Jour J, T. 28 : L’Aigle et le cobra - Par Duval, Pécau & Fafner-Delcourt

4 octobre 2017 0 commentaire
  • Dans un monde parallèle, l'armée de Cléopâtre et de Marc Antoine aurait des vues sur Rome. Et un César aveugle et assagi jouerait les casques bleus. Exercice de style qui nous ramène parfois à nos propres joutes de pouvoir.

En -50 avant Jésus-Christ, Cléopâtre et Marc Antoine menacent l’Empire romain. Brutus sollicite alors Jules César, pourtant retiré du pouvoir, aveugle et affaibli par l’âge, pour négocier. Confiant en Brutus, il garde en tête le pouvoir de Pompée, rival honni, sur Rome. Entre la fougue de Brutus et les charmes de Cléopâtre, César va devoir user de toute sa -récente-sagesse pour obtenir une paix fragile. Mais difficile de deviner les réelles intentions de chaque partie, même si chacun s’accorde à vouloir éviter un bain de sang.

Jour J, T. 28 : L'Aigle et le cobra - Par Duval, Pécau & Fafner-Delcourt
© Delcourt 2017

Déjà le tome 28 de Jour J, série qui joue à tordre l’histoire pour envisager d’autres destins. Nombre de grands événements ont déjà été abordés, de toutes époques, de tous pays. Et d’ailleurs le tome 23, la République des esclaves, aborde un thème très proche. Si parfois on frise la lassitude face à ces uchronies à répétitions, ici la mayonnaise prend bien. Cadrages séduisants, personnages aux traits épais et aux regards précis, traitement de la lumière et mise en page dynamique : le dessin de Fafner y est pour beaucoup. Les scénaristes exploitent avec finesse le handicap supposé de César, qui devient alors un diplomate presque humaniste, ignorant la manipulation qui va l’étouffer. Entre grandeur des paysages romains et décadence à l’affût, le personnage de Cléopâtre, comme toujours, et dans cet album notamment, fascine à chaque apparition. Une conclusion pleine d’ironie achève le récit, nous ramenant à nos violences contemporaines et notre vie politique si proche, jeux du cirque exceptés. Encore que...

(par David TAUGIS)

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