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Judge Dredd est de retour !
21 janvier 2013

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Judge Dredd est de retour !

La nouvelle adaptation du comic book anglais par Hollywood sort directement en DVD & Blu-Ray en France en février. Une petite réussite brute de décoffrage !

Judge Dredd est à l’origine une bande dessinée créée par John Wagner et Carlos Ezquerra en 1977, parue dans l’hebdomadaire britannique de science-fiction 2000 A. D., magazine fondé la même année, où est également parue la série Sláine de Pat Mills. Bon nombre de scénaristes y ont débuté avant de franchir l’Atlantique, comme Alan Moore, Neil Gaiman, Grant Morrison, Warren Ellis ou encore Garth Ennis.

Située aux Etats-Unis, Mega-City One est une mégalopole post-apocalyptique tentaculaire où, devant la prolifération incessante du crime et de la sauvagerie, les institutions ont du s’adapter et créer un ordre spécial : les juges. A la fois policiers, avocats, juges et bourreaux, ils traquent les criminels et exécutent eux-mêmes la sentence.

Le plus redoutable est certainement Joe Dredd, défenseur implacable de la loi et l’ordre, refoulant tous sentiments, et dont la particularité est de ne jamais retirer son casque, lui conférant l’aspect froid et sans état d’âme de cette justice du futur aux relents fascistes.

Judge Dredd est de retour !
Karl Urban reprend le flambeau !
©Lionsgate

Certains se souviendront malheureusement de la précédente adaptation navrante de la bande dessinée, réalisée par Danny Cannon et personnifiée à l’écran par Sylvester Stallone, au sein d’un des plus gros budgets cinéma à l’époque. Dans le rôle du juge, place cette fois-ci à Karl Urban, acteur néo-zellandais viril abonné aux rôles de héros durs à cuire casqués (Le Seigneur des Anneaux, Les chroniques de Riddick, Pathfinder), devant la caméra de Pete Travis, et sur un scénario du britannique Alex Garland (28 jours plus tard, La Plage...).

Le film sort directement en DVD et Blu-Ray en France le 11 février prochain, édité chez Metropolitan Filmexport. Interdit aux moins de 12 ans, Dredd se veut une adaptation sans concession de l’univers ultra-violent du comic book, et balaye d’un revers de la main tout aspect grandiloquent, préférant se concentrer sur un aspect véritablement brut de décoffrage, et une petite poignée de personnages seulement.

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Une case dessinée par Carlos Ezquerra.
©Ezquerra/2000 AD.

Le film se révèle en effet être un huis clos dans un immeuble mal famé en proie au chômage, vivant sous la poigne du gang tout puissant de l’énigmatique Ma’ Ma’, contrôlant aussi le trafic d’une drogue en vogue très puissante. Envoyés sur les lieux pour enquêter sur trois cadavres dépecés et précipités du haut d’une centaine d’étages, Dredd et la débutante Anderson, une mutante télépathe, sont vite enfermés dans l’antre de l’immeuble. Pour survivre, ils doivent démanteler à eux seuls le gang de Ma’ Ma’, étage après étage.

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Une illustration de Simon Bisley
©Bisley
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©Ezquerra/2000 AD.

A l’instar du film The Raid de Gareth Evans, sorti en 2012, Dredd est construit comme un jeu vidéo, à base de "niveaux". Nous assistons à un duel explosif à distance, entre le taiseux Dredd, accumulant les cadavres sans état d’âme, et la sombre Ma’ Ma’, à laquelle l’actrice Lena Headey (Game of Thrones, Sarah Connor Cronicles, 300), défigurée et presque méconnaissable, offre une animalité, une sauvagerie contenue qui fait froid dans le dos. Face à elle, Karl Urban, dont on ne verra jamais autre chose que le rictus de la mâchoire, se fond idéalement dans le rôle presque mécanique de Dredd, mal rasé et à la voix rauque.

Adoubé par le co-créateur de la bande dessinée, John Wagner en personne, le film a pourtant connu des complications lors de la post-production, le réalisateur ayant laissé sa place au scénariste Alex Garland, suite à des divergences artistiques avec la production.

Assumant totalement son ancrage au cinéma de genre, accumulant les scènes de tripailles, défenestrations et divers sévices corporels, sur-cadré mais ne perdant jamais le spectateur dans une démo technique ronflante malgré quelques envolées au ralenti et en 3D, Dredd est une très bonne surprise, parfois aussi froide qu’un glaçon (le personnage originel a notamment été calqué sur L’inspecteur Harry) mais extrêmement jouissive pour qui aime les films brutaux et sans concession.

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Dredd (Karl Urban) sur le qui-vive, dans le film de Pete Travis.
©Lionsgate

Voici une adaptation réussie prouvant qu’il y a de la place pour des transpositions à petit budget, et néanmoins fidèles à des bandes dessinées violentes [1].


DREDD - Bande annonce française par Avenue-de-l-horreur

Lire notre article sur l’intégrale 1 de "Judge Dredd"

En médaillon, la jaquette du DVD / Blu-Ray "Dredd" : © Metropolitan Filmexport.


[1] Dans la même veine, nous vous recommandons également le brutal Punisher War Zone de Lexi Alexander, avec Ray Stevenson dans le rôle de Franck Castle.

(par Thomas Berthelon)

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