Intégrales et beaux livres sous le sapin (1/4) : Dargaud en pôle-position

20 décembre 2016 0 commentaire
  • Une fois de plus, Dargaud s'impose en qualité et quantité pour la mise en valeur de son catalogue au moment des fêtes : de Pilote à Pin-Up, de Barbe-Rouge à Siegfried, il y en a pour tous les goûts !

Les intégrales et rééditions de fin d’année sont un art à part, où il faut à la fois réunir des séries phares et permettre au public de redécouvrir des titres disparus des étals. Dargaud se révèle maître en la matière, avec une véritable avalanche de titres convaincants en cette fin d’année, aussi divers que variés.

Plus que patrimonial : historique !

Si nous avions salué cet été la haute teneur du dossier du cinquième recueil de la nouvelle intégrale de Tanguy & Laverdure, rédigé par l’infaillible tandem Gaumer-Ratier, nous avions cependant regretté leur manque de regard critique par rapport aux essais nucléaires, point focal des précédentes aventures.

Intégrales et beaux livres sous le sapin (1/4) : Dargaud en pôle-positionCe sixième volume contextualise le propos, car sa première partie reprend une analyse du travail réalisé en parallèle par Jean-Michel Charlier sur la série télévisée et en dessins animés, ainsi que des extraits d’interviews et de conférences données par le célèbre scénariste en 1987. On y retrouve cette fois entre autres une explication sur la fonction de ses héros : « À partir du moment où je raconte l’histoire de militaires programmés à ne pas tolérer la contestation, sauf à trahir complètement leur psychologie et à raconter des histoires complètement fausses, je me suis enfermé automatiquement dans cette espèce de rigidité de comportement et de pensée qui leur est inculquée, et qui en fait des sortes de robots. Cependant, à certains moments, j’en ai quand même été un peu gêné, d’où la création de Blueberry, qui est un personnage totalement différent et antagoniste d’un militaire sans peur et sans reproche. »

Une nouvelle fois, l’expertise de Patrick Gaumer et de Gilles Ratier permet de complémenter l’analyse des albums publiés avec des documents d’époque : le dossier contient non seulement les planches d’annonce des albums, mais également les strips « perdus », à savoir des bouts de planches publiées dans Pilote mais qui ont été supprimés par la suite car l’ensemble dépassait le carcan du sacro-saint 46 planches d’un album. Le tout est non seulement mis en avant dans le dossier, mais également repris dans le contenu de l’album lui-même.

L’inévitable attraction de la télévision

Ponctué de photographies d’époque, l’entretien de onze pages de Benoit Gillain (l’un des fils de Jijé, récemment disparu) permet également de bien comprendre le contexte de réalisation de Tanguy & Laverdure. On y retrouve d’ailleurs un très bel article documentaire sur la sécurité des vols en 1969, magnifiquement illustré par Jijé.

L’apport de ce dernier se remarque particulièrement à cette époque, ainsi qu’il l’exprimait lui-même, désireux de respecter la série, tout en faisant le lien avec le phénomène télévisuel et les couvertures signées par Yves Thos : « Au début, j’ai essayé de faire du Uderzo, mais c’était laborieux et j’en suis revenu très vite à mon style propre, explique Jijé en 1979. Les films à la télévision sont arrivés fort à propos et j’ai pu reprendre totalement mon graphisme en donnant à Tanguy et à Laverdure les visages de Jacques Santi et Christian Marin. […] Commercialement, il fallait qu’on puisse se référer aux films télévisés. […J]’ai toujours soutenu qu’il fallait que Marin soit Laverdure dans les albums. Certes, le personnage y a perdu comme pitre, mais il y a gagné comme héros. »

Cette transition se resùarque dans ce sixième recueil, en observant les évolutions entre Lieutenant Double-bang et Baroud sur le désert, que cela soit dans la physionomie des personnages ou le mouvement des scènes d’actions, principalement dans le désert où Jijé retrouve son savoir-faire acquis dans Jerry Spring.

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Extrait d’un reportage de Super Pocket Pilote réalisé par JM Charlier, et qui introduit l’un des courts récits de ce recueil.

Cette veine héroïque et à grand spectacle ne se cantonne pourtant pas à ces deux albums de 46 planches ; ce sixième recueil regroupe également les trois dernières histoires des (trop) éphémères Super Pocket Pilote, des aventures d’ailleurs uniquement dévolues à Michel Tanguy. Dargaud a une nouvelle fois choisi d’agrandir le format des planches noires et blanches de « poche » à la taille des albums. Et une fois de plus, le miracle agit : le graphisme de l’expérimenté Jijé s’adapte sans faillir à cet exercice périlleux, nouvelle preuve que ce pionnier de la BD belge encore trop méconnu est un incontestable maître.

