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Jack Kirby, ou le retour à la Source
18 octobre 2005

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Jack Kirby, ou le retour à la Source

L’annonce récente du lancement en ligne d’un musée Jack Kirby remet sous les feux de l’actualité celui qui fut l’un des plus prolifiques et des plus originaux artistes de comics. Petite présentation de sa carrière, en accompagnement de l’interview de sa fille Lisa Kirby.

Apprenti à tout faire

Né en 1917 de parents immigrés d’Europe centrale, Jack Kirby (de son vrai nom Jacob Kurtzberg) grandit à Brooklyn (New York).
Un de ses premiers emplois sera en 1935 aux studios Fleischer, pour lesquels il travailla sur les dessins animés de Popeye en tant qu’intervalliste. Il quitte cet emploi quelques mois plus tard et trouve du travail chez un syndicate [1] qui lui fournit l’occasion de créer sous pseudonyme nombre de strips dans des genres aussi divers que l’humour, l’aventure, la SF ou le Western. Il y resta jusqu’en 1938 à sa fermeture, et atterrit au studio Eisner-Iger [2]. Là, il travailla pour la première fois sur un comic-book, ces magazines de BD encore récents qui, après avoir commencé par réutiliser des strips préalablement parus dans les journaux, proposaient maintenant du matériel inédit.

Simon & Kirby, la grande époque

Jack Kirby, ou le retour à la Source
Le 1er comic de Captain America (1941)

Dans le même temps, Kirby travailla pour divers éditeurs de comic-book, et c’est chez l’un d’eux qu’il rencontre celui qui deviendrait son complice pour de nombreuses années : Joe Simon. Leur collaboration sera aussi fructueuse que variée [3]. Leur première grande création, en 1941 pour Timely Comics (la future Marvel), qui leur demande un personnage pouvant faire concurrence à The Shield (« Le Bouclier »), fut sans aucun doute un héros patriotique qui marcha très vit très bien : Captain America. Quelques mois avant l’entrée des États-Unis dans la Deuxième Guerre mondiale, le succès fut tout de suite au rendez-vous. Ils ne réalisèrent pourtant que dix numéros de cette série, convaincus de ne pas recevoir une récompense financière suffisante pour leur travail.
Ils partirent donc en 1942 chez Detective Comics (qui changea plus tard son nom en DC Comics) et travaillèrent sur des personnages comme The Sandman [4], The Newsboy Legion (un groupe de jeunes vendeurs de journaux aux aventures plongées dans le monde réel, accompagnés d’un héros costumé) ou les Boy Commandos, un autre groupe de garçons, cette fois-ci représentant les pays alliés et combattant derrière les lignes ennemies.

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Kirby & Simon lancent les comics de romance (1947)

Un autre vrai succès populaire pour le duo de choc, qui dut arrêter de produire des comics [5] en 1943, quand les deux artistes furent mobilisés. Leurs bandes, mélange d’aventure, de personnages bien dans leur temps (et dotés d’une vraie trogne) et d’humour, leur avaient assuré une célébrité certaine. Leur départ pour l’armée n’allait pourtant pas signer la fin de leur collaboration.

Faites l’amour, pas la guerre

Deux ans plus tard, de retour du front, Kirby retrouve Simon, et les deux compères repartent de plus belle. Après des bandes d’aventures pour divers éditeurs, ils créent en 1947 un comic qui allait lancer un nouveau genre : Young Romance Comics est, comme son titre l’indique, une anthologie d’histoire de romance, où la morale est bien évidemment respectée. Mais, on le voit, à cette époque, les BD américaines (et même les gros éditeurs) proposaient aux lecteurs une grande variété de genres.

