L’Éternel, T1 : « Le Saint » - Par Laurent Bidot – Glénat

4 mai 2008 0 commentaire
  • L'auteur du {Linceul} reprend ses sujets favoris pour développer une intrigue pleine de suspense : un savant mélange de fantastique et de religieux où le thème d'un immortel est revisité dans un contexte bien spécifique.

Thomas Landon est un historien pas comme les autres, chargé par le Vatican d’enquêter sur les candidats à la canonisation. Un travail ardu mais passionnant, qui lui fait dans un premier temps négliger la troublante proposition d’un éditeur : travailler avec un romancier ésotérique hostile au Saint-Siège sur la vie d’un saint méconnu et contesté, Saint Scutaire, dont on dit qu’il serait immortel... Mais la curiosité est un terrible aiguillon, qui va vite pousser Thomas à mener son enquête sur les chemins poussiéreux de l’Histoire. À moins que la vérité ne se trouve tout simplement au coin de la rue, incarnée par un mystérieux vagabond, pourchassé par une meute de tueurs, et qui se tapit dans une grotte montagneuse emplie d’antiquités ?

L'Éternel, T1 : « Le Saint » - Par Laurent Bidot – Glénat

Après le succès mérité du Linceul et l’histoire du Mont-Saint-Michel, Laurent Bidot revient avec un récit traitant de faits religieux hors normes et miraculeux. Si on peut regretter l’absence des flashes-backs qui rythmaient agréablement le récit de sa première série, l’Éternel tient néanmoins toutes ses promesses : le suspense remplace le propos historique dans une course-poursuite lorgnant étrangement vers le premier sang de John Rambo. Les allusions à la vague littéraire ésotérique apportent une dérision qui se marie bien avec les notes d’humour dispersées dans un récit plutôt dramatique. Malgré un sujet déjà bien exploité (Higlander par exemple, ou plus récemment L’ultime chimère), Laurent Bidot parvient à nous plonger dans un récit haletant en mêlant machinations et quête de vérité, avec au second plan, les déambulations de cet homme dont on se demande vraiment ce qui le meut.

Côté dessin, le thème se prête moins aux effets informatiques qui étaient une des caractéristiques de la série précédente. Laurent Bidot joue néanmoins sur des effets de flou pour accentuer le mouvement de certains objets ; cela surprend au début, mais on s’y habitue. Si certaines planches paraissent parfois très pâles, les scènes nocturnes et les plongées au fond de la grotte sont de toute beauté ! De ce point de vue, les couvertures et quatrième plat réalisés au pinceau donne un aperçu des possibilités graphiques de ce jeune auteur. Même si cela doit prendre du temps, on souhaiterait voir cette technique adaptée sur un album complet, la réussite visuelle en serait assurée.

Une technique graphique qui peut s’avérer impressionnante

Un bel album introductif qui permet d’en savoir un peu plus sur les pratiques de canonisation du Vatican. Les nombreuses questions posées devraient se trouver leurs réponses dans la seconde partie de ce diptyque, le Sang du Martyr. Un troisième album est d’ores et déjà prévu : Souviens-toi, Mathusalem...

(par Charles-Louis Detournay)

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