souhaité vendre [1]. De deux choses l’une, soit on relit le fameux roman inachevé pour comparer les deux versions, soit on fait l’impasse en ne se fiant qu’à la seule bande dessinée. Nous avons choisi la seconde option. Cette précision faite, force est de constater que le récit fonctionne avec fluidité, et qu’il n’est pas évident de deviner où se situe la césure entre le texte original et son final imaginé. On retrouve dans ce second volume d’Hermiston de bons dialogues, toujours très tendus, ainsi qu’une montée en puissance vers le climax que constitue la scène du procès, où Hermiston père et fils s’affrontent. Le dessin anguleux de Jean Harambat est toujours aussi raide, mais l’homme a le don de bien raconter son histoire. Même si son dénouement est un peu convenu, Harambat noue tragédie et aventure, en ayant visiblement bien compris les ressorts de l’écriture de Stevenson. Le pari est gagné.

(par Morgan Di Salvia)

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A propos de Jean Harambat, sur ActuaBD :

> Hermiston T1

[1Un bandeau rouge autour de la couverture annonçait de façon un peu alambiquée « la fin inédite du roman inachevé ».

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