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L’Association affectée par la crise
28 juillet 2010

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L'Association affectée par la crise

Les vingt ans de L’Association sont, pour Jean-Christophe Menu, son Lider Maximo, l’occasion d’un plaidoyer pro domo aux accents à la fois nostalgiques et angoissés. Ses contradictions ne sont pas levées, tandis qu’en filigrane, se pose la question de son avenir.

L'Association affectée par la crise
BD News titre : "L’éditeur militant" avec une couverture du groupe Bazooka

À une semaine d’intervalle, les rédacteurs de Chronic’art et de BDnews se sont fendus d’un envoi personnalisé de leur dernière publication. Pourquoi ? Parce que dans un cas comme dans l’autre, le patron de L’Association, Jean-Christophe Menu leur a accordé une longue interview à l’occasion des 20 ans de sa structure éditoriale. Et parce que pour certains journalistes, les échanges peu amènes que nous avons pu avoir par organes interposés ont été suffisamment durs et assez singuliers pour attirer l’attention. Il y a peut-être de leur part une volonté de monter une polémique entre Menu et moi pour mieux faire parler de leurs feuilles.

Ils en seront pour leur frais car si polémique il doit y avoir, c’est vis-à-vis de leur démarche journalistique complaisante et frappée d’incuriosité. Nous sommes dans la célébration agenouillée tant de la part de Chronic’art que de BDnews, gratuit diffusé dans un réseau de libraires. Le premier se complaît dans une introduction quasi hagiographique parfaitement niaise genre L’Association a reconstruit la BD sinistrée après les années 1980 (foutaises), est l’héritière de Futuropolis « modèle d’exigence et de fabrication haut de gamme » (ils n’ont pas vu tous les bouquins de Futuro, nos petits gars), seule face aux gros éditeurs « paresseux et stupéfaits du succès de Persépolis » (bien sûr, Ego Comme X, Cornélius, Frémok, etc. comptent pour du beurre), dans une démarche de « radicalité » ébouriffante. Le second, plus honnête et au final plus pertinent, avoue être « intimidé » par son sujet, tout jouasse d’être « pinklisté » par un « homme qui n’a pas été tendre par le passé avec les journalistes ». Elle qualifie L’Association d’éditeur qui « conçoit toujours l’avant-garde au quotidien. » Ben tiens.

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Menu dans Chronic’art : "La crise est bien réelle. Pour moi, c’est très net. Les gens achètent moins de livres."

Pas de question qui fâche

Les questions qui fâchent sont soigneusement écartées. La rupture avec les associés fondateurs et les grandes figures du catalogue ne serait que formelle, basée sur une divergence de goût. Ceux qui ont suivi l’affaire savent qu’il s’agit avant tout de pratique de la part d’un leader frustré d’avoir sacrifié son œuvre à son entreprise (il l’explique plutôt bien dans ces entretiens) et qui a eu du mal à gérer un succès collectif de la part d’individualités dont le talent rayonnait bien au-delà de sa structure : David B, Joann Sfar, Lewis Trondheim, Emmanuel Guibert... pour n’évoquer que les plus connus. Menu admet à demi-mot que c’est surtout pour croûter –ce que L’Association était bien incapable d’offrir- que tous ces gens sont partis voir ailleurs si l’herbe était plus fraîche, qu’ils y ont trouvé une diffusion et des revenus à la hauteur de leurs talents. La création ne s’accommode pas spécialement de la misère.

Menu oublie de signaler que, par retour, après avoir lourdement investi dans la structure associative en créant des nouveautés sans même recevoir dans certains cas un à-valoir, leur succès chez les éditeurs mainstream a conforté le chiffre d’affaires de L’Association et l’a même d’une certaine façon légitimé, lui donnant la crédibilité qui lui manquait. Sinon, comment expliquer la détermination de la part de Jean-Christophe Menu de chercher à conserver à tout prix, et de façon moralement condamnable vis-à-vis d’un associé sans lequel la structure éditoriale n’aurait jamais existé, les droits des œuvres de David B, allant même jusqu’à rendre public de façon humiliante les échanges d’avocats d’une affaire où un auteur essayait simplement de récupérer la jouissance de son œuvre ?

