Joost Swarte, la ligne claire du New Yorker

30 janvier 2018 4 commentaires
  • Le Néerlandais Joost Swarte est connu pour avoir inventé l'expression "ligne claire", qualifiant le style d'Hergé. Mais le dessinateur demeure avant tout un artiste extraordinaire, à la ligne aussi "claire" que celle du maître et à l'esprit aiguisé. Il est actuellement exposé à Paris, à la Galerie Martel, à l'occasion de la parution chez Dargaud d'un important ouvrage rassemblant l'ensemble de ses dessins pour The New Yorker.

Joost Swarte, qui a fêté ses soixante-dix ans le mois dernier, fait partie de ces quelques dessinateurs qui réussissent à penser leur art tout en créant et à faire le pont entre bande dessinée européenne et comic books. Issu, comme Willem, du mouvement underground néerlandais, il est devenu à partir des années 1980 l’un des illustrateurs les plus recherchés des deux côtés de l’Atlantique. Il a été récompensé en Belgique, aux Pays-Bas et aux États-Unis - mais jamais en France, comme si l’ombre tutélaire d’Hergé empêchait les acteurs institutionnels de voir son talent. Ses bandes dessinées, depuis L’Art moderne (Les Humanoïdes Associés, 1980), n’ont pas été si nombreuses, mais ses illustrations se comptent par centaines.

Ce sont justement ses illustrations pour The New Yorker qui sont à l’honneur en ce moment, à la fois dans un copieux ouvrage publié chez Dargaud et dans une exposition à la Galerie Martel, qui a l’habitude d’accueillir des dessinateurs de réputation mondiale.

Joost Swarte, la ligne claire du New Yorker

Le travail de Joost Swarte pour The New Yorker est le résultat d’une rencontre. En 1978, à Amsterdam, Art Spiegelman et Joost Swarte décident de travailler ensemble pour RAW, revue depuis devenue presque mythique. Le dessinateur néerlandais participe aux onze numéros et noue une solide amitié avec Françoise Mouly et Art Spiegelman. Le lien vers The Now Yorker se fait donc pour ainsi dire naturellement, Françoise Mouly en étant l’une des directrices artistiques, avec Chris Curry.

La Galerie Martel expose les couvertures dessinées par Joost Swarte pour The New Yorker depuis 1994 [1], ainsi que les "spots", ces vignettes disséminées au fil des articles. Toutes ces œuvres sont également dans l’ouvrage New York Book, qui regroupe en outre une chronologie, des notules rappelant le contexte de chacun des dessins publiés, deux textes d’Éric Fauchère et Jean-Louis Roux, mais aussi de nombreux croquis préparatoires inédits ainsi que d’autres non retenus par The New Yorker.

Joost Swarte est constamment cité. Inventeur de l’expression "ligne claire" en 1977, il a ainsi facilité le travail de bien des commentateurs de l’œuvre hergéenne. Mais c’est peut-être, finalement, à son propre travail que l’expression sied le mieux. Un trait épuré toujours associé à une idée d’une grande finesse : il vaut sans doute mieux, comme l’artiste, rester dans la sobriété pour évoquer son œuvre.

Documents

Voir en ligne : Le site de l’auteur

(par Frédéric HOJLO)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

Tous les visuels sont sous © Joost Swarte (dessins) / F. Hojlo (photographies), 2018.

- New York Book. Dessins pour The New Yorker - Par Suze & Joost Swarte - Dargaud - traduction de Monique Nagielkopf (édition originale : Scratch Books, Amsterdam, 2017) - 22,5 x 30,4 cm - 120 pages couleurs - couverture cartonnée - parution le 12 janvier 2018 - commander ce livre chez Amazon ou à la FNAC.

- Consulter le site de l’auteur & les premières pages du livre

- Joost Swarte à la Galerie Martel
Exposition du 19 janvier au 17 mars 2018
17, rue Martel 75010 Paris
Ouvert du mardi au samedi de 14 h 30 à 19 h
contact@galeriemartel.fr / 01 42 46 35 09

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[1Une partie de ces dessins est visible au bas de cet article : leur piètre reproduction photographique doit être une incitation à les découvrir "en vrai".

 
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4 Messages :
  • il n’est même pas foutu de faire une perspective qui tienne la route, c’est pourtant le b.a BA.

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    • Répondu par Philippe Wurm le 31 janvier à  11:18 :

      Pourquoi écrivez-vous volontairement des bêtises ?
      Juste une envie de provocation ?
      Une ironie pseudo-distinguée ?
      Quel intérêt ?

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      • Répondu par Frédéric HOJLO le 31 janvier à  11:52 :

        Il s’agit en fait d’un intervenant récurrent, dont le nom apparaît à la suite d’autres commentaires dans le site et qui se complaît à insulter régulièrement ses camarades dessinateurs.

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