Il y a 40 ans disparaissait René Goscinny

5 novembre 2017 7 commentaires
  • Le 5 novembre 1977, il y a exactement 40 ans, René Goscinny mourait d’une crise cardiaque en faisant un test d’effort chez son cardiologue. Il avait 51 ans et avait eu le temps de créer des personnages aujourd’hui mythiques comme Astérix, Le Petit Nicolas, Iznogoud, tandis qu’il donnait une impulsion décisive à la série Lucky Luke.

51 ans, c’est quasiment l’âge de Shakespeare avec lequel il a en commun d’avoir créé des personnages qui font partie de la culture universelle, Don Juan et Falstaff pour le premier, Iznogoud et Obélix pour le second. « Ils sont fous ces Romains ! » rime avec « Beaucoup de bruit pour rien ! » Mais on lui doit aussi, en association avec Albert Uderzo et Jean-Michel Charlier, la création de l’incontournable hebdomadaire Pilote qui révolutionna la bande dessinée française.

Il y a 40 ans disparaissait René Goscinny
Une biographie de Goscinny par Marie-Ange Guillaume et José-Louis Bocquet parue en poche chez Babel/Actes Sud

L’homme a beau avoir vendu 500 millions de livres traduits en 150 langues, inspiré des dizaines de films, être une figure incontournable de la bande dessinée française, certains aspects de son œuvre et de sa biographie restaient méconnus, et notamment ses origines juives. Le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme de Paris éclaire jusqu’en mars 2018 cet aspect de sa vie montrant le parcours de cet enfant d’immigrés juifs polonais et ukrainiens, dont ces imprimeurs érudits, les Beresniak, sa branche maternelle, qui mirent sa jeunesse sous le signe de l’astérisque et de l’obèle et cette diaspora yiddishe aux accents hispano-américains héritée de son père.

Parallèlement, la Cinémathèque de Paris s’emploie à conduire une exposition spectaculaire sur les influences du cinéma sur le travail du grand scénariste qui explore, jusqu’en mars 2018 elle aussi, la filmographie de cet héritier de Walt Disney et de Laurel et Hardy, tandis qu’une biographie de Goscinny en bande dessinée par Catel (Kiki de Montparnasse, Joséphine Baker…) devrait sortir en deux volumes entre 2018 et 2019 chez Grasset.

Joli bilan pour Anne Goscinny et Aymar du Chatenet qui ont fondé cette année un Institut Goscinny qui a cornaqué toutes ces manifestations. Une effervescence médiatique qui trouve l’un de ses points d’orgue avec une prestation publique d’Anne Goscinny –qui est écrivaine elle-aussi- et qui lira la semaine prochaine son roman aux accents autobiographiques, Le Bruit des clés, accompagnées par les mélopées au violoncelle par Henri Demarquette.

Il y a quarante ans exactement, Joost Swarte dessinait au bas d’une de ses cases, sur un papier journal emporté par le vent, « Goscinny is dood » (en néerlandais : « Goscinny est mort »). C’est la première page d’un album qui a marqué son temps : «  L’Art moderne ».

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

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LE BRUIT DES CLES
Mardi 7 novembre 2017
Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme
71, rue du Temple - 75003 Paris
www.mahj.org
RÉSERVATION EN LIGNE POSSIBLE DIRECTEMENT DEPUIS CE LIEN OU PAR TELEPHONE AU 01 53 01 86 50 DU LUNDI AU JEUDI DE 10H30 à 13H30.

-  « René Goscinny, au-delà du rire » au Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme - Hôtel de Saint-Aignan, 71 Rue du Temple, 75003 Paris. Le site du Musée
-  « Le Cinéma de Goscinny » Cinémathèque Française, 51 rue de Bercy 75012 Paris. Le site de la Cinémathèque

Photos : DR. Musée d’Art d’Histoire du Judaïsme.

 
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7 Messages :
  • Il y a 40 ans disparaissait René Goscinny
    5 novembre 19:50, par Jacques Langlois

    La comparaison avec Shakespeare est pour le moins étonnante ! Même si les deux auteurs sont morts à peu près au même âge, ça ne suffit pas pour justifier le parallèle. Quant au fait que tous deux ont créé un univers avec beaucoup de personnages, c’est le propre de bien des écrivains, je crois.
    en tout cas, tant qu’à citer une pièce du grand William ( qui n’est pas un frère Dalton) , j’aurais évoqué « Jules César « plutôt que « Beaucoup de bruit pour rien » ( et non « Tant de bruit »).

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 5 novembre à  21:49 :

      Bien vu, mon cher Jacques, pour le titre. Pour la comparaison, en revanche, je maintiens : Courteline ou Montherlant ont écrit beaucoup de pièces et créé beaucoup de personnages. Lesquelles de leurs expressions sont entrées dans le langage commun ? Quel personnage est devenu, à l’instar du cratophile Iznogoud ou de l’imbécile heureux Averell un type littéraire inscrit dans la mémoire de tous ? Là est la comparaison. Mais on a droit de faire la fine bouche.

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      • Répondu par Jacques Langlois le 5 novembre à  23:51 :

        Je ne fais pas la fine bouche et je tiens Goscinny pour un très grand. Mais il est mort voici 40 ans seulement alors que ça fait 500 ans que l’on parle encore de Shakespeare. Reparlons de tout ça en 2477 veux-tu ?

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        • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 6 novembre à  07:13 :

          Comme le dit un barde contemporain de nos deux autres dramaturges : « Je suis jeune, il est vrai ; mais aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ». ;)

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          • Répondu le 6 novembre à  08:44 :

            Corneille : 1606 - 1684. Shakespeare : 1564 - 1616. Mort à 52 ans à 3 jours près. Votre comparaison entre Goscinny et Shakespeare ne tient même pas à un fil. Goscinny a créé des tas de personnages et des tas d’expressions entrées dans le langage courant. Mais c’est le cas de tous les plus grands auteurs.
            Shakespeare était déjà mort que Corneille n’avait pas encore écrit sa première pièce. C’est un peu comme si on disait que Goscinny est contemporain de Joann Sfar. De plus, je ne vois pas le rapport entre Shakespeare et Corneille. Ils ne font pas le même théâtre et Elisabeth I n’est pas Louis XIV. Ils ne créent pas dans le même contexte social et politique.
            Par contre, vous auriez pu comparer le personnage d’Astérix à Marianne. Parce qu’un des tours de force de Goscinny, c’est d’avoir réussi à remplacer le personnage allégorique de la Nation qu’était Marianne par son petit gaulois. Vous auriez pu aussi comparer ce petit Gaulois à Gavroche et Obélix à Gargantua. Astérix, c’est d’abord un condensé de la culture française. Vous auriez pu le comparer à Hugo, Rabelais et bien d’autres, mais même si Goscinny est très cosmopolite et vous et a un humour qui va puiser un peu partout, le comparer à Shakespeare, j’avoue avoir du mal à faire le lien.

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  • Il y a 40 ans disparaissait René Goscinny
    5 novembre 21:41, par Laurent Colonnier

    51 ans, c’est quasiment l’âge de Shakespeare avec lequel il a en commun d’avoir créé des personnages qui font partie de la culture universelle, Don Juan et Falstaff pour le premier,

    Falstaff par Shakespeare, je veux bien, mais Don Juan c’est plutôt de Molière, bien que le personnage lui soit pré-existant.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 5 novembre à  22:00 :

      Il y a un Don Juan dans Beaucoup de bruit pour rien soixante ans environ avant le Dom Juan de Molière. On pourrait aussi prendre Roméo et Juliette auxquels Uderzo rend hommage dans Le Grand Fossé. ?

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