Parmi les créations importantes du duo à l’époque, notons Black Magic (1950), considéré comme l’un des meilleurs titres d’horreur des années 50, Boys’ Ranch (1950), un Western dont les héros étaient un groupe de garçons, ainsi que Fighting American (1954), une quasi parodie des héros patriotiques, aux personnages bizarres et à l’ambiance très humoristique où Kirby montre aussi un talent certain pour la caricature.
Malheureusement, entre 1954 et 1955, l’industrie du comic book allait recevoir un des pires coups de boutoir de son histoire : des enquêtes diligentées dans les instances du Sénat américain impliquèrent les comics dans la délinquance juvénile, les histoires d’horreur et de crime qui peuplaient alors les présentoirs étant vues comme un danger pour la jeunesse. En peu de temps, nombre d’éditeurs, déjà touchés par la baisse des ventes dues à la concurrence de la télévision, allaient fermer boutique, la plupart de ceux qui survécurent adhérant à un nouveau code de bonne conduite. Simon & Kirby, qui avaient depuis un moment fondé leur propre maison d’édition, furent emportés par la tourmente, et quelques temps plus tard, leur collaboration de plus de quinze ans prit finalement fin.

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Kirby & Simon s’auto-parodient (1954)

Aventure et SF au menu

Kirby ne resta pas longtemps sans travail, même s’il se retrouva chez DC à dessiner quelques histoires de Green Arrow, un personnage pas vraiment de premier plan. Pourtant, en 1957, il créa un groupe d’aventuriers célèbres en leur temps, qui préfiguraient en partie les futurs super-héros Marvel. The Challengers of the Unknown (Litt. « Ceux qui défient l’inconnu ») combattirent des monstres variés et des criminels fantastiques, sans que la bande soit vraiment dans le genre super-héros.

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Les signatures de Kirby & Wood sur une page du dimanche de Sky Masters (1959)

À la même époque, il perça dans un domaine qui l’avait fait rêver à ses débuts, le comic-strip. Avec le dessinateur Wally Wood et deux scénaristes, Kirby lança Sky Masters of the Space Force, une série d’aventures de science-fiction assez réaliste (pas de monstres ou d’extraterrestres) racontant la conquête de l’espace. Ce strip dura tout de même deux ans, et constitue un autre grand moment de la carrière d’un artiste qui en compte de nombreux.

Marvel et le nouvel âge des super-héros

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Le Two-Gun Kid en 1962 pour Marvel

En 1959, Kirby travaillait presque exclusivement pour la future Marvel, qui publiait alors des BD de romance, de Western et de monstres. Il allait laisser sa marque sur les trois genres. Les courtes histoires de monstres, généralement écrites par Stan Lee, avaient beau être souvent complètement absurdes, elles dégageaient un charme certain que le second degré apporté par une lecture de nos jours ne fait que renforcer.
Mais bien sûr, la grande époque Lee/Kirby allait commencer en 1961, avec la décision de l’éditeur de lancer de nouveaux titres de super-héros, dont le genre connaissait alors un petit renouveau depuis quelques années, entre autres chez DC. Les Fantastic Four (et avec eux le Silver Surfer, Galactus....), Thor, the Hulk, Ant-Man, Nick Fury, Iron man, the X-Men, The Avengers, Captain America (relancé pour l’occasion), etc., Kirby allait co-créer une impressionnante galerie de personnages qui, à des degrés divers, feront sa réputation, ainsi que celle de Stan Lee et de la Marvel. Lee et Kirby produiront 104 numéros des Fantastic Four (un record à l’époque) et Kirby ne quittera Marvel qu’en 1970 quand, déçu par les nouveaux propriétaires et convaincu qu’on ne le laisserait plus créer de nouveaux personnages à son goût, il décide de partir pour DC.

La Quatrième Monde

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Une pleine page du 1er New Gods (1971)