On évite pareillement d’évoquer l’aventure de la diffusion de L’Association liée au Comptoir des Indépendants, dont le chiffre d’affaire avoisine les 5 millions d’euros par an (Chiffres 2008), une structure créée en 1997 et dirigée par Latino Imparato, transfuge de Vertige Graphic et propriétaire des éditions Rackham. Quel est le lien capitalistique entre L’Association, principale pourvoyeuse de chiffre d’affaire, et Jean-Christophe Menu avec cette structure essentielle à sa politique ?
On ne creuse pas davantage non plus la réalité d’une « avant-garde » sans autre support théorique qu’un vague édito de la revue Labo datant de Mathusalem et les vociférations d’un éditeur qui avoue in fine dans ces entretiens que sa ligne éditoriale est faite de « rencontres » avec les auteurs, comme tout éditeur qui se respecte en somme. Quid d’une radicalité qui sauve sa peau grâce à Persépolis, une œuvre qui est tout sauf d’ « avant-garde » et « radicale » ?

Avis de crise

Ces questions n’abolissent pas le rôle primordial et essentiel que L’Association a joué ces vingt dernières années. Un rôle de fédérateur et de promoteur de nouvelles signatures qui ont été défendues par un travail éditorial impeccable et surtout par une reconnaissance de leur talent sans la pression des contingences commerciales. Une génération d’auteurs peut remercier Jean-Christophe Menu et ses acolytes de les avoir distingués : Killoffer, Stéphane Blanquet, Jochen Gerner, Dominique Goblet, Rupert & Mulot, Joe Daly, Thomas Ott, Matt Konture… pour n’en citer que quelques-uns.

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Chronic’Art : Une interview complaisante

On peut aussi créditer L’Association d’avoir cristallisé un idéal, celui de l’artiste, il faut bien l’admettre passablement bobo, amateur de beau graphisme et de modernité, prenant la pose face à une bande dessinée commerciale crétine, engoncée dans ses standards idiots et qui mérite bien souvent les baffes qu’on lui inflige. Goscinny se plaignait déjà des hommes en gris de chez Dargaud qui voulaient lui imposer leur vision « marketing » alors qu’il était bien placé pour savoir, avec les succès qui étaient les siens, que l’affection du public n’était pas affaire de technique commerciale. Cette attitude a été salutaire car elle a obligé « l’industrie de la bande dessinée » (appelons-la comme cela) à se repenser, à modifier son approche face aux évolutions qu’elle n’a jamais vu venir (le déclin des magazines, l’émergence des Graphic Novels et l’arrivée des mangas pour n’évoquer que celles-là).

Est-ce que ce passé a de l’avenir ? Difficile à dire. On sent le patron de L’Association taraudé par les interrogations. Il est dans une phase de réflexion. Le fait qu’il s’en retourne à sa thèse illustre bien cet état (finira-t-il vieux prof dans une quelconque faculté ?). En dépit de quelques propos réactionnaires, notamment quand il parle de l’Internet (mais il déteste déjà la télévision) et de son obsession de donner aux auteurs le monopole de la critique (alors que leur statut même d’auteur leur enlève toute crédibilité quant à l’objectivité), de sa punktitude en papier mâché, il a quand même gardé sa combativité et annonce travailler sur une cinquantaine de projets en cours.

Mais son horizon se noircit face à la crise qui se profile et qui a fini par atteindre la librairie (nous vous en reparlerons à la rentrée). « …Le contexte a bien changé, dit-il à BD News. La crise est bien réelle. Pour moi, c’est très net. Les gens achètent moins de livres. Cela se ressent chez tout le monde. » Il concède qu’il a été contraint de « réduire la voilure », que sa production est passée de 40 titres par an à 28 cette année.