Le dossier reprend des pages de Pilote fait le lien entre la séries de BD et la TV, il aurait été néanmoins intéressant de se pencher sur les reportages de J.-M. Charlier qui ont été publiés dans ces mêmes pages des Super Pocket Pilote, véritable exploration des sources des auteurs pour réaliser leurs histoires qui subjuguait les lecteurs de l’époque. Mais ce regret n’enlève en rien à l’intérêt que procure la lecture de ce passionnant recueil !

Un certain Joseph Gillain

Et de Jijé, il est encore et toujours question, avec Barbe-Rouge, cette fois ! Rappelons que le précédent recueil du plus célèbre des pirates de la bande dessinée fut consacré aux aventures dessinées par Patrice Pellerin. Et que le sixième volume rappelait comment Hubinon avait dû passer la main, tout d’abord provisoirement pour des raisons de santé, puis finalement pour se consacrer au lancement d’une nouvelle série d’une jeune femme corsaire, La Mouette, tandis que Charlier avait délaissé Barbe-Rouge (et surtout Pilote) pour se consacrer à la télévision.

Vient le lancement de Super As qui requiert de nouveaux héros. À la suite du déclin de la presse de bande dessinée pour la jeunesse, et le départ de Charlier de son poste de rédacteur-en-chef de Pilote, Super As, publié par le groupe allemand Koralle Verlag (Springer) symbolisait-il le renouveau des hebdomadaires dans une perspective européenne, le titre paraissant simultanément en français, allemand et néerlandais ? Charlier veut le croire, et désire répondre au point d’interrogation qu’il avait laissé avec Hubinon quelques années plus tôt à la fin du Vaisseau de l’Enfer. Le Feu de l’enfer, titre annoncé pour la conclusion de ce cycle mauresque, cède finalement la place au Raid contre la Corne d’or, tandis que Jijé reprend le dessin à quatre mains avec son fils Laurent, dit Lorg.

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La couverture réalisée par Pellerin, remplaçant celle réalisée par Lorg & Jijé, tout en respectant le mouvement de celle-ci.

De cette reprise graphique, de cette collaboration peu commune à l’aventure de Super As, le dossier de Brieg Haslé-le-Gall n’est pas avare de détails, pour notre plus grand bonheur. Et même s’il revient sur le jeu des couvertures réalisés par Yves Thos pour les précédents albums, les informations révélées par Pellerin sur la seconde version de la couverture du Raid sur la Corne d’or, ainsi que les deux couvertures de René Follet (dont une inédite) valent à elles seules la lecture du dossier.

Lequel propose en outre un entretien inédit avec Lorg, un portrait de Jijé, mais surtout un parallèle intéressant entre le cycle débuté par L’Île des Vaisseaux perdus et un roman homonyme. Sans oublier une magnifique lettre dessinée de Jijé à Charlier, qui révèle tout le sel de la relation entre ces deux géants qui ont collaboré ensemble pendant plus de vingt ans.

Décidément, même si on ne parvient toujours pas à accrocher à la médiocre maquette de cette intégrale, le contenu de son dossier ne cesse de progresser en qualité, se révélant une (re)-découverte incontournable.

Éternels insatisfaits, pouvons-nous néanmoins exprimer un regret ? De La Mouette, ce récit de 46 planches publié dans Le Journal de Spirou fin 1978 alors que décède Victor Hubinon, on en apprend trop… ou pas assez ! Le sujet n’avait été qu’hâtivement survolé dans le sixième volume, mais une couverture et une planche présentées dans ce huitième recueil, avec force détails, fait regretter qu’on ne le propose pas dans ce recueil. Car, même si une édition très limitée de cet album avait été réalisée en 2009, on voit mal ce récit faire l’objet d’un tirage suffisant en dehors d’une intégrale de Barbe-Rouge. Puisqu’il a été dessiné par le créateur graphique de la série qui en a assuré plus de la moitié de ses albums, peut-on espérer qu’il paraisse dans un prochain recueil ?