Là, Kirby va imaginer un groupe de séries d’une grande originalité. Il relance Superman’s Pal, Jimmy Olsen, série consacrée au jeune photographe roux, en réintroduisant la Newsboy Legion (des descendants de ceux des années 40) et en mettant en place toute une ambiance de SF bien agitée, avec clones, expériences génétiques et la naissance d’un des plus grands vilains de l’histoire des comics de super-héros, Darkseid (« dark side » signifie « le côté sombre »), le maître d’Apokolips. Car cette série n’est que le prélude à son Fourth World (le « Quatrième Monde »), une grande saga de SF dans laquelle s’affrontent deux planètes, Apokolips et New Genesis, peuplées de créatures aux pouvoirs incroyables, descendants des anciens dieux disparus dans une grande conflagration (une référence manifeste aux dieux nordiques et à leur Ragnarok). Du côté des gentils dieux, un vieux barbu nommé High Father communique avec la Source, une mystérieuse présence qui écrit sur un grand mur en lettres de feu. On est loin des petits conflits des super-héros de base. Le graphisme de Kirby, qui s’était déjà affirmé sur ses séries Marvel, explose littéralement. Son lyrisme et l’énergie qui se dégage de ses planches vont marquer des générations de lecteurs et de dessinateurs. Son emploi des pleines pages, parfois doubles, donne un côté "grand écran" à ces histoires pleines de bruit et de fureur.
The New Gods, Forever People et Mr. Miracle sont les trois autres titres de cette légende moderne où l’intérêt de Kirby pour la mythologie prend toute son importance. Si la plupart de ces séries ne durèrent pas plus d’un an, leur trace ne fut pas perdue, et les idées de l’auteur furent petit à petit intégrées à l’univers DC, pour en devenir un des fondements.
Suite à l’échec de ces séries, Kirby en lança d’autres, toutes très différentes. Citons parmi d’autres Kamandi, The Last Boy on Earth [6], The Demon (Etrigan, un démon, habite de nos jours un ancien chevalier de Camelot, chargé par Merlin de contenir le monstre) et de nombreuses histoires de guerre dans Our Fighting Forces.

Un nouveau tour chez Marvel

À l’expiration de son contrat en 1975, Kirby décide de revenir chez Marvel, avec un contrôle quasi-total sur de nouvelles séries. Il reprend son Captain America, travaille sur Black Panther, lance de nouveaux personnages comme Devil Dinosaur (un jeune humanoïde qui fait équipe avec un tyrannosaure) ou The Eternals (un groupe d’ancêtres des humains jadis transformés en êtres futuristes par une race d’extraterrestres surpuissants). Ces travaux de Kirby ne rencontrent malheureusement pas un grand succès, son style étant en partie passé de mode.

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2001, A Space Odyssey - Kirby sur les traces de Kubrick et Clarke (1976)

Il adapte également 2001, L’Odyssée de l’espace en BD et s’en inspire pour une série qui, si elle ne dura que dix numéros, le vit manipuler avec un plaisir évident les concepts créés par Arthur C. Clarke et Stanley Kubrick. À noter une réunion avec Stan Lee pour un album (et non un comic, ce qui était très rare à l’époque) mettant en scène le Silver Surfer.

Le retour à la Source

Kirby quitta Marvel en 1978 pour revenir au domaine qui l’avait vu faire ses débuts, l’animation. Il travailla sur des story-boards et des designs pour plusieurs séries télés.
Il allait pourtant encore créer quelques comics. Dès le début des années 80, un grand nombre de petits éditeurs, que l’on qualifie « d’indépendants » pour leur volonté de publier en dehors des schémas traditionnels de DC et Marvel, font leur apparition. L’un d’eux fut Pacific Comics qui ne dura pas longtemps mais qui eut le temps de publier des artistes comme Barry Windsor-Smith, Bernie Wrightson ou Sergio Aragonès (les premiers Groo). Jack Kirby y publia en 1981 et 1982 deux travaux, Captain Victory and the Galactic Rangers et Silver Star, SF mâtinée de préoccupations cosmiques. Si Kirby n’est plus à son meilleur niveau, la douce folie qui envahit les pages de Captain Victory en fait une lecture très divertissante. Pour DC, il réalisa au milieu des années 80 deux histoires censées clore l’univers du Fourth World [7] (qui ne sont malheureusement pas publiées comme Kirby l’aurait voulu), ainsi que quelques comics épars. Il participa également aux mini-séries Super Powers, comics créés pour pousser les ventes d’une série de figurines à l’effigie des personnages DC.
Il prit finalement sa retraite en 1987. L’année précédente, il se trouva au centre d’un conflit avec Marvel, quand celle-ci lui demanda de signer une décharge de droits encore plus poussée que d’habitude en échange du retour de ses planches originales (gardées jusqu’alors par l’éditeur). Le problème se réglera à l’amiable, et donna l’occasion à une bonne partie de la profession d’affirmer son soutien et son admiration envers Kirby.

