Hubert - Par B. Gijsemans - Dargaud

10 janvier 2017 0 commentaire
  • Un très bel album contemplatif sur le rapport d’un taiseux à la peinture. Premier album très prometteur de Ben Gisjemans !
Hubert - Par B. Gijsemans - Dargaud
Ben Gijsemans
DR - © Dargaud

Certaines œuvres sont difficiles à résumer, parce qu’elles sont contemplatives et qu’elles se regardent plus qu’elles ne se lisent, qu’elles dégagent une atmosphère dans laquelle s’immerger plutôt qu’une histoire dans laquelle se plonger.

Hubert, de Ben Gijsemans, fait partie de cette catégorie. Essayons pourtant de la résumer : Hubert, le personnage principal, et quasiment unique, de cette bande dessinée est un taiseux, dont on ne sait pas grand-chose, si ce n’est qu’il fréquente assidument les musées, bruxellois surtout, mais aussi parisiens, se rendant dans la capitale française exprès pour voir le Musée d’Orsay.

À part ça, on sait qu’il peint dans son appartement, reproduisant les toiles qu’il admire et photographie dans les musées. Et puis, c’est à peu près tout. Homme doux, gentil et très réservé, il est mal à l’aise en société, ayant du mal à tenir une discussion avec un inconnu, refusant les avances de sa voisine du dessous, elle aussi très seule.

L’album est quasiment muet, et sa grande force réside dans le dessin extrêmement sensible et très réussi de Ben Gijsemans. Creusant le moindre détail, jouant sur les couleurs, il donne à son personnage un regard incroyablement expressif, à l’aide seulement de deux petits points noirs derrière ses lunettes qui descendent sur son nez comme deux oreilles de cocker pendant tristement. On ne sait finalement rien de cet homme très ordinaire, mais on s’y attache progressivement, on s’habitue à cette atmosphère cotonneuse, rendu par un travail admirable sur la texture des couleurs.

Quand on sait que cet album est le premier de Ben Gijsemans, résultant de son travail de fin d’études à l’école Saint-Luc de Bruxelles, on ne peut qu’être admiratif. L’influence d’Hergé ou de Winsor McCay se ressent, celle de Sylvain Chomet également, mais le jeune auteur belge fait déjà montre d’une maîtrise impressionnante, et il ne nous reste plus qu’à espérer que son travail actuel dans l’animation et l’illustration ne l’empêche pas, à l’avenir, de nous livrer d’autres bandes dessinées aussi réussies. De même que Hubert trouve du réconfort en contemplant les œuvres d’art des musées, de même on sort apaisé d’une telle lecture.

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(par Tristan MARTINE)

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