Dans le rétroviseur

Impossible de dissocier donc les éditions Dargaud du Journal Pilote, d’autant plus que l’éditeur revisite également ce patrimoine depuis plusieurs années en publiant des recueils d’histoires courtes sous le titre des Plus Belles Histoires de Pilote. Ce voyage dans le passé du magazine touche à sa fin, avec la publication du second recueil des années 1980, qui clôture cette série.

L’introduction rappelle que Dargaud racheta Charlie Mensuel en 1982, avant de le fusionner avec Pilote en 1986. En effet, la presse de bande dessinée vit des heures difficiles. Après un premier arrêt, et cette fusion entre ces deux grandes références, l’aventure s’interrompt une nouvelle fois en plein été 1986. Une ultime tentative relance le journal en septembre 1988, mais cette nouvelle version ne tiendra qu’un an… avec une couverture qui est justement reprise pour illustrer celle de ce recueil.

C’est donc une ultime hommage à cette époque que représente cette dernière sélection d’histoires courtes. Une fois de plus, on retrouve les grands noms qui ont marqué Pilote et son époque : Cabu, Fred, F’murrr, Cestac, Gébé, Pétillon, Wolinski et les autres. On profite aussi de quelques plus jeunes auteurs qui ne tarderont pas non plus à se faire un nom : Philippe Francq, Loisel, Juillard, Tronchet, Gibrat, etc. 170 pages de nostalgie, mais aussi de découvertes de petites pépites qui n’ont souvent jamais eu l’occasion d’être publiées en album.

Et l’on pense encore à Pilote avec Valérian, l’un des titres mythiques de l’hebdomadaire qui s’amusait à réfléchir et qui s’est imposé comme la plus fameuse série de Space Opera de la BD franco-belge, et qui va d’ailleurs fêter prochainement ses cinquante ans avec le film de Luc Besson et la réédition des recueils de l’intégrale de 2007.

Cette publication n’est pas aussi anodine qu’on pourrait le croire. Tout d’abord parce que le premier volume reprend la totalité des 56 planches du premier tome de Valérian, alors que La Cité des eaux mouvantes avait été raboté à 47 planches pour sa publication en album. Les amateurs de Valérian qui ne possèdent donc pas encore le premier recueil de cette intégrale apprécieront ces pages complémentaires. De plus, cette nouvelle publication rajoute une interview de Christin, Mézières & Besson, découpée dans les différents volumes. Ce complément s’enrichit de photographies du film et de dessins réalisés par Mézières pour cette occasion.

Dargaud en profite pour publier également une nouvelle version des Habitants du Ciel, L’Atlas cosmique de Valérian et Laureline. Une première version de cette encyclopédie avait été publiée en 1991, à laquelle une jaquette et un supplément broché de douze pages avaient été ajoutés en 2000. Cette nouvelle version est encore enrichie de trente pages complémentaires à en croire l’éditeur. Des ajouts dûs aux auteurs de la série, mais qui profitent également de la collaboration de Matthieu Lauffray, Jean-Michel Arroyo et d’autres artistes. Une très belle façon de rédécouvrir cette série mythique.

Oups, il y en a un peu plus ! Je vous le mets quand même ?

Dargaud arpente aussi les méandres de son large catalogue pour proposer de nouvelles moutures à des récits trop tôt oubliés. Ainsi Jamais deux sans trois, un one-shot écrit par Jean-Luc Fromental et réalisé par un Floc’h en très grande forme. Cet as de la ligne claire met en scène un habile triangle amoureux pimenté de bon mots et d’aimable grivoiserie, dans une ambiance hollywoodienne d’avant-guerre. Un petit bijou.

Ce récit originellement publiée en 1991 en trois bandes est maintenant présenté à l’italienne en deux bandes. Les couleurs plus légères dédramatisent l’intrigue qui se joue devant nos yeux. Quelques rares dialogues ont également été modifiés, mais une fois de plus, la présentation oblongue permet de redécouvrir le récit, magnifié par le talent de Floc’h. On regrette juste cette jaquette dans son blanc immaculé et un graphisme de couverture modifié qui ne rendent pas hommage à la finesse du graphisme de l’album. Ne vous fiez donc pas aux apparences et ouvre-le pour succomber face à un récit particulièrement exquis.

Dans un tout autre registre, on redécouvre Alex Alice avec l’intégrale de sa trilogie de Siegfried. L’auteur a minutieusement organisé sa mise en page pour proposer un véritable « opéra de papier ». Cette intégrale reprend également des illustrations et des photographies de sculptures, ainsi que des hommages à l’artiste dont ceux du compagnon de route Mathieu Lauffray : somptueux !