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Streetwise - Kirby fait de l’autobiographie (1983)

En 1983, Jack Kirby avait réalisé pour un magazine une histoire de 10 pages intitulée Street Code, qui ne sera publiée qu’en 1991 [8]. Cette histoire met en scène un jeune Jack Kirby qui grandit dans l’univers dur des tenements de New York, ces bâtiments délabrés qui abritaient ceux qui n’avaient pas les moyens de vivre ailleurs (Will Eisner en donna sa propre vision dans nombre de ses albums). Les scènes de vie quotidienne de ce court travail montrent bien que si Kirby est connu pour ses séries de SF cosmique, il a toujours gardé en lui ce côté « pieds sur terre », incarné par beaucoup de ses personnages des années 40, mais également par celui de The Thing, le monstre de pierre des Fantastic Four, Juif originaire d’un quartier pauvre de New York, comme le King, ainsi que fut surnommé Kirby à partir des années 60.

Jack Kirby est décédé le 6 février 1994. Il aura passé les deux tiers de sa vie à créer des comics, totalisant plus de 24.000 pages en plus de 50 ans de carrière. Bien au-delà des super-héros Marvel pour lesquels la plupart des lecteurs le connaissent aujourd’hui, il a contribué à peupler la bande dessinée américaine d’une infinité de personnages d’une grande diversité et de concepts qui n’ont rien perdu de leur originalité.

Un héritage impressionnant

Bien entendu, nombre d’artistes et de scénaristes ont réutilisé les personnages créés par Kirby pour DC ou Marvel. La plupart d’entre eux ont dit combien ils admiraient le travail du King et désiraient faire perdurer son héritage. De façon plus négative, on peut légitimement estimer que les excès des artistes Image du début des années 90 (l’emblème en étant Rob Liefeld) sont la conséquence d’une mauvaise compréhension de ce qui fait la force du dessin de Kirby, puisque celui-ci n’oublie jamais la narration, même dans ses pleines planches. Citons donc quelques exemples plus récents et plus intéressants.

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Bruce Timm dessine Darkseid

Ces dernières années, les excellents dessins animés de Superman et de la Justice League ont intelligemment utilisé le Fourth World, et en particulier le personnage de Darkseid. Bruce Timm et Paul Dini, co-créateurs de ces dessins animés, ont été jusqu’à introduire dans Superman un personnage de flic dont le nom était tiré des bandes de Kirby et à lui donner les traits de son créateur. Dans un épisode mémorable, Darkseid, pour punir Superman d’avoir fait échouer son invasion de la Terre, assassine froidement le flic. Le créateur abattu par sa création, jolie métaphore de la relation artiste-éditeur aux États-Unis, où les artistes n’ont pas la propriété de la plupart de leurs travaux effectués pour Marvel ou DC.

Du côté de Marvel, on peut penser à la belle utilisation qui a été faite il y a quelques années des Eternals et de leur créateurs les Celestials dans la mini-série Earth X de Jim Krueger, Alex Ross et John Paul Leon, qui mettait les créations de Kirby au centre d’un avenir possible de l’univers de super-héros de Marvel (et donnait également un rôle à Machine Man, le robot intelligent créé par Kirby à la fin de sa série 2001). Remarquons que Bruce Timm comme John Paul Leon ont des styles qui, bien qu’extrêmement différents l’un de l’autre, présentent des caractéristiques qui les placent dans une filiation directe avec celui de Kirby : puissance, énergie, lyrisme et solidité peuvent décrire le travail de ces trois artistes.

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Deux cases de John Paul Leon sur Earth X

Pour finir, il a été annoncé il y a peu de temps que Neil Gaiman était sur le point d’écrire une mini-série elle aussi inspirée des Eternals, Marvel allant bien sûr en profiter pour proposer une collection des comics d’origine de Kirby - DC n’est pas en reste pour les rééditions, puisque tout le Fourth World a été repris en albums quelques années auparavant, un premier volume de Kamandi venant d’être publié le mois dernier.