« La deuxième décennie de L’Association doit tout à Persépolis » déclare-t-il à Chronic’Art. « …Aujourd’hui que L’Association souffre de la crise et qu’une forme de décroissance a commencé, il faut probablement inventer d’autres formes de production, qui soient moins calquées sur la forme de l’entreprise classique qui n’a jamais vraiment convenu à L’Association. Revenir à plus d’alternatif et d’utopie. Les années qui viennent montreront si c’est possible. Ce sera de plus en plus de la résistance.  »

Perspective d’autant moins réjouissante que, comme l’homme est rétif à l’Internet (quand on lui pose la question de savoir quand L’Association aura un site, il répond « On y travaille ! »), lieu où éclôt aujourd’hui la création de demain, on se demande où il va les trouver les « autres formes de production ».

« Rendez-vous dans dix ans… dit la chanson.

(par Didier Pasamonik (L’Agence BD))

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

21 Messages : Participez à la discussion

  • L’Association affectée par la crise

    28 juillet 2010 14:46, par LEWUB

    Stéphane Blanquet a été publié par de très nombreux éditeurs (et tout d’abord par lui-même)... S’il est bien "passé" par l’Association, celle-ci n’a publié de lui comme ouvrage que trois "Patte de mouche" (dont une réédition). Indiquer que c’est en passant par l’Association qu’il a été distingué est donc exagéré !

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  • L’Association affectée par la crise

    28 juillet 2010 15:51, par Paulo

    Quel est le lien capitalistique entre L’Association, « principale pourvoyeuse de chiffre d’affaire, et Jean-Christophe Menu avec cette structure essentielle à sa politique ?

    Bein c’est vous le journaliste, vous pouvez y répondre à cette question non ? moi je peux pas.

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    • Répondu par Didier Pasamonik (L’Agence BD) le 28 juillet 2010 à  18:30 :

      Ce n’est pas le propos de cet article.

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      • Répondu par chris64 le 29 juillet 2010 à  16:14 :

        Il sort quand ce BDNEWS parce que sur leur site il n’est pas encore là ?

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        • Répondu le 4 août 2010 à  11:32 :

          Le magazine bdnews n04 est sorti début juillet et, pour tout un chacun puisse se faire sa propre idée sur l’intérêt des propos publiés et ce qu’en dit Monsieur Pasamonik, il suffit de se connecter à www.bdnews.fr, de cliquer sur la lampe, puis sur la couverture signée Kiki Picasso et de lire l’interview...

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  • L’Association affectée par la crise

    4 août 2010 10:45, par la plume occulte

    Pourquoi donner encore autant d’importance a un illuminé pareil-qui paradoxe est loin d’être une lumière- convaincu que la BD et le bon gout lui appartiennent.On a là un parfait exemple des travers de la presse culturo-branchée à deux balles qui prétend se mêler de tout avec pertinence tout en faisant autorité ; mais qui en fait y connait que dalle.
    L’hatitiuuude avant tout les gars:l’hatitiuuuude...On comprend alors pourquoi les singeries de l’autre excité leur parlent -et leurs correspondent - puisqu’elles sont le reflet de l’image qu’ils se font de l’art ces infaillibles omnipotents.

    Dès lors, n’est pas à eux d’essayer de comprendre la (l’art de la)BD,c’est à elle de se plier à l’image qu’ils s’en font...Bien des choses sont expliqués par ça,et bien des usurpateurs portés aux nues:alors qu’à côté...

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    • Répondu le 4 août 2010 à  23:28 :

      Et hop, encore une intervention fièleuse et confuse du plumeau culte ! Embarrassant cet étalage public de formules à l’emporte-pièce, d’harangues et de jugements aux couperets. Et chatouilleux en plus... dû à cette plume sans doute.

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      • Répondu par la plume occulte le 5 août 2010 à  10:17 :

        Ce qui me rend chatouilleux,c’est tout ce pan de la BD qu’on ignore parce qu’elle ne correspond pas aux critères de vos cerveaux enflés.La BD est plus belle, plus riche ?,plus diverse, plus SUBTILE que vous ne le comprendrez jamais...

        C’est quoi votre chanson préférée ,"ALLO MAMAN BOBO" ?Si c’est votre refrain favori grand bien vous face,si c’est la BD qui le chante,ça me chatouille évidemment plus.

        Par contre vous me voyez enchanté que la mienne de plume vous chatouille gentiment le train.C’est un bon début...