On change encore d’univers avec Le Marquis d’Anaon, la série qui permit au grand public de découvrir les deux prodiges de bande dessinée que sont Fabien Vehlmann et Matthieu Bonhomme. Cette magnifique suite avait déjà bénéficié d’un recueil en noir et blanc pour ses trois premiers tomes en 2005 (tirage limité à 2000 exemplaires). Mises en couleurs pour l’occasion, les trois petites histoires inédites en album de ce précédent tirage complètent cette intégrale des cinq albums, qualifiée pour l’occasion d’édition complète du Marquis d’Anaon, même si elle ne reprend pas les quatre premières pages du précédent ouvrage en noir et blanc, dont le graphisme aurait été en rupture avec cette présentation plus moderne.

Cette édition « complète » comporte aussi une interview de deux auteurs réalisée pour l’occasion. Outre la découverte des coulisses de la série et des liens forts qui unissent Vehlmann & Bonhomme, ces neuf pages sont également l’occasion de découvrir des photos des repérages, ainsi que des croquis et autres illustrations. Parfait pour se blottir dans une couverture au coin du feu.

Dans le domaine de l’humour, la palme de ces publications revient certainement à Z comme Don Diego, l’intégrale à l’italienne de deux tomes parus en 2012. Fabcaro (Zaïzaïzaïzaï) et Fabrice Erre (Une année au Lycée) s’entendent comme larrons en foire pour dépeindre cette vision burlesque de Zorro/Don Diego. Le découpage général en demi-pages légitimise ce nouveau format, ce qui permet de redécouvrir la dérision de Fabcaro, et le graphisme déjanté de Fabrice Erre, en particulier grâce à ses physionomies très expressives. Cette publication en intégrale bénéfice de quatre pages complémentaires, sous forme de bêtisier de précédentes scènes. De plus, Bouzard réalise deux pages d’introduction qui donnent le ton de cette excellente parodie.

Des séries en cadeaux

Dargaud n’en oublie pas ses séries-phares de ces dernières années, que l’éditeur décline sous divers formats qui regroupent la totalité d’un cycle, ou de la série. Ainsi, la totalité des neuf et respectivement dix tomes de Murena et Pin-up sont proposés dans des formats moyens, légèrement inférieur à celui des albums, ce qui permet de supporter la masse de ces intégrales, et de les proposer à des prix démocratiques (40 € et 39,50 €).

Si les deux « premiers » cycles de la Complainte des landes perdues maintiennent quant à eux leur présentation originelle, l’intégrale des trois premiers tomes de Pico Bogue se présente dans un format à l’italienne, avec une superbe jaquette, qui rend bien l’émerveillement que suscite le monde poétique d’Alexis Dormal & Dominiques Rocques. Un peu plus philosophique, mais tout aussi indispensable, l’intégrale du premier cycle du Chat du Rabbin propose une jaquette papier dépliable qui peut aisément se placer sous cadre.

Plus interpellante, l’intégrale de l’adaptation de Game of Thrones se présente sous le visuel d’un vieux grimoire relié. Pas de cuir, ni de simili, dans cette compilation de la totalité des six volumes francophones et des couvertures américaines, soit plus de 700 pages de comics pour seulement 29 €.

Enfin, comme réalisé pour les deux premiers tomes de la série en 2014, Dargaud a réuni les volumes trois et quatre de Sortilèges dans une édition brochée en grand format. Cet écrin permet de profiter pleinement de l’univers construit par Jean Dufaux, et surtout d’apprécier l’incomparable talent de Munuera.

Cette édition en noir et blanc permet d’apprécier le travail sur les ombres toutes en nuance réalisées par le dessinateur avant la mise en couleur. Une version brute et somptueuse de son art, limitée à 2000 exemplaires et qui comprend un ex-libris numéroté et signé, le tout pour 27 €.

Nous reviendrons dans les prochains jours sur le travail de Dargaud autour de Blueberry, mais au regard des albums évoqués ci-dessus, on ne peut constater la volonté de l’éditeur de la rue Moussorgski de faire vivre son fonds sous des formes savantes ou inventives. Du beau travail !

(par Charles-Louis Detournay)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Lire également notre article de l’année dernière : Intégrales et beaux livres sous le sapin (2/3) : Dargaud en pôle-position et l’article suivant de ce dossier : Intégrales et beaux livres sous le sapin (2/4) : Gir et Moebius, en intégrales, les deux faces d’un génie

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