En septembre 1994 débute la parution du Jack Kirby Collector, un magazine entièrement dédié à la carrière de Kirby, en association avec les héritiers de celui-ci. Ce magazine paraît toujours, et TwoMorrows, son éditeur, est dirigé par John Morrow, l’un des instigateurs du projet du Jack Kirby Museum & Research Center. C’est donc à l’occasion du lancement de ce musée en ligne par Morrow et Randolph Hoppe (qui tient des groupes de discussion autour de l’œuvre de Kirby) que nous proposons une interview de Lisa Kirby, fille de l’auteur et troisième administratrice de ce nouveau musée.
Nous espérons que ce rapide et incomplet tour d’horizon de la carrière de Jack Kirby vous donnera une image fidèle de l’importance et de la variété de celle-ci.

En logo, Galactus et The Watcher (c) Marvel.

Cet article a été écrit d’après plusieurs sources, dont des biographies de l’auteur (ici et ), une bibliographie, et une interview de Will Eisner.
Jack Kirby le Magnifique, la monographie écrite par Jean-Paul Jennequin pour les éditions Béthy en 1998, nous a également été utile.
Pour le plaisir des yeux, deux adresses de site où vous pourrez découvrir beaucoup de couvertures et de pages de l’artiste : un blog et une galerie, malheureusement sans référence.

Les traductions françaises des comics de Jack Kirby sont nombreuses, et la plupart ont été publiées dans des magazines vendus en kiosque. En librairie sont actuellement disponibles plusieurs volumes.Entre autres :

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Le 1er tome de Mr Miracle, paru aux Editions Béthy. Mr Miracle est un "artiste de l’évasion", comme le dit Martin Winckler, "un Houdini futuriste dont la mission permanente était d’échapper à la mort."

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Fantastic Four, sans doute sa série la plus célèbre, dont la version cinématographique est sortie sur les écrans cet été.

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Le Surfeur d’Argent, au départ un personnage secondaire des Fantastic Four, dont la figure s’inspire du mythe de Prométhée. La mythologie est souvent une source d’inspiration pour Jack Kirby qui y trouve le souffle épique nécessaire au développemment de ses grandes sagas.

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Hulk, le géant vert, une série dans laquelle Kirby nous convainc que la colère est mauvaise conseillère.


[1Agence distribuant les bandes dessinées dans les grands journaux américains. NDLR.

[2Oui, le Will Eisner du Spirit et de Un Contrat avec Dieu - son studio employait alors d’autres artistes qui allaient devenir célèbres, comme Bob Kane, qui co-créa quelques mois plus tard le personnage de Batman.

[3Ils réalisent par exemple le premier numéro de Captain Marvel Adventures, la version du héros qui, en criant « Shazam ! », devient fort, résistant et doué du pouvoir de voler - il fera grande concurrence à Superman pendant longtemps.

[4Non pas, évidemment, la version inventée des décennies plus tard par Neil Gaiman, mais un aventurier doté d’un pistolet à gaz somnifère. Simon & Kirby transformèrent d’ailleurs en profondeur le personnage à leur arrivée, comme quoi ce procédé est ancien et ne date pas du tout de l’arrivée d’Alan Moore dans les comics des années 80.

[5À la chaîne, il faut le dire, puisqu’ils arrivaient à dessiner jusqu’à six pages par jour !

[6Dans un futur proche, un garçon, seul humain intelligent, lutte pour sa survie dans un monde peuplé d’animaux ayant gagné la parole et la station debout. Kirby joue sur la vague de la Planète des Singes, mais à sa façon. Le titre durera plusieurs dizaines de numéros.

[7Une courte histoire dans le sixième numéro d’une réimpression de ses New Gods, ainsi qu’un album d’une soixantaine de pages intitulé The Hunger Dogs, où l’on découvre des personnages de Apokolips vivant sous la botte de Darkseid et qui se révoltent.

[8Et reprise dans l’excellente anthologie de bandes autobiographiques Streetwise, publiée en 2000 par TwoMorrows Publishing.

(par François Peneaud)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

2 Messages : Participez à la discussion

  • > Jack Kirby, ou le retour à la Source

    28 octobre 2005 16:25, par JC Lebourdais

    The Demon (Etrigan, un démon, habite de nos jours un ancien chevalier de Camelot

    Oh, vraiment ?

    repondre message

    • Répondu par François Peneaud le 28 octobre 2005 à  19:26 :

      Si j’ai fait une erreur, dites-le moi au lieu de faire le malin. J’ai mélangé la version de Kirby et celle du dessin animé de Timm & Dini ?

      repondre message





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