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      • Répondu par Kamil P le 5 août 2010 à  19:39 :

        Plume occulte à raison.
        La BD bobo monopolise l’attention des grands médias grâce à un discours nauséabond qui consiste à opposer BD d’auteur et BD commerciale : un raccourcis très pratique. Définir de grands clivages (les pures contre les sociales traitres) est un vieux procédé stalinien... et Menu est très fort dans l’apologie de la pensée unique. Cela se fait avec la complicité de journalistes très condescendants, il est vrai. Que des gens comme "Plume Occulte" s’indignent de cela est plutôt bon signe à mes yeux.

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        • Répondu par Sergio Salma le 5 août 2010 à  21:03 :

          Restons cool, les gars. "Nauséabond" me semble un brin exagéré. Je dirais plutôt que la plupart des comptes-rendus sont faits par des gens distraits, fatigués, débordés. Et qui souvent n’en ont en réalité rien à battre de toutes ces petites différences. Nous, on connaît les tenants , les aboutissants, les uns, les autres. Puis Menu( J.C. pour les intimes) il mène sa barque comme il l’entend. S’il a la dent dure ou la critique acérée, moi ça me plaît plutôt bien , qui aime bien châtie bien ; même si je "fais " dans la bédé commerciale avec toutes les horreurs que ça implique : je m’associe avec un dessinateur, tss , dans une grosse maison d’édition ! Vade retro ! Puis c’est une série ! Argh ! Comique ! Re-aargh !

          je me demande ce que lisait Menu quand il avait 7 ou 8 ans. Je me demande si c’était pas des personnages récurrents publiés par des grosses maisons d’édition , qui plaçait l’intérêt commercial dans leurs préoccupations normales et classiques. Puis il a eu envie de faire de la bande dessinée pour défendre autre chose, c’est sûr. Il milite, et bien. Mais c’est singulier cette acidité. Il s’est servi des gros éditeurs quand il était petit puis ces mêmes structures( oui, bon, un peu dévoyées forcément haha) sont devenues des bêtes noires dont on se sert comme repoussoir pour exister. C’est drôle. Moi je me souviens de plein de discours de cinéastes assez pointus( genre les frères Taviani, des films austères , très silencieux, formellement nouveaux, discours si pas intello au moins pas dans la norme, ben, les frérots ils se sont régalés de machins hollywoodiens dans leur jeunesse, la bonne série B bien grasse et guillerette et ils ne s’en sont pas cachés, et ils continuaient paraît-il. Pas la peine de détruire pour exister. Il y a tellement de place dans l’univers ; mais tellement ! Vous n’imaginez pas la taille de c’t’affaire !

          Mais là ce qui est frappant dans l’interview c’est que le poseur de questions veut exciter le joyeux vingtenaire. Il lui pose les questions qui forcément l’amène à rabâcher ses petites rancunes ou simplement son idéologie, sa façon de ne pas être comme les autres. je préfère ça à beaucoup de consensuels blablas mais il faut quand même relativiser la portée de ces énervements.

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          • Répondu par la plume occulte le 8 août 2010 à  18:35 :

            Le problème,c’est qu’il est justement très consensuel son blabla au Menu.De plus cet inquisiteur ne milite pas,il défend sa chapelle pas la BD.Mais surtout ses énervements sont relayés par les grands médias comme étant la vérité :ça n’a rien d’anodin...

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            • Répondu par Francois Pincemi le 9 août 2010 à  21:19 :

              Les grands médias ? Ne plaisantons pas, cher ami ! Je n’ai jamais entendu parler de Menu et de son Association sur TF1, l’A2, FR3 ou M6. Même Arte ou Canal + ne lui descendent pas le tapis rouge, c’est tout dire. Et pour ce qui est du Figaro, du Parisien, de RTL ou Europe 2, c’est pareil. En fait, il doit sa renommée à de petits articles complaisants dans la presse bobo-branchée (le Monstre, l’Aberration, les In(ou out ?)Rocks, Technik et Chronik-Art, Teledrama. Bref tous les relais d’une pensée unique, prosternée devant la création du gourou d’une chapelle aveugle où l’excommunication (qui ne touche que les meilleurs et les plus intelligents !) a déjà parsemé les rangs des fidèles.


