"King of Eden" : le premier crime de l’humanité pourrait sauver le monde !

16 janvier 2018 2 commentaires
  • Takashi Nagasaki signe une nouvelle série exceptionnelle. Sur fond historique, des archéologues comparent le premier meurtre de l'humanité entre Caïn et Abel avec un nouveau genre de virus qui pourrait condamner l'espèce humaine. Un récit prenant.

Andalousie - Espagne. Un village entier a été massacré, puis, sujet aux flammes. La police locale arrête un individu suspect rodant à proximité du désastre. 56 victimes, pas le moindre survivant. Le jeune homme arrêté, Teze Yoo, jeune archéologue coréen semble lié à ce carnage. Repéré lors de faits semblables en Thaïlande et en Écosse, il subit un interrogatoire corsé. Sauf qu’au même instant, le commissariat central d’Andalousie est envahi par des créatures, responsables d’un nouveau massacre.

Parallèlement, à l’université nationale de Séoul, en Corée du sud, le Dr Itsuki, elle-même archéologue et ancienne camarade de classe de Teze, est recrutée par le service de renseignement de l’État, pour mettre la main dessus. Un virus d’un genre nouveau est à l’origine des massacres, une arme qui se propage au contact de l’air et qui transforme tous les sujets contaminés en véritables bêtes féroces. Quelques secondes suffisent pour qu’un humain parfaitement équilibré devienne un monstre assoiffé de violence.

Takashi Nagasaki démontre une fois encore l’éventail de ses qualités scénaristiques. Après ses chefs d’œuvres Master Keaton, Pluto ou plus récemment Billy Bat, nous voici plongés dans un thriller palpitant sans temps mort.

King of Eden joue sur plusieurs atouts : une enquête moderne sur base de fondements archéologiques, un virus bactériologique en relation avec le sixième siècle avant Jésus Christ, où le Roi Darius 1er de la dynastie des Achéménides a provoqué moult guerres pour l’obtenir... Mais surtout une trame, qui joue en permanence sur la corrélation entre les meurtres avec le tout premier crime de l’humanité entre Caïn et Abel. Si l’équipe d’archéologues parvient à en comprendre son sens profond, peut-être parviendront-ils à sauver le monde ?

Aux commandes de la réalisation graphique, on retrouve Ignito, dont il faut souligner également la remarquable qualité. Une des raisons qui permet à ce premier tome de captiver autant le lecteur. Une réussite autant pour la qualité des portraits que pour les détails en arrière-plan.

Grâce à King of Eden, vous allez voyager aux quatre coins du monde, découvrir différentes phases historiques, de notre ère, et bien plus anciennes, et apprécier à sa juste valeur une intrigue menée de main de maître par un mangaka de génie. Takashi Nagasaki prouve toute la magie et la technique de son style, et régale le lecteur page après page. Difficile, voire impossible de déceler un point négatif avec un tel niveau d’écriture. On en redemande !

"King of Eden" : le premier crime de l'humanité pourrait sauver le monde !
©Ignito / Ki-oon
Un virus qui métamorphose tout humain en monstres terrifiants.

(par Marc Vandermeer)

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

King of Eden T1. Scénariste : Tagashi Nagasaki. Dessinateur : Ignito. Éditeur : Ki-oon. 208 pages. Sortie : le 11 janvier 2018. Prix : 7,90 euros.

- Commander ce livre chez Amazon ou à la FNAC

- Lire la chronique Inspecteur Kurokôchi T1 & T2 - Par Takashi Nagasaki & Kôji Kôno - Komikku Editions
- Lire la chronique Billy Bat – T4 – Par Naoki Uarasawa et Takashi Nagasaki – Pika
- Lire la chronique Pluto, un robot réactivé avec talent
- Lire la chronique Master Keaton T1 - Par Naoki Urasawa, Hokusei Katsushika et Takashi Nagasaki - Edition de luxe - Kana

 
Participez à la discussion
2 Messages :
  • un virus bactériologique

    Est-ce bien le terme employé dans l’album ? Parce qu’en effet, tel quel, ça fout les jetons — mais c’est donc de la s.-f. car une telle entité biologique n’existe pas ( pas encore ?)...

    Répondre à ce message

    • Répondu par Aurélien Pigeat le 23 janvier à  13:40 :

      Bonjour,

      Je viens de terminer le premier tome. Pas trouvé trace de l’expression (il est vrai... étonnante !) mais je suis peut-être passé à côté. Mais je ne pense pas étant donné le "problème" décrit : il s’agit d’un virus du type de la rage (en plus costaud, hein !), dont certains groupes veulent se servir en tant qu’arme biologique à des fins terroristes.

      Ceci posé, le titre est très alléchant et l’art du mystère et de l’intrigue de Nagasaki fonctionne à plein.

      Cordialement
      ap

      Répondre à ce message