              Parlons peu, parlons bien. J’ai acheté le premier zine de Menu, bien avant Lynx, Labo ou Lapin : il s’agissait du journal de Lapot. Un petit format sympa, car Menu a du le réaliser pendant ses dernières années de lycée, à l’époque du début des années quatre-vingt. Il s’agissait d’aventures policières humoristiques et animalières, tout à fait lisibles pour un zine, mais un peu moins bien que ce que l’on pouvait trouver dans les Spirou et Tintin de l’époque. Je comprends fort bien que Monsieur Menu ait reconnu ses faiblesses dans le domaine traditionnel. Et qu’il ait donc voulu s’orienter vers l’avant-garde. Mais où mène t’elle ?

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  • L’Association affectée par la crise

    5 août 2010 10:47, par Quentin

    Cet article parle plus de JC Menu pour régler de vieux comptes que de l’association et de ses problèmes (le titre est trompeur). Par ailleurs, quel intérêt à reprocher aux autres de ne pas avoir posé les questions que vous auriez voulu poser ? Si vous voulez vraiment avoir les réponses, faites votre travail de journaliste et allez donc interroger les différents protagonistes, au lieu d’espérer les trouver en lisant BDnews ! Votre article sent la rancoeur. Dommage.

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    • Répondu par Charles-Louis Detournay le 5 août 2010 à  16:15 :

      Comme Didier Pasamonik l’a déjà répondu, le propos de l’article n’était pas de poser les questions à JC Menu, mais de s’interroger sur celles posées par les deux magazines concernés, et le sujet qu’ils traitaient, à savoir le futur de l’Association (d’où le titre).

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  • Dans Marianne, un article tout aussi ridicule sur l’Asso, où ils disent quand 1990 il n’y avait rien d’autre que du 44 pages couleurs d’histoires de cowboys ou de coureurs automobile. C’est être bien ignorant, il suffit de rappeler les romans "à suivre..." par exemple pour voir qu’ils sont à côté de la plaque. C’est malheureux de voir des journalistes (ou supposé tels) marcher dans l’intox de JC Menu, voulant faire croire qu’il a tout inventé.

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    • Répondu par Oncle Francois le 8 août 2010 à  21:16 :

      Oui, bien sûr, pour le brillant journaliste de Marianne, l’hebdo spécialisé dans l’anti-sarkozysme, il n’y avait rien avant 1990 et l’Association : ni Echo des savanes (créé en 1972), ni Métal Hurlant (créé en 1975), ni (A SUIVRE) créé en 1978. Pas de Hara-Kiri, de Charlie-mensuel ou hebdo non plus. Le néant du paysage BD n’est pas dans la réalité de l’époque, mais dans le cerveau de ce journaliste qui semble ne rien y connaitre à la BD.

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      • Répondu le 9 août 2010 à  16:17 :

        l’article est très bref, et pourtant la journaliste (qui s’y connait en vrai par ailleurs) ne dit pas que cela
        http://www.marianne2.fr/L-Association-sans-union_a195951.html

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        • Répondu par Francois Pincemi le 9 août 2010 à  21:26 :

          Merci pour le lien qui me permet d’éviter de fastidieux feuilletages à la maison de la presse. Mais toutes les dates que j’ai données se situent avant 1990, et j’en ai ai oubliées pour ne pas être trop long (Tousse Bourin, Mormoil, Surprise, BD, Fluide Glacial, Yéti, Bazooka, etc etc)

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        • Répondu par Sergio Salma le 9 août 2010 à  21:53 :

          Ce petit articlounet est une crétinerie sans nom. L’auteur qui décrit la situation avec une délicatesse de bulldozer est soit un gros nul soit un gars qui règle des comptes.( il voulait devenir auteur ou directeur éditorial mais il s’est fait jeter).

          On peut un peu rire que des schématisations pareilles soient envoyées devant les yeux de lecteurs qui pensent s’informer. Ce qui me fait d’ailleurs sortir de nos petites préoccupations bédéesques. C’est avec la même rigueur que certains journalistes du même acabit nous parlent du monde ? De la Chine, de la pollution, de la politique ? C’est effrayant. Nous, forcément sur un site de bande dessinée on sait toutes les subtilités et le grotesque des affirmations nous saute aux yeux. Je crains que les mêmes approximations nous soient infligées quand on nous "informe" sur les conflits, les désordres, toutes les misères du monde.

          Ecrire ces bêtises ( histoires de cow-boys, style réaliste haha )est une petite injure à l’intelligence. En 1990, Tardi, Bilal, Goossens, Pratt, Eisner, des centaines d’autres écrivent et dessinent au sommet de leur talent, de leur art ! L’Association apporte quelque chose certes, mais Menu l’intransigeant oublie que depuis 20 ans, 30, 40 aux Etats-Unis ! plein d’auteurs dans les structures commerciales changent doucement le paysage et apportent un souffle nouveau. L’Association est un de ces éditeurs qui pensent à faire autre chose puisque ils n’ont pas envie de marcher sur ces chemins habituels( et ils ne savent de toute façon pas le faire). Il y a encore une fois un hiatus terrible qui se dégage du récit de cette aventure éditoriale : il faut donc tuer absolument le père, le prédécesseur pour exister, quelle bêtise, quelle violence. Et le journaliste visiblement aime dramatiser , il adore montrer un monde où certains s’encroûtent et d’autres révolutionnent. Et puis surtout, deuxième malentendu, l’Association a servi de tremplin mais ce sont bien les auteurs avec leurs spécificités, leur personnalité qui font la différence, ce n’est pas sain de mettre en avant un éditeur, l’éditeur n’est jamais que le partenaire de l’auteur. Et ces auteurs , d’ailleurs partis ailleurs, sont autant de personnes uniques. L’Association ou n’importe quel éditeur d’ailleurs c’est autant de façons de faire de la bande dessinée qu’il y a d’auteurs.

          J’aime beaucoup sa conclusion. Un mouvement amène donc forcément une flopée d’événements qui en sont l’émanation. Par exemple, les émissions de Polack ou de De Caunes sont donc responsables des merdes télévisuelles actuelles. Puis aujourd’hui il n’y a plus bien sûr que de nouveaux stéréotypes et des académismes. l’Association se voit mal récompensée et la bande dessinée replonge dans ses travers les plus honteux, c’est évident, c’est patent, c’est flagrant. Voilà un exemple parfait de journalisme académique.

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  • L’Association affectée par la crise

    9 août 2010 12:01, par Lapine occulte

    Excusez-moi mais tout ce vieux débat est totalement stérile et inutile, en plus d’être totalement dépassé.
    L’association, c’est les 33 tours face aux majors du cd, et les majors du cd en ont rien à faire (ou plus rien à faire) du marché du 33 tours, puisque le problème vient du téléchargement illégal, ou dans le cas qui nous préoccupe l’édition numérique (que tout le monde peut faire chez soi).
    L’ipad vient dire aux bd online qu’elles n’ont plus besoin du support papier.
    On a franchi un cap, les mais. On n’est plus en 1990.

    Alors, après, si la question est de savoir si le 33 tours est l’avant-garde... je vous laisse le soin de vous chamailler entre spécialistes de la question.
    LOL

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    • Répondu le 10 août 2010 à  09:56 :

      Il ne faut pas confondre le support et le contenant. L’édition papier ou numérique d’un livre n’a aucune incidence sur sa qualité d’avant-gardisme ou non. Surtout que l’édition numérique n’est qu’une autre manière de consommer, qui ne tire peu ou pas de parti des possibilités que pourraient offrir le multimédia (à part quelques cache-misère pour faire croire à de l’interactivité). les expériences les plus intéressantes n’ont pas attendu les sites spécialisés en diffusion numérique.
      Pour reprendre votre analogie, l’Association a fait le choix du marché du 33 tours, qui existe toujours et qui, pour réduit qu’il soit, reste actif. Le public auquel il s’addresse n’est pas nécessairement le même que celui des CD (le son digital, en CD ou en compression mp3 ou autre a ses détracteurs, même parmi les artistes comme Neil Young). De nombreux artistes continuent de sortir leur nouveaux albums en 33 tours, souvent comme produit collector, il est vrai.

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